TAËF (accords de)
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C'est à l'initiative de la
commission tripartite de la Les textes prévoient une réduction des pouvoirs du président maronite au profit du Conseil des ministres et, surtout, du Premier ministre musulman sunnite et du président chiite du Parlement : on installe à la tête du pays une troïka. Le Parlement, dont le nombre de sièges est porté à 128, sera désormais composé à parts égales de chrétiens et de musulmans ; en attendant des élections, les sièges vacants seront pourvus par cooptation. Dès l'élection du nouveau président et la formation d'un gouvernement d'union nationale commenceront le désarmement des milices et l'extension de l'autorité de l'État. La déconfessionnalisation du pays est certes évoquée, mais comme un objectif lointain. Si la nécessité d'en finir avec l'occupation israélienne du Sud fait l'unanimité, la présence syrienne a suscité de nombreux débats. Le texte, finalement, prévoit que " les forces syriennes présentes au Liban termineront leur rôle de sécurité dans deux ans au maximum [elles seront alors regroupées dans la Bekaa]. Le temps pendant lequel les forces syriennes resteront dans ces régions sera précisé par l'accord qui devra être conclu entre les deux gouvernements libanais et syrien ". Réuni le 5 novembre 1989 au Liban, le Parlement ratifie le texte - malgré l'opposition du général Michel Aoun mais grâce à l'appui des dirigeants chrétiens - et élit le président René Moawad ; assassiné le 22 novembre, celui-ci sera remplacé quelques jours plus tard par Élias Hraoui. Le terme de l'Assemblée est prorogé jusqu'en 1994 et, le 7 juin 1991, une quarantaine de nouveaux députés sont désignés pour siéger à l'Assemblée. L'élimination du général Aoun en octobre 1990 permet d'accélérer le mouvement : Beyrouth est réunifiée et les milices - à l'exception du Hezbollah - désarmées. La paix civile revient et les Libanais se prennent à espérer, même si la tutelle syrienne sur le pays n'a jamais été aussi forte, comme le montrent le Traité de fraternité et de coopération signé entre les deux pays le 22 mai 1991, ainsi que le maintien des troupes syriennes à Beyrouth. |
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