Journal "L'avenir", 16 octobre 1830
M. Lamenais. "Nous demandons, en quatrième lieu, la liberté d'association, parce que partout où il y existe soit des intérêts, soit des opinions, soit des croyances communes, il est dans la nature humaine de se rapprocher et de s'associer ; parce que c'est là encore un droit naturel ; parce qu'on ne fait rien que par l'association, tant l'homme est faible, pauvre et misérable tandis qu'il est seul : voe soli ! Parce que là où toutes classes, toutes corporations ont été dissoutes, de sorte qu'il ne reste que des individus, nulle défense n'est possible à aucun d'eux, si la loi les isole l'un de l'autre et ne leur permet pas de s'unir pour une action commune. L'arbitraire pourra les atteindre tour à tour ou tous à la fois, avec une facilité qui amènera bientôt la destruction complète des droits ; car il y a toujours dans le pouvoir, même le plus juste et le plus modéré, une tendance à l'envahissement, et la liberté ne se conserve que par un perpétuel combat. Aujourd'hui d'ailleurs les gouvernements devant suivre l'opinion publique, il faut que l'opinion publique ait en dehors d'eux un moyen de se former et de se manifester avec un caractère de puissance qui ne permette en aucun cas de la mépriser ou de la méconnaître ; et cela même est une garantie, et la plus forte garantie, dans l'état présent de l'Europe, de la stabilité des gouvernements. »
12 mars 1934

12 mars 1934
M. Berryer. ...le droit d'association est un droit sacré, c'est le droit primitif, c'est le droit générateur dans l'ordre social ...

13 mars 1934
M. Lamartine.... l'association est le principe même de liberté qui constitue ce gouvernement. Il ne faut point la nier, il ne faut point la régler (...). Sans doute cette legislation sera difficile ; c'est une force sociale toute neuve à constituer (...). Mais ce qui est nécessaire n'est jamais impossible, et d'ailleurs vous n'avez qu'une alternative : ou des droits reconnus, ou des droits envahis; ou des associations légales, ou des sociétés secrètes et illicites ...

12mars 1834
M. Guizot .... J'ai dit que l'article 291 ne figurerat pas éternellemnt dans les lois d'un peuple libre. Pourquoi ne le dirais-je pas aujourd'hui ? (...) Il viendra, je l'espère, un jour où la France pourra voir l'abolition, la suppression de cet article, comme un nouveau développement de la liberté. Mais jusque-là, il est de la prudence de la Chambre et de tous les grands pouvoirs publics, de maintenir cet article qui a été maintenu en 1830 ; il faut même le glorifier, selon le besoin du temps, pour qu'il soit efficace contre les associations dangereuses d'aujourd'hui, comme il l'a été en 1830 contre les clubs....