GOLFE (crise et guerre du)
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C'est le 2 août 1990, avec l'entrée des
troupes irakiennes au Mais la tension montait depuis des semaines entre Bagdad et ses voisins du Golfe. Le 17 juillet, Saddam Hussein accuse " certains " dirigeants du Golfe de nuire à l'Irak, en faisant baisser le prix de brut. Le lendemain, élargissant ses griefs dans un message à la Ligue arabe, il ajoute que le Koweït " vole " depuis 1980 le pétrole irakien en pompant dans la nappe de Roumaila, et lui réclame en conséquence le remboursement de 2,4 milliards de dollars. Le 27, l'OPEP porte le prix de référence du baril à 21 dollars et plafonne sa production pour rendre ce cours effectif ; et le 31, à Djedda, les Koweïtiens proposent de prêter 9 milliards de dollars à l'Irak, les Saoudiens ajoutant 1 milliard pour arriver aux 10 milliards exigés par Bagdad. Gestes inutiles : le nombre de soldats irakiens massés aux frontières de l'émirat est passé de 30 000 le 23 juillet à 100 000 le 31... L'invasion du Koweït s'inscrit - au-delà de l'escalade de juillet 1990 - dans la stratégie même du régime baasiste, confronté à la faillite consécutive à sa guerre contre l'Iran. Le pays sort en effet littéralement épuisé de ces huit années de conflit. De minimes " prises de guerre " - quelques centaines de kilomètres carrés occupés et quelques dizaines de milliers de prisonniers - lui ont coûté des centaines de milliers de vies, des destructions estimées à 70 milliards de dollars, sans oublier la dette extérieure record de 80 milliards de dollars. D'où, face à un mécontentement populaire grandissant, le coup de poker koweïtien de Saddam Hussein. Le dirigeant irakien poursuit trois objectifs : - financier : il s'agit de réaliser une sorte de hold-up sur la " banque du Moyen-Orient " que représente le Koweït, avec ses 122 milliards de capitaux investis en Occident qui lui ont rapporté en 1989... 9 milliards de dollars d'intérêts - plus que les revenus du pétrole ! C'était évidemment compter sans le gel occidental, qui ne laissera aux envahisseurs que le contenu des coffres koweïtiens eux-mêmes ; - pétrolier : ajouter les richesses koweïtiennes aux siennes, c'est, pour l'Irak, se placer à la tête de 19 % des réserves mondiales, donc en position - outre les copieux bénéfices à encaisser - de peser avec force sur la politique de l'OPEP. Là encore, c'était compter sans l'embargo occidental et le remplacement de la production irakienne et koweïtienne par celle d'autres membres de l'OPEP, Arabie Saoudite en tête ; - stratégique : par-delà la conjoncture, on retrouve la vieille revendication d'un plus large accès au Golfe, avec notamment les îles de Warba et de Boubiane dont le contrôle permettrait à l'Irak de créer un véritable port de mer et d'exploiter le Chatt al Bassora, alternative au Chatt al Arab rendu inutilisable par les combats avec l'Iran. Voilà peut-être ce qu'a en tête April Glaspie, l'ambassadeur américain à Bagdad, lorsque, plus tard, elle déclare au New York Times : " Je ne pensais pas, et personne ne pensait, que les Irakiens prendraient TOUT le Koweït. " Ces trois objectifs, le numéro un irakien les inscrit évidemment dans l'ambition plus vaste qu'on lui connaît de longue date : conquérir le leadership sur un monde arabe divisé, face à une Égypte qu'il juge discréditée par la paix signée avec Israël et au frère-ennemi syrien qu'il estime embourbé au Liban. En se lançant dans l'aventure, il commet toutefois la même erreur, grossière, qu'en 1980 : il sous-estime l'adversaire. Sans doute n'a-t-il pas compris la portée de la nouvelle politique moyen-orientale de l'URSS et cru - à tort - que les Soviétiques l'aideraient. Peut-être mise-t-il sur une neutralité bienveillante des États-Unis qui, il est vrai, ne lui ont pas ménagé leur soutien depuis 1982 ; April Glaspie lui répétera encore le 25 juillet 1990 : " Nous n'avons pas d'opinion sur les conflits interarabes, comme votre différend frontalier avec le Koweït. " Feu vert, croit Saddam Hussein. Quand il comprend son erreur, il est trop tard : l'invasion du Koweït sert trop la stratégie des États-Unis pour qu'ils laissent passer l'occasion. Car le leadership que les États-Unis entendent réaffirmer est, lui, mondial. Si la grande tendance des années 90, c'est l'écroulement du communisme, une autre se confirme : le déclin relatif de l'Amérique face à la montée en puissance du Japon et de l'Europe. Or, le golfe Arabo-Persique constitue un lieu idéal pour manifester et renforcer la prédominance américaine. Enjeu énergétique : 65 % des réserves de pétrole de la planète se trouvent concentrées dans le Golfe, qui sera de surcroît la seule grande zone de production dans vingt à trente ans, alors même que les hydrocarbures demeureront, selon la plupart des experts, la première source d'énergie. Enjeu économique : le marché arabe offre d'immenses débouchés à l'économie américaine, de même que les pétrodollars lui apportent de volumineux ballons d'oxygène. Enjeu politico-militaire : les États-Unis ont toujours rêvé de rassembler dans un consensus stratégique les régimes arabes modérés et - si possible - Israël dans une sorte d'OTAN du Moyen-Orient, laquelle a des chances de prendre enfin corps en réaction à l'agression irakienne, au nom du droit international et avec la bénédiction de l'ONU. Ce sont là des atouts appréciables pour une Amérique qui entend se muscler face à ses partenaires concurrents occidentaux. Dans le choc des stratégies américaine et irakienne, à la fois ennemies et d'une certaine manière complices, se met en place un engrenage irréversible. D'autant que les forces susceptibles de s'interposer ne peuvent ou ne veulent le faire. La crise économique et sociale accroît la dépendance de l'URSS à l'égard de l'aide occidentale, au point d'interdire au Kremlin toute opposition franche à la politique américaine : de fait, malgré ses débats internes et ses réserves, Moscou s'en tiendra toujours à l'accord conclu par George Bush et Mikhaïl Gorbatchev à Helsinki le 9 septembre 1990, tout en faisant le maximum pour ramener Saddam Hussein à la raison et lui éviter le pire. Pour Pékin, l'occasion est trop belle de faire oublier la répression de Tien Anmen et reprendre ses relations avec l'Occident : le ministre chinois des Affaires étrangères se réfugiera donc dans l'abstention pour ne pas bloquer, ni même gêner, l'opération des États-Unis. Quant à l'Europe, pourtant concernée au premier chef en tant que voisin immédiat du monde arabe, elle va faire - une nouvelle fois - la preuve de son inexistence dès lors que la politique américaine est en cause : tiraillée entre une Grande-Bretagne jusqu'au-boutiste et une Allemagne repliée sur son unification, elle se montrera incapable de définir une politique commune et d'animer la médiation nécessaire. Et ce n'est pas la France qui contribuera à l'arracher à cette impasse, étant elle-même prise en étau entre sa volonté de ménager une issue pacifique et sa détermi- nation à se comporter en allié fidèle de l'Amérique : de quel poids peuvent peser les initiatives de paix d'un pays dont les soldats se trouvent d'ores et déjà sur le terrain ? Ainsi, très vite, se mettent en place les conditions de l'escalade, George Bush comme Saddam Hussein - du moins jusqu'à ce qu'il se découvre perdu - n'envisageant pas la moindre concession pouvant, aux yeux de l'opinion, passer pour une capitulation, incompatible donc avec le leadership auquel ils aspirent. Quatre phases vont alors se succéder : la réaction, la mobilisation, l'hésitation et enfin la guerre. S'ils ont été surpris par les événements, les Américains réagissent rapidement. À New York, ils organisent, avec leurs alliés, la protestation de l'ONU contre l'invasion de l'émirat : le Conseil de sécurité adopte dès le 2 août, par 14 voix et une abstention (celle du Yémen), la résolution 660, qui exige " le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les forces irakiennes. " Sur les places financières internationales, les États-Unis, suivis par la Grande-Bretagne et la France, gèlent immédiatement les avoirs irakiens et koweïtiens. À Moscou, James Baker se rend dès le 3 août pour conforter le consensus américano-soviétique, déjà manifeste lors du vote de l'ONU. Au Caire, les diplomates américains chargés de rassembler le plus largement possible la région contre l'agression enregistrent un premier succès : le 3 août également, le conseil ministériel de la Ligue arabe déclare " refuser les effets de cette invasion et ne pas reconnaître ses conséquences, et lance un appel à l'Irak pour le retrait inconditionnel et immédiat de ses troupes " - à la majorité : l'OLP, la Jordanie, le Yémen et le Soudan votent contre, la Mauritanie s'abstient, la Libye étant absente et l'Irak exclu du vote. Parallèlement, s'effectue la mobilisation militaire. Le 8 août, alors qu'à Bagdad Saddam Hussein annonce l'annexion du Koweït, George Bush rend publique la décision, prise dès le dimanche 5, d'envoyer dans la région des dizaines de milliers de soldats américains, appuyés par des avions de combat et des blindés. En Arabie Saoudite, l'opération " Bouclier du Désert " commence. La crise, déclare James Baker le 4 septembre, constitue un " test politique pour le fonctionnement du monde dans l'après-guerre froide. L'Amérique doit diriger et notre peuple doit le comprendre. " Aux surenchères de Saddam Hussein (appel au djihad, prise en otage d'Occidentaux, proclamation du Koweït dix-neuvième province de l'Irak, attaques contre les ambassades dans l'émirat, etc.) va donc répondre la construction minutieuse de la machine de guerre, politique et militaire, imaginée par la Maison Blanche. Du côté de l'ONU, la diplomatie américaine orchestre un crescendo de résolutions du Conseil de sécurité : boycottage (6 août), illégalité de l'annexion (9 août), libération des otages (18 août), blocus maritime (25 août), conditions de la fourniture de produits alimentaires et médicaux à l'Irak (14 septembre), protection des diplomates au Koweït (16 septembre), aide aux pays de la région victimes de la crise (24 septembre), embargo aérien (25 septembre), otages et ambassades (29 octobre), protection de l'état civil koweïtien (29 novembre) et enfin recours à la force (29 novembre). Du côté soviétique, le sommet Bush-Gorbatchev du 9 septembre, à Helsinki, définit un cadre commun durable, malgré les nuances. Du côté occidental, Washington obtiendra une participation significative, non seulement au contrôle de l'embargo, mais au déploiement sur le terrain : la Grande-Bretagne s'y décide la première, suivie du Canada, de la France (le 15 septembre, après l'attaque de l'ambassade à Koweït-City) et de l'Italie. Il en ira de même du côté arabe, à partir de la décision d'envoyer une force panarabe en Arabie Saoudite prise, le 10 août, par douze des vingt chefs d'État - l'Irak, la Libye et l'OLP étaient contre, l'Algérie et le Yémen s'abstenaient, la Jordanie, le Soudan et la Mauritanie exprimaient des réserves, la Tunisie était absente. La vaste coalition ainsi nouée se traduira, en Arabie, par la formation d'une puissante armée multinationale : lorsque la guerre éclatera, l'Irak sera confronté à plus de 700 000 hommes de 26 pays (dont 515 000 Américains). Enfin, les dirigeants de Washington s'assurent du financement du " Bouclier du Désert " par leurs alliés occidentaux et arabes : plus de 40 milliards de dollars obtenus à la date du 15 janvier. La troisième phase, celle de l'apparente hésitation, commence après l'adoption par le Conseil de sécurité, le 29 novembre 1990, de la résolution 678 : prise à l'unanimité moins deux voix contre (celles du Yémen et de Cuba) et une abstention (la Chine), elle autorise les " États membres coopérant avec le gouvernement koweïtien (...) à user de tous les moyens nécessaires pour contraindre l'Irak à se retirer du Koweït s'il ne l'a pas fait avant le 15 janvier 1991. " Muni de cette force de frappe, George Bush, autant pour rassurer son opinion que pour achever la mise en place de son dispositif militaire, fait mine d'appeler Bagdad au " dialogue ". Le 6 décembre, Saddam Hussein fait un geste : il annonce que tous les otages seront de retour chez eux avant Noël - une bonne partie d'entre eux avaient été libérés au fil des semaines et... des visiteurs à Bagdad. Malgré les professions d'intransigeance de chaque côté, les optimistes justifient leur état d'esprit par l'ultime suggestion de George Bush, le 3 janvier : une rencontre James Baker-Tarek Aziz à Genève, que Bagdad accepte le lendemain. Avec le face-à-face des deux ministres des Affaires étrangères, le 9 janvier, c'est la douche froide : l'écart entre les positions reste total. Dès lors, rien n'empêchera le passage de la crise à la guerre du Golfe. Vingt-quatre heures après l'expiration de l'ultimatum de l'ONU, les armes parlent. En deux temps. Du 17 janvier au 23 février, il s'agit essentiellement de bombardements massifs sur l'ensemble du potentiel militaire, mais également économique, de l'Irak ainsi que sur ses troupes stationnées au Koweït, notamment la Garde présidentielle (au total plus de 100 000 sorties aériennes alliées). L'armée de Saddam riposte en multipliant les tirs de Scud contre Israël, l'Arabie Saoudite ainsi que Bahreïn, et en mettant le feu aux puits de pétrole koweïtiens. L'épée de Damoclès tombera malgré l'acceptation par l'Irak, le 23, d'un plan soviétique prévoyant un retrait irakien en 21 jours à compter du cessez-le-feu : dans la nuit du 23 au 24 février, les forces coalisées pénètrent en Irak et au Koweït, après avoir enterré vivants - on l'apprendra six mois plus tard - les soldats irakiens des premières lignes. La résistance s'avère si faible qu'en trois jours, les coalisés occupent l'ensemble de l'émirat et parviennent jusqu'à Bassora : le 26, Saddam Hussein annonce à la radio le retrait des troupes irakiennes et, le 27, Tarek Aziz annonce aux Nations unies qu'il accepte sans condition les douze résolutions du Conseil de sécurité. Les derniers combats s'achèvent dans la nuit du 27 au 28 et, le 2 mars, le Conseil de sécurité - dans sa résolution 686, adoptée par onze voix contre une (Cuba) et trois abstentions (Chine, Inde, Yémen), et aussitôt acceptée par l'Irak - fixe les conditions du cessez-le-feu provisoire. Il faudra attendre le 27 mars pour que Bagdad donne son accord au cessez-le-feu définitif défini par la résolution 687, dans laquelle le Conseil de sécurité pose ses conditions à Bagdad : reconnaissance du Koweït dans ses frontières de 1963, paiement de dommages de guerre aux États et aux particuliers, destruction de ses armes chimiques et biologiques, maintien de l'embargo sur les ventes d'armes... Entre-temps, la Garde présidentielle, que les Occidentaux ont laissé rentrer du Koweït, écrase le peuple irakien, soulevé au sud comme au nord à l'annonce de la défaite du régime. Les armées occidentales, après avoir assisté, l'arme au pied, au massacre des révoltés chiites - sous prétexte d'éviter une révolution islamique -, interviendront finalement pour permettre le retour des réfugiés kurdes. De quoi sonner le glas des illusions de nombre de ceux qui avaient cru à la " croisade du droit " et au " nouvel ordre mondial ". La dictature de Saddam Hussein a survécu. Pire : elle a pu à nouveau asseoir son pouvoir dans le sang kurde et chiite. Bafoués dans le Golfe, où survivent des régimes d'un autre âge, les principes officiellement fondateurs de l'intervention des coalisés, à commencer par l'autodétermination, restent également piétinés dans le reste du Moyen-Orient : Palestiniens, Libanais, Kurdes et Arméniens peuvent en témoigner. La principale victime de la guerre, c'est bien sûr l'Irak. " Tempête du Désert " a coûté cher à son peuple. Aux dizaines et dizaines de milliers de victimes - entre 50 000 et 150 000 selon les évaluations, contre 466 dans les rangs des coalisés - s'ajoute la destruction de l'essentiel de ses infrastructures, conformément aux menaces proférées par James Baker devant Tarek Aziz : " Nos forces feront en sorte que l'Irak soit rejeté dans l'ère préindustrielle "... Cinq ans plus tard, le maintien de l'embargo comme du blocus, du fait de l'intransigeance américaine, empêche évidemment tout réel effort de reconstruction - seule la vente de 1,2 million de barils de pétrole par jour (soit la moitié de la production d'avant la guerre) a été autorisée par l'ONU, depuis le 20 mai 1996, pour des raisons humanitaires. La guerre du Golfe n'a finalement servi que les États-Unis. Non seulement ils ont resserré leur contrôle sur les richesses du sous-sol de la région, accentué leur mainmise politique sur les régimes arabes, mais, estimant qu'il n'est pas de petit profit, ils ont profité de leur " triomphe " pour évincer leurs concurrents occidentaux de bien des marchés de la région : militaires, grâce à la formidable démonstration effectuée par les Cruise, Tomhawks et autres Patriot (dont l'efficacité semble, tout compte fait, des plus limitées) ; mais aussi civils, avec les fabuleux contrats de la " reconstruction ". Les alliés locaux de Washington bénéficieront en revanche des miettes du gâteau : leur participation à la coalition vaudra à l'Égypte de Hosni Moubarak l'effacement de sa dette militaire (6,7 milliards de dollars) et l'allongement de sa dette civile ; à la Syrie de Hafez Al Assad le feu vert pour sa normalisation du Liban ; à la Turquie, avec la réaffirmation de son rôle de pilier de l'OTAN, un coup de pouce pour ses ambitions, moyen-orientales comme européennes. Quant à l'Iran, il gagnera sur les deux tableaux : après avoir obtenu à Bagdad la libération de son territoire occupé et de ses prisonniers ainsi que le retour aux accords d'Alger de 1975, il se fera reconnaître par Washington comme un partenaire respectable - pour un temps... Un an, jour pour jour, après l'invasion du Koweït, Itzhak Shamir acceptait qu'Israël participe à la conférence de paix annoncée par George Bush et Mikhaïl Gorbatchev. Il n'en fallait pas plus pour que certains commentateurs saluent, dans cette nouvelle, la preuve a posteriori du caractère positif de la guerre du Golfe. Mais si le plan Baker de 1989 n'avait pas été enterré par le gouvernement Shamir, les conditions du déclenchement de la guerre du Golfe n'auraient pas été créées, en premier lieu la mobilisation arabe en faveur de Saddam Hussein. La négociation n'aurait-elle pas alors avancé plus vite et mieux, sans qu'il ait fallu, pour y parvenir, des dizaines et des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliards de dollars de destructions ? |
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