PROPOSITION
DE LOI No 3062
visant
à faciliter la vie des associations par le développement des dispositifs
d'incitation fiscale
Enregistré
à la Présidence de l'Assemblée nationale le 16 mai 2001.
(Renvoyée à la commission des finances, de
l'économie générale et du plan,
à défaut de constitution d'une commission
spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31
du Règlement.)
présentéepar
M. Claude
GOASGUEN, Mme Nicole AMELINE, MM.Georges COLOMBIER, Pierre
HELLIER, Jean-Claude LENOIR, Michel MEYLAN, Alain MOYNE-BRESSAND, Bernard
PERRUT, Jean RIGAUD, Jean ROATTA et José ROSSI,
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
La loi du
1er juillet 1901 a reconnu aux citoyens français le droit de s'associer en
dehors de tout contrôle des pouvoirs publics. Son article 1er définit
l'association comme la convention par laquelle deux ou plusieurs
personnes mettent en commun d'une façon permanente leurs connaissances ou leurs
activités dans un but autre que de partager des bénéfices ».
La loi du
1er juillet 1901 est une pierre angulaire de nos libertés publiques. Elle
figure au Panthéon des grandes lois de la République ayant valeur
constitutionnelle.
Notre pays
compte plus de 730 000 associations déclarées. 20 millions de Français âgés de
plus de quatorze ans sont membres d'au moins une association, soit plus de 43 %
de la population concernée. Les structures associatives sont des acteurs
fondamentaux de la communauté nationale. Elles participent à la vie sociale du
pays. L'activité sportive, la diffusion de la culture, la solidarité et une
partie de l'éducation sont essentiellement assurées par des associations.
Les
associations par leur souplesse, par leur capacité de réaction ont, dans de
nombreux domaines, pallié les insuffisances des collectivités publiques. Ce
sont des associations qui ont permis le développement de l'aide humanitaire. Ce
sont des associations qui sont venues en aide aux plus démunis de nos
concitoyens.
Les
associations sont actuellement essentiellement financées par les pouvoirs
publics. 42 % de leur budget provient, en moyenne, des pouvoirs publics; 40 %
provient des cotisations et seulement 1 % des dons privés. Le mécénat
d'entreprises représente 3 % du budget des associations. Cette dépendance par
rapport aux pouvoirs publics s'explique par la faiblesse des dispositifs
d'incitation fiscale. La réduction d'impôt au profit des particuliers
s'applique aux dons et versements effectués aux oeuvres
ou organismes présentant un caractère philosophique, éducatif, scientifique,
social, humanitaire, sportif, familial, culturel ou concourant à la mise en
valeur du patrimoine artistique, à la défense de l'environnement naturel ou à
la diffusion de la culture de la langue et des connaissances. Les dons aux
établissements d'enseignement supérieur ou artistiques publics ou privés à but
non lucratif ouvrent droit également à cette réduction d'impôt.
Les dons
aux organismes d'aide aux personnes en difficulté ouvrent droit à une réduction
d'impôt égale à 60 % du montant des versements retenus dans la limite de 2 100
F. Pour les autres dons, la réduction d'impôt est égale à 50 % des sommes
versées retenues dans la limite de 6 % du revenu imposable.
Les
entreprises sont, de leur côté, autorisées à déduire de leurs résultats les
dons aux oeuvres d'intérêt général et d'organismes
dans la limite fixée à 2,25 % par mille du chiffre
d'affaires de l'exercice selon la qualité du bénéficiaire. Le montant total des
versements augmenté le cas échéant des déductions pratiquées au titre des dons
d'oeuvre d'art.
Il faut
remédier aux difficultés chroniques des associations : la dépendance excessive
des pouvoirs publics, l'absence de vrais moyens financiers. La loi de 1901
organisait, en effet, des structures aux moyens juridiques importants, mais
sans vraies possibilités financières.
Les
réalisations récentes de la vie associative, l'aide importante et essentielle
apportée aux plus défavorisés sur le plan interne ou international, la lutte
contre l'exclusion et la fracture sociale rendent essentiel de mobiliser le
citoyen contribuable en leur faveur et de sortir de l'excessive tutelle des
pouvoirs publics.
Pour le
centenaire de la loi de 1901, il conviendrait donc d'améliorer le dispositif
d'incitation fiscale. Ainsi, le taux de la réduction d'impôt par les
particuliers pourrait être porté de 50 à 60 %. Pour les entreprises, le plafond
de la déductibilité pourrait être augmenté à 5 0/00.
PROPOSITION DE LOI
Article
1er
Dans le premier alinéa du 1 de l'article 200 du code général des impôts, les taux : 50 % » 6 % » sont remplacés respectivement par les taux : 60 % » et 10 % ».
Article 2
Le 4 de l'article 200 du code général des impôts est supprimé.
Article 3
Dans le premier alinéa du 1 de l'article 238 bis du code général des impôts, le taux : 2,25 0/00 » est remplacé par le taux : 5 0/00 ».
Article 4
Le premier alinéa du 2 de l'article 238 bis du code général des
impôts est ainsi rédigé :
La limite de déduction est fixée à 5 0/00 pour
les dons faits à des fondations aux associations reconnues d'utilité publique
et répondant aux conditions fixées au 1 ainsi qu'aux associations culturelles
ou de bienfaisance qui sont autorisées à recevoir des dons et legs et aux établissements
publics des cultes reconnus d'Alsace-Lorraine. »
Article 5
La perte de recettes est compensée, à due concurrence, par le
relèvement des droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des
impôts.