Question orale n°15963 du 11 janvier 1971
(J.O. du 16/01/1971 page
123)
M. Krieg attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur
sur les dispositions du décret-loi du 12 avril 1939 qui, en modifiant le titre
IV de la loi du 1er juillet 1901 sur "le contrat d'association",
demeure toujours en vigueur, alors qu'il s'agissait manifestement d'une
disposition de circonstance, due à la situation particulière qui précéda la
déclaration de guerre en 1939. Il est, en effet, certain qu'en particulier les
dispositions de l'article 26 de la loi précitée sont d'une portée telle que
bien des associations créées en France dans un but qui ne peut en aucun cas
causer un quelconque préjudice à l'État tombent sous le coup des dispositions
restrictives du titre IV et sont, de ce fait, soumises à quantité de règles qui
restreignent leur liberté d'action. Il en est ainsi en particulier
des associations qui ont un but philanthropiques, social ou scientifique ou
encore cherchent à favoriser des recherches qui ne peuvent aujourd'hui se
faire que sur le plan international et avec un large concours de personnes
qualifiées mais de nationalité étrangère. C'est pourquoi il semble que le
moment soit venu, ne serait-ce que pour répondre aux obligations qui découlent
de la participation de la France à diverses instances internationales ( O.N.U.,
U.N.E.S.C.O., Marché commun, Conseil de l'Europe, U.E.O., etc.), de supprimer,
ou tout au moins d'alléger, les dispositions du décret-loi du 12 avril 1939,
afin de faciliter dans toute la mesure du possible, une coopération
internationale sur le plan du privé devenue aussi indispensable que sur le plan
des États. Il lui demande quelles mesures il envisage de prendre à ce sujet.
M. Marcelin, ministre de l'intérieur, ne répondra pas à cette question. Par contre, quelques mois plus tard, il cherchera à réformer la loi du 1er juillet 1901 en généralisant le principe de l'autorisation préalable pour toutes les associations et non plus pour les seules associations étrangères. C'est une étrange façon de supprimer les différences en la matière.