Bouton_bleu.gif (1298 octets) Retour à la Bibliothèque

SEPHER HAZOHAR (Le Livre de la Splendeur)

Textes du Zohar concernant le livre de Job

1 - Zohar III 5a sur 1:3 Dans le livre de Rab Hammenouna le Vieillard, on interprète ainsi les paroles du verset suivant : "Et cet homme était plus grand que tous les enfants du Levant". Il était grand parce que, comme lui même, son épouse craignait le Seigneur. De même, ici, l'Ecriture dit : Yhwh est grand quand il est uni à Élohim. C’est pour cette raison que ce cantique (Ps. 48:1) a été chanté le second jour de la semaine. Mais comme Yhwh devait un jour se séparer d’Elohim, le mot "bon" ne figure pas dans la narration de la création du second jour de la semaine, ainsi que l'Ecriture dit: "Il n'est pas bien que l'homme soit seul" (Gen. 2:18). Quand l' "Homme" est seul, le mot "bon" ne figure pas.

2 - Zohar II 34a sur 1:4 - 1:5 - 1:10 Pour Job, I'Écriture dit : " Ses fils vont et font un festin dans la maison de l'un d'eux, en ce jour. Ils envoient et invitent leurs trois sœurs à manger et boire avec eux. ". L'ange accusateur requérait contre Job pendant tous les jours que ses enfants faisaient la fête; mais il ne pouvait s'attaquer a lui, ainsi qu'il est écrit "N'est-ce pas toi-même qui l'as couvert, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui, autour ?" (1:10). Job n'offrait qu'a Dieu, et ne donnait pas sa part à la Sitra Ah’arah, ainsi qu'il est écrit : "et fait monter des montées d'après le nombre de tous". Mais pourquoi le Saint, béni soit-il, punit-il Job pour ne pas avoir offert sa part au démon ?— Parce que, si Job l'eût fait, il aurait détourné le démon de la partie sainte, qui aurait pu alors s’élever dans le monde d'en haut. Comme il n'a pas agi ainsi, le Saint, béni soit-Il, le punit. Remarquez que c'est parce que Job ne voulait pas unir le Bien et le Mal qu'il a été puni ; d'abord, il était heureux; ensuite, il devint malheureux; et, enfin. il redevint heureux. Dieu nous indique par la que l'homme doit examiner le Bien, ensuite le Mal, et enfin revenir au Bien ; c'est dans ce principe que consiste le mystère de la Foi. Remarquez que Job était un des serviteurs du Pharaon ; c'est pourquoi l'Écriture dit : "Ceux d'entre les serviteurs du Pharaon qui craignirent la parole du Seigneur..." (Exode 9:20). Remarquez en outre que le Saint, béni soit-Il, ne voulait pas déplacer Job de son pays où il protégeait le Pharaon ; ce n est qu’après que Job tomba en défaillance que Dieu se vengea du Pharaon.

3 - Zohar II 32b-33a sur 1:6 Rabbi Éleazar ouvrit une de ses conférence de la manière suivante: Il est écrit : " Et c'est le jour, les fils d'Elohim vinrent se tenir devant Yhwh Mais le Satân vint aussi avec eux ". Les mots : " Et c'est le jour " désignent le premier jour de l'an, durant lequel le Saint, béni soit-Il, juge le monde. De même, dans le verset suivant : "Le jour arriva, et Élisée vint là" (IV Rois 4:11), l’Ecriture désigne la fête du premier jour de l’an. " les fils d'Elohim " désignent les anges supérieurs qui servent de messagers en ce monde pour examiner les œuvres des hommes. L’Ecriture ajoute: "... viennent se tenir devant Yhwh (àl Yhwh), ainsi qu'il est écrit : "J'ai vu le Seigneur assis sur son trône, et toute l’armée du ciel autour de lui a droite et a gauche" (III Rois 12:19). Mais on peut également voir, dans cette expression "al Yhwh", le grand amour que le Saint, béni soit-Il, porte à Israël. Car ces anges parcourent le monde durant toute l’année pour connaître les actions des hommes ; et, lorsqu'arrive le jour du jugement, ils se constituent leurs accusateurs. Or, remarquez que, de tous les peuples du monde, Israël est le seul dont les oeuvres soient examinées, parce que les Israélites sont les enfants du Saint, béni soit-Il. Et quand les actions des Israélites ne sont pas trouvées telles qu'elles doivent être, les anges messagers qui se constituent en ce cas les adversaires d'Israël, deviennent en même temps,—-s'il est permis de s'exprimer ainsi,—les adversaires de Dieu lui-même, attendu que quand Israël commet de mauvaises actions, il affaiblit,— s'il est permis de parler ainsi,—la force du Saint, béni soit-Il. Mais lorsque, au contraire, il commet de bonnes actions, il prête de la force et de la puissance au Saint, béni soit-Il; et c'est pourquoi l’Ecriture dit: "Donne de la force a Elohim" (Ps. 48:35). Comment donne t-on de la force a Élohim ? En faisant de bonnes œuvres. Aussi, en ce premier jour de l'an dont parle l’Ecriture, les anges accusateurs, en se levant contre Israël, s'élevèrent également contre Dieu ; et c'est pourquoi l'Ecriture dit "àl Yhwh" ; L'Ecriture ajoute: " Mais le Satân vint aussi avec eux ". Par le mot "aussi", L’Ecriture nous fait voir que les autres anges venaient également pour requérir contre Israël, [33a] auxquels venait se joindre Satan lui-même qui est le plus grand accusateur de tous.

4 - Zohar III 219a sur 1:8 Pendant qu'ils parlaient, un jeune homme arriva et dit : La génération de Job était coupable, et Satan est venu pour l'accuser. Alors le Saint, béni soit-il,lui dit : " As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Yove ? Non, il n'est pas sur terre d'homme semblable ". C'est pour sauver toute la génération que le Saint, beni soit-il, lui opposa Job. Ceci est comparable à un pasteur qui voit un loup se jeter sur son troupeau ; il lance contre lui un bouc, le plus fort du troupeau, et pendant qu'ils sont aux prises les autres sont sauvés. Le Saint, beni soit-il, fait ainsi pour chaque génération ; il met un juste aux prises avec Satan. Rabbi Siméon dit : Heureux le sort du juste qui souffre pour sa génération ! Il sera leur chef ; et Moise n'a été jugé digne de devenir le Pasteur d'Israël que parce qu'il a souffert pour eux. Il sera aussi leur Pasteur dans le monde futur; car il les a sauvés par la Loi et par les bonnes actions. Pourquoi le bras droit était-il frappé d'abord ? C'est ainsi qu'agissent aussi les médecins pour la saignée, le cote gauche étant trop près du cœur. Mais si la première saignée est insuffisante, on en pratique une seconde sur le bras gauche.

5 - Zohar II 33a sur 1:7 - 1:8 - 1:9 Le Saint, béni soit-Il, ayant vu que tous les anges messagers se préparaient de porter des accusations, dit immédiatement a Satan : "D'où viens-tu ? " Le Saint, béni soit-Il, ne savait-il donc pas d'où Satan venait ?—Mais il voulait, par cette demande, amener Satan a parler du sujet qu'il voulait. L'Ecriture dit: "Le Seigneur dit a Satan : D'où viens-tu ? Et Satan lui répondit: J'ai fait le tour de la terre et je l'ai parcourue tout entière". Nous inférons de ces paroles que la direction de la terre est confiée a des chefs célestes, excepté celle de la Terre sainte. Comme Satan disait : ""De naviguer sur terre et d'y cheminer ", le Saint, béni soit-Il, prévit qu'il voulait requérir contre Israël ; et c'est pourquoi l’Ecriture ajoute immédiatement après : "As-tu mis ton cœur sur mon serviteur Yove ? Non, il n'est pas sur terre d'homme semblable à lui ?" C'était le moment de donner sa part a Satan, afin de l'occuper ainsi et de détacher sa pensée d'Israël, ainsi que cela a été déjà dit. Ce cas est comparable à celui d'un pasteur qui veut faire passer un fleuve a son troupeau, etc. Aussi Satan se jeta- t-il immédiatement sur sa victime et ne requit plus contre Israël. L'Ecriture ajoute: " Le Satân répondit à Yhwh et dit : "Est-ce gratuitement que Yove frémit d'Elohim ?" Est-ce étonnant, disait Satan, qu'un serviteur craigne son maître qui lui accorde tous ses désirs ! Prive-le de ta providence, et tu verras alors s'il te craint réellement ou non. Remarquez que, lorsqu'Israël est en détresse, il se libère des accusations de Satan en lui jetant sa part. De là vient le sacrifice du bouc qu'on doit offrir le premier jour de chaque mois, ainsi que le jour du grand pardon ; Satan étant occupé de sa part néglige de requérir contre Israël. Dans le cas de Job, il était nécessaire d'accorder a Satan une victime issue d'Abraham, ainsi qu'il est écrit : "Apres cela, on vint dire à Abraham que son frère Nachor avait eu de sa femme Melcha plusieurs fils. Oust son aîné', etc‘ (Gen. 22:20). Remarquez en outre qu'au moment ou Satan dit a Dieu : " De naviguer sur terre et d'y cheminer ", il se proposait de requérir contre Israël, et cela en raison de la faute commise par Abraham en ne blessant pas Isaac après que celui-ci eut été lié sur l'autel : car Abraham n'avait point le droit de changer un sacrifice déjà placé sur l’autel contre un autre, ainsi qu'il est écrit : "Et le sacrifice ne pourra être changé, etc" (Lév. 27:10). Or, Isaac avait été déjà placé sur l'autel ; et cependant Abraham le changea contre un bélier, sans avoir blesse son fils auparavant. De même que contre Abraham, Satan requerrait également contre Joseph, et cela pendant plusieurs générations. Dans toutes ses requêtes, Satan se basait sur la justice. Aussi, a partir du moment ou Isaac fut changé contre un autre sacrifice, le Saint, béni soit-Il, se chargea de procurer à Satan une victime issue de la race d'Abraham, ainsi qu'il est écrit : "Nachor avait eu de sa femme Melcha plusieurs fils. Outs son aîné, etc‘ (Gen. 22:20). Pour éloigner Satan de tous les descendants d'Abraham, Dieu lui offrit une victime issue de la même race. Pourtant, tout ce que Dieu fait est base sur la justice et l’équité ; et, de même que Job avait juge, il a été juge. Car Job était un des conseillers intime du Pharaon ; et quand le Pharaon prit la décision de tuer les Israélites, Job l'en dissuada et lui dit : Dépouille-les de leur argent et opprime les par des travaux pénibles, mais ne les tue pas.

6 - Zohar I 224a-b sur 1:21 Un mystère de la tradition explique ainsi les paroles de l'Ecriture : "Et ils savaient qu'ils étaient nus" (Gen. 3:7). Cela veut dire: ils savaient réellement qu'il leur manquait cet habit précieux qui est forme des jours sans péché ; et ailleurs il est écrit : "Tes yeux m'ont vu lorsque j'étais encore informe; et tous sont écrits dans ton livre; les jours sont créés, et il n'en reste pas un seul" (Ps. 134:16). En effet, a Adam il n'est plus reste un seul jour; et aussi n'avait-il aucun habit pour se couvrir. Lorsqu'il a fait pénitence, le Saint, béni soit-Il, le reçut et le revêtit d'autres habits, mais non plus de ceux formés des jours, ainsi qu'il est écrit : "Le Seigneur Dieu fit a Adam et a sa femme des habits de peaux dont il les revêtit" (Gen. 3:21). Remarquez que l’Ecriture dit d'Abraham : "Il est venu avec les jours (ba bayamim)" (Gen. 14:1), parce qu'il était digne. Aussi, en quittant ce monde, trouva-t-il en haut tous les jours, de sorte qu'aucun des habits précieux qu'ils forment ne lui manquait. De Job, l’Ecriture dit : ""Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu je retournerai là", parce qu'il ne lui restait plus aucun habit pour s'en revêtir. Heureux le sort des justes dont tous les jours sont bien remplis. En quittant ce monde, ils s'unissent ensemble et forment [224 b] les habits précieux dont le juste est revêtu et a l'aide desquels il arrive à jouir des délices du monde futur et a ressusciter au moment de la résurrection ; car tous ceux dont les âmes sont revêtues des habits formes des jours ressusciteront, ainsi qu'il est écrit : "Et ils se lèveront debout comme les vêtements" (Job 38:14). Malheur aux coupables de ce monde a qui les jours pendant lesquels ils ont commis des péchés manqueront dans le monde futur où ils ne trouveront de quoi se vêtir.

7 - Zohar II 32b sur 2:3 - 2:5 Et ailleurs il est écrit : "Le Seigneur te garde de tout mal" (Ps. 121:7). Il résulte donc de ces versets que le Saint, béni soit-Il, voit toutes les œuvres que l'homme accomplit dans ce monde, les bonnes autant que les mauvaises, ainsi qu'il est écrit : "L'homme peut-il se cacher devant moi, de sorte que je ne le voie, dit le Seigneur" (Jér. 23:24). Rabbi Yehouda lui répondit : En effet, c'est ainsi ; mais, remarquez que l’Ecriture dit : " envoie donc ta main, touche à ses os, à sa chair, etc." Et un peu plus haut il est écrit : " Mais tu m'incites contre lui à l'engloutir gratuitement ". Ces paroles nous démontrent que Satan a l'autorisation de requérir contre les hommes qui ne méritent point de tomber entre ses mains. Quant a la raison pour laquelle le Saint, béni soit-Il, donne pareille autorisation a Satan, c'est un mystère ; et l'homme est indigne d'approfondir les mystères des lois divines ; il n'est pas permis aux hommes de s'appliquer a pénétrer les raisons des lois divines et les mystères de la Loi, si ce n'est aux justes, amis de la vérité, qui connaissent les mystères et qui marchent dans la voie de la Sagesse.

8 - Zohar II 33a sur 2:5 - 2:6 Pour éloigner Satan de tous les descendants d'Abraham, Dieu lui offrit une victime issue de la même race. Pourtant, tout ce que Dieu fait est basé sur la justice et l’équité; et, de même que Job avait juge, il a été juge. Car Job était un des conseillers intimes du Pharaon ; et quand le Pharaon prit la décision de tuer les Israélites, Job l'en dissuada et lui dit : Dépouille-les de leur argent et opprime-les par des travaux pénibles, mais ne les tue pas. Alors le Saint, béni soit-Il, lui dit: Je jure par ta vie qu'il t'arrivera la même chose que tu as conseillée au Pharaon, ainsi qu'il est écrit : ", envoie donc ta main, touche à ses os, à sa chair, etc." Ainsi, il a été jugé comme il avait jugé les autres. Bien qu'en toute autre occasion Job craignit le Seigneur, il avait péché contre Dieu en donnant ce mauvais conseil au Pharaon. Remarquez que l’Ecriture ajoute : "... mais préserve son Néfesh ". Ainsi, Dieu autorisa Satan a exercer son pouvoir sur la chair de Job, en raison du mystère renfermé dans les paroles suivantes : "La fin de toute chair est venue devant moi" , ainsi que cela a été déjà expliqué .L'Ecriture dit : "La fin de toute chair...",et non pas : "La fin de toute vie..." Car la "Fin" émane du coté des ténèbres, ainsi qu'il est écrit : "Il a mis une fin aux ténèbres, etc.." (Gen. 6:13). Car il y a une autre "Fin" qui émane du côté droit, et que l'Ecriture désigne sous le nom de "Fin du côte droit". C'est pourquoi Dieu n'autorisa la "Fin du côté gauche", qui émane des ténèbres, a s'attaquer qu‘aux os et a la chair de Job "nais non pas à sa vie".

9 - Zohar III 43a sur 3:3 Remarquez qu'au moment où l'homme se sanctifie pour s'unir conjugalement à son épouse, un esprit sacré réveille un autre esprit saint composé de mâle et femelle ; et le Saint, béni soit-Il, fait signe à un messager céleste prépose à la grossesse et lui confie ce dernier esprit en lui indiquant l'endroit où il doit le déposer, ainsi qu'il est écrit : "Et la nuit dit : ÇUn mâle est conçu". La nuit dit a ce chef céleste mentionne: Un homme est conçu d'un tel. Le Saint, béni soit-Il, donne a l'esprit destiné a descendre ici-bas des conseils et lui fait des exhortations, ainsi que cela a été dit. L'esprit descend alors accompagné d'une image ; cette image accompagnait déjà l’esprit t en haut au moment de la conception, et c'est avec la même image que l'esprit descend en ce monde. Tant que cette image se tient près de l'homme, celui-ci peut subsister sur la terre. C’est pourquoi le roi Salomon exhorte les hommes en disant : "... Jusqu’à ce que le jour se lève et que les ombres disparaissent" (Cant. 2:17). Il parle de deux ombres.

10 - Zohar III 43a sur 3:3 C'est donc a cause de la lumière de la lune que le mot "Meoroth" est écrit de façon incomplète (dans Gen. 1 :16 : Dieu dit : "Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit; qu'ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années) ; car, outre que sa lumière est cause d'une maladie enfant, sa lumière est inférieure a toutes les autres, et parfois même elle est obscurcie et ne reçoit plus sa nourriture du soleil. L’Ecriture ajoute: "...Dans le firmament du ciel". C'est le firmament qui renferme toutes les lumières. Rabbi Isaac, au contraire, dit : C'est le firmament inférieur qui n'a aucune lumière de lui-même ; nous l'appelons "Malkouth", "ciel", "terre d’Israël" et "terre de vie". Ainsi, en disant "dans le firmament du ciel", I'Ecriture entend le firmament qu'on désigne sous le nom de "ciel". C’est pour ces raisons que le mot "Meoroth" est écrit sans la lettre Vav. Pourquoi plutôt cette lettre qu'une autre ? Parce que, sans le Vav, qui est le symbole de l'Esprit saint, c'est la mort qui règne dans le monde. Par les mot « iehi meoroth (que les lumières soient faites) mots écrits de façon incomplète, l’Ecriture fait allusion à la femelle des démons appelée "Lilith", qui a reçu l'autorisation de résider dans le monde. C'est également a elle que font allusion les paroles de l’Ecriture: " Petits et grands sont là, et le serviteur libre de son maître ", et ailleurs : "Le Seigneur fera voir sa magnificence en ce lieu-là ..; les vaisseaux à rames ne prendront point leur route par là et la grande galère n'y passera point" (Isa. 33:21). C'est pourquoi également l'Ecriture ajoute : "C'est là où "Lilith" se retire ; cest là où elle trouve son repos" (Isa. 34:14). Rabbi Eleazar dit : Le mot "Meoroth" (lumières) est écrit de façon incomplète parce que les lumières dont nous jouissons ici-bas ne sont que le reflet des lumières supérieures, tel un fer-blanc réfléchissant la clarté d'une chandelle.

12 - Zohar I 179b sur 3:26 Rabbi Siméon a en outre commencé à parler de la manière suivante: Il est écrit : " Je ne m'apaise pas, je ne me calme pas, je ne me repose pas: l’exaspération est venue ". Remarquez combien nombreuses sont les peines des justes en ce bas monde; ils sont accablés de maux sur maux, de souffrances sur souffrances, pour devenir dignes du monde suprême. Combien Jacob n'a-t-il pas souffert! Le verset cite s'applique à lui: "Je n'ai pas conservé de repos", dans la maison de Laban, dont je ne pus me séparer de bon gré. Le terme "de tranquillité" désigne la douleur que Jacob éprouva lorsqu'il se vit persécuté par Esau et son ange tutélaire Le terme "et de sérénité" désigne la peine que Jacob éprouva lors de la séduction de Dina. La phrase: "Et la colère est tombée sur moi" désigne la douleur que Jacob éprouva à la suite de la vente de Joseph par ses frères, douleur d'autant plus grande que Jacob aimait ce fils plus que tous les autres, parce qu'il était l’image du mystère de l'Alliance. Mais, après tant de souffrances endurées, Dieu récompensa Jacob par l'objet même qui causait sa douleur...

13 - Zohar III 215a sur 4:7 Phinéès, fils d'Eléazar, fils du prêtre Aaron, a détourné ma colère de dessus les enfants d’Israël" (NOMB. 25:11). Rabbi Yehouda commença a parler ainsi : " Souviens-toi donc ! Quel innocent a péri ? Ou bien des équitables ont-ils été exterminés ?... Une tradition nous apprend que celui qui voit l'arc-en-ciel avec ses diverses couleurs doit prononcer la parole suivante: "Béni soit Celui qui se souvient de l'alliance". Car l'arc-en-ciel est l’emblème de l'Alliance sacrée que le Saint, béni soit-Il, a faite [215a] avec la terre, pour ne plus la ravager par un déluge. Et quand le nombre des coupables est grand en ce monde, le Saint, béni soit-Il, rappelle a la terre que, s il n'y avait pas le serment qu'il a prêté, il l'exterminerait. Car Dieu a juré de ne plus ravager la terre, puisqu'il a répété deux fois la négation: "Je ne répandrai plus ma malédiction sur la terre... Je ne frapperai plus tout ce qui est vivant et animé" (Gen. 8:21). Cette répétition équivaut a un serment, ainsi qu'il est écrit: "Comme ° j'ai juré a Noé de ne plus répandre sur la terre les eaux du déluge... " (Isaïe 54:9).

14 - Zohar I 8b (annexes) sur 4:9 Rabbi Hisda dit ; Le saint, béni soit-Il, ne fait jamais servir la rigueur contre les coupables, sans avoir préalablement consulté les âmes des justes, ainsi qu’il est écrit : " ils périssent; par le souffle (nishmath) de sa narine ".

14 - Zohar I 244a sur 6:15 Il est écrit : "Gad combattra tout arme a la tête d’Israël, et il retournera ensuite couvert de ses armes" (Gen. 49:19). Rabbi Yessa dit: C‘est du nom de Gad que nous inférons que des armées feront la guerre à la fin des temps car le nom de Gad est composé des deux lettres Ghimel et Daleth dont l'une donne et l'autre reçoit. Remarquez que le fleuve dont les eaux ne tarissent jamais est symbolisé par le Ghimel ; car c'est lui qui nourrit tous les mondes. Gad était l'image de ce fleuve. Rabbi Isaac dit : Si Gad n'avait pas été le fils d'une des servantes de Jacob, il serait arrive à un degré supérieur, ainsi qu'il est écrit : "A la bonne heure (bagad) !" (Gen. 30:11). Le mot "bagad" est écrit sans Aleph, parce que Gad était le fils d'une servante, en raison de quoi l'Aleph lui a été ôté, ainsi qu'il est écrit : " Mes frères passent devant moi (bagdou) comme un torrent" Ce verset fait allusion au fleuve céleste qui s’était retiré de Gad, à la suite de quoi l'Aleph lui a été ôté. C’est également pour la même raison que Gad n'a pas eu de part dans la Terre sainte.

15 - Zohar II 142b sur 7:2 Un chef céleste du nom de "Idoumiàm", qui porte le sceau gravé et servant à rendre authentiques les arrêts du tribunal céleste descend pendant cette nuit, accompagné de nombreux millions d'autres anges, chargées d’ôter l'ombre à tous ceux qui doivent mourir dans le courant de l'année ; ils portent ensuite ces ombres en haut. Quand "Nephesh" voit les ombres qu'on enlève, il retourne dans la tombe et crie aux autres morts : Un tel va venir nous rejoindre. Si l’homme en question est digne, les morts se réjouissent de sa venue prochaine; sinon, tous crient: Hélas ! Les ombres remontées en haut sont remises à ce serviteur fidèle qui porte le nom de Métatron. Celui-ci s’empare de l'ombre et la place a l'endroit qui lui est assignée, ainsi qu'il est écrit: "Comme un esclave soupire après l'ombre..." A partir de ce moment, on assigne une place a la ’Neschama’, au ’Rouah’ et au ’Nephesh’ de l'homme qui doit bientôt arriver. Car tout "Nephesch" ne demeure pas près du corps; il y en a qui ne trouvent jamais de repos. Ceux qui se séparent du corps dès le moment de la mort ne trouvent pas de repos ; et c'est d'eux que l’Ecriture dit: "Et l'âme (Nephesh) de vos ennemis sera agitée et jetée bien loin comme une pierre lancée par une fronde avec grand effort" (1 Rois 25:29). Un tel "Nephesch" erre constamment dans le monde et ne trouve de repos ni jour ni nuit; c'est le châtiment le plus terrible de tous.

16 - Zohar I 77b sur 7:9 Lorsque le corps est souillé, l’âme qui en sort plane dans l'air pur des régions supérieures ; elle monte et descend; et les portes célestes ne s'ouvrent pas devant elle ; elle est constamment secouée comme la pierre de la fronde. Malheur à ces hommes ; car ils ne jouiront pas des délices qui sont la récompense des Justes en cet endroit. Leurs âmes seront confiées à l'ange Douma; elles descendront à l'enfer et n'en sortiront jamais; c'est d'elle que l’Ecriture dit: "La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Au moment où la voix céleste fait retentir ces paroles, une flamme sortant du côte nord se répand dans toutes les quatre directions; elle descend également en bas et pénètre entre les ailes du coq; et c'est ce qui le fait chanter à minuit Personne ne se lève, excepté les bienheureux qui aiment la vérité; ceux-ci se lèvent et se consacrent a l'étude de la doctrine ésotérique. Alors le Saint, béni soit-Il, et tous les justes qui sont avec lui dans le Jardin de l’Eden, écoutent la voix de ces bienheureux, ainsi qu'il est écrit : "O toi, qui habites dans les Jardins, les collègues sont attentifs à écouter ta voix fais-la moi donc entendre" (Cant. 8:13).

Zohar I 160b sur 7:9 Les portes du ciel sont appelées aussi "fleuves et "rivières" ; car ceux-ci se répandent dans les six directions du monde céleste. Et il y a aussi des portes de la mort et de enfer. La mort et l'enfer ne font qu'un ; or, la mort représente le principe femelle du mauvais côte, et l enfer le principe male. C'est pourquoi le Saint, beni soit-il, dit à Job : " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas ". Mais, en même temps, le Saint, beni soit-il, dit a Job : Les portes de la mort t'ont-elles été ouvertes ? Et as-tu vu les portes de l'enfer ?" Cela veut dire: je les supprimerai pour toujours de ce monde, ainsi qu'il est écrit : "Il précipitera la mort pour jamais" (Is. 25:8).

Zohar II 150b sur 7:9 Aussi, heureux le sort de celui qui se propose toujours de faire pénitence ; car, alors même qu'il ne pourrait jamais y parvenir, le Saint, béni soit-Il, lui en tiendrait compte. en assimilant l'intention a l'acte. Cette assimilation n'a lieu que pour le "bon coté" ; la mauvaise intention, au contraire, n'est pas assimilée a l'action, excepte l'intention d'adorer les idoles, ainsi que les collègues l'ont dit. Mais ceux ; qui n'ont jamais eu l'intention même de faire pénitence descendront à l'enfer et n'en sortiront jamais en toute éternité; c'est d'eux que l'Ecriture dit: " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Et ailleurs : "C'est le Seigneur qui ôte et qui donne la vie, qui conduit au Schéol et qui en retire" (I rois 2:6). Rabbi Yehouda dit: Nous avons appris que les coupable si dans l'enfer, sont châtiés par un feu brûlant jour et nuit, afin que le châtiment corresponde a la faute qui consistait dans le feu de la passion. Toutes les fois que l'homme se laisse entraîner par la chaleur de la passion que lui communique l'esprit tentateur, il attire le feu de l'enfer.

Zohar III 286a sur 7:9 La tradition nous apprend que les damnés dans l'enfer séjournent dans des compartiments divers, suivant le degré de leur culpabilité. Le plus profond de tous est le compartiment "Abadon" (perte), et la tradition nous dit que les damnés jetés dans "Abadon", [286a] appelé également "compartiment inférieur", n'en remontent jamais. L'homme qui y est jeté est perdu pour toute l’éternité et pour tous les mondes; car ce compartiment n'a pas de porte; c'est de ce compartiment que l'Ecriture dit: " La nuée s'achève et va; ainsi le gisant du Shéol n'en remonte pas". Cependant l'Ecriture dit ailleurs : "Il fait descendre dans le Scheol, et il en fait remonter" (1 Rois 2:6). Dans un verset, il est question du Sclléol, et dans l'autre verset, il est question du Schéol inférieur qui n'a point d'issue. Ceux qui ne répondent pas "amen" par mepris pour la prière sont jetés dans ce compartiment.

Zohar I 217b sur 8:9 Rabbi Yéhouda lui dit : Comment sais-tu que tu vas mourir ? Rabbi Isaac lui répondit : D’abord, parce que mon âme me quitte chaque nuit et ne me montre plus de songes comme auparavant ; en outre, j’ai l’habitude , chaque fois que, dans ma, priere, j'arrive a la benédiction: "Sois beni, Sei~rneur, qui entends les prieres", de contempler sur le mur vers lequel j'ai le visage tourné la silhouette formée par mon ombre or, cette fois-ci, je ne vois plus ma silbouette, et j'en conclus que la proclamation de ma mort a éte déja faite en haut, puisque mon image est effacée, ainsi qu'il est ecrit : « L'homme ne passe qu'avec l'image » (Ps. 34), ce qui veut dire qu'aussi longtemps que l'image de l’homme n'est effacée, l'homme reste attaché a son âme et qu'il la gardera encore longtemps; mais aussitot que l'image est effacée au point de ne plus etre reproduite par l'ombre, l'homme va disparaître de ce monde. Rabbi Yehouda lui répliqua : Ce que tu dis resulte égale ment du verset suivant: " l'ombre de nos jours sur terre".

Zohar III 43b sur 8:9 L'image sainte se tient toujours au-dessus d'elle, jusqu'à ce qu'elle vienne en ce monde. [43 b] Dès qu'elle arrive en ce monde, l'image s'associe à elle et croit avec elle, ainsi qu'il est ecrit : "L'homme passe avec l'image" (Ps. 34:7). Les jours de l'homme dépendent de cette image, ainsi qu'il est écrit : " ... Oui, nous sommes d'hier; nous ne connaissons pas l'ombre de nos jours sur terre". En effet, c'est de l'ombre (image) que dépendent nos jours.

Zohar I 188b sur 9:7 Rabbi Hizqiya ouvrit une de ses conférences de la manière suivante : Il est écrit : "Il le dit au soleil: il ne brille plus, quant aux étoiles, il les scelle" Remarquez que le Saint, béni soit-Il, a créé sept étoiles principales sous ce firmament; et sous chaque firmament il y a d autres corps célestes qui, tous, sont sous les ordres des chefs célestes, créés pour chanter la gloire du Saint, béni soit-Il . Certains chefs des corps célestes sont charges de faire les messages de leur Maître et de surveiller les actes des hommes; d'autres, n'ont pour mission que de chanter la gloire de leur Maître; ces derniers sont également charges d'accueillir les louanges que les hommes adressent a Dieu.

Zohar I 189a sur 9:7 L’Ecriture dit: " Il le dit au soleil: il ne brille plus ". D’après Rabbi Siméon, ces paroles désignent Joseph. Et les paroles suivantes: ".. quant aux étoiles, il les scelle " désignent les frères de Joseph, ainsi qu'il est écrit "Et le soleil et la lune et onze étoiles m’adoraient" D'après une autre interprétation, les mots: " Il le dit au soleil" désignent Jacob au moment où ses fils lui tendirent la chemise de Joseph pour la reconnaître. Les mots: "... il ne brille plus" désignent Jacob durant l'époque où la Schekhina s’était retirée de lui. Les mots: " ... quant aux étoiles, il les scelle " signifient que Jacob avait été privé de toutes les lumières durant le temps qu'il restait séparé de Joseph son fils. Remarquez en outre que, depuis le jour ou Joseph fut séparé de Jacob, celui-ci s'abstint de relations conjugales; et il porta le deuil jusqu'au jour où la bonne nouvelle de Joseph lui fut annoncée. 8 Déployeur des ciels, lui seul ,marche sur les flots de la mer ;

Zohar II 35b sur 9:8 Le serpent qui entoure le monde, se tenant constamment roulé autour de la terre et qui y porte les malédictions. Il ne se réveille qu'une fois en cinquante ans ; et, s'il veut se dresser debout, [35 b] Dieu en brise la force. Le Saint, béni soit-Il, le foule constamment aux pieds, pour l’empêcher de se redresser, ainsi qu'il est écrit : "... Qui marche sur les flots de la mer". Et quand le serpent se redressera, alors s'accompliront les paroles de l’Ecriture : "En ce temps-la le Seigneur viendra avec sa grande épée, son épée pénétrante et invincible, pour punir Leviathan, ce serpent immense, Leviathan, ce serpent a divers plis et replis, et il fera, mourir la baleine qui est dans la mer" (Isaïe 27:2). Remarquez que le serpent vit sur la terre, alors que le poisson vit dans l'eau. La force du démon vivant dans l'eau n'est pas si grande que celle de celui vivant sur la terre ferme; et c'est pourquoi le mot "meoroth" est écrit sans Vav. Bien qu'a la fin des temps il doive y avoir rencontre entre le démon de la mer et celui de la terre ferme, ce ne sera pas ce dernier qui combattra le premier; ce sera le Saint, béni soit-Il, lui-même, qui tirera le démon de l'eau, à cause de son orgueil, ainsi qu'il est écrit : "Voici ce que dit le Seigneur Dieu: Je viens a toi, Pharaon, roi d'Egypte, grand dragon qui te couches au milieu de tes neuves, etc." (Ezech. 29:3).

Zohar II 76a sur 10:11 De la création de l'homme l’Ecriture dit : " Tu m'as vêtu de peau, de chair; d'os et de nerfs, tu m'as couvert". Certes, la peau, la chair, les os et les nerfs ne constituent pas l'homme, attendu que l'âme seule constitue l’individualité de l'homme. La peau, la chair, les os et les nerfs forment seulement l'enveloppe de l'homme: ils constituent son habit, mais ne sont nullement l'homme, attendu que, quand l'homme meurt, il est dépouillé de toutes ces enveloppes. Cependant, bien que le corps de l’homme ne constitue que l'accessoire, sa forme cache un mystère suprême, ainsi que notre maître avait explique les paroles du verset suivant : "Toi qui es revêtu de la lumière comme d'un vêtement, et qui étends le ciel comme une tente..." (Ps. 104:2). De même que Dieu forme le point intérieur, et que toutes les légions célestes et tous les cieux ; ne forment que le vêtement, de même l’homme c'est l’âme intérieure, alors que toutes les parties du corps n'en sont que le vêtement. Voilà pourquoi l'Ecriture dit : "Et Elohim créa l'homme à son image" (Gen. 1:27). Dans ce verset, figure deux fois le mot "Elohim" pour correspondre au Principe mâle et au principe femelle.

Zohar III 199b sur 12:20 Mais le Saint, béni soit-Il, " Il retire le flux des orateurs, et confisque le goût des vieillards" Les mots: " retire le flux des orateurs" désignent la génération de la Tour de Babel. Les mots: " ... confisque le goût des vieillards" se rapportent a Balaam et a Balac. Tous leurs actes étaient accomplis dans une mauvaise intention ; tous deux avaient prépare des autels; mais Balaam s'attribua a lui seul le mérite, et il dit à Dieu: "J'ai prépare sept autels". Dieu lui répond : Impie, je sais tout; retourne auprès de Balac et tu lui parleras ainsi. D’après une autre explication, les mots: " ... confisque le goût des vieillards" s'appliquent aux anciens de Madian et de Moab qui sont allés consulter Balaam en emportant avec eus des objets de sorcellerie. [200a] "Balaam leur répondit : Demeurez ici cette nuit et je vous dirai tout ce que le Seigneur m'aura déclaré" (Nom. 22:8) La nuit est propice aux magiciens, et c'est pourquoi il leur demandait de passer chez lui la nuit, pour qu'il eût le temps de consulter les mauvais esprits. 21 Il répand le mépris sur les notables, et détache la ceinture des agresseurs. 22 Il découvre les profondeurs de la ténèbre, et sort, à la lumière, l’ombremort.

Zohar I 30b sur 12:22 Aussitôt que les lettres furent gravées sur le sceau de Dieu, le grand serpent et ses légions disparurent de la surface du monde et furent relégués sous les ouvertures de la terre conduisant a l’abîme, a une profondeur de mille cinq cents aunes. Mais le profond abîme rendit, plus tard, les démons a la surface de la terre qui fut, la la suite, entièrement voilée de ténèbres, jusqu'au jour ou la lumière céleste, dissipant les ténèbres, vint éclairer le monde, ainsi qu'il est écrit : "Il découvre les profondeurs de la ténèbre, et sort, à la lumière, l’ombremort". Les eaux ont été pesées sur une balance.

Zohar I 32a sur 12:22 Ce n'est que par la comparaison des ténèbres avec cette lumière qui se répandra dans le monde a la fin des temps, que les ténèbres seront reconnues ce qu'elles sont en réalité. C’est pourquoi, après avoir dit : " Et Elohim appela la lumière jour", l’Ecriture ajoute : "...Et il appela les ténèbres nuit". attendu que ce n'est que par la comparaison avec la lumière que les ténèbres paraissent ce qu'elles sont en réalité. C'est pourquoi nous savons par une tradition que le verset : " Il découvre les profondeurs de la ténèbre" doit être interprété de façon analogue. Que signifient les mots "découvre dans les ténèbres" ? Est-ce a dire qu'il découvre les choses cachées dans les profondeurs ? Pourtant nous savons que l'Ecriture fait allusion aux couronnes célestes qui sont les plus cachées. Pourquoi donc l’Ecriture parle-t-elle de "profondeurs", alors que les couronnes célestes sont dans les régions supérieures. Rabbi Yosse dit: Le sens de l'Ecriture est celui-ci: Il fait découvrir les Mystères suprêmes dans les ténèbres symbolisées par la nuit, c'est-à-dire qu'on ne saurait apprécier la lumière qu'en la comparant avec les ténèbres. Lorsque l'homme est arrivé à ce degré d'entendement, il voit la lumière dans les ténèbres mêmes; tel est le sens des paroles de l'Ecriture : "Et la lumière de la lune sera aussi éclatante que celle du soleil" (Isaïe 30:26).

Zohar I 145a sur 13:24 De même on trouve dans Job : " Me comptes-tu pour ton ennemi (oëb)". Ainsi le "iyob", c’est-à-dire Job, a été transformé en le mot "oïeb", ainsi que cela a été expliqué. Zohar I 6b sur 14:11 Depuis que l'essence divine appelée "Je" est dans l'exil, les eaux de ce fleuve ont tari et ne répandent plus de lumières comme précédemment. C’est à ce fleuve que font allusion les paroles de l’Ecriture : "le fleuve tarit, il est sec". Les deux expressions "tarir" et "sécher" désignent le premier et le second temples de Jérusalem.

Zohar I 186b sur 14:11 Les eaux d'en haut tarissent également ainsi qu'il est écrit : "11 Les eaux de la mer s'épuisent; le fleuve tarit, il est sec". Comme l'homme est formé ici-bas sur le modèle d'en haut. il s'ensuit que l'homme qui laisse tarir sa source et qui ne produit pas de fruits ici-bas, soit qu'il ne veuille pas prendre femme, soit qu’il prenne une femme incapable d'avoir des enfants, soit enfin qu'il cohabite avec sa femme de façon contre nature, commet un crime irréparable ; et c'est a lui que s'appliquent les paroles de l'Ecriture : "La faute ne peut jamais plus être réparée" (Eccl. 1:15).

Zohar III 219a sur 14:20 &15:2 Le Pasteur Fidèle dit: Que signifient les paroles : "Un vent passa ('abra) par lui » (15:2) ? "'Abra" veut dire colère, "'ebra"? un des chefs des mauvais esprits. Pour dépister le mauvais esprit, il faut changer de résidence, de nom et de conduite. Abraham a agi de la sorte ; il a quitte ,son pays ; il a changé son nom , et il a changé de conduite. Quand Dieu chassa Adam du Jardin d'Eden, il transforma sa physionomie, ainsi qu'il est écrit : " tu (flétries) changes ses faces et le renvoies". Quand un mauvais esprit passe et que l'homme a changé de nom, il voit "qu' il n’est plus", et il ne reconnaît plus sa place. C'est pourquoi les maisons impures sont reblanchies et dans d'autres cas détruites. Un arbre qui ne produit pas, on le greffe; de même un homme qui réside dans une ville habitée par des impies, où il ne peut se conformer aux préceptes de la Loi, doit changer de résidence et aller vivre au milieu de gens pieux et ou se trouvent des maîtres de la Loi. La Loi est appelée "arbre", et les commandements sont ses "fruits". La Loi sans les pratiques est appelée "stérile".

Zohar I 219a sur 14:22 Rabbi Yehouda dit: Pendant les premiers sept jours qui suivent la mort, l’âme va et vient entre la maison ou habitait le mort et le tombeau où repose le corps, car elle porte le deuil [219a] du corps, ainsi qu'il est écrit: " Mais sa chair contre lui s'endolorit; son être contre lui s'endeuille". L'âme revient ensuite a la maison et y voit tous ceux qui sont tristes et pleurent le mort. Une tradition nous apprend en outre que, pendant les sept jours qui suivent la mort, le corps reste ce qu'il était, alors que l'âme se promène ; tantôt elle va voir la place qui lui est réservée, tantôt elle rentre dans la "caverne double", ou les patriarches sont ensevelis; elle voit ce qui lui est donné a voir, et elle va partout où il lui est permis d'aller. Enfin, elle arrive a la porte du Jardin de l’Eden où elle rencontre les Kérouvim et où elle aperçoit l’épée étincelante du Jardin de l’Eden d'ici-bas.

Zohar I 219a sur 14:22 Quand la "Neschama" rencontre un obstacle qui l'empêche de remonter a sa place, "Rouah" va se placer a la porte du jardin de l’Eden, mais on ne lui ouvre pas; [142a] il court ça et la, mais on n'y prête pas attention. "Nephesch" parcourt le monde au vol pendant ce temps, voit le corps rongé par les vers, contemple les peines que l'on inflige au corps pendant qu'il est dans la tombe, et il en est affligé, ainsi que cela a été établi en vertu des paroles de l'Ecriture : " Mais sa chair contre lui s'endolorit; son être (Néfésh) contre lui s'endeuille". Ainsi,- toutes les parties de l’âme sont en peine jusqu’à ce que la "Neschama" se trouve a sa place en haut ; alors toutes se fusionnent, attendu que toutes trois sont unies par un lien qui les rend indivisibles. Les trois parties de l'âme sont formées à l'exemple des Trois d’en haut, qui ne forment qu'une unité. "Nephesch" n'a point de lumière qui lui soit propre ; il a cela de commun avec le corps qu'il ne sert que pour délecter et nourrir celui-ci. C’est pourquoi l'Ecriture dit: "Et elle donne de la nourriture a sa maisonnée et à ses jeunes filles" ((Pr. 31:15). La "maisonnée" désigne le corps qui est nourri par "Nephesh" ; les "jeunes filles" désignent les membres de ce même corps. "Rouah" domine et éclaire "Nephesh", le second sert de piédestal au premier. "Neschama" domine "Rouah" et l’éclaire de la lumière vivifiante. Voici comment les trois parties de l'âme se tiennent ensemble l'exemple d’en haut. Tant que la partie supérieure de l’âme n'est pas arrivée a la place qui lui est assignée, la seconde ne peut pas pénétrer dans le Paradis d'en bas et la troisième ne trouve pas de repos dans la tombe. "Nephesch" reste dans la tombe tant qu'il y a des os. Ce mystère est connu des inities, qui connaissent les voies de la vérité et qui craignent le péché.

Zohar I 207a sur 15:15 D‘après une autre interprétation, le monde d'en haut n'a été crée que par la Sagesse d'en haut; et le monde d'ici-bas n'a été créé que par la Sagesse d'en bas. Ainsi, tout ce qui existe émane de la Sagesse d'en haut et de la Sagesse d'en bas. Que signifie: "...Et qui établit les cieux par la prudence" (Prov. 3:19). Cela signifie que le Seigneur établit les cieux tous les jours et sans cesse. C'est ce mystère qui est renferme dans les paroles de l’Ecriture : " les ciels ne sont pas purifiés à ses yeux". L'Ecriture veut-elle dénigrer les cieux en affirmant qu’ils ne sont pas favorises devant Dieu ?— Non, au contraire, l’Ecriture fait l'éloge du monde céleste, en affirmant que le Saint, béni soit-Il, l’aime tellement que, bien qu'il le favorise chaque jour, il lui semble ne pas le favoriser suffisamment. C'est pourquoi l’Ecriture ne dit pas: "Et les cieux ne sont pas purifiés", mais elle ajoute encore: " ...à ses yeux ", parce que ce n'est qu'aux yeux de Dieu qu'ils ne sont pas assez favorisés. Tel est le sens des paroles : "Et il établit les cieux par la prudence".

Zohar III 272a sur 15:23 La tradition nous dit que c'est le Maître de la maison qui coupe le pain le premier en prononçant la bénédiction. Le Maître de la Maison, c'est la Colonne du Milieu. Le jour du Sabbat on met sur la table deux pains qui correspondent aux deux Hé. Le Maître de la Maison correspond au Vav et le bout de pain sur lequel il fait la bénédiction correspond au Yod. Celui qui jette des miettes par terre deviendra pauvre, ainsi qu'il est écrit : "Il erre pour le pain". Le pain désigne la Loi qui proclame partout ses commandements, et que personne n'écoute. La tradition nous apprend que c'est l'invité (orah) qui doit faire la bénédiction après le repas, ainsi qu'il est dit: "Et le chemin (orah) des justes est comme la lumière".

Zohar I 2b sur 18:19 Quand l'homme s'enorgueillit, Dieu l'appauvrit. Dieu donne des enfants a l'homme, pour qu'il leur apprenne les voies du Saint, béni soit-Il, et ses commandements, ainsi qu-il est dit a propos d'Abraham : "Je l'ai aimé afin qu'il ordonne a ses enfants d'observer la vie du Seigneur" (Gen. 18:13). Si l'homme s'enorgueillit. il est frappé par Dieu ainsi qu'il est écrit : " Pas d'arrière-petit-fils pour lui". De même, lorsque Dieu a donne la beauté suprême à Adam, c’était afin qu'il observât ses commandements. Mais comme il n'a pas marché dans ses voies, Dieu la lui retira.

Zohar I 94a sur 19:26 Un autre invite a commencé a parler de la manière suivante: Il est écrit : "Et c'est dans ma chair que je verrai mon Dieu (Eloha)" Pourquoi Job disait " ... Dans ma chair " ? Pourquoi ne disait-il pas "en moi " ? Mais Job parlait réellement de la chair. Et qu'est-ce qu'il entendait par là ? Il faisait allusion a la chair dont parle l’Ecriture : "La chair sainte, ils l'ont souillée" ; et ailleurs : "L'Alliance que je fais avec vous sera marquée dans votre chair, comme le signe de l'Alliance éternelle" (Gen. 17:13). Car nous savons, par une tradition, que toutes les fois que l'homme est marqué du signe sacre de l'Alliance, il voit le Saint, béni soit-Il, lui-même; car c'est en ce moment que l’âme sainte (neschamah) s'unit au corps de l'homme. Si l homme est indigne et qu ïl ne conserve pas dans toute sa pureté cette marque de l'Alliance, l’Ecriture dit de lui: "Ils sont perdus par le souffle de Dieu (minischmath Éloha)" . Car quiconque ne conserve dans toute sa pureté la marque du Saint, béni soit-Il, perd également son âme. Mais la Schekhina ne se sépare jamais de celui qui est digne et qui conserve la marque dans toute sa pureté. Et quand la Schekhina se fixe-t elle définitivement chez l'homme ? Lorsque celui-ci se marie. Car nous savons par une tradition que les lettres Vav et He sont, pour cette raison, placées dans l'ordre alphabétique, l’une a coté de l'autre; parce que le Vav est le symbole du principe mâle (v), alors que le Hé est le symbole du principe femelle (h). Ces deux principes sont unis ensemble. Aussi, lorsque le mari et la femme sont unis, tous deux ne font qu'un ; et un rayon de grâce céleste les couvre. Ce rayon émane du côte du principe mâle. Il est appelé "hésed" (grâce), selon les paroles de l’Ecriture: "la Grâce de Dieu (Hésed El) dure toujours" (Ps. 52:3). Car ce rayon sort de la Sagesse suprême et pénètre dans le principe mâle; et celui-ci le communique au principe femelle. Nous savons, par une autre tradition, que les lettres du mot "Eloha" se décomposent de cette façon: El (la) désigne la lumière de la Sagesse; O (v) désigne le principe mâle, et He (h) désigne le principe femelle. Tous les trois unis ensemble ont le nom "Eloha" . L’âme sainte qui en émane ne reste attachée à l'homme qu'autant que celui-ci garde dans toute sa pureté la marque de l'Alliance; et c'est pourquoi Job a dit : "Et c’est dans ma chair que je verrai mon Dieu (Éloha

Zohar III 52b sur 19:29 Et le Seigneur parla a Moïse et lui dit: Voici ce que tu observeras touchant le lépreux, lorsqu'il doit être déclare pur. Il sera amène au prêtre.... " Rabbi Abba parla ainsi : " Epouvantez-vous devant l'épée qui vous menace, car il y a une épée vengeresse de l’iniquité, afin que vous connaissiez Shadoun (juge)." Le dernier mot de ce verset se prononce "scbadoun" et s’écrit "schadin" Il incombe aux hommes de veiller sur leurs actes et de craindre Dieu, de ne pas dévier de la bonne voie, de ne pas transgresser les commandements de la Loi et de ne pas en négliger l’étude; car quiconque n’étudie pas la Loi est mis au ban par Dieu ; la Schekhina se détourne de lui et les anges gardiens le quittent; une voix retentit constamment devant lui et crie: Eloignez-vous de cet homme qui n'a pas cure de la gloire de son Maître. Malheur a lui ! il est délaisse par les êtres d'en haut et d'en bas, et il n'a pas de part dans le chemin de la vie. Mais l'homme qui étudie la Loi est entoure de nombreux anges gardiens ; la Schekhina se pose sur lui et une voix crie devant lui : Rendez les honneurs à l’image du Roi ; rendez les honneurs au fils du Roi ; il est garde en ce monde et dans le monde futur ; heureux son sort ! Remarquez que c'est par la mauvaise langue que le serpent a causé la mort d'Adam, de sa femme et de tout le monde. C'est pourquoi l’Ecriture dit: "Epouvantez-vous devant l'épée". Epouvantez-vous devant l'épée qui vous menace, ainsi qu‘il est écrit : "Et leur langue est une épée tranchante" (Ps. 57:5). C'est avec une épée que Dieu châtiera les coupables, ainsi qu'il est écrit : "L’épée du Seigneur est pleine de sang" (Is. 34:6). Celui qui a une mauvaise langue comparable a une épée tranchante sera châtie par l’épée sanglante. Mais les hommes n'entendent pas la voix qui crie devant eux tous les jours. Quand la nuit commence. les portes du grand abîme s'ouvrent et de nombreuses légions de démons en sortent et envahissent le monde. Dieu plonge tous les hommes dans le sommeil, et les démons parcourent le monde et communiquent aux hommes tantôt des choses mensongères et tantôt des choses vraies. A minuit, lorsque le vent du Nord se lève, une flamme sort et frappe le coq sous les ailes; et c'est ce qui le fait chanter. Dieu entre dans le Paradis pour s y délecter avec les justes, tandis que les hommes dignes, ici-bas, se lèvent et louent le Seigneur, jusqu'au matin.

Zohar I 241a sur 23:13 Rabbi Eleazar demanda a Rabbi Abba: Pourquoi le degré d'ici-bas n'est-il pas compté ensemble avec celui d'en haut ? Rabbi Abba lui répondit: Quand le lion entre dans le Jardin, qui est-ce qui oserait y pénétrer avec lui ? Rabbi Eleazar commença a parler ainsi: Il est écrit : "...Mais lui est tout un: qui le ferait retourner ? Son être désire et agit". Ce verset désigne le degré d'en haut ou il n'existe pas de séparation comme dans le degré d'en bas, ainsi qu'il est écrit : "... Et, de là, ce fleuve se divise en quatre canaux" (Gen. 2:10). Bien que le degré d'en bas présente une division, il ne forme, en réalité, qu'une unité. Les trois articulations du bras droit désignent la Sephira "Hésed"; or, le pluriel de "Hesed" est "Hasadim". Les trois articulations du bras gauche désignent la Séphira "Gueboura"; or, le pluriel de "Gueboura" est "Guebouroth" Les trois articulations de la cuisse droite désignent la Sephirah "Necah" ; or, "Neçah" fait au pluriel "Neçahim". Enfin les trois articulations de la cuisse gauche désignent la Sephira "Hod", qui fait au pluriel "Hodoth". Ainsi, les douze articulations et le corps font ensemble treize, nombre qui correspond aux treize règles herméneutiques.

Zohar III 12b sur 25:2 Il est écrit : "Il est puissant et redoutable, et fait régner la paix dans ses hauteurs". Le mot "puissant" désigne [12b] "Abraham", ainsi qu'il est écrit : "Tu es un prince puissant parmi nous" (Gen. 23:6). Le mot "redoutable" désigne "Isaac", ainsi qu'il est écrit : "La crainte d'lsaac". Les mots : "Tu fais régner la paix" désignent "Jacob" De même, dans le verset "La vérité et la paix s'aiment", vérité et paix sont unies ensemble. Celui qui offre un sacrifice pacifique augmente la paix dans le monde. D’après une autre interprétation, "puissant" désigne "Mikael", et "redoutable" désigne "Gabriel" Comme l’élément constitutif de l'un est l‘eau et celui de l'autre le feu, Dieu fait la paix entre eux, ainsi que l’Ecriture ajoute: ".. . Qui fait régner la paix dans ses hauteurs". Rabbi Hiya nous apprend que le sacrifice pacifique est le plus parfait de tous.

Zohar II 155a sur 25:2 L’Ecriture se sert des trois termes: "crée" qui désigne le "côté gauche", "formé" qui désigne le "coté droit", ainsi qu'il est écrit : ~Qui forme la lumière et qui crée les ténèbres " (Is. 45:7).—et "fait" qui désigne le milieu", ainsi qu‘il est écrit : "Qui fait la paix en haut?". L'Ecriture applique donc a l'homme ces trois termes, afin de nous indiquer que l'homme ici-bas représente exactement la Gloire divine d’en haut. Et où l’Ecriture applique-t-elle les trois termes au monde d'en haut? Dans le verset suivant : "Qui forme la lumière, qui crée les ténèbres, qui fait la paix ?..." Voila les trois mêmes termes employés pour la formation du monde d'en Haut, ainsi que pour celui d'ici-bas. Heureux le sort de l'homme qui arrive par ses oeuvres à être l'image d'en haut! C‘est pourquoi l'Ecriture dit : "que tes habits soient toujours blancs et que l'huile ne manque pas sur ta tête" (Eccl 9:8). De même que l'huile sacrée ne manque jamais dans le monde d'en haut, de même elle ne manquera jamais a l'homme dont les habits sont toujours blancs.

Zohar I 266b sur 25:2 D’où savons-nous que le mot "schamaïm" (ciel) désigne le Saint, béni soit-Il ? Des paroles suivantes de l’Ecriture : "Exauce-nous, schamaïm". Or, peut-on admettre que Salomon priait le firmament ? Non. Il invoqua Dieu qui porte le nom de Schamaïm. Pourquoi porte-t-il ce nom?—Parce que le firmament étant rond a la forme de la tête. Nous inférons en outre de cette dénomination que Dieu a l’eau à sa droite et le feu à sa gauche, de sorte qu'il réside au milieu. Le mot "schalnaïm" se prononce "scha-maim" ; or, si l'on intervertit l'ordre des lettres du mot "scha", on obtient "esch maïm" (feu et eau). Dieu fait ainsi la paix entre le feu et l'eau; quand le feu s'approche, il trouve le degré du feu, et quand l'eau s‘approche elle trouve le degré de l'eau. C'est pourquoi l’Ecriture dit: "Il fait régner la paix dans ses hauteurs". Ainsi, nous concluons du mot « schamaïm » que le Saint, béni soit-Il, a uni le feu a l'eau en les pétrissant ensemble. et en fit le principe de ses paroles, ainsi qu il est écrit : "La vérité est le principe de tes paroles" (Ps. 119:160).

Zohar I 31a sur 26:14 Par les mots "le Dieu majestueux a tonné", I'Ecriture fait allusion au mystère exprimé dans les mots : "Qui discerne le tonnerre de ses puissances ?" mots qui designent la Sephira appelée "Gueboura".

Zohar III 101a sur 27:17 Rabbi Abba dit: Nous savons que les bonnes œuvres servent de vêtement céleste a celui qui les a accomplies; nous savons en outre que l'homme qui s'est détourne de la bonne voie et qui est tombe dans le vice, est perdu en ce monde et dans le monde futur. Mais qu'est-ce que Dieu fait des bonnes œuvres que ce pécheur a accomplies avant d’être pécheur ? Ces bonnes œuvres ne sont pas perdues. Il y a des justes qui meurent avant d'avoir accompli autant d'œuvres qu'il faut pour en confectionner les vêtements célestes. En ce cas, Dieu les complète des bonnes œuvres faites par le pécheur avant sa chute. Tel est le sens des paroles de l’Ecriture : " il prépare, mais le juste se revêt". C'est le pécheur qui contribue a habiller le juste.

Zohar II 33b sur 28:3 Des paroles suivantes "Il met fin aux ténèbres; il considère lui-même la fin de toutes choses". Il considère lui-même parce qu'il veut sauver les hommes. C’est pourquoi l’Ecriture dit: "La fin de toute chair est venue jusqu’à moi". "La Fin" est venue devant Dieu pour qu'il sauvât les hommes. Remarquez en outre qu‘il y a deux côtes, dont l'un est appelé "Vie", et l'autre "Mort". L'homme qui fait pénitence et accomplit de bonnes oeuvres est inscrit au premier jour de l'an sur le Coté appelé "Vie" et d'où émane toute vie. Mais ceux qui font de mauvaises actions sont inscrits sur l'autre coté appelé "Mort", parce que la mort y réside . Mais il arrive parfois que le nombre des hommes dignes inscrits sur le côté de la "Vie" est égal au nombre des hommes indignes inscrits sur le coté de la "Mort" et, en pareil cas. il suffit d'un seul juste pour faire pencher la balance du cote de la "Vie", de même qu'il suffit d'un seul coupable pour faire pencher la balance du côte de la "Mort". En ce moment (de Job), le monde se trouvait en pareil cas, et c'est pourquoi l'ange accusateur vou-

Zohar I 62b sur 28:3 Une fin est du cote droit, ainsi qu'il est écrit : "... Mais, pour toi, va jusqu au temps qui à été marqué; et tu seras en repos; et tu demeureras dans l’état où tu es jusqu’à la fin du côte droit" (Dan. 12:13). Et il y a une fin du cote gauche, ainsi qu'il est écrit : " Il met fin à la ténèbre; il scrute toute fin, la pierre, l’obscurité, l’ombremort". Que signifient les paroles: " il scrute toute fin"? L’Ecriture veut dire que, lorsque la rigueur fait sévir dans le monde la pierre ensevelie dans l'obscurité et dans l'ombre de la mort, la "fin des ténèbres fait son apparition dans le monde. Les mots "la fin des ténèbres" désignent l'ange de la mort, le serpent. Ainsi, les mots "la fin de toute chair" ont la même signification que les mots "la fin des ténèbres". Le serpent est appelé ainsi parce qu'il constitue la gangue de l'or. Les paroles de l'Ecriture: " il scrute toute fin" s’appliquent donc a l ange de la mort qui, lorsque la rigueur sévit dans le monde, se constitue l’accusateur des hommes et s'évertue a noircir les visages des créatures.

Zohar I 193a sur 28:3 Rabbi Hiyâ ouvrit une de ses conférences de la manière suivante: Il est écrit: " Il met fin à la ténèbre; il scrute toute fin, la pierre, l’obscurité, l’ombremort" Ce verset a déjà été explique de cette façon: Les mots: " Il met fin à la ténèbre " désignent la " fin du cote gauche" qui parcourt le - monde, - qui s’élève ensuite et se présente au-devant du Saint,- beni soit-Il, et qui requiert contre le monde, ainsi que cela a été déjà, dit. Les paroles: " ... il scrute toute fin" signifient que le démon, appelé "fin. n'a en vue que la destruction du monde. Enfin, les paroles: " ... , la pierre, l’obscurité, l’ombremort" désignent les entraves que le démon met au-devant des hommes pour les empêcher d'accomplir les bonnes œuvres ainsi qu'il est écrit : « ... terre noire comme l'obscurité, d'ombremort sans ordre, qui apparaît comme l'obscurité" (Job 10:22). Remarquez qu'il y a une "terre de vie" : c'est la terre d'en haut symbolisée par la terre d’Israël, et une "terre de misères et de ténèbres" ou habite l'ombre de la mort: c'est la terre du démon appelé "fin", qui vient du côté gauche

Pendant qu'ils continuaient leur chemin, ils entendirent une voix parler ainsi : Seigneurs, vous qui êtes casaniers, faites un détour et prenez le sentier qui longe le sommet de la montagne ; mais ne continuez pas a suivre le sentier qui longe le pied de la montagne. Rabbi Yosse s’écria : J'en infère que le Saint, béni soit-Il, veut nous garder pendant notre voyage. Ils prirent le sentier qui conduisait au sommet de la montagne; et ils arrivèrent ainsi dans une gorge entourée de grands rochers. Les voyageurs se dirent: Du moment que le Saint, béni soit-Il, a voulu que nous suivions ce sentier, il est certain qu'il nous apprendra quelque chose ou qu'il nous fera l'objet d'un miracle. Ils allèrent donc s’asseoir devant la fissure d'un rocher d’où ils virent sortir un homme. Les voyageurs furent saisis d’étonnement. Rabbi Yosse dit a cet homme: Qui es-tu ? Celui-ci répondit: Je suis un des habitants d'Arqa. Rabbi Yossé lui demanda : Y a-t-il donc des hommes sur Arqa ? L'autre répondit: Oui, les habitants d'Arqa sèment et moissonnent. Mais la plupart d'entre eux ont des visages différents du mien. Je suis sorti de ce rocher quand je vous ai aperçus, pour savoir de vous le nom de la terre sur laquelle vous habitez. Rabbi Yosse lui répondit: Le nom de notre terre est "Eretz" parce que c'est ici sur notre terre que réside la vie, ainsi qu'il est écrit : " Terre (Eréts) d'où sort le pain". Le pain ne naît que de notre terre, mais d'aucune autre. Aussitôt que Rabbi Yossé eut cesse de parler l’habitant d'Arqa disparut dans la fissure du rocher.

Zohar I 141b sur 28:13 Rabbi Siméon ouvrit une de ses conférences de la manière suivante: Il est écrit : "La Sagesse enseigne au dehors; elle fait entendre sa voix dans les rues (barhoboth)" (Pr. 1:1). Ce verset renferme un mystère suprême. L'Ecriture se sert du pluriel "hocmoth" (les Sagesses). L'Ecriture désigne la Sagesse suprême et la sagesse inférieure contenue dans la première. L'Ecriture ajoute: "Elle chante dehors". Remarquez que la Sagesse suprême est la plus cachée et la plus mystérieuse; l'homme ne la connaît pas et elle n'est pas révélée, ainsi qu'il est écrit : " L'homme ne peut en connaître la valeur ". Lorsque cette Sagesse se répand, pour éclairer, c'est par le mystère du monde futur qui a été crée, ainsi que la tradition nous l'enseigne, par la lettre Yod; et c'est la que la Sagesse suprême a été cachée; et toutes les deux s'uniront et se confondront au moment ou tout sera fait par le mystère du monde futur,

Zohar I 145a sur 28:21 En effet, après le mot "Bereshith", qui désigne la Sagesse, il est question de lumière, ainsi qu'il est écrit : "Et Elohim dit : Que la lumière soit; et la lumière fut" (Gen 1:3). Les mots: " Elle ouvrit sa bouche a la sagesse" désignent le He du nom sacre dont tout dépend ; elle est cachée et visible a la fois, et elle constitue le mystère d'en haut et d'en bas. " Celée aux yeux de tout vivant, elle est cachée au volatile des ciels" Lorsque le He se révèle par la Sagesse a qui il s'est attache et dans laquelle il réside, il fait entendre une voix qui est la Loi de la clémence. "...Et qui ouvre sa bouche a la sagesse" : c'est le He final du nom sacre, qui est le Verbe qui émane de la Sagesse.

Zohar III 129b sur 28:23 Car il y a un Eden qui éclaire l'autre. L’Eden supérieur est caché et aucune voie ne le traverse, alors que l'Eden inférieur contient trente-deux sentiers. Malgré ces sentiers, nul ne connaît cet Eden, hors la "Petite Figure", et nul ne connaît l'Eden supérieur, hors la « Grande Figure », ainsi qu‘il est écrit : «Elohim discerne sa route et connaît son lieu". Élohim, c'est la "Petite Figure" qui connaît l’Eden d'en-bas, et "Lui", c'est l'Ancien des temps, le Mystérieux. qui connaît la région de l’Eden supérieur.

Zohar I 130b sur 32:4 Il n'y a pas de place plus élevée que celle qu'occupent les hommes qui, ayant pénétré les mystères de leur Maître, ont su s'attacher a lui durant leur vie; ces hommes occupent la place dont l'Ecriture dit: "Aucun œil n'a vu, hors toi, o Seigneur, ce que tu as prépare a ceux qui t'attendent (mehaké)" (Isa. 64:4). Que signifie le mot "mehaké" ?— Il a la même signification que le mot "haké" dans le verset suivant : " Elihou attendait (haké) pendant les paroles de Yove". Ainsi le verset précité d'Isaïe : " Aucun œil n'a vu, hors toi, Seigneur, ce que tu as prépare a ceux qui t'attendent (mehaké)", fait allusion a ceux qui s'attardent pour approfondir les paroles de l’Ecriture et pour pénétrer les mystères de Dieu. Car Dieu se glorifie tous les jours de ceux qui connaissent ses mystères; ces hommes sont autorisés à passer par toutes les portes célestes, sans qu‘aucun gardien ne s'y oppose. Heureux leur sort dans ce monde et dans le monde futur.

Zohar III 272a sur 32:6 Il y avait là un enfant qui préparait la table; il y plaça le chandelier et les pains, tout comme s il avait vingt ans, et il n'en avait que cinq. S'adressant a nous, il nous dit: La tradition nous apprend que c'est le Maître de la maison qui fait la bénédiction sur le pain; mais je suis encore jeune; vous êtes des vieillards; c'est pourquoi je tremble; j'ai peur de dire mon opinion en votre présence. Que préférez-vous? Voulez-vous du pain facilement gagné, ou du pain gagné en combattant ? Si vous voulez combattre, c'est le vainqueur qui fera la bénédiction pour tout le monde. Les collègues lui dirent: Tu es encore tout jeune; tu ne sais pas comment les grands personnages tirent l’épée, comment ils lancent les flèches. Tirer l’épée fait allusion a la récitation du Schéma avant de se mettre au lit, ainsi que la tradition nous apprend : Quand on récite le Schéma, c'est comme si on tenait une épée a deux tranchants dans sa main. En récitant le Schéma on proclame Dieu, maître dans les cieux et sur la terre et aux quatre points cardinaux; c'est ce qu'on appelle tirer l’épée. La lame représente le Vav; la poignée, c'est le Yod, et les deux tranchants représentent les deux He; le fourreau, c'est Adonaï; la lance (roma’h) correspond aux deux cent quarante-huit lettres du Schema ; le bouclier (MaGueN) correspond a Mikael, Gabriel et Nouriel qui servent les trois patriarches. La fronde avec ses cinq cailloux correspond aux cinq mots de la première phrase du Schema . C'est à cela que font allusion les paroles de l'Ecriture : "Et David prit les cinq cailloux" (1 Sam 17:40). L'enfant leur répondit: Je vous montrerai que je sais comment les grands personnages tirent l’épée, envoient des flèches et lancent la fronde. En entendant ces mots, j’étais tout étonné.

Zohar II 61a sur 33:23 Il est écrit : "Heureux l'homme qui a de l'intelligence sur le pauvre ; le Seigneur le délivrera dans le jour mauvais" (PS. 61:2). Ce verset À été déjà expliqué de cette façon : Lorsque l'homme tombe malade, il ressemble à un prisonnier enfermé dans la prison du Roi ; sa tête et ses pieds sont charges de chaînes ; plusieurs gardiens l'entourent ; ses propres membres sont en discorde les uns avec les autres, et il perd l’appétit. En ce moment, on charge un ange de sa défense, ainsi qu'il est écrit: " S'il est pour lui un messager, un seul interprète entre mille, qui apporte la droiture de l'humain". Heureux l'homme qui, a cette heure, se trouve déchargé de la rigueur. Tel est le sens des paroles : "Heureux l’homme qui a de l'intelligence sur le pauvre". Et par quels moyens peut-on arriver a se créer un défenseur au ciel en cette heure de détresse ? En apprenant le chemin de la vie et en faisant pénitence en présence de son Maître.

Zohar I 181a sur 34:10/11 Rabbi Hiya ouvrit une de ses conférences de la manière suivante : ll est écrit :" Aussi, hommes de cœur, entendez-moi ! Profanation ! A Él, le crime ? A Shadaï, le forfait ? Oui, il rétribue l'ouvrage de l'humain, et le traite selon la voie de l'homme". Remarquez que, lorsque le Saint, béni soit-il, créa le monde, il le basa sur la Rigueur; toutes les oeuvres du monde ne subsistent que par la Rigueur. Mais comme le Saint, béni soit-Il, savait que le monde ne saurait subsister par la Rigueur seule, il étendit la Clémence sur la Rigueur; c'est la Clémence qui régit le monde et le soutient. Mais que l‘on n‘imagine pas que, le monde étant basé sur la Rigueur le Saint, béni soit-Il, fasse subir la Rigueur aux hommes qui ne l'ont pas méritée. Il n'en est rien. Lorsque la Rigueur sévit contre un homme juste, cela prouve que Dieu aime cet homme. Pour s'attacher l'homme, le Saint, béni soit-Il, en brise le corps, afin de donner la prédominance a l’âme; c'est quand l'âme domine et que le corps est faible que l'homme s‘attache avec amour au Saint, béni soit-Il. C'est ainsi que les collègues ont affirmé que le Saint, béni soit-Il, accable le juste en ce monde de souffrances physiques pour le rendre digne du monde futur. C'est l'homme que Dieu aime. Mais quand on voit un homme chez qui l'âme est faible et le corps fort, on peut être certain que le Saint, béni soit-Il, le hait; si cet homme jouit ici-bas, c'est qu'il a donne des aumônes ou accompli quelque bonne oeuvre dont il est récompensé en ce monde, pour ne pas participer au monde futur. C'est ainsi que la paraphrase chaldaïque d'Onkelos interprète les mots du verset suivant : "...Et qui paye promptement à ses ennemis..., qui récompense ceux qu'il hait en ce monde" (Deut. 7:10). Aussi, heureux l'homme dont le corps est brise, car il est aimé du Saint, béni soit-Il!

Zohar I 181b sur 34:11 Mais ce fait cache certainement un mystère; car les oeuvres du Saint, béni soit-Il, sont basées sur la vérité et l’équité, ainsi qu'il est écrit : "Oui, il rétribue l'ouvrage de l'humain, et le traite selon la voie de l'homme.. " J ai trouvé, dans un livre d'une haute antiquité, les deux mystères suivants: Il y a des époques où la lune est échancrée parce que le soleil lui est caché. Comme les âmes descendent a chaque heure du monde d'en haut dans celui d ici-bas, il en résulte que certaines âmes descendent ici au moment où la lune est pleine, et d'autres au moment où elle est échancrée. Les hommes dont les âmes descendent ici-bas, au moment où la lune est échancrée, et ou la Rigueur règne dans le monde, seront toujours accablés de souffrances et de pauvreté, qu'ils soient justes ou impies. Cependant, la prière peut parfois modifier l’état malheureux de ces hommes et l'améliorer. Mais les hommes dont les âmes descendent ici-bas au moment ou la lune est pleine et où le fleuve d'en haut coule sans obstacle, jouiront ici-bas de tous les biens terrestres ; ils seront riches en biens et en enfants, et jouiront d'une bonne santé ; et tout cela uniquement [181b] à cause du "sort", ce qui veut dire: à cause de l’état du fleuve qui descend sur le degré inférieur et y apporte les bénédictions. Tel est le sens des paroles de la tradition : "La faveur d'avoir des enfants, de vivre longtemps et de posséder des moyens d’existence ne dépend pas de la piété de l’homme, mais du sort". Ainsi, tous les hommes dont les âmes sont descendues ici-bas, au moment où la Rigueur régnait dans le monde, sont accables de souffrances. Mais, comme leurs souffrances ne sont pas dues a leurs fautes, le Saint. béni soit-Il, a compassion d’eux dans le monde futur.

Zohar II 172b sur 35:10 Rabbi Siméon commença à parler ainsi : " Mais nul ne dit: "Où est-il, Eloha, qui me crée, le donneur des mélodies de la nuit ?" L'Ecriture emploie le présent" qui me crée"; elle emploie en outre le nom "Eloha qui est un nom composé de "El" et du Vav et du He, et désigne Dieu et son tribunal. Le nom est parfait puisqu'il renferme le principe mâle et le principe femelle, le Vav et le He. L'Ecriture parle de cantiques chantés durant la nuit.