Accueil
Compilation de faits relevés dans le livre de
Marc Ferro
"Chronologie Universelle du monde contemporain"
édité en 1993 chez Nathan
|
|
|
|
|
| 1804 | Les armées chérifiennes remportent une victoire sur la tribu berbère Aït Idrasen. Le sultan perçoit les impôts des régions de Taza et de Oujda, puis fait rétablir l'ordre dans les oasis. | ||
| 1812 | Établissement de relations entre le sultan chérifien et l'émir Abd-Allah ibd sa'ud, par l'intermédiaire du fils du sultan du Maroc, Mulay Ibrahim, lors de son pèlerinage à La Mecque | ||
| 1815 | Mort à Fès d'Abdul Abbas Ahmed el-Tijânî, fondateur de la confrérie des Tijânî. Cette dernière a été encouragée par le sultan Mulay Suliman, soucieux de réduire l'influence des autres confréries. | ||
| 1816 | Bombardement de la rade d'Alger par une flotte anglo-hollandaise. Le dey refuse de s'acquitter des dettes contractées envers l'Angleterre. Il subit dans le même temps les pressions des États-Unis, qui contraignent le régent à payer un tribut annuel. | ||
| 1817 | Le dey d'Alger se rapproche alors de la Porte. Il reçoit le soutient du sultan ottoman Mahmud II, ainsi qu'une frégate en présent. | ||
| 1818 | La rébellion des Berbères met en échec le sultan. Ses armées sont vaincues à plusieurs reprises. Le campement de Mulay Suliman est même pillé et le sultan, qui échappe de peu à ses adversaires, voit son prestige gravement entamé | ||
| 1819 | Une flotte anglo-française bloque la rade d'Alger. La France et l'Angleterre cherchent à faire pression sur le dey pour obtenir le règlement des dettes envers l'Angleterre et l'annulation des dettes françaises. | ||
| 1821 | Le sultan Suliman poursuit sa politique contre les marabouts. Il envoie une nouvelle expédition militaire contre le centre religieux de Cherrada qui anime la révolte des arabes dans la région d'Haouz. | Signature de la paix définitive entre Alger et Tunis. Les régents la concluent sous les auspices du sultan dont le rôle de suzerain est réaffirmé à cette occasion. | |
| 1822 | Abd a-rahman succède à son oncle. Il est proclamé héritier à Fès et reçoit la soumission des chefs berbères. | ||
| 1825 | Signature entre le sultan et le royaume du Piémont-Sardaigne d'un accord qui règle les rapports commerciaux et maritimes entre les deux États. | ||
| 1827 | Le dey soufflette avec son éventail le consul de France Deval. Ce célèbre épisode, qui entraîne la rupture avec la France et servira de prétexte au débarquement français trois ans plus tard, fait suite à de nombreuses intrigues financières menées par le consul Deval avec les argentiers du dey, les Bacri-Busnach | ||
| 1830 | Après le débarquement des Français, les habitants de Tlemcen sollicitent la protection du sultan marocain. Celui-ci envoie son beau-père et cousin Mulay'Ali ibn Suliman, qu'il nomme gouverneur de Tlemcen. Bien accueillis, les Marocains rencontrent l'opposition des Arabes restés fidèles aux Turcs. L'armée qui accompagne le nouveau gouverneur pille ces opposants ...qui se rapprochent des Français. | La France à la conquête de l'Algérie.
Le 16 mai, une flotte de 500 navires quitte le port de Toulon et accoste le 14 juin près de Sidi-Feruch. Le dey Husayn rassemble une armée à la hâte le 18, mais il doit se rendre aux français le 5 juillet. |
|
| 1831 | Conformément à la convention signée
avec la France en 1830, Husayn bey, de Tunis, propose ses services. Il espère
obtenir Constantine et placer son frère au gouvernement d'Oran. Mais
les violences qu'il y exerce par ses troupes font scandale et Paris ne ratifie
pas la convention. Ce revirement nuira aux relations franco-tunisiennes, alors qu'en offrant ses services à l'occupant, le bey s'est compromis aux yeux des musulmans. |
||
| 1834 | Création d'un gouvernement général et accord sur le principe d'un régime de co-souveraineté sur le pays entre les Français et Abd el-Kader . Ce traité, favorable à l'émir, est négocié par le général Desmichels. Il obtient d'Abd el-Kader la reconnaissance de la souveraineté française. En conséquence, ce dernier prête serment au roi Louis-Philippe qui l'investit bey d'Oranie. De plus, l'émir des croyants obtient une clause importante qui accorde aux Arabes la liberté d'acheter armes, poudre et munitions et de disposer du port d'Arzew. | ||
| 1835 | Le traité est rompu. Le général Trézel,
qui succède à Desmichels, décide de marcher sur Mascara,
siège du gouvernement de l'émir, mais est contraint de se replier
sur Arzew. Lors du passage du défilé de la Macta (21 juin)
Abd el-Kader organise une embuscade qui fait 500 victimes parmi les soldats
français. L'émotion suscitée par cette défaite provoque l'envoi de renforts. |
||
| 1836 | Le général Clauzel, nouveau gouverneur général,
décide la reprise des hostilités. Il s'empare de Mascara, puis
de Tlemcen, où il installe une garnison. Puis il soumet les tribus
du Cheliff et chasse le représentant de l'émir à Médéa,
désertée par la population. Ab el-Kader organise une contre- offensive, au cours de laquelle les troupes du général d'Arlanges sont vaincues, près de Tafna (25 avril) |
||
| 1837 | Le général Bugeau signe avec Abd el-Kader le traité de Tafna. Celui -ci tourne en faveur de l'émir : il obtient les deux tiers du territoire de l'ex-régence ( le centre et l'ouest ) et l'exil, par les français, des ses propres opposants. Il établit sa capitale à Mascara. Mais la guerre ne tardera pas à reprendre : A Constantine, où la résistance est avant tout pro-ottomane, tombe aux mains du général Damrémont le 13 octobre | ||
| 1838 | Abd el-Kader entreprend l'organisation administrative de son territoire. Celui-ci est divisé en califats et la distribution des pouvoirs respecte l'organisation politique tribale. | ||
| 1839 | Abd el-Kader, après une réunion de son Assemblée tribale, décide, le 20 novembre, la reprise des combats. | Le bey ottoman, Ahmed Pacha, entreprend la modernisation de la régence. | |
| 1841 | Bugeaud est nommé gouverneur général. Il décide la reprise des hostilités en vue d'une conquête totale du pays. L'armée française remporte une série de victoire et Abd el-kader fait, en vain, appel au soutien du sultan ottoman. Par l'intermédiaire des "bureaux arabes", Bugeaud recrute des indigènes au service de l'armée française et encourage l'établissement de colonies. | ||
| 1842 | Bugeaud vient à bout de la résistance des partisans d'Abd el-kader. Tlemcen est tombé le 1er février, puis El-Asnam en mai, rebaptisée Orléansville en hommage à la famille royale. | ||
| 1843 | Le gouverneur, Bugeaud, confisque 200 000 hectares de terres habbous (propriétés religieuses ) au profit des colons, dont 168 000 autour d'Alger. Cette décision a pour conséquence le déplacement de populations indigènes vers le sud. | ||
| 1844 | Bugeaud remporte la bataille de l'Isly. Abd el-kader, qui s'était réfugié au Maroc devant l'avance des troupes françaises, avait convaincu le sultan du Maroc, Mulay'Abd al-Rahman, d'envoyer une armée à la frontière algéro-marocaine. Cette victoire inquiète les Britanniques, qui se présentent comme les défenseurs de l'indépendance marocaine. Le nouveau consul auprès du sultan, Drummond-Hay, va ouvrer au rapprochement anglo-marocain. Hay, va ouvrer au rapprochement anglo-marocain. | ||
| 1845 | Un nouveau pôle de résistance à l'occupation française apparaît. Abd el-Kader n'a plus le monopole du commandement du djihad contre les Français. Mohamed ibn'Abd Allah (surnommé Bu Ma'za) réunit une armée à Dahra, prêche la révolte contre l'occupant et regroupe des partisans de plus en plus nombreux. De son côté, Abd el-Kader, qui s'efforce sans grand succès de réunifier les tribus divisées, reçoit le soutient des Kabyles djurjura et dans le sud-ouest, des Awla Sidi Shaykh | ||
| 1847 |
Mohamed ibn 'Abd Allah est capturé. La résistance à l'occupation française est progressivement réduite. De son côté, Abd el-Kader, lâché par le sultan du Maroc, est contraint de négocier. L'émir se rendra au général Lamoricière et sera emprisonné en France.
|
||
| 1848 | Chute de Constantine et fin de la résistance ottomane à la présence française. En France, la répression qui s'est abattue sur les insurgés de juin, provoque une vague de migration vers l'Algérie. Le nombre des colons passe de 25 000 en 1840 à 131 000 en 1848 et le rythme des confiscations de terres s'accélère. La nouvelle Constitution déclare l'Algérie partie intégrante du territoire français. Le général Bugeaud achève son mandat et quitte Alger. | ||
| 1849 | L'oasis de Zaatcha (Sud algérien), dernier îlot de résistance des nomades conduit par Bou Ziane (un compagnon d'Abd el-Kader) tombe aux mains des troupes françaises. | ||
| 1850 | L'influence européenne au Maroc contribue au développement des villes portuaires du sultanat. Un trafic d'environ 700 bateaux par an est enregistré entre le Maroc et l'Europe. Casablanca devient une étape importante pour la navigation de cabotage, le long des côtes de l'Atlantique, et le point de départ de la moitié des exportations marocaine de laine et céréales. | ||
| 1851 | Dans les Aurès, la tribu des Ziban, à l'appel de leur chef Bou Ziane, se soulève contre les autorités françaises. La répression fait de nombreuses victimes et la tribu des Zaatcha, installée entre Beskra et Wargla, est massacrée. Mené par Abu Baghla, le mouvement se prolonge en Kabylie, où des villages entiers sont détruits. | ||
| 1852 | Regain d'activité dans le Sahara. Les autorités françaises décident de contrôler les axes caravaniers et les frontières sahariennes de l'Algérie, alors que le trafic commercial commençait à se reporter vers le Maroc. Le commerce transsaharien renaît avec la restauration d'étapes telles que Tindouf, sur la route de Tombouctou, un voyage de 50 à 60 jours qu'effectuent chaque année quelque 1 500 chameaux. Le commerce fournit au nord esclaves, métaux et sucre. | ||
| 1855 | Muhammad al-saduq succède à Ahmad Pacha à la tête de la régence. Il continue la politique de réforme entreprise par son prédécesseur, s'inspirant lui aussi des politiques menées à Constantinople et au Caire. Une partie de ses troupes combat aux côtés des Ottomans dans la guerre de Crimée. | ||
| 1856 | Signature d'un traité commercial avec la Grande-Bretagne. Il est l'aboutissement de l'intense travail diplomatique mené par Drummond-hay, consul britannique auprès du sultan depuis 1844. Déjà placés parmi les principaux partenaires commerciaux du Maroc, les Anglais obtiennent des privilèges. | ||
| 1857 | Napoléon III autorise par décret la création d'un réseau de chemin de fer. Le père Enfantin, conseiller de l'empereur, a effectué un séjour à Alger en 1839 ; il encourage les frères Talabot, de la Société Générale, à investir dans la colonie. | Un pacte fondamental est promulgué. Cette loi constitutionnelle (el-qanûn el-asasi), inspiré des chartes ottomanes de 1839 et 1856 définit les droit des Tunisiens, abolit le statut de dhimmi (protégé) des juifs qui deviennent des citoyens à part entière. Elle autorise le droit de propriété aux résidents européens | |
| 1858 | Un conseil municipal est réuni à Tunis. Il a pour objectif l'élaboration de réformes politiques et administratives. Parmi les membres de ce conseil, Khayr al-Din, un réformateur qui a voyagé en Europe mais qui se réfère plus volontiers à l'expérience démocratique connue sous le gouvernement du Prophète. | ||
| 1860 | Un coup de force espagnol fait tomber le port de Tétouan. L'Espagne revendique des droits historiques sur le territoire du sultanat et exige une indemnité de guerre en espèces ou un droit d'occupation permanente de Tétouan. Le sultan doit choisir entre la présence de forces étrangères sur son territoire ou l'affaiblissement durable de l'économie du Maroc | Première visite de Napoléon III. L'accueil est réservé de la part de la population française qui n'avait pas voté en sa faveur lors de son élection en 1851. De plus, il souhaite garantir la protection des terres arabes contre l'avidité des colons. Se méfiant des civils, il préfère renforcer les prérogatives de l'armée | |
| 1861 | La politique des bureaux arabes favorise les abus de pouvoir des chefs indigènes. Jouant des rivalités intertribales, les Français alternent récompenses et brimades. Ainsi, après la mort de Sidi Hamza, nommé calife en échange de ses services contre les révoltes de 1852, ses fils sont rétrogradés au rang de bachagha. | Le nouveau bey promulgue une Constitution. Muhamad al-Saduq annonce la séparation des pouvoirs exécutifs, judiciaire et législatif. Cette profonde réforme politique limite les pouvoirs du bey, crée de nouvelles cours de justice et un conseil suprême collaborant à la fois avec un parlement et une cour suprême. | |
| 1862 | Le sultan règle l'indemnité de guerre à l'Espagne. Vingt-cinq millions de pesetas sont payés par le Trésor, quinze par les tribus et dix au moyen d'un emprunt anglais. Son appel à la solidarité de ses sujets le contraint à créer des impôts exceptionnels qui ne sont pas prévus par la tradition coranique. | Démission de Khayr al-Din, premier président du conseil suprême. En conflit avec le Premier ministre du bey, Mustapha Khaznadar, il abandonne son poste et se retire de la vie publique. Le déficit ou les dettes de la régence amènent Khaznadar à contracter un emprunt auprès d'investisseurs français. | |
| 1864 | Suspension de la Constitution sous la pression des conservateurs. Les réformateurs ne peuvent s'appuyer sur les consuls européens, qui considèrent comme inefficaces les réformes politiques sans ouverture économique. Le mécontentement populaire se transforme en révolte à la période de collecte des impôts. Le mouvement se répand, considérant les nouvelles taxes et la nouvelle législation comme non conformes aux prescriptions coraniques. Les réformateurs sont écartés du pouvoir. | ||
| 1865 | Scandale financier à Tunis. Le Premier ministre, Mustapha Khaznadar, est impliqué dans le détournement d'importantes sommes empruntées à l'étranger. Du matériel hors d'usage a aussi été acheté à prix d'or, alors que les caisses de l'État sont vides. | ||
| 1867 | Lavigerie est nommé archevêque à Alger. Il souhaite évangéliser l'Algérie, projet qui rencontre l'opposition de l'empereur et, sur le terrain, de l'armée. Il va fonder deux ordres de missionnaires : les Pères blancs et les Sours missionnaires d'Afrique, qui ouvrent dispensaires et orphelinat à travers le pays. Il veut aussi ramener les Berbères au christianisme qu'ils avaient abandonné à partir du VIIè siècle pour l'Islam. | ||
| 1868 | L'Alliance israélite universelle prend pied au Maroc. Fondée à Paris en 1860, elle crée un réseau scolaire. Les écoles de Tétouan, Tanger, Es-Sawira et Safi regroupent, en 1868, 108 enseignants et 1400 élèves. Le sort de la communauté juive du Maroc s'est amélioré avec l'intervention en sa faveur de Moses Montefiore auprès du sultan en 1864. Quoique très liée aux intérêts européens, elle fait partie intégrante de la société marocaine. | ||
| 1869 | Khaznadar, le Premier ministre, cherche en vain à emprunter de nouveau et doit accepter une commission internationale chargée de gérer la dette. Cette commission est composée de deux Français, deux Anglais, et de deux Italiens, ainsi que d'un comité exécutif où siègent deux Tunisiens et un Français. Il apparaît rapidement que l'élimination de Kaznadar est le préalable à tout redressement. | ||
| 1870 | Le ministre de la justice, Adolphe Crémieux, fait
adopter un décret attribuant la citoyenneté française
aux juifs algériens. La très ancienne communauté juive
d'Algérie se retrouve désormais séparée des musulmans
et bientôt exposée à l'antisémitisme qui gagne
les colons. Le décret Crémieux permet la promotion d'une communauté
en majorité pauvre et augmente la population française d'Algérie
de 37 00 nouveaux citoyens.
Nouvelles tensions entre indigènes et colons. Un notable algérien, Ahmed al-Muqrani, fils de calife, est rétrogradé au titre de bachaga pour avoir soutenu le cheikh Awlad Sidi en 1864-1865. Al-Miqrani, pour pallier la disette qui touche les campagnes, investit sa fortune personnelle et emprunte. L'empressement de ses créanciers l'encourage à rejoindre le cheikh Haddad, chef de la confrérie Rahmaniyya, qui proclame la djihad contre les Français. |
||
| 1871 | La France renonce à son droit de suite aux confins de la frontière algéro-marocaine. L'influence française marque un recul en Afrique du Nord au lendemain de sa défaite face à l'Allemagne. Alger n'assure plus son rôle de police des frontières qui sont désormais placés sous la responsabilité du makhzen. | Échec de l'insurrection du Cheikh Haddad à la suite de l'attaque par l'armée de la Kabylie, berceau de l'insurrection. L'opposition des Algériens est profonde puisqu'en 1870, des régiments spahis ont refusé de combattre aux côtés des Français contre les Prussiens. | La régence de Tunis est réduite au statut de Pachalik sur décision du sultan. Celui-ci désire reprendre la responsabilité des affaires étrangères de la Tunisie et la contraindre à fournir une aide militaire en cas de guerre. La France, malgré le déclin de son influence à Tunis au profit des autres puissances, obtient cependant du souverain ottoman qu'il renonce à ces mesures. |
| 1872 | Afflux massif de colons français. Réfugiés alsaciens et lorrains, déportés de la Commune de Paris viennent grossir le nombre des colons. La saisie des terres et des biens des indigènes insurgés entraîne la fondation de nouveaux villages. | ||
| 1873 | Avènement du sultan Hasan 1er. Grand politique, il doit composer avec les ambitions concurrentes des puissances européennes. Sur le plan intérieur, il pacifiera les tribus Zaër et Zaïna. | Le général Chanzy est nommé gouverneur général de l'Algérie. | |
| 1874 | Le général Chanzy déclare la commune d'Alger en état de siège. Municipalités et préfets refusent la présence des commissions de notables au sein des communes mixtes. | ||
| 1875 | Vague de troubles antisémites | Signature d'un accord commercial anglo-tunisien très favorable à la Grande-Bretagne, l'accord prévoit la concession du chemin de fer Tunis- La Goulette. | |
| 1876 | Le sultan Hasan 1er se rend à Oujda. Alors que les troubles persistent à la frontière algéro-marocaine, les autorités françaises d'Alger insistent pour que le Makhzen y crée des postes de fonctionnaires chérifiens. | ||
| 1878 | L'Italie multiplie ses efforts pour accroître son
influence en Tunisie. Lors du congrès de Berlin, le consul italien
tente de briser le monopole de la France sur la construction des lignes télégraphiques
en cherchant à obtenir la construction d'une liaison entre Tunis et
la Sicile. Début des activités de l'Alliance israélite française à Tunis. Une première école est fondée avec l'aide financière de l'Association anglo-juive. S'ouvre alors une période de tolérance religieuse, le bey Muhamad al-Saduq faisant don de terres pour la construction d'une synagogue. |
||
| 1879 | Albert Grévy est nommé gouverneur général. Peu au fait des affaires coloniales, il se laissera dominer par les colons membres de l'Assemblée nationale qui cherchent à étendre le pouvoir civil au détriment des militaires en charge de l'administration de la colonie depuis la conquête. | ||
| 1880 | La conférence de Madrid ouverte en mai sur les privilèges capitulaires des Européens au Maroc se termine par la confirmation de privilèges définis par la convention Béclard : maintien du droit de protection et exemptions d'impôts pour les ressortissants et protégés des puissances étrangères et généralisation de la clause de la nation la plus favorisée. | La concession du chemin de fer Tunis- La Goulette, disputée par les Italiens et les Français, tourne à l'avantage des premiers. | |
| 1881 | Par la signature du traité du Bardo, la France établit son protectorat sur la Tunisie. Le bey est maintenu dans ses pouvoirs mais doit accepter la nomination à ses côtés d'un ministre français résident. La lutte contre les Français, loin de cesser, est encouragée par les marabouts sanoussi qui proclament le djihad depuis Sfax. | ||
| 1883 | Le sultan nomme un fonctionnaire chérifien à Figuig, proche de la frontière algérienne. Il reprend la souveraineté sur l'oasis devenue le foyer d'une résistance à l'occupation française | Par la convention de la Marsa, la France se porte garante de la dette. En contrepartie, le bey doit renoncer à lever tout impôt sans autorisation. | |
| 1885 | Par décret, le protectorat français sera exercé par le résident général qui contrôlera le bey. | ||
| 1886 | Après la mise en service des liaisons Alger-Menerville, Sétif-Constantine, débutent les travaux de la ligne Alger-Constantine. | La France entreprend de réformer l'administration des provinces. Des conseils où sont représentés Tunisiens, Français et étrangers, présidés par des qaïds, siègent dans les principales villes. Les contrôleurs généraux des différentes régions servent d'intermédiaires entre les conseils et le résident général. L'unité administrative reste la tribu dans les zones rurales et la municipalité dans les zones urbaines. | |
| 1889 | Une ambassade marocaine se rend à Berlin pour y signer un traité commercial et un contrat d'armement. L'Allemagne, soucieuse d'équilibrer la pénétration française et anglaise sur le continent africain, entend ainsi accroître son influence au Maroc. | ||
| 1890 | Création d'une commission commerciale mixte. Le résident général ouvre à la collaboration entre Tunisiens et Européens au sein d'un conseil de gouvernement pour les affaires commerciales. | ||
| 1891 | Établissement d'un poste français à El-Goléa, à la frontière algéro- marocaine. Le sultan considère cette décision comme un acte d'hostilité, d'autant que l'annexion des oasis situés aux confins algéro-marocains est envisagée par le gouvernement français. | ||
| 1892 | La France annexe les confins algéro-marocains. Le Makhzen ayant renoncé à entrer en guerre, les deux partis concluent un traité commercial. La politique marocaine de la France déclenche une violente campagne de presse en Grande-Bretagne où l'on évoque un partage du Maroc. | Par décret, la France fait réviser les droits du bey sur les "terres mortes". La France annexe au domaine de l'État les terres vendues au XVI° siècle à la famille Siala. Ces terres sont redistribuées aux colons, tout comme les terres des Makhnassi. | |
| 1893 | Des troupes espagnoles débarquent à Mellila. L'Espagne, qui a déjà 25 000 hommes dans l'enclave, exige une indemnité pour la destruction d'un fortin par les tribus. L'incident illustre les pressions qui s'exercent sur le Maroc alors que la tension persiste sur la frontière avec l'Algérie. | Jules Ferry présente au Sénat son rapport sur la réforme du statut de l'Algérie. Il fait adopter les décrets de rattachement ainsi qu'une série de mesures qui dont essentiellement destinées à renforcer de façon significative les pouvoirs du gouverneur général. | |
| 1894 | Mort du sultan Hasan 1er. La régence est instaurée par son grand vizir Ba-Ahmed, le sultan ayant déshérité son fils aimé au profit du cadet 'Abd al-Aziz âgé de treize ans. | L'enseignement est profondément réformé. Une école de moueddebs - maîtres d'école coranique (Kuttab) - est créée. Parallèlement, le réseau scolaire non musulman se développe ; des établissements religieux et laïcs sont fondés en plus des écoles catholiques italiennes et juives de l'Alliance israélite déjà en place. | |
| 1895 | Développement du réseau ferré. La compagnie des phosphates de Gafsa obtient la concession de la ligne de chemin de fer Sfax-Gafsa-Metlaoui, ce qui porte à 1150 km la couverture ferroviaire. | ||
| 1896 | Un décret marque la fin du régime des rattachements. Le statut administratif et juridique est semblable à celui de 1860 - avant la création du ministère d'Algérie -. En outre, le gouverneur général voit ses pouvoirs augmentés. | ||
| 1897 | Crise anti-juive | Le programme de colonisation français est adopté avec l'aval des puissances européennes. Une caisse de colonisation sert désormais d'intermédiaire entre l'État et les acquéreurs. Paris obtient, également par une série de traités, la fin du régime des capitulations. | |
| 1898 |
La France et l'Allemagne entament leur rivalité
au Maroc. Paris obtient de la Grande-Bretagne la reconnaissance de son autorité
sur l'hinterland d'Afrique du Nord. Mais Berlin, qui entend s'imposer sur
le terrain, envoie un nouveau représentant au Maroc. Ce dernier rejoint
son poste en navire de guerre, accompagné de négociants, d'industriels
et d'un état-major d'officiers. |
||
| 1899 |
La société des géographes d'Alger plaide en faveur de l'établissement d'un protectorat sur le Maroc. Elle démontre tous les avantages que représenterait une telle situation, notamment, pour les relations commerciales, et évoque la possibilité de prolonger la voie ferrée reliant Tunis à Tlemcen jusqu'à Fès et Tanger. |
||
| 1900 |
Le Jeune sultan'Abd al-'Aziz monte sur le trône
après la mort du régent ba-Ahmed. Compte tenu du peu de personnalité
du nouveau sultan, l'opinion publique, comme les observateurs étrangers
s'accordent à penser que le Maroc s'achemine vers la perte de son indépendance.
|
La colonie est dotée d'un budget propre. Ce
nouveau statut favorisera la constitution de grands domaines agricoles.
|
Création d'un ministère de la justice.
Inaugurant une réforme de la justice tunisienne, ce ministère
compte un délégué français. Par ailleurs, les
résidents français échappent à la juridiction
indigène et relèvent de tribunaux français. |
| 1901 |
Début du protectorat. Un protocole est
signé par le sultan qui a repris les rênes de l'État
après avoir triomphé d'une série de soulèvements. |
Des insurgés rizhas, menés par
Yacoub, qui se proclame prophète, attaquent le village de colons de
Margueritte. Révoil, ancien ministre de la France au
Maroc, succède à
Jonnart comme gouverneur général et se lance à la recherche
de nouvelles solutions pour pacifier les territoires du Sud. |
|
| 1902 |
La France et le Maroc concluent un accord, qui reprend les termes du traité de 1845, afin de mettre un terme à l'aggravation des relations diplomatiques entre les deux pays depuis l'assassinat d'un français d'Oran. Le 1er novembre, la France et l'Italie signent un accord secret laissant les mains libres aux Français dans le pays. Celui-ci est également l'objet de visées allemandes avec la création à Berlin d'une Compagnie marocaine. |
||
| 1903 |
Le maréchal Lyautey installe un poste à
Djebel Bechar où il fonde le camp de Colomb-Bechar. Appelé
par Jonnart pour son expérience acquise au Tonkin et à Madagascar,
Lyautey se voit confier la tâche de contrôler les confins algéro-marocains.
|
Jonnart, de retour à Alger comme gouverneur général, veut accélérer l'exploitation des ressources naturelles du pays. Son projet consistant à déclarer d'utilité publique les mines de fer d'Ouenza est suspendu sous la pression de la Suède et de l'Espagne, qui craignent cette concurrence. Dans un autre domaine, Jonnart a plus de succès : il fait établir un nouveau code forestier. |
|
| 1904 |
Lyautey choisit la négociation et l'alliance avec les tribus des confins. Il parvient à soumettre les Douï Menia, les Oled Djerir et enfin les beni-guil. Cette politique permet l'établissement d'un autre poste à Berghet chargé de la protection des points d'eau. |
Sahara . L'armée française est
chargée de contrôler les Touareg du Sud algérien. Deux
unités sont envoyées dans le Hoggar sous les ordres du général
Laperrine. Une d'entre elle, commandée par le lieutenant Cottenest,
remporte une victoire à Tit |
|
|
1905 |
L'empereur d'Allemagne Guillaume II, en visite chez le
sultan, dénonce les visées impérialistes de la France.
Cette déclaration ouvre une période de tension franco-allemande
qui aboutira à la conférence d'Algéciras. |
Sur décision ministérielle, le général François Laperrine est envoyé dans le désert pour pacifier la route Alger-Tombouctou. Il consacrera plusieurs années à cette mission pour laquelle il met sur pied des unités de méharistes. |
|
|
1906 |
La conférence d'Algéciras scelle le destin
du pays. Le Maroc est placé sous la protection des grandes puissances
européennes (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne et Italie).
Toutefois la prépondérance de la France est admise par les
participants, en raison des frontières algéro-marocaines et
des intérêts liant ces deux contrées. |
- Présentation
- Le droit d'association au travers des dates
- Proposition de loi sur le droit d'association présentée par M. Cunéuo d'Ornano lors de la séance du 13 juin 1898
- Proposition de loi sur le droit d'association présentée par M. Charles-Gras lors de la séance du 24 novembre 1898
- Proposition de loi sur la liberté d'association présentée par M. Lemire lors de la séance du 25 novembre 1898
- Projet de loi relatif au contrat d'association présentée par M. Waldeck-Rousseau de la séance du 14 novembre 1899
- Rapport fait au nom de la commission relative au droit d'association, par M. Georges Trouillot , lors de la séance du 8 juin 1900
- L'évolution des textes
- Les associations d' étrangers
- La loi de 1908
- Remarques
- Les débats en morceaux choisis
- La grande menace de 1971
- Les congrégations
- Dictionnaire de quelques parlementaires
- Dictionnaire des cibles
Maurice Gelbard
9, chemin du clos d'Artois
91490 Oncy sur Ecole
ISBN 2 - 9505795 -2 - 3
Dépôt légal 2ème trimestre 1999