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Le secret des couleurs selon leurs catégories

Traduction Virya

Kéter Eliyon est le secret de la véritable blancheur, qui n’est mêlée à aucune autre couleur, mais entièrement blanche, d’un blanc dénudé. Le blanc n’étant pas mêlé, elle est appelée véritable. Ainsi, en ce lieu, il n’y a pas Din, ni fléau et ni destruction en ce monde, parce que du côté de Kéter ne se trouvent que des phénomènes sans énergie de croissance, sans destruction, sans jugement, sans fléau, sans maladie. C’est la blancheur véritable immuable. C’est la raison pour laquelle Salomon a dit : "En tout temps porte des habits blancs et que le parfum ne manque pas sur ta tête" (Eccl. 9:8), c’est la bonne onction sur la tête. Lorsque que l’homme accomplit les prescriptions de la Torah et les commandements, il se rattache à la Blancheur céleste, secret de Kéter, qui est l’ésotérique de l’existence, de la vie et la continuité. Par contre, lorsque l’homme pèche, cela cause sa perte et sa ruine, le renvoyant à sa déchéance et en l’expulsant de la vérité de Kéter.

Il est écrit : " Ton iniquité resterait marquée devant moi" (Jérémie 2:22), c’est pourquoi "En tout temps porte des habits blancs", ainsi tu existeras et tu vivras véritablement. Mais si, Dieu nous préserve, tu pèches, alors tu t’en écarteras au risque d’être anéanti. Le Temple fut appelé "Lebanon", car il vient du Liban qui donne la blancheur des couronnes d’Israël et les régénère par Kéter Eliyon qui les maintient. C’est la raison pour laquelle l’office de Yom Kippour s’accomplit dans des vêtements blancs, si bien que : "Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, comme neige ils blanchiront" (Isaïe 1:18).

Sache que la blancheur au bas de Kéter n’est la Blancheur Véritable, transparente et étincelante. Car la blancheur en Hokhmah contint du blanc devant et de la ténèbre derrière. Elle contient également la destruction selon le secret de Onég (plaisir) et Négâ (peste) (voir S. Yetsirah 2:4), cela va de Hokhmah vers le bas. C’est pourquoi il est dit qu’en haut, dans Kéter, il n’y a qu’un œil unique : "l’œil dans l’œil, tu apparais Yhwh" (Nombres 14:14). Il est écrit : " Car ils ont vu l’œil dans l’œil, Yhwh qui revient à Tsion" (Isaïe 52:8, et encore : " Voici, l’oeil de Yahvé est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui espèrent son amour" (Psaumes 33:18). Un œil, une couleur, une vision.

Toutefois, Hokhmah, secret de l’avant et de l’arrière, à deux yeux, au sujet desquels il est dit : " Ses yeux sont des colombes, au bord des cours d’eau" (Cantiques 5:12), telles des colombes : "Nul ne lèse sa compagne" (Lévitique 25:17). Parfois ils sont fertiles et bons, dans le secret de l’avant et de l’Onég, parfois ils brisent et anéantissent par le secret de l’arrière et de Négâ . Mais lorsque l’œil unique se manifeste sur les yeux appelés colombes, alors tous deviennent Miséricorde et existence. Les créatures se trouvent alors dans une époque propice, par la grâce de l’œil unique. Alors les deux colombes deviennent sœurs dans l’œil unique, fondement de la blancheur céleste. Il est dit : " Ses yeux sont des colombes, au bord des cours d’eau se baignant dans le lait, habitent en plénitude" (Cantique 5:12). Sur la plénitude littéralement. "Se baignant dans le lait", sous-entend "dans la blancheur. C’est pour cela que dans la Blancheur unique, il n’y a que blancheur et que Salomon a dit : "Le bon œil sera béni, car il donne de son pain au pauvre" (Proverbes 22:9), écrit sans le Vav.

Il est écrit : " Voici, l’œil de Yhwh est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui espèrent son amour" (Psaumes 33:18). L’œil unique ne change jamais et reste éternellement immuable, tout subsiste par lui, vie et existence. Il est écrit : " Vois, il ne dort ni ne sommeille, le gardien d’Israël", car l’œil reste unique, comme la teinte de la blancheur. Mais là où il y a deux yeux, il y a le sommeil : " Lève-toi, pourquoi dors-tu, Adonaï" (Psaumes 44:24). C’est-à-dire que dans un lieu où il y a avant et arrière, il y a la veille et le sommeil. Comprends bien cela.

Tu dois savoir que la couleur céleste, dans l’Unique, est la Blancheur rayonnante et pure, c’est : " Les cheveux de sa tête" (Daniel 7:9). Cependant le rouge de Hokhmah n’est pas essentiel, c’est la blancheur qui est le secret de son existence et de sa vérité. Pour elle le rouge est additionnel, car du côté postérieur. Le blanc est la substance de Hokhmah, qui est Miséricorde du côté de la Blancheur et une part de Din et d’anéantissement du côté de Binah rouge. Par contre, au sujet de Binah, secret de l’arrière, sa substance est rouge, et le blanc est auxiliaire pour elle. C’est la raison pour laquelle, à partir de Hokhmah, l’attribut Rah’amim (Miséricorde) se déverse du côté droit, qui est Abraham. Il est tressé de Bleu azur, secret de Malkouth dans son apparence la plus subtile, et de la Ténèbre, dans ses parties postérieures. Lorsqu’il est tressé, du côté de Hokhmah, avec un peu de rouge et beaucoup de bleu azur (tékeléth), alors du vert (yaroq) est produit du côté d’Abraham. C’est la création de toute chose du côté de H’esséd : " Car tu as dit : L’amour est bâti à jamais" (Psaumes 89:3). C’est la raison pour laquelle tu peux voir que tout ce qui recouvre la terre et les arbres est entièrement revêtu de vert. Quand Yhwh, bénis soit-Il, veut engendrer dans le monde, il déploie le vert et les fruits apparaissent. C’est le secret de l’engendrement des créatures : " Tu envoies ton souffle, ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre." (Psaumes 104:30). Mais lorsque l’attribut H’esséd se dissimule et s’élève, alors toutes les créatures qui en dépendent se dissimulent et dépérissent. Tu peux ainsi constater que les arbres et la végétation meurent durant le mois de Tishri, à cause de la suspension des canaux. Dès lors les feuilles se fanent et les plantes flétrissent. Toutefois, en haut, l’abondance n’est pas véritablement interrompue car la rosée ne disparaît jamais et la rosée se répand toujours à partir de la Blancheur céleste.

Sache qu’il y a des canaux qui ne s’interrompent jamais, permettant qu’il y ait des arbres : " et jamais son feuillage ne sèche" (Psaumes 1:3), car ils sont " plantés auprès des cours d’eau" (Ibid.). Par contre les autres arrosages s’arrêtent et par leur cessation, la vigueur qui en est issue s’estompe. Les différentes sortes de végétaux, de feuilles et de fruits sur les arbres flétrissent et périssent. C’est le secret de : " Tu caches ta face, ils s’épouvantent, tu retires leur souffle, ils expirent, à leur poussière, ils retournent" (Psaumes 104:29). Cependant, il y a de fruits qui restent sur les arbres à chaque époque : "Les fruits de l’arbre majestueux" (Lévitique 23:40). C’est ainsi que les espèces vertes relèvent du secret de l’attribut H’esséd, du côté de Hokhmah et de l’avant. Toutefois, ils contiennent un peu du contraire, car ils ne sont pas blancs.

Lorsque l’homme pèche, il est jugé du côté de Gvourah, mystère des véritables arrières du côté gauche. Gvourah puise Din (Jugement), du côté de Binah, par l’association de la puissance rouge de Binah, qui une radiance pure, et du Grand brasier, appelé Ténèbre, du côté de Gvourah. Ainsi le rouge absolu, très foncé, se produit par le côté gauche. C’est la raison pour laquelle Esaü est roux et s’associe à Isaac, et que l’anéantissement et la destruction, demeure dans Din, du côté gauche, qui est rouge. Il est dit : " Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, comme neige ils blanchiront ; quand ils seraient rouges comme la pourpre, comme laine ils deviendront. Si vous voulez bien obéir, vous mangerez les produits du terroir. Mais si vous refusez et vous rebellez, c’est l’épée qui vous mangera !’ (Isaïe 1:18-20). C’est le mystère de: "Je leur cacherai ma face. Ils seront dévorés" (deutéronome 31:17).

Maintenant que tu sais ceci, sache que cela concerne la parole : " Comme un bœuf broute l’herbe des champs" (Nombres 22:4), il est également dit: " Mieux vaut une portion de légumes avec l’affection qu’un bœuf gras avec la haine." (Proverbes 15:17). Ainsi tout subsiste par le vert.

Sache que Nom central, appelé Tiféréth, est le secret de toutes les couleurs selon leurs catégories, dans le secret du pourpre (argaman). Car le pourpre détient le secret de toutes les couleurs : blanc, noir, bleu azur, vert, verdâtre et rouge. Ces couleurs sont mêlées par l’intermédiaire de Nets’ah, Hod et Yessod. L’attribut Yessod réunit toutes les couleurs : "Comme l’aspect de l’arc qui apparaît dans les nuages, les jours de pluie. C’était quelque chose qui ressemblait à la gloire de Yhwh" (Ezéckiel 1:28).

Sache encore que la couleur du secret du bleu azur est le mystère de la communauté d’Israël, c’est-à-dire le secret de Malkouth. "Ses pieds descendent à la mort, ses démarches gagnent le shéol" (Proverbes 5:5), le noir est le secret de toutes les parties postérieures les plus extérieures, ne contenant aucune lumière. Ce lieu est appelé Obscurité ténébreuse, car il y a une autre ténèbre, qui est une grande lumière, qu’aucun n’a la capacité d’affronter, selon le secret de : "Puis j’écarterai ma main et tu verras mon dos ; mais ma face, on ne peut la voir" (Exode 33:23). Cette lumière étant rayonnante et pure, tes yeux seront aveuglés et tu ne pourras la contempler.

Que signifie la parole des sages : "Tu ne pourras voir ma face" ? c’est le secret de : " Il fit de la ténèbre son voile" (Psaumes 18:12). C’est pourquoi il est écrit : "Elohim sépara la lumière de la ténèbre" (Genèse 1:4). Il y a de grandes distinctions dans les séparations saintes, imbriquées les unes dans les autres, parfois, certaines sont considérées comme profanes, au regard d’autres plus intérieures. Qu’est ce qui sépare deux lieux de sainteté ?, il est écrit : " Tu mettras le rideau sous les agrafes, tu introduiras là, derrière le rideau, l’arche du Témoignage, et le rideau marquera pour vous la séparation entre le Saint et le Saint des Saints" (Exode 26:33). Il existe un espace médiateur, appelé Grande lumière, que les yeux n’ont pas la capacité de voir. C’est ce que mentionne le verset : "Il fit de la ténèbre son voile" (Psaumes 18:12). Il est aussi écrit : "Il vous parla du milieu du feu, dans la nuée et la ténèbre, d’une voix forte" (deutéronome 5:22). Il est écrit : "Ciel obscurci de nuages ténébreux" (deutéronome 4:11).

Connais le grand secret. Les distinctions entre les diverses sortes de luminaires sont appelées "Ténèbre", car elles sont les limites de toutes les parties postérieures. En fait, ce sont des lumières que nul ne peut contempler, secret des versets : "Il fit de la ténèbre son voile" (Psaumes 18:12), "Il vous parla du milieu du feu, dans la nuée et la ténèbre, d’une voix forte" (Deutéronome 5:22), "ciel obscurci de nuages ténébreux" (deutéronome 4:11), "Il fit de la ténèbre son voile" (Psaumes 18:12). C’est pourquoi il est dit [des félons] "Sans savoir, sans comprendre, ils vont par la ténèbre" (Psaumes 82:5), c’est-à-dire qu’ils affaiblissent la lueur de leurs yeux, se rendant incapables de comprendre la lumière rayonnante : "Les félons périront dans la ténèbre" (I Samuel 2:9). Sache que lorsque l’homme a atteint le lieu de la Ténèbre, il y apporte sa maladie et sa faiblesse. C’est le secret de l’ouverture des yeux : "Yhwh ouvrit les yeux du serviteur" et le secret de "Mon cœur a vu beaucoup de Daath et de Hokhmah" (Eccl. 1:16).

Maintenant que nous t’avons appris ces concepts sur les couleurs, chaque fois que tu trouveras dans la Torah, ces différentes catégories de teintes et de couleurs, tu devras comprendre à quelle Séfirah cela fait référence. Lorsque deux couleurs seront mêlées, tu considéreras quelle Séfirah est mêlée à malkouth.

Apprends qu’il existe un blanc nommé "Blanc araméen" (Laban haArami), qu’il faut distinguer de la Blancheur céleste, appelée Lumière rayonnante pure et simple, sans aucun mélange, mystère de la vie, de la continuité, du vêtement et de la restauration. Sache que lorsque les différentes catégories se permutent, selon la méthode de la roue qui recule, elles se déshabillent et retourne au néant. Cet anéantissement s’appelle "Blanc araméen".

Joseph Gikatilla