Cathédrale de Cologne

Historique

vue de la cathédrale et de l'église Sankt Martin

L'existence d'une communauté chrétienne dans la colonie romaine de Cologne est attestée depuis le IVe siècle. Une première église est construite à l'emplacement de l'actuelle cathédrale aux environs de 313. Elle est ensuite continuellement et rapidement agrandie. Longtemps le chœur est resté situé à l'ouest, sur le modèle des premières églises romaines. En 787, Hildebold, évêque de Cologne, profite de sa qualité de conseiller et d'ami de Charlemagne pour obtenir le pallium.

Vue de la cathédrale et de l'église Sankt Martin

Cologne devient la capitale religieuse d'une vaste région allant du sud de la Belgique jusqu'à Brême.Vers 850, un incendie détruit l'église. Un vaste édifice, aujourd'hui désigné sous le nom de "vieille cathédrale" est immédiatement reconstruit. En 1164, cette église, entretemps embellie, reçoit les reliques des rois mages, apportées depuis Milan par Frédéric Barberousse. Le premier projet de cathédrale gothique remonte à 1220. L'assassinat de l'archevêque ajourne le projet. L'idée est reprise en 1247. Le nouveau chevet est en service en 1265. La consécration a lieu le 27 septembre 1322.

Tour et transept sud

transept sud

Arc-boutants de la nef vue du clocher

La construction se poursuit dans la nef. Au milieu du XIVe siècle, le maître d'œuvre, ami de Peter Parler, introduit plusieurs éléments de Bohême, notamment dans le portail consacré à Saint Pierre, seul portail datant de l'époque médiévale (1380). Au milieu du XIVe commence l'élévation de la tour sud. Parallèlement est construite la partie nord de la nef, en respectant le plan initial, malgré les 150 ans d'écart avec l'édification de la partie sud.

Arc-boutants de la nef vue du clocher

Au XVIe siècle, la tour nord est ébauchée. En 1560, le chapitre décide de mettre fin aux travaux, pourtant inachevés. En 1794, l'armée française entre à Cologne. Elle utilise la cathédrale comme grenier à grains. L'archevêché est transféré à Aix-la-Chapelle. En 1821, Cologne retrouve son titre et des restaurations sont commencées en 1823. Ernst Friedrich Zwirner (1802 - 1861) est nommé architecte de la cathédrale. Il trace les plans d'achèvement de l'édifice.

Détail des mosaïques du chœur

mosaïque du choeur

Vue de la cathédrale et de l'église Sankt Martin

En 1841, les habitants de Cologne fondent la société des Amis de la cathédrale et réunissent les fonds nécessaires à la réalisation des plans. On commence par les façades des transepts. Celles-ci sont achevées en 1848. Entre 1861 et 1863, le voûtement est terminé. Les travaux se concentrent finalement sur la finition des deux tours de la façade, d'après des plans du XIVe siècle. Le 15 octobre 1880, la dernière est apportée à la tour sud, en présence de l'empereur Guillaume Ier. Quatorze bombes viennent s'écraser sur la cathédrale pendant la deuxième guerre mondiale. La voûte est entièrement détruite. La partie nord de la façade présente des faiblesses consolidées par des briques. Le chevet est rendu au culte en 1948. Ce n'est qu'à la fin des années 50 que la cathédrale est entièrement restaurée.

Visite extérieure

façade

La façade occidentale, harmonique, présente une surface d'environ 7000 m², la plus monumentale qui soit. Les tours atteignent 157 mètres haut (presque deux fois les tours de Reims, à titre de comparaison). Le massif comporte deux niveaux. Les trois portails sont encadrés par deux baies situées dans le prolongement du double collatéral. Le second niveau est également divisé en cinq grandes baies, plutôt longilignes, terminées par des gâbles à crochets. La fenêtre centrale, plus large, possède également un remplage au dessin plus complexe. Les tours se détachent ensuite du massif, en s'affinant et en devenant progressivement octogonales. Le pignon qui couronne la partie centrale du massif semble écrasé par leur masse.

Les deux derniers niveaux des tours sont percées de baies similaires à celles des niveaux précédents. Ils sont entourés de contreforts terminés par des pinacles. Des flèches de pierre ajourées de motifs tréflés les couronnent.

tour

Le portail nord, portail des rois mages, a presque entièrement était refait dans les années 50. Dans les ébrasements, on trouve Abel, Job, la reine de Saba et d'autres personnages de l'Ancien Testament, ainsi que les rois mages.

Les portails sont séparées les uns des autres par des statues représentant des rois et des empereurs.

Le portail central est beaucoup plus large et est divisé par un trumeau. Les quatres voussures présentent des personnages de l'Ancien Testament, des anges, la terre, le soleil et la lune.

façade occidental, portail central

façade occidental, portail central

Le tympan est divisé en quatre registres. Le registre supérieur présente le péché originel. En dessous, on voit l'Arche de Noé, Moïse recevant les tables de la loi, le veau d'or. Le troisième registre (en partant du haut) conte des épisodes du Nouveau testament : Annonciation, Nativité, Présentation au temple. Le registre inférieur montre le Christ avec les docteurs, son baptême, le Mont des Oliviers.

Le trumeau présente une Vierge à l'enfant.

façade occidental, portail central

Dans les ébrasements, on trouve des personnages bibliques, d'Adam à Saint Jean-Baptiste à gauche, à Ève à Joseph, à droite.

Dans le gâble trône le Christ entouré des quatre évangélistes, des anges portant les instruments de la Passion.

façade occidental, portail central

façade occidentale, portail sud

Le portail sud est consacré à Saint Pierre, dont l'histoire est contée au tympan. C'est le seul portail médiéval, édifié entre 1370 et 1380. Dans les ébrasements, on trouve plusieurs statues originales : de l'intérieur vers l'extérieur, à gauche, Pierre, André et Jacques et à droite, Paul et Jean. Les voussures montrent 6 prophètes, les quatre évangélistes, les quatre pères de l'Eglise, des saintes et des anges.

Le registre supérieur présente Simon le Magicien volant puis précipité au sol par les prières de Pierre et de Paul. Le registre central montre Néron sur son trône (à droite), condamnant les apôtres.

façade occidentale, portail sud

façade occidentale, portail sud

Paul est décapité et Pierre crucifié (détail ci-dessous). Six prophètes figurent sous des arcades au premier registre.

Le transept nord comporte trois portails. Le portail central est surmonté d'une grande baie et d'un pignon à crochets. Des arcs-boutants ajourés relient élégamment cette partie aux contreforts latéraux, enjambant les portails est et ouest.

façade nord

Le portail est consacré à Boniface. On trouve des scènes de la vie de Saint Paul dans le gâble. La vie de Saint Boniface est racontée dans le tympan.

L'histoire de la fondation de l'Eglise est représentée au tympan depuis la mission confiée à Saint Pierre par le Christ jusqu'au concile des apôtres à Jérusalem. Saint Michel orne le trumeau.

Le portail ouest est consacré au premier évêque de Cologne, Maternus, dont la vie est expliquée au tympan. Des évêques de Cologne canonisés figurent dans les ébrasements.

façade nord

transept sud

Le transept sud possède une élévation semblable à celle du transept nord.

Le portail central est consacré à la vie et la passion du Christ.

Ce dernier est également présent dans le gâble, entouré des quatre évangélistes. Au trumeau, on trouve saint Pierre. Les ébrasements présentent les premiers martyrs de l'église. Les portes en bronze sont magnifiques.

transept sud

Le portail occidental est consacré à sainte Ursule dont le martyre est représenté au tympan. Dans les ébrasements, on voit d'autres martyres vénérés dans la cathédrale de Cologne (sainte Cécile, saint Ursule, à nouveau...).

Le portail de droite est relatif à Saint Géréon, dont le martyre figure également au tympan. Des saints vénérés en Rhénanie occupent les tympans.

transept sud

croisée du transept

La croisée du transept (ci-contre, vue de la tour nord) est surmontée d'une flèche qui culmine à 109 m.

Le chevet possède sept chapelles rayonnantes séparées par des contreforts hérissés de pinacles. Les arcs-boutants à double volée, ajourés, donnent une impression de légèreté.

chevet

Visite intérieure

La nef comporte six travées, augmentées de deux travées de narthex. L'élévation est à trois niveaux Les grandes arcades sont surmontées d'un triforium à claire-voie, sur lequel s'alignent les quatre lancettes des fenêtres hautes.

nef

La nef est voûtée d'ogives (43 mètres de haut). Le revers de la façade est percé d'un grand fenestrage (baie à six lancettes et claire-voie).

Le vaisseau central est bordé d'un double collatéral.

collatéral

transept nord

Les bras du transept comportent quatre travées bordées de collatéraux. L'élévation est semblable à celle de la nef. Les grandes arcades n'ont toutefois pas de crochets à ce niveau. Il n'y a pas de décoration sur le mur de fond nord car il s'agissait de l'emplacement de l'orgue. On trouve des statues côté sud. Une grande baie précédée d'une claire-voie éclaire les deux côtés.

Le collatéral oriental du transept nord est occupé par une tribune reposant sur des piles ajoutées au milieu des travées. Le dessous de la tribune est orné de fresques.

transept nord

retable du transept sud

Côté sud, on trouve un retable anversois (environ 1520). Classiquement, il présente le portement de croix, la crucifixion et la descente de croix (et d'autres épisodes de la vie du Christ dans la prédelle).

A la croisée du transept, on prend conscience de l'ampleur de l'édifice (45 mètres de large dans la nef, un transept de 86 mètres). Les statues des évangélistes ornent les piles.

croisée du transept

Le chœur comporte trois travées droites et un rond-point à sept pans. On retrouve la classique élévation à trois niveaux, avec des baies réduites à deux lancettes dans le rond-point.

chasse du choeur

On y trouve la superbe chasse des rois mages qui abritent les reliques rapportées par Frédéric Barberousse. La chasse fut réalisée entre 1181 et 1225. Plusieurs épisodes de la vie du Christ sont représentés (adoration des mages, baptême, crucifixion, jugement dernier), ainsi que des prophètes...

On peut également voir de superbes mosaïques du XIXe siècle. Le pape et le roi (ci-contre, à droite) trônent en face de l'autel.

Les 104 stalles, sculptées entre 1308 et 1311, présentent des miséricordes aux motifs variés (scènes païennes, postures ridicules...). Derrière les stalles des fresque de 1332-1340 montrent des scènes de la vie de la Vierge, des rois mages, de Pierre, Paul, de l'empereur Constantin et sa mère, Hélène, de l'évêque Sylvestre.

choeur, stalles

Le déambulatoire est voûté d'ogives. C'est la partie la plus ancienne de la cathédrale. On y retrouve de superbes mosaïques du XIXe siècle. Quelques évêques de Cologne y figurent.

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