Cette page résume les premiers
chapitres de l'ouvrage de Xavier Montclos Brève
histoire de l'église en France, paru aux éditions
du Cerf (2002). L'objet est ici de brosser le portrait
de l'église en France, de l'époque gallo-romaine, à
la fin du Moyen Age (fin du XVe siècle).
Époque
Gallo-romaine
Jusqu'au début du IVe, le christianisme n'est que la
religion d'une minorité, en Gaule. Il doit faire face
à la concurrence de cultes orientaux et de religions
naturistes, surtout, et se propage essentiellement dans
les villes.
On situe sa première apparition à Lyon,
en 177, où l'évêque Pothin et ses disciples sont
martyrisés. Depuis Lyon, dans le sillage de Saint Irénée,
sont créées de nombreuses communautés, en direction
de la vallée du Rhin, au nord, et vers la Méditerranée,
au Sud. A la Fin du IIIe siècle, on compte 25 cités épiscopales
en Gaule.
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Le véritable essor vient de la
reconnaissance officielle de Rome avec, en 313, l'édit
de Milan, de l'empereur Constantin.
Cet événement est essentiel dans l'histoire du
christianisme. Dorénavant, il est sinon favorisé, du
moins accepté par le pouvoir à Rome. Au concile d'Arles
que Constantin convoque en 314, seize églises gauloises
sont présentes. Après l'interdiction du paganisme en
353, le christianisme devient la religion officielle de
l'empire romain. Des chrétiens accèdent peu à peu aux
postes élevés de l'administration. On enregistre de
nombreuses conversions dans les villes où, peu à peu,
on constitue les premiers quartiers épiscopaux.
A la fin du Ve siècle, on compte environ 114 évêchés
dans les cités les plus importantes de Gaule.
Constantin, musée du Louvre
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Une hiérarchie se met en place avec la
création de diocèses, d'archevêchés (Rouen,
Sens, Tours, Bourges,
Lyon, Reims,
Besançon…).
On légifère localement en convoquant des conciles
provinciaux. Les évêques sont élus collégialement
par le clergé et le peuple. Au début du Ve siècle,
Patrocle, évêque d'Arles,
demande l'unification des églises de Gaule sous sa
primauté auprès du pape.
Parallèlement à ce développement des évêchés, une
grande vague de fondations de monastères est lancée,
en réaction à la "mondanisation" citadine du
clergé.
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Cette vague, à laquelle les évêques
et les papes sont défavorables, a été initiée par Martin
de Tours. Son action d'évangélisation (destruction
d'idoles,…) et son monastère (Marmoutier) à Tours
ont fait beaucoup d'émules. Sur son exemple sont fondés
de nombreux monastères sur tout le territoire. Ainsi,
c'est à cette époque que le puissant monastère Saint
Victor de Marseille est fondé. Cet élan monastique prône
un retour plus rigoureux vers le mode de vie des apôtres.
Saint Martin, vitrail de
la Sainte Chapelle de Paris, musée de Cluny (Paris)
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L'église de Gaule s'illustre par la
suite dans la controverse sur l'arianisme. Saint
Hilaire, évêque de Poitiers, se distingue tout
particulièrement en prenant vigoureusement position
contre cette hérésie.
Dans la pratique quotidienne, le
christianisme utilise très fortement le culte des
saints. Auprès des populations fraîchement évangélisées,
cela peut remplacer le polythéisme. Les saints sont
ainsi et surtout utilisés comme témoins et exemples
concrets, plus tangibles que les personnages bibliques.
Leur culte prend racine localement, saint Martin,
notamment, remporte un vif succès (sanctuaire à
Tours). Aujourd'hui, la toponymie des villes et villages
en France reflète ce phénomène.
Eglise saint Hilaire, Poitiers
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Par la suite, le rôle des évêques
au moment des invasions qui entraînent la chute de
l'Empire, est prépondérant. Fidèles à Rome, ils protégent
la population. Au-dessus de la mêlée, ils sont craints
et respectés par les barbares. Germain d'Auxerre
s'illustre à cette époque en fondant de nombreux
monastères, notamment à Paris où il place Geneviève.
Celle-ci, face aux barbares, rend courage aux parisiens
et devient ainsi la patronne de la ville.
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Époque
Mérovingienne
Partage du territoire
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Au moment
de la chute de l'empire romain (fin du
Ve siècle), la Gaule est partagée en
cinq ensembles : tout d'abord, la
Bretagne, zone complètement indépendante,
peuplée de celtes chassés des
Cornouailles par les Angles et les
Saxons. Au nord du pays, de la vallée
de la Somme vers la Belgique et la vallée
du Rhin, se trouvent les Francs saliens.
Une vaste zone comprenant le bassin
parisien et une bonne partie du bassin
de la Loire est sous la domination d'un
général romain, Syagrius. Les
Burgondes occupent le centre est du
pays, de la Bourgogne et descendent une
bonne partie de la vallée du Rhône.
Enfin, les Wisigoths, implantés en
Espagne, remontent en Gaule dans le
bassin Aquitain et sur le littoral méditerranéen.
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C'est dans le contexte
de ce pays divisé que Clovis,
roi des Francs, et ses fils, unifient le
pays. Syagrius tombe en 486 puis les
Wisigoths en 507, les Burgondes en 534.
Seule la Bretagne reste indépendante.
Pour appuyer cette conquête, les Francs
se servent du Christianisme.
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Traditionnellement
païens, ils deviennent chrétiens avec
le baptême de Clovis, en 498 ou 499.
Conversion probablement sincère, elle
est également un geste politique habile
: les francs s'appuient sur le réseau
des évêques gallo-romains dans leurs
conquêtes. Les évêques y trouvent
aussi leur compte en gagnant la
protection des rois francs.
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Baptême de
Clovis, cathédrale de Reims
Cette alliance entre la
royauté et le clergé va provoquer peu
à peu une intrusion des laïcs dans les
affaires religieuses.
Les rois vont prendre ainsi l'habitude
de nommer les évêques et
l'aristocratie franque va s'adjuger les
postes les plus importants.
L'église franque
L'église est un véritable
outil de pouvoir pour les rois mérovingiens.
Ils convoquent régulièrement des
conciles pour légiférer. En devenant
un instrument aux mains des rois Francs,
l'église de Gaule prend alors son indépendance
vis à vis de Rome.
L'influence de Byzance, trop lointaine
et empêtrée dans la crise iconoclaste,
est inexistante. Quelques voix au sein
du clergé s'élèvent contre cette ingérence
des rois dans les affaires religieuses
mais en vain. Il est à signaler que
cette autonomie de l'église gauloise
vis à vis de Rome n'est pas une
exception dans l'occident chrétien de
ce début de VIe siècle (les églises
d'Espagne, d'Angleterre, ou d'Afrique du
Nord sont tout aussi indépendantes).
Globalement, même si ces églises
reconnaissent à Rome une place
centrale, elles se jugent aptes à régler
elles-mêmes leurs affaires par leurs
conciles. Au-delà de cette volonté
d'indépendance des églises locales,
Rome s'avère de toute manière
incapable de fédérer quoique ce soit.
La faiblesse doctrinale est telle que le
Pape Vigile (537-555) est excommunié
pour avoir tenu des thèses déviantes.
Avec Grégoire le Grand (590-604), la
papauté reprend son rang. Celui-ci
combat avec fermeté l'indiscipline du
clergé. Par ailleurs, tout en se
rapprochant du roi Franc Childebert II,
il marque clairement une distinction
entre le pouvoir spirituel et le pouvoir
temporaire des souverains. Ces efforts
restent sans suite une fois son
pontificat achevé. Il faut attendre
l'avènement des carolingiens pour
revoir Rome occuper une place
importante.
Monachisme au VIe
Avec l'effondrement de
l'empire et les invasions barbares, la
disparition des écoles classiques, la
vie spirituelle a été stoppée net. Le
christianisme n'avance plus, certaines
contrées voient renaître des rites païens.
Par ailleurs, dans son désir d'évangéliser
rapidement des régions, l'église a
parfois enrôlé trop rapidement des prêtres
peu respectueux de leur sacerdoce. Leur
morale est parfois tout à fait
inexistante, le nicolaïsme est très
courant.
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Face à cette
situation, une deuxième vague de
monachisme, deux cents ans après la
première initiée par saint Martin débute
en occident. L'impulsion vient de deux régions
: la Bretagne et l'Italie. En Bretagne,
des moines venus d'Irlande ou
d'Angleterre fondent des monastères
" celtiques ". Saint Colomban
voyage dans toute la Gaule et y apporte
son message de foi, et de retour à plus
de rigueur morale. Il impose son autorité
morale et son indépendance d'esprit aux
rois francs et aux évêques, souvent
issus eux-mêmes de l'aristocratie
franque.
Les monastères suivant la règle de
saint Colomban sont vite dépassés par
la règle bénédictine. Saint
Benoît, en fondant son monastère
du mont Cassin en 529 est à l'origine
de la règle de référence décrivant
la vie d'un monastère. Celle-ci, plus
souple que les précédentes, se répand
partout en occident. En 620, le premier
monastère bénédictin en Gaule est
fondé à Hauterive, dans le Tarn. Le
succès bénédictin est officialisé
avec son adoption par la hiérarchie
ecclésiastique au concile d'Autun
(663-675). Désormais, tous les monastères
doivent la suivre. Cet élan est
salutaire et décisif pour la vie
intellectuelle qui commence à renaître
vers la fin du VIIe siècle.
Saint
Benoît, tympan de l'abbatiale sainte
Marie de Souillac
(Lot)
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Bilan de l'époque mérovingienne
Durant toute cette époque
de l'avènement de Clovis au milieu du
VIIIe siècle, l'église de France a
considérablement gagné en indépendance
vis à vis de Rome, au prix d'une
soumission aux princes.
Le bilan est très contrasté puisque
d'un côté, on a assisté à une dégradation
de la discipline du clergé, dont l'état
moral est déplorable (évêques
homicides, pratique du nicolaïsme …).
D'un autre côté, le monachisme a pris
un essor formidable. Il se répand dans
toute l'Europe et les monastères se révèlent
être les derniers bastions de la
science et du savoir dans un désert
intellectuel, en conservant les savoirs
hérités de l'Antiquité.
Globalement, c'est surtout l'inexistence
Rome qui est flagrante sur cette période
: aucune autorité doctrinale de haut
niveau n'est venue guider l'église.
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Époque
carolingienne
Alliance
carolingiens-papauté
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Du
temps des derniers rois
mérovingiens, le poste
important est celui de
Maire du Palais.
Celui-ci est occupé par
la famille des
Pippinides, dont Charles
Martel est un bâtard.
Celui-ci parvient néanmoins
à se distinguer et
occupe le poste en 714.
Il s'illustre dans la
lutte contre les
musulmans remontant
d'Espagne et y gagne
gloire et honneurs. Il
profite de cette défense
du royaume en péril
pour spolier les évêques
trop contestataires et
placer ses amis. Son
fils, Pépin le Bref,
prend la charge de Maire
du Palais à sa suite.
Il décide d'en finir
avec cette monarchie mérovingienne
de pacotille et souhaite
fonder une nouvelle
dynastie. Pour cela, il
a besoin d'une légitimation.
Elle vient de Rome, qui
ne se fait pas prier :
le pape Zacharie
(741-752), alors dans
une situation
catastrophique face aux
dangereux barbares
lombards est prêt à
cautionner Pépin si
celui-ci le protège.
Ainsi, Pépin est élu
roi de France en 751 et
couronné roi à
Soissons. Fidèle à sa
parole, Pépin défait
les lombards par la
suite en 756. Cette
convergence d'intérêts
entre le roi de France
et Rome est à l'origine
d'une alliance qui va
durer pendant toute l'époque
carolingienne.
Charles
Martel (?), au portail
de l'église de Perse
(Aveyron)
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L'église de France
est remise en ordre de
marche. Le moine
Boniface lutte contre la
vieille aristocratie
franque qui occupe les
évêchés, la dîme (prélèvement
de 10% des récoltes)
est instaurée.
Cependant, dans ce
renouveau ecclésiastique,
c'est encore le roi de
France, sacré et légitimé
religieusement qui
occupe la place la plus
importante.
En 800,
Charles est
couronné empereur à
Rome. Il est à la tête
de tout l'occident chrétien,
devant le pape. C'est
lui qui choisit les évêques.
Renaissance
carolingienne de l'église
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Néanmoins,
malgré cette main mise
des souverains, l'église
se porte beaucoup mieux
à partir de la deuxième
moitié du VIIIe siècle.
La vie des prêtres est
réformée, avec la règle
de Chrodegang (évêque
de Metz) en 754. Elle
favorise la vie en
communauté de ceux
qu'on appelle les
canonici : les
chanoines.
Vitiza, page de Pépin
le Bref fonde à Aniane
dans l'Hérault un
monastère sous le nom
de Benoît. Il est à
l'origine d'un ensemble
monastique toujours fidèle
au pouvoir.
Reliquaire
de Charlemagne, trésor
de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle
(Allemagne)
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Même
s'il faut relativiser la
notion de renaissance
carolingienne qu'on
utilise pour qualifier
cette période, on
assiste
incontestablement à un
essor de la vie
intellectuelle : création
d'écoles… Dans les
monastères, les
ateliers de copistes
accomplissent
l'inestimable travail de
sauvegarde de manuscrits
de l'Antiquité. Le
livre est valorisé,
l'art de l'enluminure se
développe...
Architecturalement, un
style original se
forme…
L'église
met également en place
à cette époque son
tissu paroissial définitif.
Des églises sont
construites partout dans
les campagnes et on peut
considérer que le
territoire français est
désormais entièrement
évangélisé. Les
pratiques de culte sont
codifiées : messes en
latin, autel au fond de
l'abside … Elles ne
seront modifiées qu'au
XXe siècle avec le
concile Vatican II.
Style
carolingien : façade de
sainte Gertrude de Nivelles
(Belgique)
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L'époque
carolingienne est donc
globalement faste pour
l'église française.
Celle-ci est plus à l'écoute
de Rome. Les
particularismes locaux
s'effacent, notamment
sous l'influence des
moines anglo-saxons
comme Boniface, toujours
très fidèles au Saint
Siège.
Rome
s'affirme davantage après
le règne de
Charlemagne. L'empire
disloqué, c'est le Pape
qui redevient le plus
haut personnage de la
chrétienté. Néanmoins,
localement, dans le
cadre du transfert des
pouvoirs de l'empereur
vers de petits princes féodaux,
le clergé , pénétré
de nouveau par les laïcs,
retombe dans les travers
de l'indiscipline :
nicolaïsme …
Une
fois encore, le
redressement vient des
monastères. En 909, le
Duc d'Aquitaine
Guillaume le Pieux fonde
l'abbaye de Cluny
(ci-contre). Celle-ci
est mise sous l'autorité
directe de Rome, elle
est totalement indépendante
des vicissitudes de l'église
de France. Les évêques
n'ont aucun pouvoir sur
elle. En moins d'un siècle,
Cluny jouit d'un
prestige et un
rayonnement
exceptionnel. D'une fidélité
sans faille envers Rome,
elle est le véritable
porte parole de la
papauté partout en
Europe où elle fonde de
nombreux monastères.
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D'autres
mouvements analogues aux
clunisiens, mais moins
prestigieux, sont
contemporains :
fondation de saint
Wandrille et de
l'abbaye du Mont Saint
Michel, en Normandie.
Les X-XIe siècles sont
des périodes assez
troubles pour la sécurité.
Un nouveau groupe social
apparaît : les
chevaliers. Guerriers
professionnels, ceux-ci
sont difficilement contrôlables.
L'église parvient tant
bien que mal à les
encadrer en créant pour
eux l'idéal
chevaleresque, à
finalité chrétienne.
L'ordre clunisien y joue
un grand rôle. Néanmoins,
le succès est relatif :
Lancelot est toujours
beaucoup plus populaire
que Galahad le chaste.
ruines
du monastère de saint
Wandrille (Seine
Maritime)
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Réforme
grégorienne
Puissance
réaffirmée de
l'église
Au
tournant
du millénaire,
deux
papes, Léon
IX
(1049-1054)
et
surtout
Grégoire
VII
(1073-1085)
se
distinguent
par leur
volonté
de
retrouver
une indépendance
totale
vis à
vis des
rois.
Grégoire,
en
particulier,
intervient
en
France
contre
la
nomination
des évêques
par
des laïcs.
Il
juge
l'archevêque
de
Sens,
alors
primat
des
Gaules,
trop
proche
du roi
: il
est démis
et le
titre
de
primat
des
Gaules
revient
à
Lyon,
en
1079,
qui
porte
toujours
aujourd'hui
ce
titre
honorifique.
On a
appelé
cette
action
"
réforme
grégorienne
".
Localement,
elle
est
relayée
par le
réseau
d'abbayes
bénédictines.
Cathédrale
saint
Jean
de
Lyon,
siège
du
"primat
des
Gaules"
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La
position
de Pape
regagne
de la
splendeur
: le roi
de
France
lui-même,
Philippe
Ier
s'agenouille
devant
le pape
Pascal
II en
1107. Il
accepte
le
principe
des élections
épiscopales
par les
chapitres
cathédraux
et ne
demande
qu'un
serment
de fidélité.
Le XIe
siècle
est donc
faste :
de
nombreux
mouvements
communautaires
sont
fondés
dans les
villes,
autour
de
"
collégiales
",
régies
par la règle
dite de
saint
Augustin.
Bruno
fonde
l'ordre
des
Chartreux
dans son
monastère
en Isère.
En 1098,
le plus
puissant
de tous
les
ordres
monastiques
est créé.
Cîteaux
revendique
un
retour
à
l'austérité,
face à
l'opulence
des abbés
de
Cluny.
Le réseau
cistercien
essaime
partout
en
Europe.
La
personnalité
de saint
Bernard
(1090-1153),
premier
abbé de
Clairvaux
est
incontournable
: ces
convictions
sur
l'art,
la
religion
marquent
considérablement
son
temps.
Une
autre
personnalité
intéressante
est
celle de
Robert
d'Arbrissel
: il est
à
l'origine
de
l'abbaye
de Fontevraud,
dont le
prestige
va durer
des siècles.
Abbaye
cistercienne
de
Fontfroide
(Aude)
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Le
XIIe siècle
est une
période
prospère
de développement
économique
et démographique.
L'art
roman
atteint
des
sommets
en
Bourgogne,
en
Normandie
ou dans
le midi,
alors
que le
gothique
naît à
peine en
Ile de
France.
Les rois
de
France
s'affirment,
surtout
avec
Philippe
Auguste.
Au XIIIe
siècle,
Rome
appuie
l'apparition
les ordres
mendiants,
franciscains
et
dominicains.
Les
franciscains
se
donnent
pour
mission
de vivre
dans une
pratique
fidèle
de l'évangile,
dans le
plus
grand dénuement.
Les
dominicains
ont,
quant à
eux, une
vocation
d'enseignement.
Ils sont
très présents
à
Paris,
avec la
création
de la
Sorbonne
en 1215.
Ces
ordres
mendiants
influencent
beaucoup
le roi
Saint
Louis
(1226-1270).
Chevet
de Saint
Sernin,
Toulouse
|
|
Dissidences
|

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Les
XIe et
XIIe siècles
sont
donc des
périodes
où l'église
est
opulente,
rayonnante
… Sa
puissance
l'éloigne
du petit
peuple.
Des hérésies
voient
le jour
(les
Vaudois,
catharisme
…).
L'anticléricalisme
est très
présent.
Le catharisme,
à lui
seul,
obtient
tant
d'adhésion,
dans le
Languedoc
surtout,
qu'il
fonctionne
comme
une église
autonome,
avec ses
prêtres,
ses évêques…
Saint
Dominique
s'implique
personnellement
dans la
lutte
contre
l'hérésie.
Il prêche
partout
dans le
midi. La
fondation
en 1214
de son
ordre
dominicain
à
Toulouse
s'inscrit
dans
cette
logique
d'enseignement
qu'il
veut
inculquer
aux hérétiques.
C'est
esprit pédagogique
qui
explique
que de
grands
théologiens
comme
Thomas
d'Aquin
au XIVe
siècle
sont
issus
des
rangs
dominicains.
Poussée
à
l'extrême,
cette
logique
d'enseignement
de la vérité
à tout
prix
explique
aussi
que l'Inquisition,
créée
en 1232,
soit une
institution
dont les
Dominicains
ont hérité.
En de la
lutte
contre
les
cathares,
contre
lesquels
Innocent
III a
appelé
à la
Croisade,
cette période
est
aussi
celle de
persécutions
contre
les
Juifs très
violentes.
Le
commerce
de
l'argent
était
interdit
aux chrétiens,
seuls
les
juifs y
étaient
autorisés.
Le juif
prend
l'image
de
l'usurier
détesté
de tous,
mais
indispensable
aux
puissants.
Stèle
en hommage
aux
cathares,
Minerve
(Hérault)
|
Rayonnement
intellectuel
|
Au
point
mort après
le démembrement
de
l'empire
carolingien,
à
partir
des
Xe-XIe
siècles,
on
assiste
à un
renouveau.
Chartres,
avec sa
prestigieuse
école
urbaine,
devient
un
important
centre
intellectuel.
Sur le
plan de
la théologie,
de
grands
esprits
s'illustrent
et
s'affrontent,
comme Abélard
(1079-1142)
et
Bernard
de
Clairvaux.
Abélard,
influencé
par la
philosophie
grecque,
introduit
l'usage
de la
raison
dans la
théologie.
Bernard
de
Clairvaux
s'oppose
violemment
à ses
positions
et le
condamne
en 1140.
Paris
est le
centre
de tout
ce
foisonnement,
avec la
création
de la
Sorbonne
en 1215.
L'université
fait de
la
capitale
du
royaume
de
France,
la cité
la plus
important
de
l'occident
pour les
sciences,
la
philosophie…
On
travaille
sur des
textes hérités
de
l'Antiquité,
de
l'Orient,
d'origine
juive,
arabe,
grecque
….
Aristote,
notamment,
fait
l'objet
de
beaucoup
d'attention
(Thomas
d'Aquin,
surtout).
Chartres
|
|
|

|
Cette
faste période
des
XI-XIIe
siècle
est également
celle où
les
grands pèlerinages
prennent
leur
essor.
Trois
grands pèlerinages
se
distinguent
: Jérusalem,
avec les
croisades,
Rome, et
Compostelle.
Ce
dernier
pèlerinage
revêt
une
importance
particulière
pour l'église
de
France.
L'abbaye
de Cluny
n'est
pas étrangère
à ce
succès
: elle a
essaimé
partout
le long
des
grandes
voies
qui
traversent
la
France,
et le
"
camino
Francés
"
en
Espagne.
|
Bilan
de l'époque grégorienne
|

|
Cette
époque
entre le
XI, le
XII et
le XIIIe
est
celle où
l'église
a été
la plus
puissante
: par
son
rayonnement
intellectuel
(Université,
grands
théologiens
…),
politique
(indépendance
vis à
vis des
souverains,
mise en
place de
l'Inquisition
… ).
|
|
Sa
grande
influence
s'est
traduite
par des
appels
au pèlerinage,
aux
croisades
vers Jérusalem
ou
contre
les
cathares…
Artistiquement,
les arts
roman
et
gothique
ont
atteint
des
sommets
(conques,
vers
1080, à
gauche,
et
transept/chœur
de Saint
Denis,
1140-1260).
|
|
|
|
XIV-XVe
siècles
:
déclin
de
Rome
mais
plus
d'autonomie
pour
l'église
de
France
Puissance
du
roi
de
France
Les
siècles
qui
suivent
sont
beaucoup
plus
difficiles.
La
papauté
passe
sous
le
contrôle
du
roi
de
France
Philippe
le
Bel.
Celui-ci
contraint
en
effet
le
Pape
à
condamner
les
Templiers.
Dominée
par
le
roi
de
France,
fragilisée
à
Rome
par
un
contexte
politique
instable
(lutte
entre
Guelfes
et
Gibelins),
la
papauté
s'installe
à
Avignon
en
1305,
jusqu'en
1376.
|

|
A
l'issue
de
la
période
avignonnaise,
la
papauté
connaît
sa
crise
la
plus
grave,
avec
le
Grand
Schisme
qui
dure
de
1378
à
1417.
Dans
un
climat
de
confusion
total,
deux
puis
trois
papes
s'affrontent.
La
papauté
sort
très
affaiblie
de
cette
crise.
En
effet,
ce
sont
des
conciles
qui
ont
pris
les
décisions
d'investir
ou
pas
les
Papes.
La
fonction
de
Pape
se
retrouve
donc
très
dévalorisée.
Avignon,
palais
des
Papes
|
Affirmation
d'une
église
française
En
France,
l'église
en
profite
pour
prendre
un
peu
ses
aises
vis
à
vis
de
Rome
:
c'est
le
"
Gallicanisme
".
L'église
française
reste
toute
puissante
malgré
la
faiblesse
de
Rome.
L'épisode
de
Jeanne
d'Arc,
avec
le
sacre
de
Charles
VII
à
Reims
la
place
plus
que
jamais
au
cœur
de
l'échiquier
politique.
Avec
la
fin
de
la
guerre
de
Cent
Ans,
elle
est
indissociable
des
affaires
politiques
royales
jusqu'à
la
Révolution
Française,
avec
la
mise
en
place
progressive
d'une
royauté
de
droit
divin
qui
connaît
son
apogée
sous
le
règne
de
Louis
XIV.
Référence
biblio:
Brève
histoire
de
l'église
en
France,
Xavier
Montclos.
Editions
du
Cerf,
2002.
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