MOUBARAK (Hosni)
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Le successeur d'Anouar Al Pendant les six années qui suivent sa nomination, Moubarak est associé à l'action du Raïs. Il soutient, en particulier, le processus de Camp David, même s'il ne participe pas activement aux négociations égypto-israéliennes. Dès le lendemain de la mort de Sadate, le 6 octobre 1981, il obtient l'investiture du Parlement et est élu, quelques jours plus tard, président de la République. Il réaffirme la continuité de la politique de l'Égypte, qu'il tente toutefois d'infléchir, mais sans jamais rompre avec l'héritage de son prédécesseur. Sur le plan politique, le nouveau chef de l'État utilise l'état d'urgence dans la lutte contre les groupes islamistes extrémistes, mais, dans un premier temps, " décrispe " le climat en libérant des prisonniers politiques et en engageant un débat avec l'opposition qui retrouve une plus grande autonomie. Sur le terrain économique, le Raïs a mis l'accent sur les activités productives et la lutte contre la corruption, mais sans changer les fondements de l'infitah. Au niveau régional, une " paix froide " s'instaure entre Le Caire et Jérusalem après la guerre de 1982. Parallèlement, Hosni Moubarak a entamé un rapprochement avec le monde arabe, renoué des relations diplomatiques avec la majorité des pays arabes, rencontré Yasser Arafat, donné son appui à l'Irak contre l'Iran. La crise du Golfe, en août 1990, voit le président égyptien se ranger sans hésitation aux côtés des États-Unis ; il prend la tête de la coalition arabe anti-irakienne et envoie plus de 30 000 hommes en Arabie Saoudite. Il en profite pour assurer à nouveau l'hégémonie de son pays sur la Ligue arabe, dont le siège revient de Tunis au Caire. Grâce à ce rôle, Moubarak obtient pour l'Égypte d'importants avantages financiers - notamment une diminution substantielle de la dette. Élu pour un troisième mandat en novembre 1993, le président confirme le durcissement politique du régime - au nom de l'éradication de l'islamisme - contre tous les opposants. Il échappe le 26 juin 1995, à une tentative d'assassinat à Addis-Abéba, suite à laquelle le Soudan, mis en cause, fait l'objet de sanctions de l'ONU. Il a toujours refusé de nommer un vice-président ; sa dispariton poserait un grave problème constitutionnel. Au moins un de ses fils a été accusé par la presse américaine de trafic, notamment avec la Libye. |
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Alain Gresh - Dominique Vidal
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