LAWRENCE (colonel)
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Dit d'Arabie, car il fut, au cours de la Première Guerre mondiale, protagoniste de la " révolte arabe " contre les Turcs, immortalisée par son livre, Les Sept Piliers de la sagesse, et le film qu'en tira David Lean. C'est au Caire, en 1914, que les services de renseignement britanniques recrutent Thomas Edward Lawrence, frais émoulu d'Oxford, familier du monde arabe où l'ont déjà conduit des fouilles archéologiques, passionné d'écriture, de jeunes hommes et d'aventure. L'aventure que lui proposent les responsables des services de Sa Majesté est stratégique. En 1914, Londres redoute que la Turquie, alliée aux Empires centraux, n'entraîne les Arabes dans son sillage : le sultan, commandeur des Croyants, a déclaré la guerre sainte (djihad). Des négociations sont en cours, d'un côté entre sir Percy Cox, résident britannique dans le Golfe, et le wahhabite Ibn Saoud (voir dynastie des Al Saoud), de l'autre entre sir Henry MacMahon, haut commissaire britannique au Caire, et l'hachémite Hussein. Descendant de la tribu du Prophète et chef du Hedjaz, ce dernier s'engage, durant l'été 1915, à prendre les armes contre la Sublime Porte, en échange de la promesse faite par les Britanniques de " reconnaître et soutenir l'indépendance des Arabes ". Envoyé auprès de Hussein pour l'aider à organiser la révolte que celui-ci a déclenchée le 5 juin 1916, Lawrence travaille sur le terrain avec ses fils, en particulier le plus jeune, Faysal, à partir du 16 octobre. Devenu officier de liaison de Faysal, il contribue à la mobilisation des bédouins, aux batailles contre les Turcs, et à la prise de villes importantes, en particulier Akaba, en juillet 1917. Puis Lawrence et les troupes arabes appuieront l'offensive du général Allenby en Palestine et en Syrie. Le rêve du colonel paraît à portée de la main : un grand Empire arabe probritannique, Hussein à sa tête contrôlant notamment le Hedjaz, Faysal la Syrie et l'Irak, Abdallah la Palestine et la Transjordanie... Mais la Grande-Bretagne est tenue par d'autres assurances, contradictoires, données aux Français, au mouvement sioniste, au rival wahhabite même de Hussein. L'" Empire arabe ", avant même de voir le jour, sera dépecé, Paris et surtout Londres s'en partageant les dépouilles. Hussein se contentera du Hedjaz, qu'Ibn Saoud lui arrachera, Faysal chassé de Syrie par les Français se retrouvera sur le trône d'Irak, et Abdallah régnera en Transjordanie. Lawrence d'Arabie, lui, en a fini avec cette " épopée " : le 4 juillet 1922, il a démissionné du Bureau des affaires coloniales. Il mènera ensuite une nouvelle carrière d'écrivain et s'activera aux côtés du fasciste anglais Mosley. C'est le 19 mai 1935 que Thomas Lawrence se tue (dans un accident ?) à quelques jours d'une entrevue que devait lui accorder le chancelier d'Allemagne, Adolf Hitler... |
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