LIGUE ARABE

La Ligue des États arabes est née le 22 mars 1945 à Alexandrie. L' Égypte, l'Irak, le Liban, l'Arabie Saoudite, la Syrie, la Transjordanie et le Yémen (Nord) ont porté l'organisation sur les fonts baptismaux. Avec la fin de la domination coloniale, elle s'est élargie et compte désormais vingt et un membres : en plus des membres fondateurs, on trouve la Libye, le Soudan, la Tunisie, le Maroc, le Koweït, l'Algérie, les Émirats arabes unis, Bahreïn, Oman, la Mauritanie, la Somalie, Djibouti et les Comores, plus l'OLP qui est membre à part entière depuis 1976. Le siège de la Ligue a été transféré du Caire à Tunis en 1979, après la signature du traité de paix israélo-égyptien. Il faudra dix ans pour que Le Caire réintègre l'organisation, et la guerre du Golfe pour que le siège de la Ligue retourne, le 31 octobre 1990, en Égypte. À nouveau, le secrétaire général est un Égyptien, Esmat Abdel Meguid.

Des comités permanents spécialisés ont été constitués (économie, culture, etc., et surtout le comité politique). Sous l'égide de la Ligue se réunissent le Conseil de défense (composé des ministres des Affaires étrangères et de la Défense) et le Conseil économique (composé des ministres de l'Économie). Depuis 1964, date de leur institutionnalisation, les sommets des chefs d'État sont l'instance suprême où sont censés se régler les conflits et se prendre les décisions importantes. La Ligue a aussi créé un grand nombre d'agences spécialisées et autonomes. Citons, entre autres, l'Organisation arabe du travail, l'Union postale, l'Union des télécommunications.

C'est durant la Seconde Guerre mondiale que resurgit l'idée d'une fédération des pays arabes. Le 29 mai 1941, Robert Anthony Eden, ministre britannique des Affaires étrangères, déclare devant les Communes à propos du monde arabe : " Il me semble à la fois naturel et équitable que non seulement des liens naturels et économiques mais, je le dis aussi, des liens politiques soient renforcés. Le gouvernement de Sa Majesté, pour sa part, donnera l'appui le plus complet à tout plan qui recevra une approbation générale. " Londres cherche ainsi à se gagner la sympathie des pays arabes. Ses alliés hachémites d'Amman et de Bagdad tentent alors de mettre sur pied un État unifié du " Croissant fertile " (qui comprendrait la Palestine et la Syrie en plus de leur État). Pour s'opposer à ce projet et à l'hégémonie hachémite, la monarchie égyptienne allume des contre-feux qui aboutissent à la réunion d'Alexandrie.

Bien qu'exprimant - de manière déformée - l'aspiration unitaire des Arabes, la Ligue n'a jamais été un instrument de mise en oeuvre de celle-ci. Ses statuts ne prévoient pas d'efforts dans ce sens et les différentes tentatives concrètes (comme la création de la République arabe unie, en 1958) se font en dehors de la Ligue, qui est régie par la règle de l'unanimité. L'organisation a surtout contribué à coordonner l'action des régimes arabes, en particulier sur la question palestinienne. C'est dans ce domaine qu'ont été prises les décisions les plus significatives : création de l'OLP (1964) ; reconnaissance de l'OLP comme seul représentant du peuple palestinien (1973-1974) (voir Résolution de Rabat en annexe) ; adoption du plan de paix de Fès (1982) (voir extraits en annexe) ; appui à la convocation d'une conférence internationale (1988). La guerre du Golfe a considérablement affaibli l'organisation. L'élection de Benyamin Netanyahou au poste de Premier ministre en Israël a permis de ressouder partiellement l'unité des pays-membres et de convoquer le premier sommet depuis la guerre du Golfe, en juin 1996, au Caire. Tous les pays-membres, à l'exception de l'Irak qui n'était pas invité, y ont participé.

Les 100 Portes du Proche-Orient
Alain Gresh - Dominique Vidal
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