TURQUIE

Du démantèlement de l' Empire ottoman, au lendemain de la Première Guerre mondiale, devait naître, non sans soubresauts, la Turquie moderne. Au calife défait, les puissances victorieuses imposent, le 10 août 1920, le traité de Sèvres, plus dur que celui qui fut signé avec l'Allemagne. Le pays est dépecé, il perd sa partie européenne ainsi que des zones importantes d'Anatolie où doivent être constitués des États kurde et arménien. Les détroits (du Bosphore et des Dardanelles, seul passage maritime entre la mer Noire et la Méditerranée) sont placés sous juridiction alliée. Contre ce diktat, un chef militaire, Moustapha Kemal, lève l'étendard de la révolte. Il remporte une série de victoires militaires, notamment contre les Grecs, et finit par obtenir, par le traité de Lausanne signé le 24 juillet 1923, une indépendance réelle dans les frontières actuelles (à l'exception du sandjak d'Alexandrette que la France cédera à la Turquie, malgré l'opposition des nationalistes syriens, à la veille de la Seconde Guerre mondiale). Les détroits passent sous la souveraineté d'Ankara, mais une réglementation internationale fixe en 1936 (convention de Montreux) les conditions de leur utilisation.

Le chemin est désormais libre pour les réformes politiques. Le 29 octobre 1923, la République est proclamée et, en mars 1924, le califat est aboli : pour la première fois depuis la prédication de Mahomet, l'islam n'a plus - même théoriquement - de chef religieux. Enfin Moustapha Kemal, qui deviendra Atatürk - le père de la nation -, engage son pays dans la voie de la modernisation : adoption des caractères latins à la place de l'alphabet arabe ; affirmation du caractère séculier de l'État ; introduction d'un nouveau code civil ; développement d'une économie fondée sur l'intervention active de l'État. L'indépendance prévue pour les Kurdes par le traité de Sèvres est évidemment abolie et une politique d'assimilation active est menée, malgré les diverses révoltes : les Kurdes deviennent les " Turcs des montagnes " et leur langue est interdite. Le régime s'appuie sur un parlement élu, mais un seul parti est autorisé, le Parti républicain du peuple (PRP). Sur le plan international, la politique se fonde sur la non-ingérence dans les affaires des voisins, notamment arabes, des relations de bon voisinage et une certaine coopération avec l'Union soviétique qui a aidé Moustapha Kemal dans sa lutte " contre les impérialistes ". En novembre 1938, Atatürk meurt, laissant un pays profondément transformé ; c'est un de ses proches, Ismet Inönu, qui lui succède.

Neutre durant la période 1939-1944, la Turquie ne déclarera la guerre à l'Allemagne que le 23 février 1945. Mais le conflit mondial apporte deux grands bouleversements :

- en novembre 1945, le régime de parti unique est aboli et une formation récemment créée, le Parti démocratique - dont un des dirigeants est Adnan Menderes - remporte les élections de juillet 1946 ;

- le nouveau pouvoir abandonne sa politique de neutralité et se range résolument dans le camp occidental. Dès 1947, les États-Unis étendent au pays leur aide économique et militaire, et, après avoir participé à la guerre de Corée, la Turquie adhère, le 18 février 1952, à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et accepte l'installation de nombreuses bases militaires. Avant-poste de l'Occident face au " danger soviétique ", elle tire de cette situation une rente financière confortable. Elle joue aussi un rôle actif dans les tentatives de constituer des alliances antisoviétiques au Proche-Orient et rejoint, en novembre 1955, le pacte de Bagdad.

Affirmant sa volonté de préserver les principes du kémalisme, l'armée s'empare du pouvoir le 27 mai 1960. Elle le fera à nouveau deux fois : le 12 mars 1971 et le 11 septembre 1980. Au nom des mêmes prétextes : le retour à l'ordre, la fidélité aux idéaux d'Atakürk. Ainsi alternent régimes militaires et régimes civils, la politique étrangère restant désormais marquée par l'insertion dans l'OTAN et par le retour à une politique de non-ingérence dans les affaires du Proche-Orient, même si les relations avec Israël sont assez étroites. Sur le plan régional, la politique est surtout marquée par le conflit permanent avec la Grèce et par la question de Chypre, qui a accédé à l'indépendance en 1960. Le sort de la minorité turque de cette île constitue un perpétuel sujet de discorde qui sert à justifier l'invasion militaire turque en juillet 1974 : la zone nord sera occupée et transformée en République, reconnue seulement par Ankara.

La dictature militaire instaurée en 1980 crée un profond traumatisme dans le pays, tellement est violente la répression, notamment contre les diverses organisations kurdes qui se sont constituées dans les années 70. Dès 1984, une nouvelle organisation, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), de tendance marxiste-léniniste et dirigé par Abdullah Ocalan, engage la lutte armée dans les provinces du Sud-Est. Bénéficiant de l'appui de la Syrie mais aussi de sympathies en Irak, en Iran et en Arménie, le PKK étend son influence.

Le retour à la démocratie, progressif à partir de 1983, s'effectue sous la direction de Turgut Özal et de son Parti de la mère patrie (ANAP) qui vont, en quelques années, changer le visage de la Turquie, d'abord sur le plan économique. Özal engage le pays dans une politique libérale fondée sur le développement des exportations : entre 1980 et 1990, celles-ci passent de 3 milliards de dollars à 13 milliards, et la part des produits industriels a grimpé de 35 % à 80 % ; il développe un réseau dense d'infrastructures (routes, aéroports, téléphone, etc.) ; des groupes industriels compétitifs, notamment de la construction, s'implantent au Proche-Orient et en URSS ; le pays connaît une croissance impressionnante, mais au prix d'une forte inflation et de dangereux désé-quilibres sociaux. Le gouvernement tentera aussi d'aborder la question kurde avec une certaine ouverture, mais le développement de la lutte armée, de la répression menée par l'armée et du terrorisme ne facilitera pas sa tâche.

Sur le plan régional aussi, Özal rompt avec la tradition. Tout en insistant sur sa volonté d'intégrer la Turquie à la Communauté économique européenne, il souhaite mener une politique active au Proche-Orient : il reconnaît l'État palestinien proclamé en 1988 ; il rêve d'un gigantesque projet d'oléoduc qui acheminerait l'eau des fleuves Seyhan et Ceyhan vers le Golfe et la Jordanie ; enfin il va, malgré les critiques de l'armée, s'impliquer fortement dans la crise du Golfe. Dès août 1990, la Turquie ferme les oléoducs transportant le pétrole irakien qui transite par son territoire : Özal donne l'autorisation aux avions alliés de bombarder l'Irak à partir de bases turques ; il regrette même que son pays n'ait pas envoyé un contingent militaire se battre aux côtés des coalisés.

Les élections d'octobre 1991, qui voient la victoire des deux grands partis d'opposition, celui de la Juste voie dirigé par Suleyman Demirel, le nouveau Premier ministre, et le Parti populiste social-démocrate d'Erdal Inönu, auraient pu marquer le retour à une politique plus prudente. Mais, le 17 avril 1993, la mort surprend Turgut Özal. Suleyman Demirel lui succède, le 16 mai, à la présidence de la République et est remplacé à la tête du Parti de la juste voie, le 13 juin, par Tansu Ciller. Pour la première fois, soixante dix ans après la proclamation de la République turque en 1923, une femme va diriger le gouvernement. Premier ministre, elle le sera à plusieurs reprises, au gré des crises politiques qui secouent son pays, jusqu'au vote de défiance du Parlement, le 15 octobre 1995.

Anticipées, les élections législatives du 25 décembre 1995 sont marquées par la percée des islamistes du Parti de la prospérité (RP, dit Refah) de Necmettin Erbakan qui avait déjà remporté avec éclat les municipales du 27 mars 1994, s'emparant d'Istanbul, d'Ankara, d'Izmir et des principales villes du pays. L'essai est transformé : avec 21,3 % des voix, le Refah devance tous les autres grands partis - le Parti de la Mère patrie (ANAP) de Mesut Yilmaz (19,7 %), le Parti de la juste voie (DYP) de Tansu Ciller (19,2 %), le Parti de la gauche démocratique (DSP) de Bülent Ecevit (14,7 %) et le Parti républicain du peuple (CHP) de Deniz Baykal (10,7 %). Malgré leurs divergences, ANAP et DYP constitueront, trois mois plus tard, sous la direction de Mesut Yilmaz, une éphémère coalition anti-islamiste. Mais Tansu Ciller la fera capoter en mai 1996 pour former, le 8 juillet, un gouvernement de coalition avec les islamistes, Necmettin Erbakan devenant Premier ministre.

Durant ses deux ans et demi à la tête du pays, Tansu Ciller s'est inspirée de l'héritage de ses prédécesseurs. Au plan économique et social, elle a poursuivi le cours ultra-libéral cher à Turgut Özal, accélérant le rythme des privatisations et obtenant une croissance rapide combinée avec une forte inflation - d'où un recul du niveau de vie du plus grand nombre qui n'est certainement pas étranger à la recrudescence des luttes syndicales ainsi qu'à la poussée islamiste. En matière kurde, en revanche, elle a sensiblement durci la politique d'Özal. Le Premier ministre a remis en cause le projet d'autorisation de l'usage de la langue kurde dans l'enseignement et dans les médias, retiré celui d'autonomie locale pour le Sud-Est anatolien et interdit le Parti travailliste du peuple (HEP) - qui avait obtenu 70 % des voix dans les provinces concernées et dont six députés seront condamnés à des années de prison pour " incitation au séparatisme " (seuls deux d'entre eux avaient été libérés au 30 septembre 1996). L'armée et ses " unités spéciales " ont pu pratiquer librement la politique de la " terre brûlée " dans le sud-est anatolien. Douze ans après son déclenchement, le bilan de la " sale guerre " au Kurdistan se chiffrait à 16 000 morts selon Ankara et 35 000 selon le PKK, des centaines de milliers d'exilés, sans compter les 2 500 villages et les milliers d'hectares de forêt dévastés. Pire : sous couvert de " nettoyer " les " bases arrière " de la guérilla, Mme Ciller a donné le feu vert à l'armée pour envahir, comme en octobre 1992, une partie de la " zone de sécurité " instaurée par les alliés au Kurdistan irakien à l'issue de la guerre du Golfe. Le 20 mars 1995, 35 000 soldats turcs ont passé la frontière irakienne et se sont livrés, un mois et demi durant, à de véritables massacres, jusqu'à ce que la pression internationale contraigne Ankara à retirer ses troupes. Pareille escalade ne pouvait que pousser un peu plus les habitants du Kurdistan dans les bras du maquis, comme l'attestait une enquête d'opinion réalisée en 1995 dans six localités du sud-est anatolien : bien que 85 % des sondés ne revendiquent pas un État, 47 % d'entre eux déclaraient soutenir le PKK, et 35 % avoir un de ses membres parmi leurs proches...

Malgré cette violation brutale et généralisée des droits des Kurdes comme du droit international, Tansu Ciller a fait franchir un grand pas à la Turquie sur la voie de son intégration dans l'Union européenne : le 13 décembre 1995, le Parlement européen ratifiait l'accord d'union douanière signé neuf mois plus tôt. Pour y parvenir, Ankara a dû lâcher un peu de lest sur les questions des libertés, au moins formellement : le Parlement turc a fini par réviser la Constitution adoptée en 1982 sous l'égide des militaires (droit de vote à 18 ans, droit de vote pour les Turcs résidant à l'étranger, fin de l'interdiction pour les syndicats de prendre des positions politiques, droit pour les enseignants de participer à la vie politique, suppression du paragraphe louant l'intervention de l'armée en 1980, etc.), mais il n'a que partiellement amendé l'article 8 de la loi antiterroriste qui permettait d'emprisonner des citoyens pour simple délit d'opinion. Reste à compléter ces modifications et à en traduire l'esprit et la lettre dans la vie quotidienne, en commençant par mettre fin à l'usage systématique des mauvais traitements, voire de la torture dans les commissariats, pour ne rien dire du Kurdistan...

Autre tournant essentiel, le rapprochement avec Israël. Certes, la coopération entre les deux pays ne date pas d'aujourd'hui. Engagée dès les années 50, affaiblie par l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza comme par la dépendance pétrolière turque, elle a connu un développement rapide depuis la guerre du Golfe : les échanges commerciaux - régis désormais par un accord de libre-échange - atteignent un milliard de dollars, 300 000 touristes israéliens séjournent chaque année en Turquie et... Ankara s'abstient lors du vote de la résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU contre l'opération " Raisins de la Colère ". Mais l'accord militaire signé en février 1996, lors de la visite en Israël du chef adjoint de l'état-major turc, est d'une tout autre nature. Dès le mois de mai, comme prévu, les bases et l'espace aérien turcs se sont ouverts aux avions de l'armée israélienne, les pilotes des deux pays ont commencé à s'entraîner en commun et, en juillet, de premières manœuvres navales communes se sont déroulées. L'armée israélienne doit également préparer les soldats turcs à la lutte contre l'infiltration aux frontières. L'accord organise aussi des échanges entre services secrets, concernant notamment la Syrie, l'Irak et l'Iran ainsi que leur " soutien au terrorisme ". De surcroît, Ankara confierait la modernisation de 54 Phantom F-4 de son aviation à Israel Aircraft Industries - pour un montant de 600 millions de dollars et grâce à un crédit débloqué par Jérusalem. L'État juif fournirait enfin des armes - à commencer par les fameux fusils Galil - et des munitions à l'armée turque.

Contraires à la tradition de neutralité observée par la Turquie dans le conflit israélo-arabe - au point d'inspirer le bras de l'islamiste qui tenta d'assassiner le président Demirel en mai 1996 -, ces développements s'inscrivent sans doute dans la tension grandissante entre Ankara et Damas. Outre le différend sur la province du Hatay, ex-sandjak d'Alexandrette cédé - illégalement, selon les Syriens - par la France à la Turquie, les relations des deux pays sont surtout envenimées par la question kurde. La Syrie, qui nie tout soutien à la guérilla du PKK, a même accusé son voisin d'avoir fomenté, au printemps 1996, plusieurs attentats, dont l'un aurait visé Hafez Al Assad. La question des eaux de l'Euphrate, dont Ankara maîtrise le débit grâce au barrage Atatürk, s'imbrique elle aussi avec le problème kurde. L'accord de 1987, par lequel le gouvernement de Turgut Özal s'était engagé à maintenir un flux de 500 mètres cubes par seconde, prévoyait la fermeture des camps du Parti des travailleurs du Kurdistan proches de la frontière. Les maquisards continuant d'utiliser le territoire syrien comme base arrière pour leurs opérations, les Turcs n'ont pas hésité, à plusieurs reprises, à rationner l'eau disponible pour les Syriens. Dernier grief en date : Ankara n'a pas apprécié l'accord de coopération militaire conclu entre Athènes et Damas. Résumé du quotidien turc Milliyet à l'annonce de l'accord : " La Syrie, qui utilise à la fois le PKK contre la Turquie et le Hezbollah contre Israël, se trouve maintenant coincée entre les deux pays "...

De fait, par delà ces dossiers bilatéraux, l'accord israélo-turc, s'il est complètement mis en oeuvre par le gouvernement à direction islamiste, entraînera une modification de la géopolitique moyen-orientale, à l'heure même où la victoire de Benyamin Netanyahou pourrait " geler " le processus de paix et donc accroître le risque d'une escalade militaire entre Israël et la Syrie. Membre de l'OTAN, engagée plus avant dans le dispositif occidental depuis la guerre du Golfe, la Turquie devient ainsi une pièce maîtresse de la stratégie américano-israélienne. D'autant que, simultanément, tournant le dos à sa coûteuse amitié avec Bagdad, Amman offrait ses bases aux avions américains pour ses missions de surveillance de l'Irak. C'est en novembre 1995 que ce Pacte de Bagdad nouvelle manière aurait été mis au point, dans un hôtel de Jérusalem, en marge des obsèques d'Itzhak Rabin, lors d'une rencontre entre Bill Clinton, Shimon Peres, le roi Hussein et Tansu Ciller. Il s'agirait bien de la construction d'un véritable axe Washington-Jérusalem-Ankara destiné à encadrer les pays arabes " modérés " face aux " radicaux ", laïcs ou islamistes - il sert donc naturellement la politique de " double containment " pour laquelle militent les États-Unis contre l'Irak et l'Iran. Et c'est bien ainsi que Damas, Bagdad et Téhéran l'ont compris, tentant d'unir leurs efforts contre toute menace de blocus. Cette évolution n'est évidemment pas non plus du goût de l'Égypte, écartelée entre ses amitiés américaines et ses ambitions dans le monde arabe. Conclusion d'un expert du Jaffee Center for Strategics Studies de Tel Aviv : " La formation de nouveaux blocs est possible, mais cette fois d'importants alliés des États-Unis finiront dans le camp opposé. " Reste à savoir quelle sera l'orientation du gouvernement dirigé par l'islamiste Necmettin Erbakan. Ses premiers mois au pouvoir traduisent bien ces contradictions de sa politique : s'il a entériné l'accord turco-israélien, le nouveau Premier ministre s'est rendu à Téhéran, engageant ainsi Ankara dans un rapprochement avec l'Iran qui a suscité la colère de Washington. Sans doute ce développement n'est-il pas étranger à la décision prise par le Parlement européen, longtemps complaisant à l'égard d'Ankara, de geler l'aide à la Turquie à compter de septembre 1996. Officiellement, il s'agit de sanctionner la lenteur de la démocratisation et les excès du combat contre les Kurdes...

La Turquie s'étend sur 779 000 kilomètres carrés et comptait en 1993 59,6 millions d'habitants, les Kurdes étant estimés à 12 millions (dont la majorité s'est installée dans les grandes villes occidentales, notamment Istanbul qui en compte 2 millions). On compte aussi un certain nombre de Caucasiens, une communauté arménienne, des Juifs (notamment à Istanbul) et des Arabes. La majorité de la population est musulmane sunnite, mais les alevis, d'origine chiite sont plus de 12 millions. Leur doctrine a évolué dans un sens spécifiquement turc ; ils ne pratiquent ni prosélytisme ni recrutement et célèbrent leur culte en secret. Ils ont souvent été les victimes de pogroms fomentés par les musulmans orthodoxes, y compris en 1993 et 1995 : c'est pourquoi ils se sont ralliés au kémalisme, qui a relégué la religion dans le domaine privé.

Avec une croissance moyenne de 5,5 % durant les années 1980-1993, le produit intérieur brut de la Turquie a dépassé en 1993 156,4 milliards de dollars, la dette extérieure atteignant 38 % du PIB. Quant au taux moyen d'inflation annuel entre 1980 et 1993, il a dépassé 53 %. Malgré ces tensions, Ankara ne manque pas d'atouts pour s'affirmer sur la scène internationale : dixième partenaire de l'Union européenne, la Turquie détient un tiers du potentiel des partenaires méditerranéens de celle-ci ; elle dispose de liens de plus en plus serrés avec les ex-Républiques soviétiques d'Asie centrale et représente un allié de poids des États-Unis pour sa politique moyen-orientale ; et elle passe pour le pays musulman le plus laïque et le plus démocratique, malgré la répression antikurde...

Les 100 Portes du Proche-Orient
Alain Gresh - Dominique Vidal
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