"Lionel Jospin a déçu la gauche associative"
affirmait Sylvia Zappi dans un article du Monde daté du 2 avril 2002.

Après des mois de refus d'endosser une vieille revendication de la gauche, le droit de vote des étrangers aux élections locales, Lionel Jospin s'est laissé convaincre par le P.S. qu'il y avait urgence à inscrire cette proposition dans son programme présidentiel.
Une "gauche morale", essentiellement constituée de responsables associatifs, d'artistes, de jeunes cinéastes de la nouvelle vague, s'était mobilisée en 1996 contre la loi Debré, en signant massivement l «Appel à la désobéissance civile», se retrouvant aux côtés des sans-papiers occupant l'église Saint-Bernard.
Cinq ans plus tard, la plupart des personnalités qui avaient soutenu les sans-papiers boudent le comité de soutien de Lionel Jospin. Les cinéastes de la nouvelle vague en sont même remarquablement absents.
Cette gauche associative, investie sur les questions d'immigration, est déçue et sans illusion. .Pour ces militants, les renoncements et les silences du gouvernement comme du P.S. ont creusé le fossé qui sépare désormais cette "gauche morale" de la "gauche au pouvoir". Beaucoup  assument ouvertement un vote radical au premier tour ou une abstention
Si le candidat Jospin ne s'était jamais engagé à régulariser tous les sans-papiers comme le réclamaient les associations, il s'était prononcé pour l'abrogation de la loi Debré-Pasqua. Le vote de la loi Chevènement, en mai 1998,  marqua le début de la cassure avec ces associations. En fait de régularisation, ce n'était qu'un aménagement de la loi Pasqua.

Serait-ce cette gauche associative qui lui aurait fait défaut le 21 avril ?