La vie associative un an après les Assises nationales
  20 avril 2000
reprise de la Lettre du Gouvernement

Introduction 

Les services déconcentrés en première ligne 

La réglementation fiscale rénovée 

Priorité à la formation et à la valorisation des compétences 

Du temps libre pour les activités associatives 

Le programme emplois-jeunes

De nouveaux outils juridiques 

Les chantiers de l'avenir 


Introduction

L'économie solidaire

La création d'un secrétariat d'État à l'Économie solidaire rattaché à la ministre de l'Emploi et de la Solidarité va donner un nouvel élan au partenariat avec les acteurs de l'économie sociale. Son titulaire, Guy Hascoët, est en effet chargé de "préparer et proposer les mesures intéressant la vie associative, la coopération, la mutualité, les nouvelles formes d'activité et de partenariat ainsi que l'innovation économique et sociale"*. Autant de chantiers qui nécessitent des outils juridiques mieux adaptés à de nouveaux besoins. Pour les mener à bien, le secrétaire d'État s'appuiera notamment sur la Délégation interministérielle à l'innovation sociale et à l'économie sociale et, en tant que de besoin, notamment sur la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle, la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale et la Direction de la jeunesse et de l'éducation populaire. 
* décret du 7 avril 2000 (JO du 8.4.2000). 

Bilan et projets Février 1999 - mars 2000

Les travaux progressent, de nouveaux chantiers s'ouvrent. Les Assises nationales de la vie associative se sont déroulé les 20 et 21 février 1999 avec la participation du Premier ministre et de plusieurs membres du Gouvernement. Quantité de questions ont été posées, de nombreuses demandes ont été adressées aux pouvoirs publics, de nouveaux chantiers ont été ouverts (voir le cahier spécial de la Lettre du Gouvernement d'avril 1999). Le travail entrepris depuis, en concertation avec les représentants du milieu associatif, commence à porter ses fruits. Ce cahier spécial présente un premier bilan des mesures prises par le Gouvernement en faveur des associations ainsi que ses projets pour les années à venir à la veille de la commémoration du centenaire de la loi de 1901 

Bénévolat associatif

Amélioration des formations, développement du temps libre, accès des femmes aux responsabilités... le Gouvernement cherche à favoriser l'engagement citoyen 

Dialogue et renouveau

Les pouvoirs publics ont instauré un nouveau dialogue avec le monde associatif. Des règles fiscales rénovées simplifient la gestion des associations et l'accès aux services de l'État leur sera facilité 

Les services déconcentrés en première ligne

Pour simplifier les relations pouvoirs publics-associations, le Gouvernement souhaite qu'une organisation administrative "de proximité" se mette en place : dans chaque département, les préfets doivent renforcer le rôle des délégués départementaux à la vie associative et installer des missions d'accueil et d'information. 

Il faut que "les services déconcentrés de l'État fassent évoluer leurs relations avec les associations", indique la circulaire interministérielle* qui précise les actions de simplification à mettre en œuvre dans les départements. Nommé par le préfet et placé sous son autorité directe, le délégué départemental à la vie associative (DDVA) est dorénavant l'interlocuteur privilégié des associations. Cheville ouvrière de l'action de l'État dans le département, il voit     ses compétences interministérielles renforcées. Il est en effet chargé de coordonner l'action et les moyens des services déconcentrés auxquels les associations font appel : Jeunesse et sports, Affaires sociales et santé, Culture, Environnement, Ville. 

Il doit contribuer à simplifier les procédures, accélérer le traitement des dossiers, mobiliser les politiques et les financements publics en vue d'encourager l'engagement associatif. Il doit faciliter la concertation et la transparence entre l'État et les représentants des associations qu'il tiendra informés des suites données aux Assises nationales de 1999. 

Autre tâche confiée au DDVA : réorganiser l'accueil et le suivi des associations. Il doit pour cela recenser les "lieux-ressources" existant dans son département, qu'ils dépendent des services de l'État, d'autres services publics, des collectivités territoriales ou du secteur associatif. 

Un réseau de compétences

À l'issue de cette première étape achevée en avril, il pilotera la mise en place de "missions d'accueil et d'information des associations" (MAIA). Pourquoi ces missions ? Pour éviter les doublons et les renvois vers de multiples interlocuteurs, pour simplifier et accélérer le traitement des dossiers. Constituées du réseau des lieux-ressources compétents au sein des services déconcentrés de l'État, elles coordonneront l'accueil des associations dans ces services, assureront la liaison entre responsables associatifs et collectivités territoriales, diffuseront les informations nécessaires aux associations. Cela, en partenariat avec les fédérations associatives et les collectivités locales. 

* Circulaire du 22.12.1999 (JO du 30.12.1999). 

Un climat de confiance

Pour Hubert Prévot, président de la CPCA*, avec les Assises de 1999, "une autre qualité de relations s'est construite entre les associations et le Gouvernement, notamment dans le cadre du dialogue avec la CPCA. Nous pouvons donner notre avis, discuter des projets qui nous concernent. Nous disposons d'un interlocuteur spécifique qui suit l'ensemble des dossiers. Grâce à ce climat de confiance, des avancées ont eu lieu. Les principales ? Le CNVA* a été profondément renouvelé, le FNDVA* est réformé, des dispositifs d'écoute et d'information se mettent en place dans chaque département, les incertitudes relatives à la fiscalité ont été dépassées, le bénévolat est encouragé, le programme emplois-jeunes nous permet de développer de nouvelles activités. Reste à prendre des mesures sur d'autres chantiers ouverts lors des Assises : le statut juridique des associations "loi de 1901" par rapport aux notions de lucrativité et de commercialité, la reconnaissance d'utilité publique ou encore la signature avec l'État de contrats basés sur des objectifs pluriannuels". 

* CPCA : Conférence permanente des coordinations associatives. * CNVA : Conseil national de la vie associative. * FNDVA : Fonds national pour le développement de la vie associative 

www : rubrique "associations"

Repérage des interlocuteurs compétents, diffusion plus rapide et mode d'emploi des mesures les concernant : en réponse aux demandes exprimées par les associations, les préfectures ouvrent sur leur site internet des rubriques spécialisées à leur intention. Un exemple : celui de la Haute-Vienne. 

La rubrique concernant les associations sur le site : 
http://www.haute-vienne.pref.gouv.fr/

La réglementation fiscale rénovée

Pour mener à bien des projets en phase avec les besoins de la société, les associations ont développé des activités nouvelles et fait appel à des sources de financement diversifiées. Cette évolution a eu pour conséquences de nombreux contentieux avec l'administration. Sans remettre en cause le principe de non assujettissement aux impôts commerciaux, ces règles viennent d'être toilettées. 

La vente d'objets encombrants récupérés par une association de réinsertion est-elle imposable ? Les recettes perçues par une association gérant une maison familiale accueillant des handicapés sont-elles assujetties aux impôts commerciaux ? Qu'en est-il de la fiscalité sur la vente d'affiches et de CD par une association organisant bénévolement des manifestations musicales ? Autant de questions auxquelles ne répondaient pas des textes vieux de plus de vingt ans. 

Des règles plus claires

La circulaire administrative du 15 septembre 1998 complétée par une instruction du 19 février 1999 a clarifié les règles applicables aux associations qui peuvent désormais exercer leurs activités en toute sérénité. Le principe de base demeure : les associations à but non lucratif dont la gestion est désintéressée sont exonérées des impôts commerciaux (impôt sur les sociétés, taxe sur la valeur ajoutée, taxe professionnelle). Les nouveaux textes indiquent très précisément les cas dans lesquels les activités d'une association doivent être fiscalisées selon le droit commun. Pour permettre aux associations de se mettre en règle, le Gouvernement leur a laissé un délai qui a expiré le 1er janvier 2000. 

De plus, le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie a abandonné les redressements fiscaux en cours pour les associations de bonne foi. Il a aussi diffusé des documents d'information (dépliant, guide pratique) et mis en place un correspondant "associations" dans les services départementaux des impôts. 

Gestion facilitée

Par ailleurs, la loi de finances pour 2000 a prévu diverses dispositions simplifiant les obligations fiscales et comptables des associations tout comme la gestion des administrations. Ainsi, les associations exerçant des activités lucratives marginales sont exonérées d'impôts commerciaux si les recettes de ces opérations commerciales n'excèdent pas 250 000 F par an. Enfin, les associations, fondations et congrégations dont les activités lucratives accessoires sont imposables ne sont plus obligées de verser des acomptes pour l'impôt si leurs recettes restent peu importantes. Critère : le chiffre d'affaires imposé de l'année précédente doit être inférieur à 350 000 F. Cette mesure, qui concerne 600 000 organismes, permet de supprimer 1 200 000 formulaires. n 

Pour en savoir plus

http://www.finances.gouv.fr/

Politique de la ville : des procédures simplifiées

Les simplifications administratives et financières vont faciliter le travail des associations impliquées dans la politique de la ville : 

·  crédits ministériels "ville" délégués aux préfets ; 

·  possibilité de mutualiser les financements destinés aux associations dans un fonds local : il leur suffira de remplir une seule demande qui sera rapidement instruite ; 

·  interlocuteur unique et dossier unique simplifié pour les subventions de l'État et du Fonds d'action sociale ; 

·  procédure de paiement simplifiée pour les petites subventions (moins de 50 000 F) ; 

·  suivi de l'avancement des dossiers de subvention. 


Le site internet consacré à la politique de la ville de la préfecture des Bouches-du-Rhône :
http://www.polville13.com/

Entreprises : Le mécénat favorisé

Les versements effectués par une entreprise au profit d'organismes sans but lucratif sont depuis cette année admis comme des charges déductibles du résultat de l'entreprise dans les conditions de droit commun. 

·  Pris en compte dans les limites de 2,25 ä ou 3,25 ä du chiffre d'affaires, ces versements sont déductibles des résultats de l'exercice au cours duquel ils ont été effectués. 

·  Si cet exercice est déficitaire, le déficit constitue une charge déductible des cinq exercices suivants. 

Transparence : Un nouveau plan comptable

L'adoption d'un "plan comptable" est essentielle pour la transparence financière des associations vis-à-vis de leurs partenaires publics et privés comme de leurs adhérents et donateurs. Un arrêté* a défini son contenu : il précise les obligations des associations pour l'établissement et la présentation de leurs comptes annuels à partir du 1er janvier 2000 lorsqu'elles ont de telles obligations. * Arrêté du 8.4.1999 (JO du 4.5.1999). 

Priorité à la formation et à la valorisation des compétences

Le travail des associations repose désormais sur deux piliers : leur 1,3 million de salariés aux côtés de leurs 7 millions de bénévoles. Il est indispensable d'aider ces derniers à mieux se former et à faire valoir leur expérience associative dans leur parcours professionnel.

Monter un projet associatif, gérer son personnel, effectuer des démarches auprès des pouvoirs publics, tenir sa comptabilité : la bonne volonté ne suffit pas. C'est pourquoi, dans son soutien au développement à la vie associative, le Gouvernement met l'accent sur les possibilités de formation ouvertes aux membres d'association, et surtout à leurs responsables bénévoles. 

FNDVA : crédits doublés

L'État a augmenté les moyens alloués au Fonds national pour le développement de la vie associative : il les a portés de 24 MF en 1998 à 40 MF en 1999, somme reconduite en 2000. Une augmentation consacrée pour l'essentiel au financement des actions de formation. Elles devront privilégier les bénévoles qu'ils soient élus, responsables d'activités ou adhérents appelés à prendre des responsabilités associatives. Une priorité est donnée aux projets concernant l'accès des femmes et des jeunes aux postes de responsabilité. 

Congé individuel de formation

Autre mesure, prévue dans le projet de loi en discussion sur l'organisation et la promotion des activités sportives : les dirigeants occupant bénévolement des fonctions de gestion dans une association pourraient obtenir un congé individuel de formation. 

Validation des acquis

L'expérience bénévole associative constitue une étape importante dans le parcours de formation. Encore faut-il qu'elle soit officiellement reconnue. C'est en partie chose faite avec la mise en place de la "licence professionnelle" * : les connaissances et aptitudes acquises personnellement au travers d'une activité bénévole seront prises en compte pour l'accès à ce diplôme dès la rentrée 2000. Enfin, le projet réformant la formation professionnelle inclura des dispositions en faveur des bénévoles. * Arrêté du 17.11.1999 (JO du 24.11.1999). 

La réforme du FNDVA

Un récent décret* a modifié l'organisation et la gestion du Fonds national pour le développement de la vie associative, créé en 1985. 

·  Il finance des actions de formation pour les bénévoles, des études d'intérêt national sur la vie associative, des expérimentations menées sur le terrain. 

·  Le conseil de gestion du FNDVA doit définir les orientations du Fonds pour les formations et les expérimentations ainsi que le programme des études, donner son avis sur les dossiers instruits par la commission ad hoc et préciser les modalités d'évaluation des projets financés. 

·  Le décret renforce le caractère interministériel du fonds. Présidé par la ministre chargée de la Jeunesse et des Sports, il compte 11 ministres ou leurs représentants aux côtés de 9 représentants de coordinations associatives et de 3 personnalités qualifiées. Son secrétariat est assuré par le délégué interministériel à l'innovation sociale et à l'économie sociale. 


* Décret du 3 mars 2000 (JO du 7.3.2000)
 

Le Smic

De l'expérience associative aux diplômes professionnels nationaux Redonner une véritable portée au dispositif de "validation des acquis" : c'est l'un des objectifs de la réforme préparée par la secrétaire d'État aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle. Cette réforme sera intégrée au futur projet de loi de modernisation sociale annoncé par Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité. Elle prévoit des dispositions dont les acteurs associatifs, bénévoles ou non, pourront bénéficier. Tout citoyen pourrait obtenir la totalité d'un diplôme ou d'un titre à finalité professionnelle (et non plus seulement une partie des épreuves) en faisant valider l'expérience acquise au travers d'une activité, rémunérée ou bénévole, associative par exemple. Cette possibilité porterait sur la quasi-totalité des titres et des diplômes décernés par l'État. La durée minimale d'expérience exigée serait ramenée de 5 à 3 ans. Elle serait aussi ouverte à tous les autres titres ou diplômes, notamment ceux des branches professionnelles à condition qu'ils soient inscrits dans un répertoire national. 

Du temps libre pour les activités associatives

Etre plus disponibles, parvenir à concilier travail, loisirs, vie familiale et activités associatives : c'est le souhait des nombreux bénévoles œuvrant au sein des 700 000 associations. C'est pourquoi le Premier ministre a confié une mission sur le bénévolat à Mme Marie-George Buffet. Plus d'un an après les Assises, le bilan est très positif. 

La toute récente loi sur la réduction du temps de travail (RTT) libère du temps pour les salariés du secteur privé. Mieux : elle prévoit que les accords de branche ou d'entreprise pourront comporter des dispositions spécifiques pour les salariés exerçant, à titre bénévole, des responsabilités dans une association *

Des aménagements particuliers

Ces spécifications pourront porter, entre autres, sur les "délais de prévenance", les actions de formation, les jours de repos. Le délai de prévenance se traduit par une double obligation. L'employeur doit prévenir le salarié suffisamment à l'avance d'éventuels changements d'horaire. De son côté, le salarié doit respecter un certain délai pour prévenir son employeur de la période pendant laquelle il veut prendre une partie de ses jours de récupération liés à la RTT : ce délai pourra être raccourci pour les salariés qui sont bénévoles dans une association. 

Mieux faire connaître le congé-représentation

Les salariés du secteur privé qui consacrent une part de leur temps à des responsabilités bénévoles ont aussi droit au "congé de représentation". C'est un dispositif mis en place en 1991 mais mal connu et mal appliqué. Il permet au salarié de bénéficier d'une autorisation d'absence afin de représenter son association dans les instances départementales, régionales ou nationales instituées auprès des pouvoirs publics (commissions de concertation, conseils consultatifs...). Si l'entreprise ne maintient pas son salaire pour le temps consacré à ce congé, le ministère dont dépend cet organisme doit lui verser une indemnité. Mais, comme les responsables associatifs ne connaissent pas toujours ce droit et surtout ses modalités d'application, Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports, a publié, le 12 octobre 1999, une instruction récapitulant la liste des instances ouvrant droit à ce congé, cela en attendant les améliorations qui seront mises en œuvre à l'issue de la mission d'inspection conjointe (IGA-IGAS-IGJS) lancée en janvier dernier pour évaluer le dispositif. D'autres mesures devraient être annoncées dans le cadre de la mission confiée par le Premier ministre à la ministre de la Jeunesse et des Sports sur le bénévolat. 

* Loi du 19.1.2000, article 15/V (JO du 20.1.2000). 

Parité : des femmes aux postes de commande

Elles représentent 70 % des 1 300 000 emplois du monde associatif et pourtant elles sont encore peu nombreuses à occuper des postes de responsables au sein des associations. Cette situation devrait changer avec l'application des mesures préconisées lors des Assises nationales de 1999. Début 2000, lors du renouvellement des membres du Conseil national de la vie associative (CNVA), le pourcentage de femmes est passé de 25 % à 40 %. Parallèlement, les services de l'État veilleront à ce que les associations accordent aux femmes des fonctions de décision dans le cadre de la signature des conventions pluriannuelles d'objectifs. Depuis 1999, les conventions conclues avec les fédérations sportives comportent déjà des clauses en ce sens. 

Portes ouvertes aux jeunes

Associations juniors


En Dordogne, à Razac-sur-l'Isle, "Les copains d'abord" regroupe 35 jeunes qui organisent des manifestations sportives et culturelles, à Saint-Aubin de Cadelech, des jeunes se sont réunis pour créer et gérer un espace sportif. Ce sont deux exemples parmi d'autres, des "associations juniors ". Le principe : des associations fournissent un cadre juridique et un soutien technique (information, formation) aux 13-18 ans qui ne peuvent légalement être responsables d'une association mais souhaitent se regrouper pour réaliser des projets. Mise en place par la Ligue de l'enseignement, Défi-Jeunes et J.Presse, soutenue par le ministère de la Jeunesse et des Sports, cette formule s'est ouverte à d'autres partenariats (centres sociaux, MJC). La généralisation de ce dispositif est en cours d'examen au sein des ministères de la Jeunesse et des Sports et de la Justice. 

Volontariat

Contrepartie de la suppression du service national, la mise en place du volontariat*, notamment dans son volet "solidarité et cohésion sociale", permettra à des jeunes de 18 à 28 ans d'accomplir des missions civiles dans des associations pendant 6 à 24 mois. L'État pourra alors prendre en charge leur protection sociale et, si nécessaire, une partie de leur formation. 

* Loi du 14 mars 2000 relative aux volontariats civils (JO du 15.3.2000). 

Programme emplois-jeunes : le rôle pilote des associations

La contribution des associations à la création d'emplois-jeunes ne cesse de croître : fin février 2000, elles en avaient créé 45 %, hors Éducation nationale et Police nationale, et représentaient les trois quarts des employeurs. Les mesures d'accompagnement et les crédits prévus par l'État leur permettront de poursuivre leur action.

Mis en oeuvre depuis 1997 par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité, le programme Nouveaux services-Emplois jeunes "présente des caractéristiques qui lui confèrent une place originale dans le paysage social, une capacité d'innovation inégalée, des perspectives de créations socio-économiques et enfin un grand potentiel de développement de la vie associative", souligne le Conseil national de la vie associative (CNVA) dans un avis rendu le 25 novembre 1999. Sur la base des propositions du Conseil et en concertation avec les instances associatives, le Gouvernement étudie les moyens de pérenniser ce programme qui représente un enjeu majeur pour le développement de l'économie sociale. D'ores et déjà, il encourage les très petites associations (TPA) à mutualiser leurs moyens. Elles peuvent ainsi constituer des groupements d'employeurs (cas-type : l'association gérant les emplois mis à disposition des associations adhérentes). Elles ont aussi la possibilité de partager un ou plusieurs salariés (co-embauche avec mi-temps réparti sur deux associations par exemple). Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité a recensé plusieurs centaines d'initiatives de ce type (à consulter sur son site internet - Voir encadré). 

Professionnaliser les filières d'avenir

Mises en place par les préfets en 1998 à la demande du ministère, les 22 plates-formes régionales de professionnalisation regroupent les représentants des ministères (Emploi, Éducation nationale, Jeunesse et Sports, Agriculture...), des conseils régionaux, de l'Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) et des organismes professionnels chargés de la formation (les Organismes paritaires collecteurs agréés - OPCA - des différents secteurs d'activité couverts par le programme emplois-jeunes et le Conseil national de la fonction publique territoriale - CNFPT). Ces plates-formes travaillent dans trois directions : l'appui aux employeurs et aux jeunes (formations, recherche de financements, montage de projets...) ; la validation des compétences et des qualifications acquises par les jeunes dans ces emplois ; l'identification des activités nouvelles. 

Des moyens supplémentaires

En mobilisant les moyens du Fonds social européen (700 MF pour la programmation 2000-2006), l'État participe au financement de la formation aux côtés des employeurs (associations et collectivités), des OPCA et des conseils régionaux. Au total, ce sont près de 2 milliards qui seront ainsi mobilisés. C'est, dans ce cadre, que seront signés, en avril 2000, des accords nationaux avec les principaux OPCA : Habitat-formation, Afdas, Uniformation, Promofaf. Enfin, pour accompagner les employeurs qui s'efforcent de pérenniser ces services, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité met en place, chaque année, 100 MF de crédits et la Caisse des dépôts et consignations 150 MF sur trois ans. 

Les chiffres 

·  Fin février 2000, 236 000 emplois-jeunes avaient été créés, dont 139 800 dans les associations et collectivités locales. 


Les embauches par type d'employeurs (hors Éducation nationale et Police) : 

- associations : 45,3 % 
- collectivités territoriales : 36,3 % 
- établissements publics : 15,0 % 
- autres : 3,4 % 

Source CNASEA-DARES. 

·        Près de 50 % des embauches dans les associations ont été réalisées dans des structures de petite taille (5 salariés ou moins). 

·        Une centaine d'accords-cadres ont été signés avec de grands réseaux associatifs, notamment dans le domaine de l'éducation populaire, du sport, de la solidarité, de l'environnement et du développement rural. 


Les secteurs associatifs les plus dynamiques : 

- Sport 22,3 % 
- Social : famille, santé, solidarité 16,4 % 
- Culture 14,8 % 
- Education 10,4 % 
- Autres : 36,1 %
 

Des sites internet

·        sur l'ensemble du programme : http://www.travail.gouv.fr/ 

·        des sites régionaux, locaux ou associatifs (exemple : www.emploisjeunes.org). Nouveaux services, La lettre, publiée par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité, recense les sites les plus importants dans son n° 12 (février 2000). 

Des publications

·          La brochure "Nouveaux services, emplois jeunes, repères pour la pérennisation", publiée par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité et la Caisse des dépôts et consignations. En vente (50 F) à la Documentation française. 

De nouveaux outils juridiques

Mieux connaître et faire connaître le monde associatif, stabiliser ses modalités de financement et améliorer son cadre juridique, tels sont les objectifs que s'est fixés le Gouvernement à la veille de la commémoration de la loi de 1901. Les conventions pluriannuelles 

Faire chaque année la course aux subventions, ne pas pouvoir compter sur des ressources financières stables : cela est bien souvent le lot des responsables associatifs. Le développement des conventions pluriannuelles d'objectifs leur évitera ces tracas. Signé entre l'Administration et le représentant de l'association, ce document contractuel précise les engagements de l'État sur plusieurs années. En contrepartie, l'association s'engage sur des objectifs dont la réalisation sera soumise à une évaluation. Une circulaire interministérielle va prochainement améliorer le dispositif existant depuis 1996. 

Un cadre statutaire pour le secteur de l'économie sociale et solidaire

Des consultations régionales de l'économie sociale et solidaire se sont déroulées en mars et avril 2000 à l'initiative du Gouvernement. 

Trois objectifs majeurs sont recherchés à travers ces consultations : 

·        mobiliser et structurer sur le territoire les acteurs de l'économie sociale et solidaire ; 

·        approfondir et clarifier la formulation d'un projet dans ce domaine ; 

·        dégager des propositions susceptibles de nourrir les politiques publiques notamment par la définition d'un cadre juridique adapté ; 

·        encourager les partenariats avec l'État et les collectivités territoriales. 

L'observatoire de la vie associative

·        Il n'existe pas d'outil statistique fiable sur le secteur associatif. C'est pourquoi le Gouvernement met actuellement au point un observatoire spécialisé en s'appuyant sur le rapport établi en 1998 par la "mission 1901" du Conseil national de l'information statistique (CNIS). Il pourrait être organisé sur le modèle de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale créé en 1999. 

L'Europe des associations

Formation : les ateliers de Strasbourg


Les associations peuvent accéder à des aides communautaires. Elles sont peu nombreuses à le savoir et encore moins nombreuses à en bénéficier faute de connaître le mode d'emploi. C'est pourquoi la Délégation à l'innovation sociale et à l'économie sociale (DIES) met en place, à titre expérimental, un séminaire de formation spécialisé à destination des responsables associatifs. Il est préparé avec le concours du Centre d'études européennes de Strasbourg où il se déroulera pendant deux jours, fin juin 2000. Au programme : les processus de la construction européenne avec les perspectives ouvertes par le traité d'Amsterdam et les positions concernant les associations ; les objectifs en matière de cohésion économique et sociale et les fonds structurels concernés (bilan 1994-1999, perspectives 2000-2006, exemples d'associations ayant recours à ces fonds) ; le rôle du milieu associatif dans la construction de l'Europe sociale et civique. Des ateliers pratiques sont prévus sur la conduite de projets européens. 

Statut de l'association européenne

La mise en place de ce statut devrait progresser durant la présidence française de l'Union européenne, du 1er juillet au 31 décembre 2000. Il est actuellement bloqué pour des raisons de procédure : cette question est incluse dans un "paquet" réglementaire englobant le projet de statut européen de la société anonyme sur lequel subsistent des désaccords. 

Un CNVA renouvelé

Pour Édith Arnoult-Brill, présidente du Conseil national de la vie associative (CNVA), "les Assises ont révélé la nécessité d'instaurer de nouveaux rapports entre les associations et les pouvoirs publics pour tenir compte du rôle civique qu'elles jouent dans le développement des pratiques citoyennes". Une nécessité dont le Gouvernement a pris acte en dialoguant régulièrement avec la Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA) reconnue comme instance représentative et en relançant le CNVA, conseil consultatif placé depuis 1986 auprès du Premier ministre. "La vie associative est une mosaïque de pratiques et d'identités : la composition du CNVA en témoigne", souligne É. Arnoult-Brill. Le Gouvernement a revivifié la composition du Conseil à l'occasion de son renouvellement* : "les deux tiers des membres entament un nouveau mandat, un tiers des associations représentées sont nouvelles et le nombre de femmes a presque doublé : leur pourcentage s'élève à 40 % contre 25 % dans l'ancienne mandature". 

Un rôle d'expert et de conseil

"La mission d'expertise du CNVA s'inscrit dans ce nouveau contexte. Elle vise à répondre aux interrogations qui naissent de l'environnement réglementaire et législatif. Celui-ci néglige parfois les spécificités des associations et risque de banaliser cet acteur particulier de la démocratie." Récent exemple de travaux menés par le conseil à la demande du Premier ministre : l'évaluation concernant le programme Nouveaux services-Emplois jeunes au sein des associations, travaux qui ont donné lieu à un avis le 25 novembre dernier (voir page 6). Durant les trois ans de la nouvelle mandature (2000-2002), le programme de travail du Conseil national de la vie associative portera sur : 

·  l'approfondissement des réflexions sur les chantiers engagés (bénévolat, volontariat, fiscalité), les propositions sur la reconnaissance d'utilité publique (RUP), l'amélioration des connaissances sur les pratiques et le financement des associations, l'Europe ; 

·  de nouveaux thèmes d'études : projet associatif et logiques de territoire, jeunes et vie associative, partenariat et développement économique et social, responsabilités des dirigeants... Enfin, "le centenaire de la loi de 1901 qui consacre une liberté fondamentale devrait être l'occasion de réaffirmer l'importance du droit de s'associer". Il constituera pour le CNVA "une étape majeure pour proposer des mesures utiles au développement de la vie associative". 


* Arrêté du 20 janvier 2000 (JO du 21.1.2000).
 

Les chantiers de l'avenir

Les Assises nationales de la vie associative ont ouvert de nombreux chantiers. Comment sont-ils gérés ? Quels objectifs pour l'avenir ? Les réponses d'Hugues Sibille, délégué interministériel à l'innovation sociale et à l'économie sociale (DIES). 

La Délégation à l'innovation et à l'économie sociale a été chargée du suivi des Assises sur la base des orientations définies par le Premier ministre. Comment avez-vous organisé ce suivi ? 

·        H. Sibille. La DIES l'assure dans un souci de concertation et de dialogue avec les représentants associatifs. Un comité de suivi permet de faire le point précisément et en toute "interministérialité" sur les chantiers ouverts. En session plénière, ce comité réunit, sous la présidence du cabinet du Premier ministre, les quatorze présidents des coordinations associatives membres de la CPCA, le bureau du Conseil national de la vie associative (CNVA) et les représentants des ministres. Pour préparer les décisions, la DIES réunit un comité restreint chaque mois depuis mai 1999. C'est là que s'élaborent les projets de mesures ou que se discutent les sujets de l'actualité associative sur laquelle nous assurons une veille. Et c'est dans cette ambiance constructive que nous mettons à jour notre "tableau de suivi" qui comporte un calendrier des chantiers en cours ou à venir. 


Comment allez-vous poursuivre ce travail, notamment dans la perspective du centenaire de la loi de 1901 ? 

·        Nous allons inscrire les chantiers engagés dans une note d'orientation de la vie associative pour 2000. Il fait actuellement l'objet d'une concertation avec les associations et les représentants des ministères. L'objectif est de fournir aux associations - pour la première fois - une vision claire et cohérente de la politique des pouvoirs publics à leur égard. Une démarche que nous comptons poursuivre chaque année. C'est pourquoi nous travaillons la main dans la main avec la mission du centenaire sur les futurs enjeux de la vie associative. 

Quelles sont les orientations pour l'année 2000 ?

·        Favoriser le bénévolat en liaison avec la fonction d'employeur associatif, continuer de clarifier l'usage de la loi de 1901 sur les plans juridique et fiscal, mieux "territorialiser" les relations entre les pouvoirs publics et les associations, améliorer la connaissance du monde associatif. 

1901 - 2001 Cent ans de liberté d'association

"Rendre hommage aux fondateurs de la loi de 1901, sensibiliser le grand public à la richesse et à la diversité de la vie associative, mais aussi regarder vers l'avenir en réfléchissant aux acquis et aux difficultés du monde associatif" : c'est dans cet esprit que travaille la mission mise en place pour commémorer les cent ans de cette loi, indique son président, Jean-Michel Belorgey. 

- Organisation. Annoncée par le Premier ministre lors des Assises, la Mission interministérielle pour la célébration du centenaire de la loi de 1901 relative au contrat d'association * a été créée par un décret du 15 juillet 1999 (JO du 18.7.1999). Son président a été nommé le 23 septembre 1999 (décret au JO du 24.9.1999). Il est assisté d'un conseil d'orientation composé de 3 représentants des ministères les plus concernés - Emploi et Solidarité, Jeunesse et Sports, Intérieur - et de 15 personnalités du monde associatif (arrêté du 11.2.2000, JO du 13.2.2000). 

- Rôle de la mission. Elle doit susciter, en concertation avec la DIES, un travail de réflexion sur la vie associative et coordonner les projets de manifestations qui lui seront proposés par les associations, les partenaires publics (ministères, collectivités) ou privés. Elle labellisera les projets les plus significatifs et pourra accorder une aide financière à certaines initiatives. 

- Temps forts. En 2000 : rencontres entre chercheurs, associations et médias à partir d'avril, inventaire des projets à partir de mai, campagne de sensibilisation et labellisation à partir de septembre, manifestation nationale de lancement en décembre. En 2001 : manifestation européenne en février, manifestations nationales avec le monde associatif en juin, émission de timbres. 

- Moyens. Doté par l'État, le budget de la mission sera complété par des ressources provenant du mécénat. La mission a ouvert un fonds de concours à cet effet. 

* 66, rue de Bellechasse, 75007 Paris. Tél. : 01 42 75 53 62. Fax : 01 42 75 53 63. 

Institutions : qui fait quoi ?

·  La Délégation interministérielle à l'innovation sociale et à l'économie sociale (DIES), par décret du 27 mai 1998, est désormais chargée de coordonner les mesures ministérielles relatives à l'ensemble des associations. Le délégué est chargé de préparer une note annuelle qui fonde la politique d'aide à la vie associative. La délégation assure le secrétariat du CNVA, celui du conseil de gestion du FNDVA et anime le réseau des délégués départementaux à la vie associative. 
Adresse postale : 8 avenue de Ségur, 75007 Paris. 
Tél. : 01 40 56 62 02. Fax : 01 40 56 62 30. Internet : www.vie-associative.gouv.fr 

·  Le Conseil national de la vie associative (CNVA) est une instance consultative placée auprès du Premier ministre qui nomme ses membres, choisis au sein du monde associatif. Il donne son avis sur les projets législatifs ou réglementaires qui lui sont soumis et propose les mesures utiles au développement de la vie associative. 35, rue Saint-Dominique 75007 Paris. 

·  La Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA) 
Reconnue par les pouvoirs publics comme instance représentative, elle regroupe 14 mouvements nationaux fédérant les principales activités associatives d'intérêt général. Elle défend les acteurs de la vie associative, négocie avec les pouvoirs publics, développe des partenariats dans le domaine de l'économie sociale. 14, passage Dubail 75010 Paris. 
Tél. : 01 44 72 93 72. 
Fax : 01 44 72 93 73