HAWATMEH (Nayef)
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Né le 17 novembre 1935
à Salt, sur la rive est du Jourdain, dans une famille paysanne de rite
grec catholique, Nayef Hawatmeh entame ses études supérieures
au Caire en 1954 et adhère la même année au Mouvement des
nationalistes arabes (MNA) de Si le FDPLP adopte la même attitude aventuriste que le FPLP en 1969-1970 en Jordanie, il ne s'en différencie pas moins fortement sur le plan politique. Dès 1969, et sous l'impulsion de Hawatmeh, le FDPLP dénonce les slogans " chauvins " du type " jeter les Juifs à la mer ". En 1970, il entame un dialogue avec l'organisation d'extrême gauche israélienne Matzpen. Enfin, à partir de 1973, il devient - avec le Fath et les communistes - l'un des plus ardents défenseurs de l'idée d'un mini-État palestinien. Le 22 mars 1974, Hawatmeh accorde un retentissant entretien au journal israélien Yedioth Aharonoth : " J'estime, dit-il, qu'il est très utile que la société israélienne, dans ses différentes composantes, prenne connaissance d'une position palestinienne révolutionnaire sur le conflit israélo-arabe. (...) Je ne vois pas pourquoi nous devrions accepter que la réaction arabe ouvre le dialogue avec les courants les plus extrémistes d'Israël et interdise aux forces progressistes d'en faire autant avec les forces progressistes israéliennes. Il est vrai qu'un tel dialogue constitue une menace à la fois pour le sionisme et la réaction arabe. " Ce langage ouvert et mesuré n'est pas contradictoire, du moins aux yeux du FDLP, avec des actions terroristes dures, comme celle de Maalot, en mai 1974, qui se solde par la mort de seize Israéliens, dont de nombreux lycéens. La période 1974-1977 voit un renforcement de l'alliance entre le FDLP et le camp socialiste, ainsi que l'adoption par cette organisation de la plupart des analyses communistes traditionnelles. Dans le monde arabe, son principal soutien est le Yémen du Sud, avec lequel Hawatmeh a gardé d'importants contacts. À partir de 1977, le FDLP s'éloigne du Fath, auquel il reproche ses compromis avec la " réaction arabe ". Hawatmeh tente néanmoins de tenir une ligne médiane entre Arafat et le Front du refus. Chaud partisan du plan de Fès de 1982, il n'en condamne pas moins le rapprochement de l'OLP avec Le Caire et Amman. Favorable à l'alliance avec la Syrie, il se démarque de celle-ci en de nombreuses occasions et refuse de rejoindre le Front de salut national palestinien (FSNP). En avril 1987, au CNP d'Alger, il se réconcilie avec Arafat. Un an plus tard, en novembre 1988, il approuve la nouvelle orientation prise par l'OLP : proclamation de l'État palestinien, acceptation de la résolution 242, décision de principe de créer un gouvernement provisoire le moment venu. Mais, en 1991, il rejette les négociations engagées à Madrid et, surtout, refuse totalement, en 1994 et 1995, les accords d'Oslo. Il va participer aux tentatives, peu réussies, de créer une opposition unie de la gauche palestinienne et des islamistes. D'une certaine manière, il prend acte de son échec en acceptant que le FDLP participe au Conseil national palestinien qui se tient à Gaza en avril 1996 et abroge la Charte nationale de 1968. Il négocie même, pour l'instant sans succès, son retour dans les régions autonomes. Par l'originalité de ses analyses, par l'indépendance qu'il a su garder à l'égard des régimes arabes, Nayef Hawatmeh a fait du FDLP une organisation à part. Mais le mouvement a été gravement affaibli par la scission, consommée en 1991, du groupe dirigé par Yasser Abdel Rabbo, très proche de Yasser Arafat, et par son incapacité à s'adapter à la situation créée par les accords d'Oslo. |
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