GAZA (bande de)

Bande de terrain de 370 kilomètres carrés, le territoire de Gaza faisait partie de la Palestine sous mandat britannique, et jouxtait l' Égypte. Après la guerre de 1948-1949, Gaza passe sous administration du Caire, mais ne sera pas annexée. Elle garde un statut autonome. C'est une région bien plus pauvre que la Cisjordanie, avec quelques ressources agricoles (agrumes, légumes...) et où plus des trois quarts de la population sont des réfugiés.

Avec la guerre de Suez en 1956, Gaza connaît une première occupation israélienne. Ce sera le seul affrontement politico-militaire direct entre Palestiniens et Israéliens durant la période 1949-1967. Les Palestiniens vont acquérir dans ce combat une expérience de résistance armée. C'est là que la plupart des dirigeants du Fath forgent leurs idées et que va s'amorcer la renaissance du nationalisme palestinien.

Évacuée en 1957, Gaza est à nouveau occupée en juin 1967. Le territoire compte alors 390 000 habitants. Contrairement à la Cisjordanie, et bien que ne disposant que de bases arrière, la population se lance à corps perdu dans la lutte armée. Il faudra attendre 1971 et le général Ariel Sharon - qui ne lésinera pas sur les moyens - pour que les Israéliens en viennent à bout.

La conquête a entraîné, comme en Cisjordanie, l'implantation de colonies juives et l'intégration de Gaza à l'économie israélienne : près de la moitié de la population active de ce territoire se rend, chaque jour, dans l'État juif pour y travailler dans l'industrie, la construction ou les services. La population, très jeune, est fortement scolarisée grâce à l'Office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Mais les diplômés ne trouvent pas de travail et émigrent. Ce phénomène, déjà sensible en Cisjordanie, prend à Gaza une plus grande ampleur.

À partir de 1972-1973, les contacts entre les élites de Cisjordanie et de Gaza se multiplient, et c'est ensemble que, après la guerre d'Octobre 1973, elles appuient l'OLP et l'idée d'un État édifié sur les Territoires occupés. Dans la bande de Gaza, toutefois, le mouvement est moins organisé (grand nombre de réfugiés, absence de traditions, faiblesse de la vie sociale...). Les Frères musulmans, qui ont des racines anciennes dans la région, sont puissants et ont été utilisés, à plusieurs reprises, dans les années 70 par les autorités d'occupation pour contrebalancer l'influence des partisans de l'OLP. C'est à Gaza que, en décembre 1987, commence l'intifada, le soulèvement palestinien ; c'est là aussi que naît le Mouvement de la résistance islamique, le Hamas, qui va acquérir une force notable et se poser en concurrent de l'OLP.

Les accords d'Oslo permettent l'installation de l'Autorité palestinienne à Gaza, où Yasser Arafat retourne le 1er juillet 1994. L'évacuation du territoire n'est que partielle, puisque le gouvernement israélien maintient toutes les colonies, protégées par l'armée, sur près d'un tiers de la surface, ainsi que le contrôle des frontières avec l'Egypte et avec Israël. L'ouverture d'un " passage sûr " entre Gaza et Jéricho, prévu par la Déclaration de principes du 13 septembre 1993, n'a pas eu lieu. Les relations entre Gaza et la Cisjordanie sont même devenues plus difficiles qu'avant 1993, ce qui contribue aux difficultés économiques. Bien que la présence militaire soit moins pesante qu'en Cisjordanie, les habitants ont souffert de la multiplication des bouclages, qui interdisent aux Palestiniens d'aller travailler en Israël.

Avec 950 000 habitants, dont plus de 700 000 sont des réfugiés, un taux de chômage de près de 40 % en juin 1996, et l'un des taux d'accroissement de la population les plus élevés du monde (4,9 %), Gaza est en train de devenir une poudrière sociale, qui pourrait déstabiliser l'Autorité palestinienne.

Les 100 Portes du Proche-Orient
Alain Gresh - Dominique Vidal
Tous droits réservés - Éditions de l'Atelier.