Les textes à l'origine de la Bible des Vaudois et des réformateurs
La Bible Authentique, ses Manuscrits,
Traductions et Versions
"Olivétan, Martin, Ostervald, Épée"
Le Texte Massorétique HébreuLe Canon du texte de l'Ancien Testament fut reconnu comme terminé et scellé depuis le temps de Esdras et Néhémie, et plus particulièrement depuis le Concile de Jamnia en l'an 90. Le texte de l'Ancien Testament qu'ils utilisèrent fut précisément le même qui est employé dans la Bible d'Olivetan et ses versions de la Martin et de l'Ostervald. Ce fut en effet le même texte qui fut utilisé par Jésus et ses disciples, et non celui de la Septante. Ce texte suivait une longue lignée de copies fidèles qui maintenaient le caractère et les mêmes mots que les autographes. La seule différence est que ce fut un texte consonnal qui n'avait aucune voyelles. Les scribes "massorètes" mot qui signifie "traditionalistes", prirent la relève des Lévites pour maintenir la pureté du texte.
La Bible de Luther, première édition publiée du Texte Massorétique HébreuLe Texte Massorétique Hébreu, nommé aussi Texte
Traditionnel, fut imprimé au 15e siècle. Les Psaumes furent imprimés en
1477 et la Bible en entier (Ancien Testament) en 1488. Ce Texte Hébreu
devint la base de l'Ancien Testament de la Bible Allemande de Luther, de
la Bible Française d'Olivetan, et de la Bible Anglaise de la King-James.
Ainsi fut préservée la Parole intacte à travers
les siècles dans le Texte Hébreu.
Texte Hébreu de LutherTous les anciens manuscrits connus de l'Ancien Testament à partir du 9ème siècle contiennent le Texte Massorétique Le premier critique textuel à nous indiquer cela fut l'évêque Kennicott. De 1776 à 1780, il publia à l'université d'Oxford, une liste de 634 manuscrits hébreux. Il fut suivit par De Mossi, qui de 1784 à 1788 publia une liste de 8213 manuscrits de plus. Aucune variations substantielles ne furent remarquées par ces deux savants dans la totalité de 1.459 manuscrits.
Le Texte Reçu GrecSous l'ancienne alliance, les textes de l'Ancien Testament furent préservés par l'entremise de la prêtrise d'Aaron; ce qui fut la fonction des Lévites, et ensuite par des copistes dévoués comme les Massorètes. Mais sous la nouvelle alliance, chaque chrétien est un prêtre (un sacrificateur), car la sacrificature Lévitique fut abolie par le sacrifice de Christ. Pour cette raison, nous dit le Dr. Edward F. Hills "The King-James Version Defended" "le Saint Esprit préserva les textes du Nouveau Testament, non par une prêtrise spécialement désignée, mais par 'la prêtrise universelle des croyants' authentiques depuis les premiers siècles": "Mais vous, vous êtes la race élue, la sacrificature royale, la nation sainte, le peuple acquis, pour annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière", (1 Pi.2: 9) La logique de la foi nous dit que le Texte Grec commun le plus utilisé par les fidèles depuis le début du Christianisme, est le Texte Authentique Original préservé par son utilisation commune dans la vraie Église de Christ.
La famille Alexandrienne est constituée des documents du Nouveau Testament dont la forme du texte fut celle utilisée par Origène, et par les Pères de l'Église qui demeurèrent en Alexandrie. Cette famille inclue les Papyrus 46, 47, 66, 75, B" ou Vaticanus, "Aleph" ou Sinaiticus, ainsi que 2S autres manuscrits grecs du Nouveau Testament. La version Copte appartient aussi à cette famille. Westcott et Hort (1881) firent une distinction entre le texte de "B" ou Vaticanus et les autres textes de la famille Alexandrienne. Ils assignèrent le Codex Vaticanus dans une classe à part; et le déclarèrent "Neutre". Ceci indiquait leur croyance que ce texte fut d'une pureté exceptionnelle et n'avait pas été contaminé par les erreurs des textes de l'Ouest et des textes Alexandriens. Ceci fut leur stratégie de subversion pour renverser l'autorité du Texte Reçu. Ce complot fut reconnu par plusieurs savants chrétiens qui rejetèrent la validité de cette distinction erronée de Westcott et Hort. Mais quoique Westcott et Hort furent les plus grands menteurs de l'ère Laodicéenne, ils réussirent toutefois à influencer la courant de la Critique Textuelle adoptée par les modernes.
Le Rev. James Townley, D.D. nous dit "Townley's Biblical Literature, vol.1, 1842" "Les Manuscrits Originaux n'existent plus. Mais nous avons des évidences qui nous indiquent que certains d'eux furent préservé pour longtemps dans les anciennes Églises chrétiennes. Au début du 3ème siècle, Tertullien affirma que plusieurs Autographes existèrent encore en son temps à Corinthe, à Philippes, à Thessalonique, et à Rome (De Proescriptionibus, sec. 36) Jérôme déclara que l'Évangile Original de Matthieu écrit en Hébreu, se trouva dans la librairie de Césarée fondée par Julius Africanus et dirigée par Pamphile. Épiphane (310-403) écrivit que l'Évangile de Jean et les Actes des Apôtres en Hébreu furent gardés dans la trésorerie des Juifs en Tibériade. Au 4ème siècle, un évêque d'Alexandrie du nom de Pierre, disait que l'Évangile de Jean écrit de la main de l'apôtre, était encore préservé dans l'Église d'Éphèse où il fut vénéré par les croyants. Frickius suggéra que les Autographes furent préservé dans les archives de l'Église primitive, ou la "Tabularia Sacra". Il croit que Ignace se réfère à ces archives dans son Épître aux Philadelphiens. Plusieurs érudits tel que Usher et Dodwell sont du même avis. La perte ou destruction des Originaux a produit la nécessité de collecter et de comparer les manuscrits grecs ainsi que les anciennes versions". De toutes évidences, il semblerait que les Originaux du Nouveau Testament ont disparu lors de la persécution de Dioclétien qui commença en l'an 303. J.M. Nicole nous rapporte que Dioclétien rêvait d'exterminer le Christianisme. Par ses quatre édits successifs, il ordonna la destruction des édifices du culte et des livres sacrés. Cécilien, évêque de Carthage, dont l'autorité fut contesté par les Donatistes, fut soupçonné d'avoir livré les Écritures pendant cette période. Gildas, ancien historien Britannique écrivit : "Les Églises furent détruites et tous les livres des Saintes Écritures furent brûlés dans les rues." Il est possible que certains des Originaux survécurent et existent encore aujourd'hui, peut-être sont-ils sous les yeux même des critiques textuels qui ne les reconnaissent point à cause de leur égarement ?
Codex Byzantin de la Vulgate GrecqueLes copies fidèles des Autographes furent transcrites avec
précision par des chrétiens fidèles. Ce texte
fut parfois nommé "la Vulgate Grecque" (de vulgaire ou commun), car il fut
désigné pour la commun du peuple. La Bible ne fut jamais désignée pour
être la propriété du domaine privé d'un groupe de savants au de critiques.
Le discernement spirituel est basé sur la relation intime qu'un individuel
maintient avec le Seigneur Jésus-Christ, et non sur son Quota
Intellectuel. Avant son ascension, le Seigneur Jésus promit à ses
disciples que le Saint Esprit viendrait pour les diriger dans la
composition de sa Parole : "Mais quand celui-là, l'Esprit de vérité, sera
venu, il vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera point de
lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et vous annoncera les
choses à venir" (Jn.16:13) L'Église fut guidée par le Saint Esprit de
trois différentes manières dans la sélection et la préservation du Texte
Original copié des Autographes. Par cette méthode, l'Église primitive
réussit à maintenir la pureté du Texte devant la multitude de copies qui
circulèrent parmi le peuple: 1) La direction du Saint Esprit fut ainsi, que les croyants fidèles purent discerner précisément quel livres devaient être incorporés dans le Nouveau Testament. Ce qui porta à la sélection de 27 livres dont la totalité compose le Nouveau Testament en entier. Aucune entreprise humaine des récentes découvertes ne peut altérer le nombre fixe de ces livres. Le Canon du Nouveau Testament est scellé pour l'éternité. 2) La direction du Saint Esprit incluait aussi les Textes Grecs. Par exemple, si deux manuscrits contenant l'Évangile de Jean furent présentés, et qu'il existait quelques différences entre les deux textes; un seul fut accepté et l'autre rejeté. La décision du choix se portait en faveur du texte dont l'emphase était sur la divinité du Seigneur Jésus-Christ. La manière par laquelle la divinité de Christ est exaltée dans les Originaux, est par l'utilisation des mots "Christ" et "Seigneur" lorsque le texte se réfère à Jésus. Il est à remarquer que dans les versions modernes, le mot "Christ" est enlevé seize fois et celui de "Seigneur" douze fois. Nous contons 36 divergences de ce genre en comparant la version polluée de Segond N.E.G. au texte fidèle de la Bible Ostervald dans ces versets : Mat.13:51; Marc 9:24; Luc 4:41; 7:31; 23:42; Jean.4:42; Ac.7:30; 16:31; Rom.1:16; 1 Cor. 10:28; 15:47; 16:22,23; 2 Cor.4:10; 11:31; Gal.3:17; 4:7; 6:15, 17; Eph.3:9,14; Col. 1: 2 1 Thes. 1: 1; 2:19; 3:11,13; 2 Thes.1:8; 1 Tim.2:7; 2 Tim.4:1,22; Tite 1:4; Heb.3:1; 10:30; 1 Jean.1:7; 4:3; Apo.12:17. Ceux-ci font partie d'une liste d'au-dessus de 300 divergences entre ces deux versions. 3) Le Saint Esprit dirigea
les fidèles à rejeter les faux livres et les manuscrits corrompus.
Plusieurs en ce temps avaient écrit des livres falsifiés et des manuscrits
contrefaits, dont en voici quelques uns : la Didaché au Doctrine des Douze
Apôtres, la première Épître de Clément, la Deuxième Épître de Clément, le
Berger d'Hermas, l'Apocalypse de Pierre, les Actes de Paul, l'Épître de
Polycarpe, les Sept Épîtres de Ignace, l'Évangile du Pseudo-Matthieu,
l'Évangile de la Nativité de Marie, l'Évangile de Nicodème, l'Évangile de
l'enfance du Sauveur, l'Histoire de Joseph le Charpentier, l'Évangile de
la Vérité, l'Évangile des Égyptiens, l'Évangile de Thomas, l'Apocalypse de
Paul, les deux Apocalypses de Jacques, les Actes de Pierre, etc. (voir
les apocryphes du NT). Tous ces
livres sont disponibles aujourd'hui à ceux qui veulent les vérifier. Il
n'est pas difficile à concevoir que le Seigneur dirigea toute la procédure
du choix des livres authentiques comme celui des manuscrits, car le
raisonnement humain n'a pas la capacité d'exercer un tel discernement (1
Cor.2:11-16). J'ai établi le fait que Dieu a dirigé les fidèles d'une
telle manière qu'ils purent reconnaître par son Esprit le Texte Original
du Nouveau Testament. Les manuscrits forgés ne furent pas utilisés par les
chrétiens authentiques, mais furent rejetés. Malheureusement certains
d'eux sont parvenus jusqu'à nous. Les manuscrits grecs utilisés par les
chrétiens des premiers siècles furent ceux que Dieu préserva pour la
génération future. Ceux-ci furent copiés tellement de fois qu'ils vinrent à
dominer le peu de textes qui furent pervertis; au point que de nos jours,
95 manuscrits sur 100 sont en parfait accord. Seulement 5% des manuscrits
du Nouveau Testament portent des évidences de corruption comme le
Vaticanus et le Sinaiticus. Les Bibles Martin et Ostervald s'accordent
avec le Texte Majoritaire (95%) de la Vulgate Grecque. Toutes les versions
modernes ont abandonnées le Texte Majoritaire. Ceci est l'attaque la plus sérieuse qui fut jamais lancée
contre la Parole de Dieu. Le Nouveau Testament des Bibles Martin et
Ostervald est le produit de la souveraine providence de Dieu désigné pour
son peuple de langue française. Érasme de Rotterdam :
James Townley nous dit qu'en publiant son Nouveau Testament, Érasme souleva une multitude d'ennemis contre lui et contre le Texte Byzantin qui s'oppose à celui de l'Église Catholique. Certains l'accusèrent d'actions téméraires et d'autres ajoutèrent la marque d'inexactitude et d'hérésie à son Nouveau Testament. Plusieurs de ses oeuvres littéraires furent interdites et même condamnées à être brûlées, et lui-même échappa de justesse au bûcher. En effet, c'est la coutume même aujourd'hui de ceux qui sont hostiles au Texte Byzantin, de se moquer d'Érasme. Aucune perversion des faits n'est assez grande pour diffamer son Nouveau Testament Grec. Tous les modernes comme D.A. Carson et Alexander Sauter, prétendent tous, sans aucune preuve à l'appui, que le Nouveau Testament d'Érasme est rempli d'erreurs. Ainsi dit D.A. Carson, ennemi du Texte Reçu : "Il existe des centaines d'erreurs d'imprimerie dans l'édition de 1516. Dans la préparation de son texte, Érasme utilisa plusieurs manuscrits dont aucun ne contenait le Nouveau Testament en entier; car celui qu'il utilisa pour l'Apocalypse ne contenait pas la dernière page avec les six dernier versets. Il traduisit ainsi de la Vulgate Latine en Grec et publia son texte". Il est à remarquer que le détracteur ne mentionne pas que le Texte Minoritaire qu'il supporte lui-même est basé sur un manuscrit (Vaticanus) dont le livre de l'Apocalypse en entier ne s'y trouve pas, incluant plusieurs autres livres et passages. Mais il est vrai que certains passages de la Vulgate Latine furent utilisés par Érasme. D'ailleurs, il est évident que la Vulgate Latine a retenue plusieurs passages authentiques de l'ancienne Vestus Itala avant que celle-ci fut polluée par Jérôme. Robert Estienne
Théodore de Bèze
Les frères Elzévir
F.H.A. Scrivener
Toutes ces éditions représentent
substantiellement le même Texte Majoritaire avec quelques variations
insignifiantes. L'accord qui existe entre tous ces textes nous indique que
le Texte Reçu est le Nouveau Testament Authentique qui, par les Vaudois et
les Réformateurs, nous est parvenu des Apôtres. Et sans aucun doute, les
dirigeants de la Réforme, Vaudois, Allemands, Français, Anglais, Italiens
et Hollandais, en furent entièrement convaincus. Ce
Texte glorieux est celui qui est à la base du Nouveau Testament de la
Bible Authentique de langue française. "La Bible Authentique"
Le Rev. James Townley affirme aussi d'une manière positive
que les Vaudois sont les descendants propres des Cathares ou Puritains.
Les Cathares qui habitèrent les vallées alpines du Piémont reçurent le
nom de Vaudois; probablement du mot "Vau" ou "Val" qui devint "vallée", et
du mot "Oie", des oiseaux sauvages qui viennent des régions arctiques et
hivernent dans le sud de la France et dans l'Italie du nord. Ainsi le mot
"Vaudois" signifie "Vallée des oies". Ceux des Cathares qui habitèrent
Valence dans la région Rhône-alpes au sud-est de la France furent donné le
nom de Valentinois, et ceux qui habitèrent la région d'Albi furent nommé
Albigeois. Le schisme des Novatiens et des Donatistes (251) qui voulaient
une Église pure, fut supporté par les Cathares, les Purs ou les Parfaits.
A cause de l'opposition de l'Église Vaudoise à l'Église Romaine, on
diffama le caractère des Cathares et on falsifia leurs écrits. Ils furent
dénoncés comme hérétiques, persécutés, torturés et massacrés à maintes
reprises. Depuis, leurs ennemis s'efforcent de prouver que les Vaudois
seraient une secte d'hérétiques qui aurait débutée au 12ème siècle avec un
marchand de Lyon nommé Pierre Valdo, qui a toutefois joué un rôle
important dans leur histoire, sans être leur
fondateur. Pierre Valdo fit une traduction en langue vulgaire de la
Vestus Itala. Cette traduction est connue comme la Version Romanche,
langue parlée par les nations Européennes du sud durant le moyen-âge. Six
copies de cette version existent encore et sont préservées dans les
librairies principales de l'Europe. Valdo fit aussi une traduction en
Français avec l'aide de Bernard Ydros et Etienne de Ansa. Il fut condamné
par le pape Alexandre III (1159-1181) pour avoir traduit les Écritures en
langue commune du peuple. Dénoncé comme le pire des hérétiques, il fut le
premier à souffrir la persécution de l'Église de Rome pour s'être distingué par son biblicisme et sa piété personnelle. Persécuté, il
s'enfuit en Allemagne et finalement en Bohême où il mourut vers l'an
1179.
Malgré l'intervention de
Rome, la Bible était répandue partout dans le midi de la France, et on
pouvait se la procurer facilement, soit à Toulouse soit à Montpellier, pour
un prix relativement modique. Par un travail inlassable, accompli parfois
dans des cavernes sombres et profondes à la lumière des torches,
l'Écriture Sainte était transcrite par les Vaudois, mot par mot, chapitre
par chapitre, et la vérité révélée, plus étincelante que l'or le plus pur,
brillait d'un éclat accru par les épreuves que ces vaillants ouvriers
avaient subies pour Elle, scellant la Bible Authentique de leur sang.
Ainsi nous dit Daniel Lortsch "Histoire
de la Bible française": "Dans le
midi comme dans le nord, la Bible, une fois connue, se rendit
indispensable. On ne put pas la déloger. Bien plus, ces traductions
françaises ou provençales des Écritures, non seulement ne purent être
extirpées du sol qui les avait vues naître, mais encore elles rayonnèrent
bien au delà des limites et de la Provence et de la
France". L'étude des vieux
manuscrits de la Bible italienne primitive montre d'une manière évidente
qu'à la base de la Bible italienne il n'y a non seulement la Vestus Itala
latine des Vaudois, et non la Vulgate latine de Rome, mais aussi des
traductions françaises et provençales. Une traduction vénitienne trahit
comme source, sans que le doute soit possible, une version française qui
serait possiblement celle de Pierre Valdo. De plus, le texte latin
lui-même, qui a servi pour la version italienne, contient plusieurs
locutions très rares dans les manuscrits bibliques, mais particulières aux
leçons reçues dans le midi de la France où les Vaudois habitèrent. La
conclusion s'impose : les premiers qui travaillèrent à la traduction de la
Bible en italien sont des missionnaires Vaudois venus de France. Et il en
a été de même dans l'Espagne occidentale. Une grande partie de la
traduction des Albigeois en catalan, de l'Ancien comme du Nouveau
Testament, procède soit de la Vestus Itala (non de la Vulgate), soit de la
traduction française du treizième siècle. Le peuple des Albigeois et des
Vaudois qui brava le martyre pour l'amour de la Bible, ne devait pas périr
entièrement. Le sang qu'ils répandirent appelle et prépare la réaction
victorieuse du seizième siècle, et ceux d'entre eux qui survivent se
réfugient dans les hautes Alpes de la France et du Piémont, qui devinrent
le boulevard de la liberté religieuse. La mission de ces peuples fut de
donner asile à la Bible jusqu'au jour où elle descendrait de ces remparts
neigeux pour conquérir le monde. La Bible d'Olivetan :
Les Églises Vaudoises résolurent de faire une Bible en Français et d'en faire présent aux Églises Réformées. Malgré leur pauvreté, les Vaudois en absorbèrent joyeusement les frais qui s'élevèrent à plus de 1500 couronnes d'or. Ainsi les Vaudois transmirent aux Églises Réformées de langue française, le Livre Sacré qu'ils avaient reçu de l'Église primitive. Restait à trouver un traducteur pour accomplir cette oeuvre majestueuse. Après de vives instances, Farel et Viret réussirent à convaincre Olivetan, disciple de Lefèvre d'Estaples et cousin de Jean Calvin, à entreprendre cette tâche. Olivetan enseignait le Grec et l'Hébreu à Strasbourg, et était déjà occupé depuis longtemps à la traduction de l'Ancien Testament. C'est pour cela que ses amis l'avaient si fort pressé d'accepter une tâche déjà préparée et qu'il ne lui restait guère qu'à mettre au point.
Olivetan avait à sa disposition
de nombreux anciens manuscrits et Bible Polyglotte de Lefèvre d'Estaples,
dont un de la Vestus Itala ou Version Italique en vieux latin. Il consulta
aussi la Bible Allemande de Martin Luther, la Teplice Bohémienne, la
Vulgate Latine et la Version Romanche des Vaudois, Pour le texte Hébreu,
il disposait des trois premières éditions imprimées du Texte Massorétique
(1488, 1491, 1494), dont la troisième fut utilisée par Luther. Pour le
Grec du Nouveau Testament il avait accès aux quatre premières éditions du
texte d'Érasme de Rotterdam, ami intime de Lefèvre d'Estaples. Olivetan ne
mit guère qu'une année à s'acquitter de sa tâche, et l'impression ne prit
que quatre mois. Par les labeurs de son travail, Olivetan fut considéré
par M. Doumergue, un des fondateurs de la langue française, entre Rabelais
et Calvin, plus près de Rabelais pour le style, plus près de Calvin pour
la pensée. La Bible d'Olivetan, adoptée par les Albigeois, les Bohémiens,
les Vaudois et les Huguenots, fut améliorée par de nombreuses révisions.
L'auteur lui-même en fit une en 1537 avant de mourir. Jean Léger,
historien Vaudois, dit de cette dernière révision par Olivetan :
La Bible d'Olivetan"On voit que la traduction
d'Olivetan a été faite en plein champ de bataille", nous dit Daniel
Lortsch. "On ne saurait accorder une attention trop minutieuse à cette
Bible qui a fourni la nourriture spirituelle de nos pères pendant plus de
trois siècles. Ce volume est pour les protestants français une vraie
relique de famille. Cette Bible, d'ailleurs, dès qu'on la regarde de près,
a quelque chose de vivant. Quand on en tourne les feuilles, on voit que
tout y respire et l'amour de la Bible, et l'amour des âmes. A la dernière
page du volume vient un curieux morceau en vers qui renferme une énigme.
Si on joint ensemble les lettres initiales de tous les mots de ces dix
vers, on obtient les deux vers suivants: "Les Vaudois, peuple évangélique,
ont mis ce trésor en publique". Jamais Bible ne fut imprimée avec plus
d'amour et plus de goût. "Je n'hésite pas à déclarer", a dit M. Reuss,
"que l'Ancien Testament d'Olivetan est non seulement une oeuvre
d'érudition et de mérite, mais un véritable chef d'œuvre". Toutefois,
Reuss, un théologien libéral, adepte de la critique négative de Richard
Simon, s'attaque au Nouveau Testament d'Olivetan. Voulant discréditer ce
Texte Authentique de la Parole de Dieu, cet apostasié veut nous faire
croire que la traduction d'Olivetan fut faite à partir de la Vulgate et
qu'il se borna à revoir la traduction latine d'Érasme et celle de Lefèvre
d'Estaples. Ceci est un mensonge monstrueux. Olivetan ne se bornait pas à
faire une révision du Nouveau Testament de Lefèvre d'Estaples, mais une
nouvelle traduction à partir du Texte Reçu Grec d'Érasme. Il faut préciser
que jamais un Vaudois n'utiliserait le texte de son ennemi le plus
redoutable, l'Église Catholique Romaine, dans une Bible purement Vaudoise
dont le Synode de ces Églises en avait payé les
frais. La première édition de la Bible de l'Épée remonte à 1540 (La Bible en France, par: Emmanuel Pétavel). Elle fut l'œuvre du grand Réformateur Français, Jean Calvin, qui révisa la Bible Vaudoise d'Olivetan qu'il publia en 1535 et 1537. Cette révision de Calvin fut imprimé chez Jean Gérard sans autre caractère distinctif que la représentation d'un glaive sur la page titre.
La Bible Ostervald :Pasteur à Neuchâtel, Jean Frédéric Ostervald, fit publié en 1744 une révision de la Bible de Genève de 1724 qui représentait le texte de 1588 par Théodore de Bèze. Ostervald travaillait sur le Texte Reçu Grec et produisit une véritable traduction révisée. Le volume se présenta comme "la Sainte Bible ... revue et corrigée... par les pasteurs et professeurs de l'Église de Genève. Nouvelle édition revue, corrigée et augmentée". Il est écrit dans l'Avertissement qui suit le titre : "En conservant la version qui est reçue dans nos églises, il (Ostervald) y a fait des corrections qui paraissaient nécessaire et changé des expressions et des manières de parler qui ne sont plus en usage et qui pourraient causer de l'obscurité".
Depuis, diverses révisions
du texte d'Olivetan de la Bible Ostervald virent le jour. Une révision fut
faite à Lausanne en 1822; une autre par la Société Biblique de Paris en
1824; une seconde révision par la Société Biblique de Lausanne en 1836;
Matter en fit une révision à Londres en 1849 qui fut publiée par la
Société Biblique Américaine en 1854. La Société Biblique de France
entreprit en 1868, la révision de l'Ancien Testament. Cette révision,
oeuvre de cinq réviseurs, parut en 1881. La traduction de certains livres,
Job par exemple, était entièrement nouvelle. A cet Ancien Testament révisé
fut joint le Nouveau Testament de Charles Frossard de 1869. Cette révision
faite sur le Texte Reçu eut de très grands succès. La Bible entière fut
publiée par la Trinitarian Bible Society jusqu'au début des années 1950.
Elle fut révisée par la "Mission Baptiste Maranatha" et publiée en 1996
par "Bearing Precious Seed" dans la ville de Milford en Ohio; ceux-ci
firent une autre révision qui sortit en l'an 2000. Bonnet et Saup firent
une révision de l'Ostervald en 1875 et 1885. L'édition de 1885, vastement
supérieure dans sa précision sur les Originaux, fut publiée par la Société
Biblique Britannique et Étrangère. Un projet est présentement en voie par
les G.B.A. (Gardiens de la Bible Authentique) pour faire une nouvelle
révision de la Bible de
l'Épée basée sur l'édition de 1885, la Bible Martin, et la
King-James. Nous pouvons donc être assuré, qu'avec la Bible Martin, la Bible Ostervald et la Bible de l'Épée, nous avons encore de nos jours la Bible Authentique inspirée que le Seigneur Jésus a désigné pour son peuple de langue française. |























