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DE NARBONNE A GÉRONE : L’INFINI

La Kabbale est une doctrine constituée de métaphysique, de mystique et d’exégèse de nature ésotérique, qui s’applique à interpréter et connaître le monde, ses origines et ses mystères, avec une idée conductrice fondée sur une croyance en un Dieu infini et inconnaissable, début et fin de toutes choses, appelé Ein Sof. Elle s'efforce de concilier l’Ein Sof et le fini : l'homme. Comment Dieu, Etre infini, illimité, peut-il avoir créé un monde fini, limité ? La Kabbale répond : à l'aide d'émanations. Elle conçoit que l'Etre infini, En Sof, s'est en quelque sorte replié sur lui-même et a laissé rayonner ou émaner de Lui une force par degrés successifs (Séfiroth), au nombre de dix. Tout en étant semblables au Créateur, les Séfiroth contiennent une partie imparfaite. C'est à l'aide des Séfiroth, qui dérivent l'une de l'autre, que Dieu rend tangible sa présence. C'est aussi par leur intermédiaire que l'on accède à Dieu. La Kabbale considère que la création est la conséquence d’une volonté intérieure, que toutes les existences, visibles et invisibles, sont les manifestations progressives du Dieu inconnaissable, et qu'il existe entre eux un entrelacement de rapports symboliques pouvant être appréhendés par la méditation mystique. La Kabbale est une doctrine établie sur une théosophie, concernant les intermédiaires entretenant le rapport entre Dieu et le monde, une cosmologie, classant les êtres vivants en des catégories, et une eschatologie, spéculant sur le jugement final et l’après-vie. Elle admet la métempsycose, c'est-à-dire la migration des âmes. Après la mort, l'âme va habiter dans d'autres corps jusqu'à ce qu'elle devienne totalement pure.

Il est possible que la Kabbale tire ses origines de la période d’exil des Israélites à Babylone ; en tout cas elle atteignit son paroxysme pendant les XIIe et XIIIe siècles, probablement en réaction à la philosophie rationaliste de l’école Cordoban conduite par Moïse ben Maimon, dit Rambam, ou Maimonide (1135-1204), qui essaya de relier la tradition hébraïque à la doctrine aristotélicienne. Pendant la première moitié du XIIIe siècle, le Cercle de Gérone apporta une contribution décisive au développement spirituel de la Kabbale. Il était formé d’un groupe étroitement lié par grande unité de pensée, comme le démontrent les travaux de ses membres. Ils entretenaient un contact permanent avec les autres écoles européennes, particulièrement en Provence, où le maître était Isaac l’Aveugle, le premier véritable kabbaliste, qui vécut à Narbonne entre 1165 et 1235, et surpassa ses contemporains par son grand mysticisme, combiné avec une personnalité particulière et une grande originalité. La plupart des kabbalistes admettent que leurs sources remontent à Isaac l’Aveugle ou au plus à son père Abraham de Posquières. On trouve dans le livre " Peroush haHagadah ", du grand kabbaliste Joseph Gikatilla, la mention suivante : " La Kabbale que nous connaissons aujourd'hui, vient de l’ancienne tradition de la Maassé Merkavah (Oeuvre du Char), d’où elle est passée à la colonne droite, l’édifiant Rabbi Isaac l’Aveugle ". L’école d’Isaac,  l’Aveugle a laissé un enseignement où la métaphysique prédomine, la mystique des lettres et des nombres sortira surtout de l’école d’Eléazar de Worms et connaîtra un aboutissement avec Abraham Aboulafia, dans un domaine de contemplation pure. Sur le personnage même d’Isaac l’Aveugle, nous possédons très peu d’informations, la tradition dit qu’il avait la capacité de discerner les expériences de métempsycose de chaque âme.

La raison de la présence d’un cercle de juifs mystiques à Narbonne et dans le Languedoc, est due à Dagobert, dernier roi mérovingien. Celui-ci ordonna à tous les juifs qui refusaient le baptême de quitter le royaume (en 620). Les juifs ne purent se maintenir que dans la région de Narbonne, où régnaient les Wisigoths, ainsi que dans celles de Marseille (communauté localisée entre les actuelles avenues Cantini et de Toulon) et de Bordeaux. Sous Philippe Le Bel, la situation des Juifs s'aggrava. Les caisses de l'État étant toujours vides, le Roi fit arrêter le 22 juillet 1306 tous les Juifs. Leurs biens furent confisqués, leurs créances annulées, et ils durent quitter le royaume dans un délai d'un mois. Quelque cent mille Juifs furent ainsi expulsés de France. Beaucoup se réfugièrent en Roussillon et en Provence, provinces qui n'appartenaient pas alors à la couronne, d'autres allèrent en Allemagne. Neuf ans plus tard, le fils de Philippe Le Bel, Louis X, à la demande du peuple, les rappela (1315). Peu d'entre eux répondirent à cet appel. En 1394, Charles VI chassa définitivement les juifs de France.

Hors du giron du Roi, en particulier dans le Sud de la France, les Juifs menaient au XIIIe siècle une vie relativement tranquille. Ils donnèrent naissance à des familles illustres originaires d'Espagne Très versés dans la langue arabe, ils traduisirent en hébreu les principaux ouvrages des philosophes et penseurs juifs de la péninsule Ibérique. Lévi Ben Gershon, ou Ralbag, ou Gersonide, né à Bagnoles (Languedoc) en 1288, fut un grand savant, médecin, astronome, exégète ; il est surtout connu pour son livre " Milhaméth Hashém ", " Guerre de Dieu ", traité de philosophie religieuse.

Les manuscrits hébreux découverts dans les volumes anciens du Diocèse de Gérone, de la Municipal, de la Cathédrale et des archives historiques de la Province, montrent clairement la richesse des écrits utilisés par les Juifs de Gérone. Cette communauté rigoureusement orthodoxe, loyale au Talmud et à la Tradition, fut la source de beaucoup de grands hommes, penseurs et écrivains, dont certains adoptèrent le nom supplémentaire de " Gérone " (" Xxxx de Gérone "). Gershom G. Scholem, qui fut une autorité mondiale dans l’étude de la Kabbale, consacra la majorité de son travail à l’Ecole de Kabbale de Gérone, "une petite ville Catalane située entre Barcelone et les Pyrénées", nous assure que les kabbalistes de Gérone furent le premier groupe constitué dans la péninsule Ibérique. Gérone, ajoute Scholem, fut le centre du kabbalisme contemplatif à sa complète apogée, ainsi que la source de nouveaux courants religieux issus du coeur du Judaïsme. Gérone fut le théâtre de l’écriture de l’une des pages fondamentales du mysticisme Juif. Elle fut destinée à devenir le centre d'une tradition contemplative qui s’efforça de laisser sa marque dans tous les domaines de l'effort humain, et qui acquit un prestige universel et rayonna au point mérita une place dans l'histoire des mouvements spirituels et dans le développement de la pensée humaine.

La Doctrine de l’Infini et de l’Emanation d’Isaac l’Aveugle

Nombre d’enseignements de la Kabbale, ne sont que des résurgences et des réadaptations d’anciennes doctrines mystiques. Toutefois, la grande originalité du Maître languedocien, Isaac l’Aveugle, permis l’introduction dans la Kabbale d’une notion essentielle : la Doctrine de l’Ein Sof (infini) ; qui engendra de grands développements et apporta à la Kabbale une nouvelle dimension pour sa connaissance de l’émanation de la lumière divine et sa théorie des Séfiroth. Cette doctrine connaîtra son accomplissement, au XVIe siècle, avec le Maître incontesté de la Kabbale palestinienne : Isaac Louria (1534-1570) et sa doctrine du Tsimtsoum. Avec l’Ein Sof, Isaac l’Aveugle et ses successeurs, suppriment l’idée même de Dieu l’Etre, en la remplaçant par une abstraction supplémentaire. Le terme Ein Sof (Sans Fin), résume en lui toutes les négations. L’Ein Sof est sans limite, sans attribut, sans intention, sans action. Toutefois, le seul fait de reconnaître que Dieu est sans limite, induit immédiatement une notion opposée de limite, et de cette première dualité commence le processus d’Emanation et de Création.

Rabbi Isaac, présente quatre degrés à l’émanation issue de l’Ein Sof. A l’origine, les phénomènes demeurent dissimulés dans le giron de la Pensée pure et solitaire, au niveau du premier degré d’émanation, ou Séfirah. Débute ensuite un processus préparatoire dit de " tracé " (cf. Sépher Yetsirah Chap. 1), sans, toutefois, concrétiser encore ce qui adviendra (c’est une sorte de projet d’architecte). Intervient alors le degré suivant de l’émanation (reshoumah),désigné par le terme de " Sagesse liminaire ", la seconde Séfirah. Arrive, par la suite, une troisième étape, que le Sépher Yetsirah désigne par le verbe " graver ", car les restrictions des existences commencent à se faire plus pesantes et les existences se " gravent " en individualités, c’est l’Arcane de l’Emanateur, ou troisième Séfirah : Binah. La phase suivante est désignée, par le Sépher Yetsirah, à l’aide du verbe " tailler ". Durant cette étape, s’opère, à l’aide des vingt-deux lettres sacrées, une cosmogonie à partir de la quintessence primordiale. La fonction des lettres est d’extraire (de graver), de la quintessence, le parlé, le sonore et l’écrit ; tout ce qui permettra de formuler. Cette phase constitue ce qu’Isaac l’Aveugle appelle " Sod haBinyam ", le Mystère de l’Edifice, englobant les sept Séfiroth inférieures. L’édifice est composé d’un matériau fourni par les lettres. Ces dernières Séfiroth sont plus facilement accessibles, d’ailleurs l’ensemble des méditations des disciples d’Isaac portera plutôt sur celles-ci, que sur les trois supérieures considérées comme inaccessibles. Les sept Séfiroth inférieures sont assorties de nombreux symboles et donc plus facilement appréhendables. Elles sont généralement séparées en 6+1, soit six Séfiroth, appelées " Lys aux 6 pétales " et une Séfirah qui est la " Corolle " (atara), appelée aussi " Royauté " (Malkouth).

Nous retrouvons, à partir de là, une conception largement développée par Pythagore avec sa théorie des dix Enanthioses, montrant la nécessité de l’équilibre et des oppositions : bien-mal, amour-hostilité, haut-bas, droite-gauche, avant-arrière, bonté-rigueur, etc. Ces oppositions impliquent la présence d’un axe médian, tempérant les oppositions et entretenant l’harmonie nécessaire à la continuité de la vie des Séfiroth. La consonance des relations séfirotiques équilibrées est reçue par la dernière des Séfiroth, qui atteste de la Présence (Shékhinah) de cette harmonie divine, et qui s’appelle " Royauté " (Malkouth). La création de l’Adam vint parachever l’édifice et sa chute rompit l’équilibre de l’axe central, chassant de ce fait la " Présence ".

La Kabbale à Gérone

L’enseignement d’Isaac l’Aveugle a très nettement marqué la cosmologie des kabbalistes de Gérone. Outre le nom célèbre de Moise ben Nahman ou Nahmanide, épine dorsale du groupe des mystiques de Gérone, nous connaissons les noms d’une douzaine de maîtres importants du cercle des kabbalistes de Gérone, dont presque tous furent des disciples directs ou disciples indirects d’Isaac l’Aveugle et dont les activités prospérèrent entre 1210 et 1260, enrichissant la doctrine de leur Maître par leurs contributions personnelles.

Messoulam Ben Shlomo de Piera, poète, prit la tête de la communauté de Gérone. Ezra ben Shlomo, penseur traditionnel, écrivit un commentaire kabbalistique du Cantique des Cantiques, il arriva à une interprétation mystique de l'univers structuré par des sphères et des régions. Azriel ben Menahem, penseur avec certains traits originaux, revivifia la Kabbale en y introduisant des idées de la philosophie néoplatonicienne. Jacob ben Shestet, intellectuel indépendant, fut l'auteur de travaux tels que "La Porte du Ciel", "Le Livre de la Foi et de la Confiance" et "Le Livre des Vérités et des Réponses Droites".

En plus des kabbalistes, il y eut un deuxième groupe de penseurs durant cette période dont le travail fut dirigé vers la composition de travaux moraux. Un des plus éminent de ces moralistes fut Yonah ben Abraham, originaire de Gérone, auteur d'un commentaire sur le Livre de Proverbes et d'une série de textes éthiques pratiques d’une grande fraîcheur, tels que "Le Livre de Piété" et "Le Livre des Portes de la Repentance". Malgré qu’il fût fortement opposé aux doctrines épousées par Maimonide, Yonah ben Abraham protesta vivement lorsque, lors d’une visite en France, il découvrit que l'Inquisition avait ordonné de brûler les livres de son adversaire. Il fit un renoncement public à la Synagogue de Paris, et de Montpellier, écrivit à l'évêque de Tolède, et annonça qu'il entreprendrait un pèlerinage à Tibériade afin d’exécuter sa pénitence au tombeau de Maimonide, son adversaire.

Mais indiscutablement, la personnalité qui émergea de la communauté et de la Kabbale de Gérone fut Moïse ben Na’hman, dit " Ramban ", ou Nahmanide, connu en Catalogne sous le nom de Bonastruc ça Porta (1194-1270). Maître à Gérone, il commença à écrire très tôt. Il étudia la médecine et acquis aussi une certaine réputation de poète pour son Ode au premier jour de l'année, le plus vieil exemple de poésie kabbalistique de la péninsule ; mais par-dessus tout, Bonastruc ça Porta fut un philosophe, dont l’oeuvre fut consacrée à l'enseignement du Talmud. Ses commentaires sur le Pentateuque et le Livre de Job sont célèbres, et ses propres travaux didacticiels tels que : Le Trésor de Vie et La Loi de l’Homme sont considérés comme le summum de littérature religieuse du judaïsme hispanique.

Nahmanide, par son éminence dans l’étude Talmudique et la nature exemplaire de sa vie, devint le porte-parole incontesté de la communauté Juive catalane à la cour d’Aragon, et certes le plus grand notable de son temps parmi les Juifs Ibériques. Sa personnalité combinait la profondeur de la culture hispanique avec la connaissance Française du Talmud, la piété Allemande, les facultés critiques kabbalistiques et la théologie Chrétienne. Ses contemporains le considéraient comme l’homme prédestiné à conduire et à assurer la défense de la Tradition.

Sa très grande rigueur morale et scientifique, conduit Bonastruc ça Porta à l'infortune. La sérénité de sa vie fut brisée en 1263, lorsqu’il fut sélectionné par le Roi Jaume 1er pour représenter les Juifs du Roi dans la dispute avec le Juif converti et Dominicain Paul Chrétien. Les controverses et les disputes entre Chrétiens et Juifs, encouragées par l'Eglise, sur des questions de doctrine étaient choses courantes à cette époque, souvent motivées par le zèle de Juifs convertis anxieux de démontrer la force de leurs convictions et la nature absolue de leur conversion. Ces disputes avaient souvent lieu au Palau Reial, le Palais Royal, puisque, dans sa position de protecteur des Juifs, le Roi était aussi sujet à une grande pression de l'Eglise et obligé non seulement de supporter ces controverses mais d’en accepter la présidence.

C’est pourquoi, lorsque Paul Chrétien reçut l’autorisation d’entreprendre les joutes religieuses contre les communautés Juives, Bonastruc ça Porta fut sélectionné pour les défendre. Ceci eut lieu à Barcelone en présence du Roi, des gentilshommes, des prélats, et des citadins, durant cinq longues audiences. Sa défense vigoureuse du Judaïsme montra un grand courage, et révéla de plus qu'il n'était pas prêt à renoncer à ses principes fondamentaux. Sa fermeté et son attitude décisive irritèrent les pouvoirs de l'Église, qui subissait la pression d'extrémistes récemment convertis, et qui réveillaient les forces latentes de la persécution Juive. Voici un court extrait, abordant la notion de " vrai Messie " dans cette fameuse " Dispute de Barcelone " : " Et je répondis : le Prophète dit : et ils forgeront (à l'époque messianique) leurs épées en charrues et leurs lances en serpes, et il est dit : Un peuple ne lèvera plus l'épée contre un autre peuple. Et depuis les jours de Jésus jusqu'à nos jours, le monde a été plein de pillage et de rapacité ; et les Chrétiens font couler le sang plus que toutes les autres nations... et se tournant vers le roi, il ajouta : il me semble, O Roi, que cela te paraîtrait dur, ainsi qu'à tes Chevaliers de te soumettre aux exigences de l'âge messianique et de renoncer à guerroyer. Alors l'âne bâté (le frère Paul) ouvrit la bouche et apporta, comme preuve, la légende selon laquelle le Messie prie pour ceux d'Israël et demande au Saint, béni soit-il, de pardonner leurs péchés et dit qu'il prendra sur lui toutes les souffrances ; n'est-ce pas là, (ajouta le frère Paul) la mort que Jésus accepta de lui-même ? Je répondis : Je vais vous expliquer ce que sont les souffrances du Messie, selon cette légende. Il souffre d'une grande douleur, parce qu'il doit tarder à venir, parce qu'il voit son peuple en exil et qu'il n'est pas encore en son pouvoir de le délivrer et parce qu'il voit de ses yeux, qu'on adore un Dieu autre, et qu'on nie le Dieu de vérité, et que les nations se font un Messie autre et l'honorent... Le Messie doit rassembler tous les enfants des douze tribus d’Israël ; Votre Messie Jésus n'en rassembla aucune, et comment eut-il fait pour les délivrer, puisque au temps où il vivait, elles n'étaient point toutes exilées ? Le Messie doit rebâtir la Maison du Sanctuaire à Jérusalem. Jésus ne bâtit point mais détruisit. Le Messie doit gouverner tous les peuples ; Jésus ne fut même pas le maître de lui-même".

Toutefois, par des successions de pièges Nahmanide se retrouva en accusation, pour avoir blasphémé contre la religion Catholique, devant le Tribunal Royal. Bonastruc ça Porta conduisit sa propre défense, le Roi Jaume 1er décréta une punition relativement modeste de deux années d'exil et condamna son livre à être brûlé. Cependant, poussé par les accusateurs, remplis de haine, le Roi, contre sa volonté et contre les opinions de certains de ses conseillers, suivit la recommandation de Pape Clément IV et le condamna à un exil total. À l’âge de 72 ans, Bonastruc, ça Porta fut forcé d’abandonner son foyer de Gérone et la Catalogne pour toujours. Il alla d’abord en Castille, et puis en Provence avant d’arriver finalement en Palestine, où il finit son livre sur la Torah, un texte définitif sur le mysticisme hébreu.

En mars 1492, sous la pression de l’abominable Torquemada, fut signée, par le Roi Ferdinand et Isabelle-la-Catholique, l’Edit d’expulsion des Juifs d’Espagne fut signé. Trois cent mille juifs quittèrent l’Espagne le 9 du mois hébreu de Ab* en 1492, en direction du Portugal, du Maroc, de l’Italie et de la Turquie. Parallèlement, la Kabbale connue la même dispersion et entama de nouveaux développements.

© Georges LAHY-VIRYA

* Le 9 du mois de Ab est également l’anniversaire, de l’agression dans le désert par Amalekh, de la destruction du premier et du second temple, de l’anéantissement de la révolte de Bar Kobah et du premier train vers Aushwitz... et de la décision d’utiliser la première bombe atomique).