Historique

menhir

L'évangélisation du Mans et la fondation de la première cathédrale sont dues à un jeune clerc, Julien, présenté comme un disciple direct du Christ par les Actes des évêques, ouvrage de l'évêque Aldric (IXe siècle). Pourtant, la fondation de la cathédrale du Mans ne saurait remonter à une époque si lointaine. On la date généralement du IVe siècle. Un menhir légendaire posé à l'angle sud ouest de la cathédrale symbolise son emplacement.
Le premier édifice est dédié à Sainte Marie et à Saint Pierre. L'emplacement du sanctuaire étant étroit, on opte pour un positionnement nord-ouest/sud-est. A la fin du Ve siècle, la titulature est étendue à Saint Gervais et Saint Protais (on les retrouve à Soissons). Mais, suite à la rédaction des Actes des évêques et au transfert du corps de Saint Julien dans la cathédrale, ce dernier s'impose peu à peu. Il devient l'unique patron de la cathédrale dans la seconde moitié du Xe siècle. A cette époque, on ajoute un déambulatoire au chœur (pour faciliter l'accès aux reliques) et on reconstruit la nef.

Un édifice roman est ensuite érigé. Le sanctuaire, achevé en 1065, s'effondre peu après. La reconstruction du chœur est terminée en 1081. L'évêque Hoël (1085-1096) achève le transept et les tours. Bien que dépourvues de nef, les parties récentes sont dédicacées en 1093. La nef manquante est ajoutée par l'évêque Hildebert de Lavardin (1096-1126) et le moine architecte Jean, issu de la Trinité de Vendôme. En 1120 est érigée la tour de la croisée du transept.

chevet, côté sud

nef et choeur

En 1134, un incendie détruit le vaisseau central de la nef (couvert en bois). Un second incendie, en 1137, finit de détruire la cathédrale. La reconstruction de la nef, commencée en 1145, à l'initiative de l'évêque Guillaume de Passavant, tient compte des avancées permises par les croisées d'ogives. La ville étant ruinée, on tente de réutiliser les pièces qui ont résisté aux deux catastrophes : l'abside, la façade occidentale... La nouvelle cathédrale est consacrée en 1158. La façade occidentale étant difficile d'accès, on ajoute un portail au sud, en écho au portail royal de Chartres.

Au XIIIe siècle (1220), le chœur est rebâti dans le style gothique. Philippe Auguste donne, en 1217, l'autorisation de l'étendre au-delà des murs antiques, ce qui implique de procéder à un remblaiement avant toute construction, pour compenser le dénivelé au sud-est. Le nouveau sanctuaire est consacré en 1254. Dans l'intervalle, plusieurs plans se sont succédés. Le premier architecte édifie un double déambulatoire ouvrant sur 13 chapelles. Les architectes normands (maîtres de Bayeux puis de Coutances) qui lui succèdent adopte une élévation classique mais de grande ampleur. Enfin, un troisième architecte (peut-être Jean de Chelles, le concepteur du bras nord de Notre Dame de Paris), importe d'Île de France un style nouveau : le gothique rayonnant.

choeur

Afin d'atténuer la rupture entre la nef et le chœur, le transept est à son tour reconstruit entre 1385 et 1430. La tour sud est terminée en 1480. L'édification d'une nouvelle nef est envisagée mais ne peut être mise en oeuvre, faute de moyens. La cathédrale n'a pas, par la suite, subi de modification majeure.


Visite extérieure

façade

La façade occidentale, romane, est austère. Le portail, encadré d'arcatures aveugles, est surmonté d'une baie cintrée unique, cernée par quatre archivoltes qui retombent sur des chapiteaux finement sculptés. Entre les deux s'intercalent trois figures sculptées : un Christ couronné et bénissant, survolé par un oiseau, est entouré par deux signes du zodiaque, le sagittaire et le capricorne. Le pignon triangulaire (plus tardif) et certains pans du mur sont ornés de motifs géométriques. Des contreforts massifs bordent le tout. De chaque côté du massif principal, on trouve deux autres petites portes cintrées, elles aussi surmontées de baies.

Le portail méridional est abrité par un porche dont la construction est légèrement plus tardive que celle du portail même.

frise de modillons

nef côté sud

Le porche est ouvert sur trois côtés par des arcades légèrement brisées. De part et d'autre du porche, sous la corniche du collatéral, on trouve de jolis modillons.

Le tympan du portail mêle plusieurs thèmes. On y voit le Christ entouré du tétramorphe, représentation traditionnelle de l'Apocalypse. Mais on ne trouve pas traces des 24 vieillards.

tympan

apôtres au linteau

Au linteau, les douze apôtres sont assis sous des arcades en plein cintre.

Dans les voussures, on trouve des scènes de la vie du Christ dans un ordre très particulier : les scènes racontées par un évangéliste sont situées près de sa représentation symbolique, sans souci chronologique.

les nodes de Cana, le baptême du Christ

la Visitation

On trouve les noces de Cana, ainsi que le baptême du Christ près de Saint Jean (ci dessus), la Visitation et l'Annonciation près de Saint Luc (ci-contre)...

Dans les piédroits, on peut voir Saint Pierre et Saint Paul. Les ébrasements sont occupés par David, Salomon, la reine de Saba et des ancêtres du Christ.

Ebrasements

transept sud

On trouve un beffroi à l'extrémité du croisillon sud. Massive, sa base carrée est entourée de contreforts. Au dernier niveau s'ouvre quelques baies garnies d'abat-sons. L'ensemble est surmonté d'une terrasse et d'un petit dôme cuivré.

Les arcs-boutants à double volée du chevet sont particuliers. Au niveau des travées droites de l'abside, la première volée, à deux niveaux, transmet sa charge à une seconde volée à trois niveaux.

chevet

arcs-boutants

Entre les chapelles rayonnantes, le système se complexifie. La première volée d'arcs transmet la charge qu'elle soutient à une deuxième volée qui se divise en deux, pour prendre appui sur deux piles différentes. Ce mode de contrebutement donne une grande légèreté à l'ensemble, orné, qui plus est, de gargouilles et de pinacles. Une balustrade ceint l'abside au-dessus des arcs-boutants. Elle est surmontée de douze statues.

Visite intérieure

nef

Les dix travées de la nef comportent une élévation à trois niveaux. Chaque travée comprend deux grandes arcades brisées.

On remarque un décalage progressif entre la marque des arcades du XIe siècle et celles du XIIe siècle. En effet, la nef construite au XIIe siècle est d'une largeur constante alors que celle du XIe allait en rétrécissant vers l'ouest. Au-dessus des arcades, le triforium est composé de sept arcades par travées : trois sont aveugles et quatre ouvrent sur un mur de fond plein.

élévation de la nef

revers de la façade

Deux fenêtres hautes éclairent le tout. Ces dernières semblent petites en comparaison avec la grande baie du revers de la façade.

Les ogives quadripartites de la voûte retombent sur des faisceaux de colonnes. Les collatéraux, qui datent de l'époque romane, ne sont pas bordés de chapelles latérales, à l'exception de la sixième travée sud. Leurs baies, au-dessus d'arcades aveugles, sont entourées de pierres alternativement noires et blanches.

collatéral sud

croisillon nord

Chaque croisillon du transept comporte deux travées et une chapelle. L'élévation y est à trois niveaux. Au-dessus des grandes arcades, on trouve un triforium à deux niveaux. Dans chaque travée, le premier niveau est composé de quatre couples de petites baies tréflées. Le second niveau comporte deux ensembles de larges baies, elles aussi tréflées, surmontées d'un oculus.

D'immenses verrières à quatre lancettes surplombent le tout.
Le mur de fond comporte quatre niveaux : un mur plein, auquel succède un triforium à quatre baies géminées ; puis deux grandes baies à quatre lancettes et, enfin, une belle rose rayonnante.

élévation du croisillon nord

rond point du choeur

Le chœur comporte trois travées droites qui s'achèvent en un rond-point à sept pans.

voûtes du choeur

élévation du choeur

L'élévation est à deux niveaux. Au-dessus de grandes arcades très élancées s'élèvent de larges baies rayonnantes à quatre lancettes (deux dans le rond-point) surmontées de roses. Une galerie court devant les fenêtres. Les piliers du chœur sont composés de deux colonnes dos à dos, complétées par de minces colonnettes.

Le double déambulatoire, avec ses chapiteaux du XIe siècle, ouvre sur sept chapelles rayonnantes. La chapelle axiale est plus profonde que les autres. Dans le premier déambulatoire, l'élévation est à trois niveaux (de larges grandes arcades, un triforium à mur de fond plein et de petites fenêtres hautes).

déambulatoire

déambulatoire

Le second déambulatoire ouvre sur les chapelles.

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