Dictionnaire
des parlementaires
intervenant dans les débats,
réalisé
grâce au
"Dictionnaire
des parlementaires français",
édité en 1972 aux P.U.F.
et d'un peu de l'Encyclopædia
Universalis 1998,
et du dictionnaire Hachette Livre, 1997
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Allard ( Maurice, Édouard, Eugène) Antoine-Gras (Denis) Archdeacon (Edmond, Sébastien) Arnous (Marie, Gustave, Louis, Eugène) Audiffred (Jean, Honoré) Auffray ( Jules, Augustin) Augagneur (Jean, Victor) Augé (Justin, Auguste) Aulan (Marie, François, Guénin de Suarès, Comte d') Aynard ( Édouard) Barbey ( Edouard, Polydore, Isaac) Barodet (Désiré) Barthe (Jean, Marcel ) Barthou (Louis) Baudin (Alphonse) Baudry d'Asson ( Armand, Léon, Charles de ) Beauquier (Charles) Beauregard (Paul, Victor) Benoist (Charles, Augustin) Bernard (Charles, Jean) Bernard (Paul, Victor) Bert (Paul) Berteaux (Henry, Maurice ) Berthoulat (Pierre, Louis, Félix, Georges) Berry (Jean-Baptiste, Marie, Georges ) Berryer (Pierre Antoine) Bienvenu-Martin (Jean-Baptiste) Blanc (Louis, Antoine) Blois ( Comte Georges, Aymar de ) Boissieu ( Baron Guy de Salvaing de ) Boissy d'Anglas (François-Antoine, baron) Bompard (Raoul) Bourgeois (Léon, Victor, Auguste) Boyer (Antoine, Jean-Baptiste, dit Antide) Boysset (Charles, Guillaume) Briand (Aristide) Brisson (Eugène, Henri ) Buisson (Ferdinand , Édouard) Caillaux (Joseph, Pierre, Marie, Auguste) Cassagnac (Paul, Adolphe de Granier de) Casse (Eugène, François,Germain) Castellane (Boniface, Marie, Ernest, Paul, comte de) Castelneau (Marie,Joseph,Léonce marquis de Curière de) Cazeneuve ( Paul, Jean-Baptiste) Chabert (Marie, Charles , Baptiste, Alexandre) Chambrun (Charles,Louis,Antoine,Pierre,Gilbert,Pineton de) Charmes (Marie, Julien, Joseph, François, dit Francis) Chautemps ( François, Émile ) Chauveau (Frank, Joseph, Charles ) Chauvière (Emmanuel, Jean, Jules ) Chenavaz (Octave, Pierre, Léonce) Clamageran (Jean-Jules) Clemenceau (Georges, Eugène, Benjamin) Cochin (Denys, Pierre, Augustin, Marie ) Cochin (Henri, Denis, Benoist, Marie) Codet (Jean , Julien, Augustin) Colin (Maurice, Pierre) Combes (Émile, Justin, Louis ) Cuverville (Amiral Jules, Marie, Armand de Cavelier de ) Decrais (Albert, Pierre, Louis) Dejante (Victor, Louis) Delafosse ( Jules, Victor) Delcassé (Théophile) Deluns- Montaud ( Pierre ) Déroulède (Paul) Deschanel (Paul, Eugène, Louis ) Destieux-Junca (Paul) Deville (Gabriel) Doumer (Joseph, Athanase, Paul) Doumergue (Gaston) Drake (Jacques) Duchatel (Charles, Jacques, Marie, Tanneguy, Comte) Dufaure (Jules, Armand, Stanislas) Etienne (Eugène, Napoléon) Fallières (Clément, Armand) Faure ( Maurice, Louis, dit Maurice-Faure ) Favre (Jules) Ferrand (Marie, Stanislas , Charles) Ferrette (Marie, Paul, Henry ) Ferry ( Charles, Émile, Joseph, Léon, ) Ferry (Jules) Floquet (Charles, Thomas) Flourens (Léopold Émile) Fouquet (Louis, Camille ) Fournier (François) Fournière (Eugène, Joseph) Freppel ( Charles-Emile) Freycinet ( Louis, Charles de Saulces de ) Gailhard-Bancel ( Marie, Roch, Henri, Hyacinthe de ) Gallot (Albert) Galot (Jules) Galpin (Gaston, Georges) Gambetta (Léon) Gauthier de Clagny (Albert, Georges Gauthier dit) Gayraud (Hippolyte) Gervais (Auguste, Louis, Joseph) Goblet (René Marie) Goujon (Joseph, Jules, Julien ) Goulaine ( Comte Geoffroy, Marie Donatien de) Gourd (Alphonse, Ramsay) Grandmaison (Georges, Charles, Alfd, Marie, baron Millin de ) Gras (Charles) |
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Allard ( Maurice, Édouard, Eugène) né à Amboise (Indre-et-Loire) le 1er mai 1860, il y meurt le 27 novembre 1942
Député du var de 1898 à 1910
Avocat, inscrit cinq ans au barreau de Paris, il fit pendant la période boulangiste une vigoureuse campagne contre cette tentative de dictature. Il fut rédacteur dans plusieurs journaux socialistes. Ces derniers l'envoyèrent siéger à la Chambre où il s'inscrivit au groupe socialiste et y manifesta une grande activité, mais c'est à propos de la séparation des Églises et de État qu'il se montra le plus véhément. Battu aux élections de 1910, il reprit sa carrière de journaliste et fut l'un des leaders de l'Humanité de Jean Jaurès.
Antoine-Gras (Denis), né à Rochegude (Drôme) le 2 mars 1847, mort à Bourg (Ain) le 14 mai 1917.
Député de la Drôme de 1893 à 1910
Après avoir appartenu au barreau, il
entra dans la magistrature avant de se présenter aux élections générales de
1893.
Inscrit au groupe radical-socialiste et membre de diverses commissions, il
participa à de nombreux débats : budget de la Justice, des Cultes, de la
Guerre et de l'Agriculture.
Réélu en 1898, il siégea à la commission du droit d'association et à celle de
la législation criminelle. Il se fit entendre sur le budget de la Guerre, sur
l'indemnité parlementaire, sur l'amnistie et sur le contrat d'association.
Réélu en 1902, il fut membre de la commission des associations et de
congrégations, de celle des armées, de la commission de la presse et de la
commission de l'administration des cultes et de la décentralisation. Il prit
part à quelques discussions : les demandes formées par les congrégations
prédicantes ; la réforme de la justice de paix ; la séparation des Églises et
de l'Etat.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Archdeacon (Edmond, Sébastien) né à Paris le 24 décembre 1864, il y meurt le 20 février 1906
Député de Paris de 1902 à 1906
Siégeant dans l'opposition nationale, il manifesta à la chambre une grande activité et participa à de nombreux débats. Il était à la tête d'une grande fortune et administrait de nombreuses sociétés.
Arnous (Marie, Gustave, Louis, Eugène), né le 30 juin 1846 à Toulouse (Haute-Garonne), mort à Paris le 11 septembre 1901
Député de la Charente de 1884 à 1901
Il intervint dans plusieurs discussions. Il vota contre la suppression de l'ambassade auprès du Vatican, contre la suppression du budget des cultes, contre la dénonciation du Concordat .
Auffray ( Jules, Augustin) né à Paris le 3 novembre 1852, il y meurt le 7 avril 1916
Député de Paris de 1902 à 1906
Petit fils de l'un des médecins de
Napoléon III, il n'a pas 18 ans quand il s'engage dans un bataillon de mobiles
et prend part à divers combats sous Paris. Démobilisé il continue ses études et
réussit une licence de lettres et un doctorat en droit.
Reçu premier au concours d'auditeur au Conseil d'État en 1878, il démissionne
en 1880 au moment de la promulgation des décrets visant les congrégations. Il
s'inscrivit au barreau de Paris et se consacra à la politique et à la défense
religieuse dans le comité présidé par M. de Mackau. Il dirigea pendant
plusieurs années le Journal de Saint-Germain, organe catholique et royaliste.
Il se fit connaître comme orateur enthousiaste et persuasif dans de nombreuses
réunion catholiques, parlant notamment contre les laïcisations et en faveur de
la liberté de l'enseignement.
Il fut un ardent boulangiste avant d'être un non moins ardent anti-dreyfusard
et fougueux défenseur de l'État-major.
Inscrit à la Chambre au groupe des Républicains nationalistes il continua à se
montrer plein d'ardeur.
Audiffred (Jean, Honoré), né le 12 décembre 1840 à Jausiers (Hautes-Alpes), mort 27 octobre 1917 à Saint-Pierre-La-Noaille (Loire)
Député de la Loire de 1879
à 1904
Sénateur
de la Loire en 1895 et de 1904 à 1917
Membre de divers commissions, il
participa à de nombreuses discussions, notamment sur les caisses de retraites,
de secours ou de prévoyance, sur le tarif des douanes, sur les caisses
d'épargne et sur le budget de l'agriculture, sur les accidents
du travail, sur l'achèvement du canal de la Loire au Rhône, etc, ....
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Augagneur (Jean, Victor) né à Lyon le 16 mai 1855, mort au Vésinet (Seine-et-Oise) le 23 avril 1931
Député du Rhône de 1904
à 1905, de 1910 à 1919 et de 1928 à 1931
Ministre
des travaux publics et des PTT(1911-1912)
Ministre
de la Marine (1914)
Ministre
de l'Instruction publique et des Beaux-arts (1914)
Ministre
de la Marine (1914-1915)
Agrégé de médecine dont
l'enseignement et les travaux eurent une autorité dans le monde médical.. Il
entra en politique suite d’un poste laissé vacant par le décès de son titulaire
et s'inscrivit au groupe des républicains socialistes. Il se montra
particulièrement actif dans des commissions et dans des débats. Son mandat pris
fin par sa nomination au poste de Gouverneur général de Madagascar en
remplacement du Général Galliéni. Il s'attacha les indigènes par un régime de
justice, supprima les corvées, institua les tribunaux, développa les travaux
publics, fit construire 1200 km de route, rétablit les finances en diminuant le
nombre de fonctionnaires et poursuivit les agents dilapidateurs.
De retour à la chambre il y remontra la même énergie.
Après son échec électoral, il fût nommé Gouverneur en Afrique équatoriale où il
renouvela de manière rationnelle l'organisation sanitaire de cette colonie.
Augé (Justin, Auguste) né à Béziers (Hérault) le 31 mars 1850, mort à Paris le 2 janvier 1925
Député de l'Hérault de 1897 à 1910
Il venait de terminer ses études au
collège de Béziers, lorsqu’éclata la guerre de 1870. Devançant l'appel de sa
classe, il s'engagea au 1er régiment de zouaves et fit la campagne de 1870-1871
aux armées de la Loire et de l'est.
Démobilisé, il fonda un commerce de vins, puis il se consacra à la viticulture
qu'il défendit en tant que secrétaire du comice agricole, conférencier et
journaliste.
Il fut élu conseiller général du canton de Capestang en janvier 1890 contre un
candidat boulangiste .
C'est à l'élection partielle du 28 février 1897 qu'il fut élu pour la première
fois député. Il s'inscrivit au groupe radical-socialiste et fut membre de diverses
Commissions.
Toutes ses interventions, rapport de projets, dépôt de propositions de lois ont
rapport avec le vin : suppression de droit d'octroi
sur les boissons hygiéniques, distribution de vin aux troupes création d'une
caisse d'assurance agricole, lutte contre les fraudes .....
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Aulan (Marie, François, Guénin de Suarès, Comte d') , né à Livourne (Italie), mort à Paris le 7 février 1910
Député de la Drôme de 1898 à 1902
Lieutenant de cavalerie de réserve,
il fut élu en se disant nationaliste plébiscitaire. Il intervenait toujours
avec fougue, esprit et bonne humeur. Il faillit mettre en minorité le cabinet Waldeck-Rousseau.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Aynard ( Édouard) né à Lyon le 1er janvier 1837, mort à Paris le 25 juin 1913.
Député du Rhône de 1889 à 1913
Il est issu d'une famille
bressane venue s'établir à Lyon au XVIIè siècle. Il commença ses études au
collège d'Oullins ( Rhône) et les termina en Angleterre. Son père qui était
banquier le fit s'initier à l'industrie de la soie, puis l'associa à ses
affaires financières, industrielles et économiques.
Ses compétences lui valurent d'être nommé président de la chambre
de commerce de Lyon. Il s'intéressa à l'enseignement professionnel et
contribua au développement de l'Université lyonnaise.
Élu, il s'intéressa à toutes les discussions douanières en tant que
libre-échangiste. Les questions sociales retinrent également son attention :
travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements
industriels ; aide aux ouvriers mineurs ; réorganisation des caisses d'épargne
; société de secours mutuels ; accidents du travail
; il défendit l'assistance aux vieillards, infirmes et incurables ainsi que la
caisse des retraites ouvrières.
En 1895, il siégea à la Commission chargée de l'examen de la proposition de loi
de M. Lemire sur la liberté d'association.
Inscrit au groupe des progressistes, il avait soutenu le Ministère Méline en 1889, puis s'était retranché dans l'opposition
sous les Ministères radicaux qui lui succédèrent.
Il plaida en faveur de la liberté de l'enseignement dont il se fit le
défenseur. Il intervint en faveur des congrégations et se prononça contre la
séparation des églises et de l'État
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Barbey ( Edouard, Polydore, Isaac), né à Béziers (Hérault) le 2 septembre 1831, mort à Paris le 26 mars 1905
Sénateur du Tarn de
1882 à 1905
Ministre de la Marine et des Colonies ( de mai à décembre 1887)
Ministre de la Marine de 1889 à 1892
Ancien élève de l'école navale, que
ce soit comme ministre ou comme sénateur, il s'intéressa toujours aux problèmes
de la marine.
Lieutenant de vaisseau, il démissionna en 1862 pour aider son père à la
direction de filatures de laine à Mazamet dont il devint maire après la guerre
de 1870 et jusqu'en 1883
Elu sénateur, il siégea avec la gauche républicaine.
Dans son testament, il légua une grande partie de ses biens à la ville de
Mazamet, sous condition de les affecter à l'amélioration du sort de la classe
ouvrière
Barodet (Désiré), né à Sermesse ( Saône-et-Loire), mort à Vincelles (Jura) le 18 avril 1906
Représentant à
l'Assemblée Nationale de 1873 à 1876
Député
de la Seine de 1876 à 1896
Sénateur
de la Seine de 1896 à 1900
Avec une ténacité sans défaut, il réclama
la révision de la Constitution de 1875 par une assemblée constituante. Il a
laissé son nom au recueil des engagements électoraux que publie la Chambre
Barthe (Jean, Marcel ), né le 15 janvier 1813 à Pau (Basses-Pyrénées), mort le 16 février 1900 à Jurançon (Basses-Pyrénées)
Représentant des
Basses-Pyrénées à l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876
Député des Basses-Pyrénées de 1876 à 1877 et de 1878 à 1882
Sénateur des Basses-Pyrénées de 1882 à 1900
Président d'une commission relative aux délégués mineurs, il intervient dans la discussion d'une loi concernant ces délégués.
Barthou (Louis) né le 23 août 1862 à Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées), mort le 9 octobre 1934 à Marseille (Bouches-du-Rhône)
Député des
Basses-Pyrénées de 1889 à 1922
Sénateur
des Basses-Pyrénées de 1922 à 1934
Ministre
et Président du Conseil à ne nombreuses reprises
Son grand-père était forgeron, son
père soldat à Sébastopol. Il s'inscrit comme avocat à Pau après des études de
droit à Paris
Parlementaire laborieux, membre de diverses commissions il est un orateur
redouté. pendant l'affaire Dreyfus, il est élu président du groupe des
républicains "progressistes", où se retrouvent les modérés
qu'inquiètent les attaques contre le régime.
Il est blessé à Marseille en tentant de protéger le roi Alexandre de
Yougoslavie qui est assassiné. Comme on tarde à s'occuper de lui, il meurt pour
avoir perdu trop de sang.
Baudin (Alphonse) (Nantua, 1811 ; Paris, 1851), homme politique français. Député à l’Assemblée législative de 1849, il tenta de s’opposer, avec les ouvriers parisiens, au coup d’État du 2 Décembre et fut tué sur une barricade. © Hachette Livre, 1997
Baudry d'Asson ( Armand, Léon, Charles de ) né le 15 juin 1836 à Rochesernière (Vendée), mort le 12 mai 1915 à La Garnache (Vendée )
Député de la Vendée de 1876 à 1914
Il participa à certains débats
concernant les problèmes agricoles, en particulier l'élevage du cheval, s'opposa
au projet de loi ayant pour objet de célébrer aux frais de l'Etat les
funérailles de Jules Ferry et demanda à interpeller le
Gouvernement (1893) sur les mesures prises pour rétablir l'ordre dans Paris.
Il interpella le Gouvernement au sujet de l'expulsion des congrégations
religieuses (1902) sur "l'État de guerre civile dans lequel M. le
Président du Conseil à plongé la France" (1903). Il fut l'objet d'une
mesure de censure en 1905 à la suite d'un incident provoqué par lui.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Beauquier (Charles), né à Besançon (Doubs) le 19 décembre 1833, mort à Besançon le 12 août 1916
Député du Doubs de 1880 à 1914
Membre de la commission chargée
d'étudier la révision des services administratifs, il dépose des propositions
concernant, entre autre, la réduction du nombre de départements. Favorable aux
idées socialistes, il intervient au cours de la discussion d'un texte relatif
au travail des femmes et des enfants pour demander le contrôle des comités de
travail élu par les ouvriers (1891). Il manifeste son anticléricalisme en
demandant la réduction des subventions accordées aux maîtrises des églises
(1893). Il s'intéressera à la protection des sites, demande un enseignement
agricole dans les écoles primaires et se préoccupe de la situation des
professeurs de dessin.
Il établit, en 1902, un important rapport sur sa proposition de loi tendant à
remplacer les départements par des régions et sur une proposition relative à la
suppression de la tutelle administrative. Dès 1898, il avait demandé la
création d'une grande Commission de décentralisation à la Chambre. En 1905, il
dépose une proposition de loi tendant à supprimer
l'incapacité légale de la femme mariée . Il souhaitait que le temps de
parole des députés fut limité.
En 1908, il dépose des propositions contre l'abus de l'affiche-réclame, pour la
création de réserves nationales boisées et pour la réglementation des
occupations temporaires sur les terrains classés parmi les sites à protéger. Il
déposera des amendements tendant à l'achat de sites pittoresques. En 1909, il
propose d'obliger les villes à dresser des plans d'extension et
d’embellissement.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Beauregard (Paul, Victor), né le 13 octobre 1853 au Havre ( Seine-Inférieur), mort le 24 mars 1919 à Paris.
Député de la Seine de 1898 à 1919
Docteur en droit en 1876, il fut reçu
à l'agrégation l'année suivante et fut nommé professeur de droit commercial à
Douai. En 1881, il était affecté à la chaire d'économie politique à la faculté
de droit de Paris. Il eut une brillante carrière universitaire et l'académie
des sciences morales et politiques le reçut le 2 décembre 1905.
Élu en 1898, il s'inscrit au groupe progressiste et fut membre de la Commission
des colonies, de la Commission de l'enseignement et de la commission du budget
pour l'exercice 1900...
Il présenta de nombreux rapports sur : la réforme du conseil de prud'homme, le
louage des services, le budget du commerce et de l'industrie, le traitement du
personnel des écoles professionnelles.
Il prit part à de nombreuses discussions parmi lesquelles on peut citer : les
accidents du travail, le contrat et le droit d'association, les demandes
d'autorisations formées par les congrégations enseignantes, le régime des
aliénés, la légitimation des enfants adultérins, la journée de travail dans les
mines, la durée du travail dans les établissements industriels, les opérations
des liquidateurs des congrégations, les actes de corruption électorale.
Travailleur infatigable dans ce qui était du domaine de ses compétences, il se
tut quand il appris la mort de son fils au champ d'honneur.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Benoist (Charles, Augustin) dit Charles-Benoist né à Courseulles-sur-Mer (Calvados) le 31 janvier 1861 il y meurt le 11août 1936
Député de la Seine de 1902 à 1919
Journaliste, il fut appelé à
professer à l'école des sciences politiques où il occupa la chaire d'histoire
constitutionnelle de l'Europe occidentale.
A la chambre, il fut l'auteur d'une proposition de résolution invitant le
Gouvernement à soumettre à la chambre un projet de Code du Travail (1905) dont
il fut chargé de rapporter les projets de loi. Ses interventions furent très
nombreuses.
Il quitta la politique pour la diplomatie.
Bernard (Charles, Jean) né à Bordeaux (Gironde) le 15 juin 1856, mort à Paris le 3 septembre 1927
Député de la Gironde de
1898 à 1902
Député
de la Seine de 1914 à 1924
Pharmacien, il fut attiré rapidement
par la politique et collabora à un organe blanquiste
dont il prit ensuite la direction. Il se présenta à la députation "pour
défendre les intérêts du peuple, combattre les faux républicains et démasquer
les hypocrisies de la secte opportuniste"
Il ne s'inscrivit à aucun groupe, mais eut une très grande activité déposant
des propositions de loi sur les sujets les plus divers : organisation du corps
des inspecteurs du travail; l'emploi des travailleurs étrangers; suppression de
la censure des œuvres théâtrales; régime des aliénés, etc ... Il devint
rapidement célèbre par ses virulentes interventions qui soulevaient souvent le
tumulte au sein de la Chambre et lui valaient de fréquents rappels à l'ordre
des présidents de séance.
Installé à paris, il s'y fait élire sous l'étiquette de "républicain
socialiste patriote". Il avait affirmé à ses électeurs sa volonté de
lutter "pour toutes les libertés syndicales, confessionnelles, d'écrire et
de dire" Dès lors, il n'est pas étonnant qu'il se soit élevé à plusieurs
reprise contre la censure. ses interventions reçurent à plusieurs reprises
l'approbation de l'extrême gauche, par exemple lorsqu'il exposa qu'il voterait,
comme il l'avait toujours fait, contre les fonds secrets ou qu'il expliqua ses
votes contre la demande en poursuites de Marcel Cachin et pour l'adoption de la
résolution tendant à suspendre la détention du même député (1923).
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Bernard (Paul, Victor), né le 31 mai 1862 à Duperré (Algérie), mort le 16 octobre 1924 à Constantine.
Député de la Seine de 1898 à1902
Avocat, il est élu sous l'étiquette
de républicain socialiste indépendant. Membre de plusieurs commissions et
déposa des propositions de loi tendant à modifier la loi du 25 mai 1885 sur la
relégation (1899), à supprimer la peine corporelle en matière de simple police
(1899), etc, ...
Il soutint un amendement qui étendait l'application de la loi sur les accidents du travail aux ouvriers
des établissements militaires. Il demanda à interpeller le gouvernement sur les
conditions du transport des soldats envoyés en Chine
.
Bert (Paul) né à Auxerre (Yonne) le 19 octobre 1833, mort à Hanoï (Tonkin) le 11 novembre 1886
Représentant à
l'Assemblée nationale en 1872
Député de l'Yonne de 1876 à 1886 il prit place à l'extrême gauche.
Ministre de l'instruction publique et des cultes ( 15 novembre 1881 - 22
janvier 1882)
Licencié en droit, docteur en
médecine, docteur es sciences naturelles. Il siégea à l'extrême gauche.
Il fut rapporteur des loi Ferry sur l'enseignement primaire. Il défendit la
gratuité absolue attaquée par M. Beaussire, et insista sur le principe d'obligation
( qui fut le moins discuté)
Il est mort de choléra au Tonkin ou M. de Freyssinet l'avait nommé résident
général
Berteaux (Henry, Maurice ), né le 3 juin 1852 à Saint-Maur-des-Fossés, mort le 21 mai 1911 à Issy-les-Moulineaux.
Député de Seine-et-Oise
de 1893 à 1911
Ministre de la Guerre de 1904à 1905 et en 1911
Après de brillantes études, il fait
son service militaire dans l'artillerie. Il finira capitaine de réserve.
A peine âgé de 27 ans, il est titulaire d'une charge d'agent de change à la
Bourse de Paris et bientôt devient membre de la chambre syndicale de cette
corporation.
En 1888, il est élu conseiller municipal de Chatou et en devient le Maire trois
ans plus tard. Déjà sa courtoisie, la bienveillance qu'il témoigne à tous, son
attitude franche et loyale, le soin qu'il met à éviter les heurts inutiles lui
valent, dans son arrondissement, cette large popularité dont il a le goût. Il
est facilement élu député.
Il s'était présenté comme candidat radical socialiste et avait explicitement
fait siens les articles du programme radical : l'impôt global et progressif sur
le revenu, la séparation des églises et de l'État, la réduction de la durée du
service militaire, l'extension aux vieillards de l'assistance publique. A la
stupéfaction de son entourage - la famille Berteaux et lui-même appartenaient à
la bourgeoisie aisée - toutes ses sympathies vont vers l'aile gauche des
radicaux socialistes dont il deviendra en quelques années le chef incontesté.
Sans avoir une éloquence classique, il parle avec aisance et, grâce à son
habileté à manier les groupes et à travailler les couloirs, il a une action
indubitable sur la Chambre.
Il interviendra dans ses domaines d'excellence que sont les finances et les
affaires militaires. S'il déclara qu'en aucun cas il accepterait la charge de
Ministre des finances ( il avait conservé sa charge à la Bourse de Paris ) , il
fut deux fois ministre de la guerre. Très féru d'aviation, il prévoit que
celle-ci pourra apporter un puissant concours à la défense nationale et veut
l'élever au rang d'une arme autonome et redoutable.
Dans cet esprit, il encourage le sport aéronautique. Le 21 mai 1911, accompagné
du Président Monis , il assiste, à Issy-les-Moulineaux, au
départ de la course Paris-Madrid, organisé par le Petit Parisien. Tous deux
s'avancent au milieu de la piste quand un monoplan en difficulté, soudain,
s'abat. Monis est grièvement blessé, quant à Berteaux il est tué sur le coup,
décapité par l'hélice de l'appareil.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Berthoulat (Pierre, Louis, Félix, Georges, dit Georges-Berthoulat) il nait le 16
août 1859 au Châtelet (Cher), et meurt le 5 juillet 1930 à Paris
Licencié en droit, il est secrétaire général du Cantal lorsqu'il démissionne
pour une brillante carrière dans le journalisme. Il entre en politique pour
lutter contre le "radicalisme dreyfusard et le collectivisme
internationaliste".
Il prend une part active à la discussion sur le projet de séparation des
Églises et de l'État.
Adversaire ministère Combes, il demande, en 1903, l'organisation d'un
référendum sur la question du budget des cultes.
Berry (Jean-Baptiste, Marie, Georges ) né le 8 mars 1855 à Bellac (Haute-Vienne), mort le 13 avril 1915 à Paris
Député de la Seine de 1893 à 1915
Docteur en droit, inscrit au Barreau
de Paris. Il est chargé en 1881, par le Gouvernement de mener une enquête sur
l'organisation des oeuvres d'assistance en Angleterre, en Belgique, aux
Pays-Bas et en Allemagne. Poursuivant en France son étude sur le paupérisme, il
ne craint pas de se mêler pendant une certaine période au monde de mendiants et
de vivre en leur compagnie.
Président de plusieurs sociétés de bienfaisance, il manifeste ses
préoccupations sociales dans un certain nombre d'ouvrage.
D'opinions monarchistes, il se présente comme "républicain rallié".
Membre de la commission du travail et de diverses commissions spéciales, il
préside celle qui étudie les moyens de supprimer la mendicité et dépose
plusieurs propositions de lois. Il intervient sur le travail des femmes et des
enfants, des oeuvres d'assistance par le travail et des bureaux de placement.
Avocat, il demande la suppression des tribunaux inutiles et une réforme
judiciaire.
D'opinions libérales, il s'oppose tant au nationalistes qu'à la politique de
Combes. ; il s'opposa à la séparation des Églises et de l'État ; avant de finir
progressiste.
Berryer (Pierre Antoine) né à Paris le 4 janvier 1790, mort à Angerville (Seine-et-Oise) le 29 novembre 1868
Député de 1830 à 1848
Représentant du peuple aux Assemblées constituantes et législatives de
1848-1849
Député au Corps législatif de 1863 à 1868
Son père combattit ses aspirations
ecclésiastiques et lui fit faire son droit, parce qu'il avait décelé chez lui
des qualités d'orateur. Il eut pour répétiteur M. Bonnement, ancien membre de
l'Assemblée constituante.
C'était un royaliste pur et dur à l'esprit indépendant ; il fut adjoint à son
père pour la défense du maréchal Ney, fit l'éloge des républicains du Comité de
salut public ...
Le 7 août 1830 ( après les journées de juillet), il protesta à la Chambre
contre les faits accomplis, nia que les députés, en fait et endroit, eussent
qualité pour délibérer sur la vacance du trône et pour élire un nouveau roi. Il
prêta pourtant serment de fidélité mais n'en commença pas moins une guerre
acharnée contre la monarchie de Juillet. Profitant, dans l'intérêt de sa cause,
de l'origine révolutionnaire de cette monarchie, il entreprit de la pousser aux
conséquences extrêmes de la souveraineté populaire, et réclama, comme député de
l'opposition, l'application du jury aux délits de presse, la nomination des des
maires par les communes, l'abolition du cens.
Bienvenu-Martin (Jean-Baptiste) né le 22 juillet 1847 à Saint-Bris-le-Vineux
(Yonne), il y meurt le 10 décembre 1935
Député de l'Yonne de
1897 à 1905
Sénateur
de l'Yonne de 1905 à 1941)
Ministre
de l'instruction publique des Beaux-Arts et des Cultes de 1905 à 1906
Ministre
de la Justice de 1913 à 1914
Ministre
du Travail et de la prévoyance sociale en 1914
Docteur en droit, issu d'une famille modeste, il commença une brillante carrière administrative qui finit au Conseil État comme Maître des requêtes. Il commença alors une carrière politique, au siège de Paul Doumer, dans les rangs des républicains radicaux. Il siégea dans de nombreuses commissions
Blanc (Louis, Antoine), né à Bourdeaux (Drôme) le 14 avril 1838, mort à Bourdeaux le 24 octobre 1914 -Homonyme du théoricien socialiste de l'organisation du travail (1811-1882)
Député de la Drôme de
1892 à 1902
Sénateur de la Drôme de 1902 à 1914
Entrepreneur de voitures publiques,
il était partisan d'une politique vraiment démocratique et progressiste. Son
programme comportait : le maintien des lois scolaires, c'est à dire la laïcité,
la gratuité et l'obligation de l'enseignement; l'égalité de tous devant l'impôt
du sang et la réduction à deux ans du service militaire; la séparation des
Églises et de l'Etat et la suppression du budget des cultes; la réforme
administrative et l'épuration du personnel; la réforme judiciaire et la
réduction des frais de justice; l'étude des lois comportant l'amélioration du
sort des travailleurs; la création d'une caisse de retraites pour les ouvriers
infirmes ou âgés; l'encouragement aux sociétés de secours mutuels;
l'encouragement de l'agriculture et l'organisation d'un crédit agricole; la
réforme des impôts; la limitation de la politique coloniale à la conservation
des possessions actuelles sans conquêtes nouvelles; le renouvellement partiel
de la Chambre des députés.
Élu, il s'inscrivit au groupe radical-socialiste et fut membre de divers
commissions.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Blois ( Comte Georges, Aymar de ), né le 1er janvier 1849 à Huillé ( Maine-et-Loire ), mort le 12 mars 1906 à Paris
Sénateur du Maine-et-Loire de 1895 à 1906
Étant lui-même agriculteur, il
intervint dans la plupart des débats agricoles.
A voté contre la
loi sur le droit d'association
Boissieu ( Baron Guy de Salvaing de ) né à Beire-le-Châtel (Côte-d'Or) le 26 mai 1871, mort à Paris le 25 mai 1954
Député du Morbihan de 1902 à 1910
Officier sorti de Saint-Cyr, il est élu député et siège sous l'étiquette de "catholique libéral". Il se montre soucieux des dépenses de État, il proposa la réduction du crédit affecté au personnel des bureaux des cultes et la mise en adjudication de chasses de État car, en ce domaine, disait-il, "La République n'a pas à rivaliser avec les monarchies de l'Europe"
Boissy d'Anglas (François-Antoine, baron) petit fils du célèbre conventionnel, né à Paris le 19 février 1846, il y est mort le 21 janvier 1926
Député de l'Ardèche de
1877 à 1885 et de 1886 à 1889
Député
de la Drôme de 1889 à 1898
Sénateur
de l'Ardèche de 1903 à 1912
Se présenta la première fois au
électeurs comme républicain modéré et fit partie de la majorité en appuyant la
politique "opportuniste"; Il fut réélu, mais s'inscrivit à la gauche
radicale. Membres de diverses commissions, il manifesta une grande activité.
Au Sénat il était membre de plusieurs commissions et déposa en 1903 une
proposition de loi relative à la séparation des Églises et de l'État.
Bompard (Raoul), né à Gênes (Italie) le 17 décembre 1860, mort au domaine d'Aumont, par Senlis (Oise) le 11 septembre 1939
Député de la Seine de 1898 à 1902
Avocat, docteur en droit, il fut
secrétaire d'un sous-secrétaire d'Etat et à la Justice et conseiller à la cour de
cassation, ce qui le mit en contact avec les milieux politiques. Il adhéra au
parti radical.
Élu au Palais Bourbon, il s'inscrivit au groupe de l'Union progressiste. Il y
fut membre de la Commission de réforme judiciaire et de la Commission de
législation criminelle. Ses principaux travaux et ses interventions les plus
importantes eurent pour objet l'organisation judiciaire, les modifications du
Code pénal et de la justice militaire.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Bourgeois (Léon, Victor, Auguste), né le 29 mai 1851 à Paris, mort le 29 septembre 1925 au château d'Oger, près d'Epernay ( Marne )
Député de la Marne de
1888 à 1905
Sénateur
de la Marne de 1905 à 1925
Ministre
et Président du Conseil de 1888 à 1917
Président
de la Chambre de 1902 à 1904
Président
du Sénat de 1920 à 1923
Avocat de formation, il
élabora, avec le solidarisme , le programme
social et économique dont le parti radical avait besoin pour se distinguer à la
fois du libéralisme individualiste et du
socialisme collectiviste . Ses idées
furent exprimées dans une série d’articles publiés par la Revue nouvelle
en 1896, et qui furent ensuite réunis en volume sous le titre de
Solidarité (1896). Bourgeois devait également publier Essai d’une
philosophie de la solidarité (1902), L’Idée de solidarité et ses
conséquences sociales (1902) et La Politique de la prévoyance sociale
(1914). Une association pour la propagation des nouvelles idées fut fondée en
1895 sous le nom de Société d’éducation sociale; un congrès international sur
ce thème se réunit à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900.
Là ou la solidarité naturelle engendre injustices et inégalités, une
intervention correctrice s’avère nécessaire, suivant l’opinion de Bourgeois et
des tenants du solidarisme; elle prendra la forme du quasi-contrat, théorie qui
ne donne cependant au solidarisme qu’une précision apparente. Les obligations
du solidarisme peuvent en fait être résumées sous trois chefs: libre éducation
pour toutes les classes de la société; minimum de moyens d’existence pour
chacun; assurance contre tous les risques de la vie. Cette doctrine, qui eut
son heure de succès et dont on trouve des traces dans le synthétisme ou
syncrétisme de Walras, représente l’une des nombreuses variantes du "tiers
chemin" tant à l’honneur au début du siècle; elle fournit en tout cas sa
justification à un programme de réformisme social.
Il présidait depuis longtemps la Ligue de l'Enseignement lorsque lui fut attribué
en 1890 le Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Il contribua
à la reconstitution des universités en regroupant certaines facultés, à la
création de l'enseignement secondaire moderne, malgré son attachement à la
culture classique, à la réforme de l'enseignement primaire et à l'organisation
de l'enseignement post scolaire.
Il constitua un Cabinet le 1er novembre
1895 dont le programme politique proposait d'établir un impôt général sur le
revenu, d'organiser les retraites ouvrières et prévoyait le dépôt d'un projet
de loi sur les associations, première étape vers la séparation des Églises et
de l'État. Mais il n'eut pas la possibilité de l'appliquer. Le Sénat lui
manifesta plusieurs fois son hostilité jusqu'à provoquer son renversement le 23
avril 1896.
Son passage au Ministère du travail fut
marqué par le dépôt d'un projet de loi dont devaient découler les
dispensaires d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse. Il fit
voter les lois sur le repos hebdomadaire, sur les assurances du travail, sur
les biens de famille insaisissable, sur le salaire de la femme mariée ...
C'est dans son rôle d'apôtre de la paix
qu'il acquis son plus grand prestige. L'idée de droit maîtresse du monde
constituait son idéal et son but. C'est ainsi qu'il conçut l'arbitrage comme
moyen de règlement des conflits internationaux. Il exposa ses idées à la
Conférence internationale qui se tint à La Haye en 1899. Il proposa d'instituer
un tribunal souverain entre les nations. Il ne fut pas suivi. Il repris son
idée en 1907 à la deuxième Conférence de La Haye et réussit à faire accepter le
principe de l'arbitrage et son applications aux contestations portant sur les
clauses des conventions internationales. Il ne put obtenir l'adoption d'un
projet de traité obligatoire.
Lorsqu'en 1919 s'organisa la SDN , il fut tout naturellement porté à
sa présidence. Il tenta de mettre à la disposition de cet organisme une force
d'exécution pour appuyer ses décisions, sans lesquelles elles resteraient
vaines.
Il lança également l'idée d'un contrôle
international des armements, mais ne put réussir.
Au Sénat il siégeait sur les bancs de la gauche démocratique.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Boyer (Antoine, Jean-Baptiste, dit Antide), né le 26 octobre 1850 à Aubagne (Bouches-du-Rhône), mort le 24 juillet 1918 à Marseille
Député des
Bouches-du-Rhône de 1885 à 1909
Sénateur
des Bouches-du-Rhône de 1909 à 1912
Il appartint à divers commission
spéciales, et notamment à celle chargée de l'examen du projet et des
propositions de loi concernant la liberté d'association. Il se fit entendre sur le travail des femmes et des
enfants dans les établissements industriels , sur la création de nouvelles
classes d'enseignement primaire, des manifestations du 1er mai, des conseils de prud'homme, des syndicats
professionnels de patrons et d'ouvriers.
Innocenté, après avoir été compromis dans l'affaire de Panama
, il s'engagea, en 1897, dans les troupes grecques combattant contre les Turcs , fut blessé et rentra en France
pour se faire réélire en 1898. Se préoccupations ne changèrent pas
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Boysset (Charles, Guillaume), né le 29 avril 1817 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), mort le 22 mai 1901 à Paris
Représentant de la
Saône-et-Loire à l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876
Député de Saône-et-Loire de 1876 à 1901.
Avocat, il se fit connaître de bonne
heure pour se opinions républicaines. Nommé procureur de la République à Chalon
par le gouvernement provisoire de 1848, il fut révoqué par la réaction..
Il collabora au journal le Peuple de Proudhon.
Elu représentant à l'Assemblée législative de 1849, il siégea à la Montagne.
Arrêté lors du coup d'Etat, il fut incarcéré à Lyon et envoyé en exil.
Après le 4 septembre, il fut nommé maire de Chalon, puis commissaire du
gouvernement chargé d'organiser la défense dans les départements de la côte
d'Or et de Saône-et-Loire.
Député, il siégea dans la majorité républicaine, à la gauche radicale dont il
devint président et dont il rédigea le programme politique. A plusieurs
reprises il demanda la suppression du budget des cultes et des Facultés de
théologie.
Briand (Aristide) (Nantes, 1862 ; Paris, 1932),
. Cofondateur, avec Jaurès, du parti socialiste français
(1901), qu’il quitta en 1905, il fut 23 fois ministre (18 fois des Affaires
étrangères) et 11 fois président du Conseil. Après 1918, il s’attacha à
maintenir la paix (accords de Locarno avec l’Allemagne, 1925) et se montra
actif à la Société des Nations (le pacte Briand-Kellog, pacte de renonciation
générale à la guerre, fut signé en août 1928 par 60 nations). P. Nobel de la
paix 1926 avec G. Stresemann. © Hachette Livre, 1997
Brisson (Eugène, Henri ) né le 32 juillet 1835 à Bourges (Cher), mort le 13 avril 1912 à Paris
Représentant de la Seine
à Assemblée nationale de 1871 à 1876
Député
de la Seine de 1876 à 1885
Député
du Cher de 1885 à 1889
Député de
la Seine de 1889 à 1902
Député
des Bouches-du-Rhône de 1902 à 1912
Président
du Conseil et Ministre de la Justice de 1885 à 1886
Président
du Conseil et Ministre de l'Intérieur en 1898
Président
de la Chambre des Députés de 1881 à 1885,
de 1894
à 1898, de 1904 à 1905 et de 1906 à 1912.
Il appartint à diverses commissions :
affaire de Panama , budget, marine, enseignement.
Il prit part à de nombreux débats: budgets; la projet de loi tendant à réprimer
les menées anarchistes ; le projet de loi relatifs aux demandes d'autorisation
formées par les congrégations enseignantes; la proposition de loi sur le
contrat d'association; les projets et propositions de loi sur la séparation des
églises et de l'État.
Lors de la crise boulangiste , en 1889, il se
montra partisan de la défense républicaine. Il présida avec une parfaite
impartialité la commission d'enquête sur l'affaire de Panama
en 1893.
Par deux fois il tenta d'être élu à la présidence de la République. A la tête
d'un ministère il eut à se prononcer sur la révision du procès Dreyfus , mais les démissions successives des
ministres de la guerre ébranlèrent son Cabinet.
De 1899 à 1902, il soutint la politique de Waldeck-Rousseau
et se fit entendre dans les débats sur les projets et propositions de loi
concernant le contrat et le droit d'association.
Il se déclara, en dépit de son rôle d'arbitre, partisan des mesures dirigées
contre l'Etat-major et le clergé. Farouche défenseur de la laïcité, il se
prononça pour la rupture du concordat et contre les congrégations enseignantes.
Il mourut dans l'exercice de ses fonctions présidentielles au Palais de
Bourbon.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Buisson (Ferdinand , Édouard) né le 20 décembre 1841 à Paris , mort le 16 février 1932 à Thieuloy-Saint-Antoine
Député de la Seine de 1902 à 1914 et de 1919 à 1924
Issu d'une famille protestante de
mœurs austères, fils d'un juge au tribunal de Saint Etienne. Licencié en lettre
et agrégé en philosophie, il préfère s'exiler en Suisse plutôt que de prêter
serment à l'Empire
Après 1870 il est nommé inspecteur primaire à Paris ; il sera relevé de
ses fonction parce que Monseigneur Dupanloup l'accusera d'avoir manqué de
respect à la Bible et en fera un scandale à l’Assemblé nationale.
En 1878, il est nommé inspecteur général et collabore avec Jules Ferry à la
préparation des textes qui constitueront le statut de l'école laïque. Il
s'efforce d'orienter cet enseignement vers les principes démocratiques et la
neutralité religieuse. Il sera l'un des fondateur de la LIgue des droits de
l'homme dont il sera le président après la mort de Francis de Pressensé
Membre du groupe radical socialiste il soutint la politique du ministère Combes
et présida la commission relative à la séparation des Églises et de l’État
Après la guerre il reçut la présidence de la Ligue de l'Enseignement
Caillaux (Joseph, Pierre, Marie, Auguste)
né le 30 mars 1863 au Mans (Sarthe), mort le 21 novembre 1944
à Mamers (Sarthe)
Député de la Sarthe de
1898 à 1919
Sénateur de la Sarthe de 1925 à 1944
Ministre des Finances de juin 1899 à juin 1902, d'octobre 1906 à juillet
1909 et de mars à juin 1911
Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur et des Cultes de juin 1911 à
janvier 1912
Ministre des Finances de décembre 1913 à mars 1914 et d'avril à octobre 1925
Vice-président du Conseil et Ministre des Finances de juin à juillet 1926
Ministre des Finances de 1er au 6 juin 1935
Adjoint à l'Inspection général des
finances pendant dix ans. Ses convictions s'affirmèrent malgré l'aversion de sa
famille aux idées nouvelles. Lors de la crise boulangiste
, il se montra particulièrement opposé aux nationalistes et au parti clérical
et se félicita même d'avoir pu entraîner son père (ancien ministre) dans le
camp des anti-boulangistes.
Élu en 1898, dans sa profession de foi, il déclare d'emblée : "Je suis
profondément républicain non seulement parce que la république est le
gouvernement légal du pays, mais aussi parce qu'elle est l'expression la
plus large de la liberté, du droit et du progrès." Fidèle à ces principes,
il s'inscrit au groupe des Républicains progressistes (modérés) et devient
membre des Commissions des crédits, des colonies et de la législation fiscale.
Il a trente-cinq ans. A peine un an plus tard, il sera Ministre des Finances.
Grand travailleur, grand débatteur, il consacre son activité aux questions
fiscales. Il dépose une proposition de loi, présente des rapports. Il se fait
connaître et se lie avec quelques-uns uns des présents et futurs leaders
politique de l'époque : Paul Deschanel , Gaston Doumergue , Raymond Poincaré ,
Louis Barthou , Maurice Rouvier, Théophile Delcassé . Il présente à la commission de législation
fiscale un exposé comparatif sur les divers systèmes d'impôts sur le revenu, ce
qui lui vaut une notoriété déjà appréciable. Il manifeste sans ambiguïté ses
sentiments en faveur de Dreyfus ; ce fils du
Ministre de Mac-Mahon se range délibérément
parmi les éléments les plus à gauche.
Ministre des finances de Waldeck-Rousseau , il
mènera de nombreuses réformes sans toutefois aller jusqu'à engager les
hostilités à propos de l'impôt sur le revenu. Il refusera de travailler
avec Combes à qui il reprochera de faire de l' anticléricalisme un programme de
gouvernement. Il continuera son œuvre avec Clemenceau
, mais le Cabinet chutera sur le problème de l'impôt.
Il est appelé, par le président Fallières , à
constituer un cabinet qui chutera à cause de la question du Maroc : il se
méfie de l'alliance, alors très en vogue, avec la Russie, et manifeste sa
sympathie avec l'Allemagne avec laquelle il cherche à conclure un accord. De
nouveau Ministre des finances de Gaston Doumergue , il
devra démissionner après que son épouse ait tué d'un coup de revolver le
directeur du Figaro.
Ses ennemis politiques utilisèrent ses sympathies pro- allemandes pour le
faire condamner, après la guerre, pour haute trahison. Il du attendre une loi
d'amnistie et sa complète réhabilitation pour entrer, toujours aux finances
dans le cabinet Painlevé . Il s'efforça de stabiliser
les comptes, reniant pratiquement l'impôt sur le revenu et se déclarant cette
fois adversaire de l'impôt sur le capital préconisé par les socialistes.
A la chute du gouvernement, il reprit sa place au sein du groupe de la gauche
démocratique du Sénat, mais cette fois à la droite du parti radical. Briand lui demandera une nouvelle fois, en 1926 de prendre
le portefeuille des finances. L'hostilité de la gauche provoquera sa chute.
Il est resté toute sa vie fidèle à la collaboration franco-allemande, tout en
ne cachant pas son aversion pour les idées hitlérienne. Il a voté les pleins
pouvoirs au Maréchal Pétain .
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Casse (Eugène,
François,Germain), né le 23 septembre à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe),
mort le 9 décembre 1900 en Avignon (Vaucluse)
Représentant de la
Guadeloupe à l'Assemblée Nationale de 1873 à 1876
Député de la Guadeloupe de 1876 à 1889
Castellane (Boniface, Marie, Ernest, Paul, comte de) né le 14
février 1867 à Paris, il y meurt le 20 octobre 1932
Député des Basses-Alpes de 1898 à 1910
Descendant d'une illustre famille, il
épousa la fille du "roi" des chemins de fer américains
Anti-dreyfusard, mais non anti-sémite, il soutenait l'armée. Il critiqua la
politique antireligieuse des gouvernements et se prononça contre la séparation
des Églises et de État qui était à ses yeux un projet de "destruction de
l'Église par État". Ruiné par son divorce, poursuivi pas ses créanciers,
il parvint à rembourser ses dettes grâce à ses connaissances artistiques : il
revendit cher des meubles et des objets que ses dons d'antiquaire lui faisait
découvrir ; il refit même fortune.
Castelneau (Marie,Joseph, Léonce marquis de Curière de) né le 10 juin
1845 à Sainte-Affrique (Aveyron), mort le 29 mai 1909 à Paris
Député de l'Aveyron de 1902 à 1909
Avocat, ancien bâtonnier il se consacra à la Chambre essentiellement aux questions juridiques. Il combattit vigoureusement la séparation des Églises et de l’État.
Cazeneuve ( Paul, Jean-Baptiste) né le 10 janvier 1852 à Lyon (Rhône),
mort le 30 mars 1934 à Paris :
Député du Rhône de 1902
à 1909
Sénateur
du Rhône de 1909 à 1920
Scientifique, brillant universitaire, il publie plusieurs ouvrages de chimie. Il se laisse attirer par la politique et se présente comme radical. Élu, il déposa de nombreuses propositions de loi dans des domaines où il excellait.
Chambrun (Charles, Louis, Antoine, Pierre, Gilbert, Pineton de ), né le 11 juin 1865 à Paris, mort le 24 août 1954 à Marvejols (Lozère)
Député de la Lozère de
1898 à 1933
Sénateur de la Lozère de 1933 à 1941
Délégué à l'Assemblée Consultative provisoire de 1944 à 1945.
Petit-neveu du Général de Lafayette.
Il appartint d'abord, à la chambre, au groupe Républicain progressiste, pour
devenir non-inscrit en 1914, puis Républicain de gauche de 1919 à 1928,
Député indépendant de 1928 à 1932, enfin non inscrit de 1932 à 1933. Il siégea
dans de nombreuses commissions, notamment celle du droit d'association (1898)
et il se fit entendre au cours de la discussion du projet et des propositions
de loi concernant le contrat et le droit d'association. Il eut bien d'autres
fonctions au cours de ses mandats.
Le 10 juillet 1940, à Vichy, fidèle à la tradition républicaine des Chambrun,
il fut le seul Sénateur à se prononcer contre la révision de la Constitution,
et fut du nombre des 80 parlementaires qui refusèrent les pleins pouvoirs au
Gouvernement du Maréchal Pétain .
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Charmes (Marie, Julien, Joseph, François, dit Francis) né le 21 novembre 1848 à Aurillac (Cantal) mort le 4 janvier 1916 à Paris.
Député du Cantal de 1881
à 1885 et de 1889 à 1898.
Sénateur du Cantal de 1900 à 1912.
Il s'intéressa à la réglementation du
travail parlementaire, fit parti de nombreuses Commissions, s'intéressant plus
particulièrement aux affaires étrangères.
Au Sénat, où il siégea à la gauche républicaine, il proposa, dans la discussion
de la loi sur les congrégations, que les autorisations demandées fussent
données par décrets, mais il n'eut pas gain de cause (1901)
Le 6 mars 1908, il fut élu membre de l'Académie française, au fauteuil laissé
vacant part la mort de Marcellin Berthelot.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Cassagnac (Paul, Adolphe de Granier de), né à la Guadeloupe le 2 décembre 1842, mort à Saint-Viâtre (Loir-et-Cher) le 4 novembre 1904
Député du Gers de 1876 à 1893 et de 1898 à 1902
Catholique ardent, hostile à la
politique de ralliement préconisé par Léon XIII,
il s'en prend, tant à la tribune que dans son journal L'autorité , au
Gouvernement républicain : il avait inventé la théorie du "n'importequisme
", voulant dire que n'importe qui ou n'importe quoi étaient préférable à
la République.
Ses multiples interventions furent toujours véhémentes.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Chabert (Marie, Charles , Baptiste, Alexandre), né le 16 décembre 1852 à Saint-Donat-sur-l'Herbasse (Drôme), mort le 30 septembre 1923 à Saint-Donat-sur-l'Herbasse.
Député de la Drôme de
1899 à 1908
Sénateur de la Drôme de 1908 à 1923
Militant dans les rangs
du parti radical socialiste, il fut élu député avec le programme suivant :
abrogation de la loi Falloux ; impôt progressif
sur le revenu ; réduction à deux ans du service militaire ; lois d'assistance
et de solidarité sociale ; réduction des dépenses ; protection de
l'agriculture, du petit commerce et de la petite industrie ; amélioration des
chemins de fer ; suprématie absolue du pouvoir civil sur tous les autres
pouvoirs ; respect absolu de la liberté de conscience et laïcité de
l'Etat.
Il demanda, lors de la discussion du budget de la Justice de l'exercice 1901,
la suppression des "messes rouges" lors de la rentrée des tribunaux.
Il soutint constamment la politique des Ministères Waldeck-Rousseau
, Combes , Rouvier, Clemenceau
et vota
notamment la loi sur les associations (1901), la loi interdisant tout enseignement aux congrégations
(1904), la séparation des Églises et de l'Etat (1905), la loi militaire sur le
service de deux ans (1905), la loi d'assistance aux vieillards et aux
incurables.
Chautemps ( François, Émile ), né le mai 1850 à Valleiry ( Haute-Savoie), mort le 10 décembre 1918, à Paris
Député de la Seine de
1889 à 1897
Député de la Haute-Savoie de 1897 à 1905
Sénateur de la Haute-savoie de 1905 à 1918
Ministre de Colonies du 26 janvier au 1er novembre 1895
Ministre de la Marine du 9 au 13 juin 1914
Docteur en médecine venu s'établir à
Paris. Candidat républicain radical socialiste aux élections de 1889, il mit en
tête de son programme : la révision de la Constitution dans le sens le plus
démocratique, par une Assemblée Constituante ; la suppression du Sénat et de la
Présidence de la République ; la liberté de la presse, de réunion et
d'association garantie par la Constitution ; la suppression du budget des
cultes, le retour à la Nation des biens de mainmorte
; la justice gratuite, la magistrature élective ; le droit de l'enfant à
l'instruction intégrale (instruction laïque et gratuite ) ; le service
militaire obligatoire pour tous ; la substitution progressive des milices
nationales aux armées permanentes ; etc.
En matière économique, il réclamait la suppression des octrois et des taxes de
consommation,
l'impôt unique et progressif sur le revenu, la révision des contrats ayant
aliéné la propriété publique (mines, canaux, chemin de fer ) ; la
création d'une caisse de retraite pour les vieillards et les invalides du
travail, le droit à l'assistance pour toute personne incapable de travailler ;
la suppression de l'intervention du patron dans l'administration de Caisses
ouvrières ; la réorganisation de la Banque de France, le crédit au travail,
etc.
Il participa à de très nombreux débats et prit l'initiative de nombreuses
propositions de loi. Il
resta fidèle toute sa vie au groupe radical-socialiste. Au Sénat, il était
inscrit au groupe de la gauche démocratique. Il était le père de Camille
Chautemps.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Chauveau (Frank, Joseph, Charles ) dit Franck-Chauveau, né le 1er septembre 1846, mort le 30 mars 1921.
Député de l'Oise de
1876 à 1885
Sénateur de l'Oise de 1888 à 1906
Il fut secrétaire, puis
vice-président du Sénat. Il intervint dans de nombreux débats. Il vota contre
le général Boulanger et prit, en 1896,
l'initiative de la résistance au Ministère de Léon Bourgeois
, dont l'hostilité du Sénat provoqua la chute.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Chauvière (Emmanuel, Jean, Jules ), né le 13 août 1850 à Gand (Belgique), mort le 2 juin 1910 à Paris.
Député de la Seine de 1893 à 1910.
Né en Belgique de parents français
(son père était directeur des travaux du chemin de fer d'Alost à Gand) Emmanuel
Chauvière travailla d'abord comme correcteur d'imprimerie, mais installé à
Paris, débuta de fort bonne heure dans l'action politique. En 1868, disciple de
Blanqui , il prit part à la manifestation Baudin , et fut condamné à un mois de prison pour blessure à
agent ; en 1869, il eut une nouvelle condamnation à six mois de prison pour
avoir prononcé un discours contre le gouvernement impérial, mais fut amnistié
le 15 août.
Sergent-major des francs-tireurs de l'Ile-de-France pendant le siège de Paris,
il fut, après l'armistice, garde national au 82è bataillon. Secrétaire du
général de la Commune Duval, qui fut pris les
armes à la main, le 4 avril 1871, au plateau de Châtillon, il fut condamné à
cinq ans de prison et cinq ans de surveillance, mais réussit à gagner la Belgique.
A Bruxelles, il exerça des professions diverses, fonda le journal Les droits
du Peuple, et organisa l'Association des Cercles réunis . Lors de
l'amnistie, il revint à Paris et trouva une place à l'Imprimerie Nationale. Il
fonda l' Association des chevaliers du travail et collabora au Cri du
Peuple, à La Lanterne, à l'Homme libre , à La petite
République.
Il retourna en Belgique pour y propager les idées socialistes ; il en fut deux
fois expulsé.
Son programme de candidat à la députation se résumait ainsi : " Triomphe
de la République en Europe avec ses conséquences ; décentralisation
administrative, autonomie de la Commune, sauf pour tout ce qui peut nuire à
l'unité nationale ; intervention de l'Etat en faveur des essais d'émancipation
des socialistes et des républicains, partout où ces efforts se produisent ;
Etats-Unis d'Europe ; armement général du peuple, bataillons d'adultes,
suppression des armées permanentes ; organisations régionales et communales des
milices ; permanence des cadres utilisés à des opérations administratives ou à
des travaux publics ; liberté absolue d'association ; laïcisation absolue
partout et en tout ; droit commun pour tous ; mandat impératif inscrit dans la
loi ; toute-puissance des assemblées primaires légalement autorisées.
Utilisation du privilège financier de la Chambre pour réduire le Sénat ou
application du référendum libre pour connaître le sentiment des citoyens
électeurs."
Inscrit au groupe des socialistes révolutionnaires, il appartint à diverses
Commissions et manifesta une grande activité en faveur de la classe ouvrière.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Chenavaz (Octave, Pierre, Léonce), né à Saint-Etienne-de Saint-Geoirs (Isère), le 15 juillet 1855, mort à Paris le 6 juillet 1912.
Député de l'Isère de 1895 à 1910
Son père était Notaire et Conseiller
Général. Il fit de sérieuses études juridiques, s'inscrivit au barreau de
Grenoble puis devint attaché au Parquet. Il deviendra, en 1886, attaché au
Ministre du Commerce.
Comme son père il se fait élire conseiller général de l'Isère et ses
compatriotes le portent à la Mairie de son village natal en 1992. Il sera élu
député après plusieurs tentatives infructueuses.
Républicain radical anticlérical, il inscrivit dans son programme, outre la
consolidation de la République démocratique, une protection efficace de
l'agriculture, l'institution d'un impôt général et progressif sur le revenu, la
séparation des églises et de l'Etat.
Il se montra particulièrement ardent dans la lutte anticléricale.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Clamageran (Jean-Jules), né le 29 mars 1827 à la Nouvelle-Orléans (Etats-Unis), mort le 4 juin 1903 à Limours (Seine-et-Oise)
Sénateur inamovible de
1882 à 1903
Ministre de Finances du 6 avril 1885 au 7 janvier 1886
Juriste et économiste, il est né à la
vie politique avec la République de 1848 et fit au régime impérial une
opposition d'autant plus résolue que son patriotisme était désintéressé et
qu'il sentait que la perte de la liberté conduirait un jour à la catastrophe.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Clemenceau (Georges, Eugène, Benjamin), né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), mort à Paris le 24 novembre 1929.
Représentant de
l'Assemblée Nationale de 1871 à 1876
Député de la Seine de 1876 à 1885
Député du Var de 1885 à 1893
Sénateur du var de 1902 à 1920
Ministre de l'Intérieur du 14 mars au 19 octobre 1906
Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur du 25 octobre 1906 au 20
juillet 1909
Président du Conseil, Ministre de la Guerre du 16 novembre 1917 au 18
janvier 1920
Issu d’une famille de la bourgeoisie
vendéenne de tradition républicaine, Georges Clemenceau fait des études de
médecine, séjourne de 1865 à 1869 aux États-Unis avant d’entrer véritablement
dans la carrière politique. Maire de Montmartre en septembre 1870, puis du
XVIIIe arrondissement, il est élu le 8 février 1871 député à l’Assemblée
nationale, y siège à l’extrême gauche et en démissionne pendant la Commune. La
même année, il devient conseiller municipal, puis président du conseil
municipal de Paris en 1875. Il est élu député dans le XVIIIe arrondissement en
1876 sur un programme comportant : suppression de l’état de siège, instruction
primaire obligatoire et laïque, séparation des Églises et de l’État. Après
1877, il se sépare des opportunistes et dirige le petit groupe d’extrême gauche
d’où sortira le Parti radical. La violence de ses discours et l’adresse de son
intelligence font de lui un "tombeur de ministères" : celui de Gambetta , puis celui de Ferry , au
nom du patriotisme intégral contre la politique coloniale. Il fonde un journal
: La Justice. À partir de 1885, il représente le Var à l’Assemblée. Il soutient
la carrière politique du général Boulanger à
ses débuts. À la fois autocrate et libertaire, il multiplie les mots et les
duels. En 1893, il est battu aux élections après avoir été impliqué dans le
scandale de Panamá . Éditorialiste à L’Aurore, le
12 janvier 1898 il y publie la lettre de Zola "J’accuse", à propos de
l’affaire Dreyfus . En 1902, le Var l’envoie au
Sénat, qu’il a violemment combattu : "Le Sénat [...] c’est la résistance
au mouvement, l’immobilité, la réaction". Dans le cabinet Sarrien (1906), il est ministre de l’Intérieur.
La même année, le "Jacobin" Clemenceau accède à la présidence du
Conseil et appelle à son gouvernement le socialiste indépendant Viviani pour qui il crée le ministère du Travail chargé
d’appliquer une série de réformes dans le sens de la justice sociale
(limitation du temps de travail, assurance vieillesse). Le nouveau président a
un vaste plan de réformes pour tous les secteurs de la vie nationale, et il est
appuyé par une écrasante majorité du Bloc des gauches à la Chambre. Mais la
C.G.T., où les "révolutionnaires" viennent de triompher des
"réformistes", suscite contre lui une vague de grèves. Celui qui
s’est proclamé le "premier des flics" ne supporte pas cette agitation
et la réprime durement. Vignerons du Midi, instituteurs, fonctionnaires, armée
protestent à leur tour, et les socialistes se désolidarisent des radicaux qui
rendent leur chef responsable de cette cassure. Ne voulant ni se rapprocher de
la droite, ni pratiquer la politique demandée par la gauche, et brouillé avec
Jaurès qui est devenu le porte-parole de celle-ci, Clemenceau, muré dans son
intransigeance, est renversé en juillet 1909 par ceux qu’il appelait avec
mépris les "muets du sérail" (radicaux).
Il entre en 1909 dans l’opposition, aux côtés de Caillaux
et de Briand . Il fonde un nouveau journal, L’Homme
libre, qui devient bientôt L’Homme enchaîné, et dans lequel il combat tous les
gouvernements qui se succèdent jusqu’en 1917. Mais, le 16 novembre 1917, il
prend la direction du gouvernement et "fait la guerre". Sa popularité
est immense et, pour une génération d’hommes, il incarne l’histoire même de
notre pays. À la chute du cabinet Painlevé , Poincaré fait le "choix inévitable" de celui dont
le programme se résume en une phrase : "Je fais la guerre".
Churchill, qui était présent le jour de la présentation de son gouvernement à
la Chambre, écrira : "Tout autour de lui était une assemblée qui eût tout
fait pour éviter de l’avoir là, mais qui, l’ayant mis là, sentait qu’elle
devait obéir."
L’Action française soutient celui qui est maintenant, pour elle, le vieux
chouan. La S.F.I.O. le redoute depuis qu’elle l’a connu ministre de l’Intérieur
et briseur de grèves. Monarque pour les uns, comité de salut public pour les
autres, Clemenceau entreprend la lutte sur le front de l’intérieur comme de
l’extérieur. Malvy qui, comme ministre de l’Intérieur dans les précédents
cabinets, s’était solidarisé avec les manifestations défaitistes, est banni sous
l’accusation de forfaiture ; Caillaux est lui aussi emprisonné pour avoir
"parlé" avec les Allemands. Clemenceau visite le front, soutient le
moral des troupes, se bat avec les Alliés pour imposer aux armées le
commandement unique de Foch, défend encore celui-ci devant la Chambre lors de
la dernière contre-offensive en été 1918. La suprématie du civil sur le
militaire, c’est lui et lui tout seul et, s’il a des comptes à régler avec ses
généraux, il le fait loin des oreilles parlementaires. Le "Tigre" est
devenu le "Père la Victoire".
Le 11 novembre 1918, il donne lecture à la Chambre de la convention
d’armistice. Il y est acclamé, et les députés proclament qu’il a "bien
mérité de la patrie". Président de la Conférence de la paix, il s’oppose
souvent à Wilson et à Lloyd George. Pour Clemenceau, l’Allemagne doit payer,
réparer, restituer. Il faut démanteler cet ennemi héréditaire. Mais, si
Clemenceau obtient la restitution de l’Alsace-Lorraine, il échoue pour la rive
gauche du Rhin, ne reçoit pour la Sarre qu’une concession provisoire. Et si le
principe des "réparations" est retenu, le montant n’en est pas fixé.
Clemenceau semble avoir compté sur la garantie américaine pour maintenir le
nouvel équilibre européen imposé par le traité de Versailles. Sa renommée est
alors universelle. En 1920, la coalition des habiles et des inquiets, autour de
Briand, l’écarte de la présidence de la République. Clemenceau présente la
démission de son gouvernement le 18 janvier 1920. Il quitte la scène politique
et se retire dans son village de Vendée, après une présence politique qui a
marqué un demi-siècle.
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Cochin (Denys, Pierre, Augustin, Marie ), né à Paris le 1er septembre 1851, mort à Paris le 24 mars 1922
Député de la Seine de
1893 à 1919
Ministre
d'Etat de 1915 à 1916
Sous-secrétaire
d'Etat aux affaires étrangères (Blocus) de 1916 à 1917
En 1870, il s'engagea, fut nommé porte
fanion de Bourbaki dans la campagne de l'Est. Après la guerre, il passa une
licence ès lettres et une licence en droit. Il chercha longtemps son chemin.
Bien qu'il accordât la prééminence à la science et à la philosophie sur la
politique - "La politique, écrivait- il, me paraît la servante des autres
œuvres de l'intelligence humaine, un Colbert me fait l'effet d'un respectable
et utile intendant chargé de tenir convenablement la maison où travaille un
Descartes"- il jugea de son devoir de se lancer dans la mêlée pour
défendre les grandes cause qui lui étaient chères. Mais le mandat politique fut
pour lui un moyen et non une fin et il n'accepta jamais la moindre
compromission. Après des échecs en 1877 puis de 1885 il aurait pu devenir
député en 1889 s'il ne s'était ouvertement déclaré adversaire de l'alliance des
conservateurs avec le boulangisme qu'il jugeait menaçante pour les libertés
parlementaires. Ses méditations le conduisirent un jour à considérer la
monarchie parlementaire comme le meilleur système pour assurer le libéralisme
pratique. Il se classa donc dans l'opposition de droite, mais il se sentait
incapable de faire une opposition systématique à la république s'il la jugeait
gouvernée par des hommes modérés, libéraux et intègres. Il concevait la
politique non comme un duel de personnalités, mais comme un duel d'idées et il
savait rendre justice à ses adversaires quand ils soutenaient des thèses ou
prenaient des décisions qu'il trouvait justes.
Il intervint pour le développement des
sciences et de leur enseignement, déposa entre autre, une proposition tendant à
l'abolition de l'esclavage à Madagascar (1896). Il aborda à la tribune tous les
grands problèmes du moment et fut l'un des orateurs les plu écoutés de la
droite libérale : politique étrangère, spécialement les question d'Orient,
défense de l'église, des congrégations religieuses et des libertés scolaires.
Certains de ses discours eurent de grands retentissements : sur les massacres
en Arménie , sur le statut de la Crête , sur les affaires marocaines.
dans la querelle religieuse, s'il fut toujours d'une intransigeance absolue sur
les principes et s'opposa vivement aux cabinets Waldeck
Rousseau et Combes , toute surexcitation des passions
lui déplaisait.
Il fut élu membre de l'Académie
française en 1911 où il succéda à Albert Vandal.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Cochin (Henri, Denis, Benoist, Marie), né le 31 janvier 1854 à Paris, mort le 9 décembre 1926 à Paris
Député du Nord de 1893 à 1914
Il s'engagea à 17ans, en 1871,
pour la défense de Paris, puis participa à la répression de la Commune . Licencié en droit et en lettres, il fut
attaché à la direction de la presse au Ministère de l'Intérieur dans le
troisième Cabinet de Broglie , dit Ministère du 16 mai , il démissionna de cet emploi lorsque
le Gouvernement fut contraint de se retirer après les élections d'octobre 1877.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Codet (Jean , Julien, Augustin) né le 24 juillet 1852 à Saint-Junien (Haute Vienne), mort le 10 octobre 1920 à Brides-les-Bains (Savoie)
Député de la
Haute-Vienne en 1881 (invalidé) puis de 1883 à1885 et de 1893 à 1909
Sénateur de la Haute-Vienne de 1909 à 1920
Après ses études de droit, il entra dans l'administration préfectorale qu'il
quitta pour s'engager dans la grande industrie papetière, puis dans la
politique.
Affirmant qu'il n'était le candidat d'aucune coterie et faisant appel à tous
les républicains sincères, il se prononça pour l'application du programme
réformiste tracé par Léon Bourgeois au nom du parti démocrate progressiste.
Son activité parlementaire fut intense : rapportant plusieurs lois en discutant
plusieurs autres. Il soutint fidèlement le Ministère Waldeck-Rousseau et vota
la loi sur les associations dont il en demanda la modification en 1902 en déposant une proposition de loi.
En 1905, il fut l'un des auteurs des amendements qui firent mettre gratuitement
et pour une durée illimitée à la disposition du culte
Au Sénat, où il siégea à la gauche démocratique, il fut tout aussi actif en
intervenant sur les retraites ouvrières et paysannes, l'impôt général sur le
revenu .....
Colin (Maurice,
Pierre) né le 11 janvier 1859 à Lyon, il y meurt le 9 septembre 1920
Député d'Alger de 1902
à 1912
Sénateur
d'Alger de 1912 à 1920
Agrégé en droit, il est l'auteur
d'importants travaux de jurisprudence. Élu contre M. Édouard Drumont ( député
sortant), il s'inscrit au groupe de l'union démocratique et fut membre de divers
commissions ( dont celle de la réforme judiciaire). Il se disait républicain
sans autre épithète et déposa plusieurs propositions de loi
En tant que sénateur il s'inscrivit à l'union républicaine. Il parla en 1919 de
l'accession des indigènes algériens aux droits politiques.
Combes (Émile, Justin, Louis ), né le 6 septembre 1835 à Roquecourbe (Tarn), mort le 24 mai 1921 à Pons (Charente-Inférieure)
Sénateur de la
Charente-Inférieur de 1885 à 1921
Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-arts et des Cultes
du 1er novembre 1895 au 23 avril 1896.
Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur et des Cultes
du 7 juin 1902 au 18 janvier 1905.
Ministre d'Etat du 29 octobre 1915 au 12 décembre 1916.
Fils d'un tailleur devenu tisserand,
il fit ses études au petit séminaire de Castres (Tarn) et les poursuivit à
Paris à L'école des Carmes, puis entra à la Sorbonne pour réussir une licence
ès lettres. Élève au grand séminaire d'Albi, il devint professeur au collège de
l'Assomption de Nîmes. Il reçut le diplôme de docteur ès lettres en 1860. Il
abandonna alors l'état ecclésiastique auquel il semblait jusque là voué.
Se fixant à Paris, il y fit ses études de médecine et ouvrit un cabinet médical
à Pons où il exerça de 1868 à 1885. Il s'y occupa également de politique.
Dès lors, sa rupture avec l'Église catholique fut consommée et c'est avec les
idées républicaines les plus avancées qu'il se présenta, sans succès, aux
élections générales législatives de 21 août 1881.
A peine élu sénateur, il s'assure vite une place importante par son inlassable
activité et son dévouement à la chose publique. Siégeant au groupe de la gauche
démocratique, dont il devint le président, il se spécialisa d'abord dans les
questions d'enseignement et s'intéressa également au projet de loi relatif à
l'exercice de la médecine.
Au moment de l'affaire Dreyfus , il s'affirma un
des partisans les plus déterminés à la révision du
procès et entreprit dans le pays, dans la presse et au Parlement, une lutte
passionnée pour la "défense républicaine et laïque". Il intervint
dans le débat concernant les associations.
Après les élections générales législatives de 1902 qui marquèrent le triomphe
de la politique de Waldeck-Rousseau , celui-ci
abandonna le pouvoir et désigna Émile Combe pour lui succéder.
Ce fut incontestablement la grande période de sa vie. Il ne se contenta pas
seulement de poursuivre la politique de son prédécesseur, il l'accentua
fortement dans le sens de la lutte anticléricale. S'appuyant sur la loi du 1er
juillet 1901 sur les congrégations non autorisées, il en poursuivit
inexorablement l'application pour arriver à la suppression complète de
l'enseignement congréganiste. Il s'appuya sur une majorité républicaine et
laïque appelée "Le Bloc" composée des éléments socialistes, des
groupements d'instituteurs et de la franc-maçonnerie
. Il fit fermer des centaines d'établissements enseignants et fit repousser par
la Chambre les demandes présentées par les congrégations non autorisées pour
obtenir l'autorisation. Il fit enfin voter, le 7 juillet 1904, la loi qui
interdisait l'enseignement à toutes les congrégations. La rigueur qu'il porta
dans l'application de cette loi amena Waldeck-Rousseau
à protester, vainement d'ailleurs : il n'admettait pas que l'on transformât une
loi de contrôle en loi d'exclusion.
Il entra ensuite dans un violent conflit avec le pape au sujet de la nomination
des évêques de Dijon et de Laval et finit par rompre les relations
diplomatiques avec le Vatican. Il entreprit alors la séparation des Églises et
de l'Etat, mais n'eut pas le temps de mener son projet à bien. Son Cabinet fut
obligé de démissionner le 18 juillet 1905 à la suite des remous causés par
l'affaire des fiches qui avait déjà amené le général André à se retirer le 15
novembre 1904.
C'est sous son ministère que se fit le rapprochement avec l'Italie et que se
scella l'entente cordiale avec l'Angleterre.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Cuverville (Amiral Jules, Marie, Armand de Cavelier de ), né le 28 juillet 1834 à Allineuc ( Côtes-du-Nord), mort le 14 mars 1912 à Paris
Sénateur du Finistère de 1901 à 1912
Élu après une longue et brillante
carrière militaire, il participa à tous les débats traitant du domaine
maritime, fluvial, du domaine militaire en général et des colonies. Il défendit
les congrégations .
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Dansette ( Jules, Auguste, Joseph) né le 17 septembre 1857 à Armentières (Nord), mort le 30 mars 1917 à Paris
Député du Nord de 1895 à 1917
Issu d'une famille de grands
filateurs, licencié en droit, il renonce aux affaires familiales pour entamer
une carrière politique. Il se posait en adversaires des radicaux et des
socialistes qu'il qualifiait de "sectaires" et de
"révolutionnaire", tout en se déclarant partisan de réformes sociales
progressives.
Socialement, il se réclamait de l'école des catholiques -sociaux - après s'être
inscrit pour commencer au groupe progressiste et au groupe des républicains
indépendants - il était en matière économique un partisan résolu du
protectionnisme.
Decrais (Albert, Pierre, Louis), né le 18 décembre 1838 à Bordeaux (Gironde), mort le 27 février 1915 à Mérignac (Gironde)
Député de la Gironde de
1897 à 1903
Sénateur
de la Gironde de 1903 à 1915
Ministre
de Colonies du 22 juin 1899 au 3 juin 1902
Jeune avocat, il préféra une carrière
administrative avant d'entrer dans la diplomatie où sa carrière fut aussi
brillante que dans l'administration préfectorale.
Au palais Bourbon, son activité fut exclusivement consacrée aux affaires étrangères
: affaire greco-turc , etc, ...
En tant que ministre des colonies, il eut à gérer les grèves agricoles en
Martinique, les événements du Soudan, l'implantation française à Madagascar.
Au Sénat, il refusa de suivre le ministère Combes dans
son application de la loi sur les associations, loi dont il affirmait avoir
participé à la rédaction et qu'il trouvait dévoyée. Il déclarait être pour la
liberté de l'enseignement contrôlée par l'Etat.
Sa dernière intervention parlementaire porta sur l'institution au Sénat d'une
commission permanente des Affaires étrangères et coloniales analogue à celle
qu'avait instituée la Chambre des Députés
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Dejante (Victor, Louis) né le 28 décembre 1850 à Charonne (Paris 20è), mort le 7 décembre 1927 à Paris.
Député de la Seine de 1893 à 1919 et de 1924 à 1927.
Ouvrier chapelier depuis l'âge de 9
ans, il va rapidement militer dans les rangs socialistes et, en 1876, adhère au
parti ouvrier. En 1880, il fonde la Société générale des ouvriers chapeliers de
France, puis appartient au Secrétariat national du Travail, première ébauche de
ce qui deviendra le Comité confédéral de la Confédération générale des
Travailleurs.
Si, en 1893, son programme électoral est plus une charge contre son adversaire
qu'un véritable programme, il fait siennes, lors des législatures qui vont
suivre, les professions de foi du parti ouvrier socialiste révolutionnaire, du
parti socialiste de France et de la toute jeune Section française de
l'Internationale ouvrière, la S.F.I.O.
Il siégea à la Chambre avec les socialistes et eut une activité considérable;
il fut de ceux qui déposèrent le plus de propositions et appartint à de
nombreuses Commissions, spécialement celle du Travail, de l'Amnistie, des
Associations et des Congrégations et de celle relative à la séparation des
Églises et de l'Etat.
Adversaire résolu "du sabre et du goupillon" et champion du progrès
social, il ne manqua aucune occasion d'affirmer et de défendre ses convictions;
son antimilitarisme le conduisit à demander la suppression de toutes les écoles
à caractère militaire, et son anticléricalisme à réclamer la suppression des
cérémonies religieuses à caractère public.
A quelque titre qu'il intervienne, Intérieur, Justice, Guerre, Guerre, Marine,
Colonies, Travaux
publics, Commerce et Industrie, etc ... Il saisira l'occasion de se faire le
champion de l'amélioration du sort des petits et des humbles et tentera de
faire une réalité de son programme de progrès social.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Delafosse ( Jules, Victor) , né le 2 mars 1843 à Pontfarcy (Calvados) mort le 31 janvier 1916 à Paris
Député du Calvados de 1878 à 1898 et de 1902 à 1916
Bonapartiste, il fut élu sur une liste conservatrice. Il ne manqua jamais une occasion de protester contre la politique coloniale des gouvernements
Delcassé (Théophile) (Pamiers, 1852 ; Nice,
1923), homme politique français. Ministre des Affaires étrangères (1898-1905),
il fit sortir la France de son isolement: accords avec l’Italie, renforcement
de l’alliance franco-russe (1900), et surtout Entente cordiale avec la G.-B.
(1904). © Hachette Livre, 1997
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Deluns-Montaud ( Pierre ) né le 5 juin 1845 à Allemans-du-Dropt (Lot-et-Garonne), mort le 8 novembre 1907 à Paris
Député du
Lot-et-Garonne de 1879 à 1898
Ministre des Travaux publics du 3 avril 1888 au 22 février 1889
Avocat à Marmande avant de siéger avec la gauche républicaine. Il abandonna sa carrière politique pour se faire nommer ministre plénipotentiaire et fut chargé de la Division des Archives au Ministère des Affaires étrangères, fonction qu'il occupa jusqu'à sa mort.
Déroulède (Paul) (Paris, 1846 ; Mont-Boron, près de Nice, 1914), écrivain et homme politique français; auteur des Chants du soldat (1872), poèmes nationalistes à caractère revanchard. Cofondateur de la Ligue des patriotes (1882), il fut condamné au bannissement (1900-1905) pour avoir tenté un coup d’État en 1899. © Hachette Livre, 1997
Deschanel (Paul, Eugène, Louis ) né le 13 février 1856 à Bruxelles (Belgique), mort le 28 avril 1922 à Paris.
Député d'Eure-et-Loir de
1885 à 1920
Président
de la République de janvier à septembre 1920
Sénateur
d'Eure-et-Loir de 1921 à 1922
Député, il fit des discours en faveur
de la liberté de la presse, sur la politique économique de la
France. Après une importante participation à la discussion du projet de loi
contre les menées
anarchistes( 25 juillet 1885), il eut un duel avec Clemenceau
. En novembre 1894, au cours d'une intervention de Jules Guesde
, il faisait le procès du collectivisme. Il entreprit ensuite dans le pays une
campagne de conférences où il défendit le programme des "Républicains sans
épithète". Après sa réélection, en 1898, il fut élu président de la
Chambre des députés par 287 suffrages contre 277 à M. Henri Brisson
. Il prononça également deux discours retentissants : le 3/11/1902 à l'occasion
de la discussion de l'accord franco-anglais, et le 19/04/1903, à propos des
incidents du Maroc avec l'Allemagne. La situation intérieure ne le laissait pas
indifférent : le 19/01/1903, il recommandait une politique réformatrice,
également éloignée de la révolution et de la réaction. Chacune de ses
interventions était particulièrement remarquées; celle en faveur du devoir
militaire en réponse à Jaurès sur le patriotisme et l'internationalisme eut les
honneurs de l' affichage . Il fut de nouveau
président de la Chambre et toujours pour la durée de la législature, en 1914.
Il fut un partisan déterminé de l'union sacrée dès la déclaration de guerre.
Il fut élu président de la République par 734 voix sur 787, ce qui ne s'était
jamais vu ! Il ne le
restera pas longtemps puisqu'il tombera du train présidentiel en pleine nuit et
démissionnera pour raison de santé ...
N'a pas pris part
au vote de la loi sur le droit d'association.
Destieux-Junca(Paul), né le 11 janvier 1855 à Assats (Gers), mort à Sorbets (Gers) le 19 janvier 1932
Sénateur du Gers de 1896 à 1920
Il appartenait au groupe de la gauche
radicale et radicale socialiste.
Il s'intéressa particulièrement aux questions agricoles, au sujet desquelles il
intervint de nombreuses fois. Il intervint aussi sur des questions financières
et prit part à la discussion de la proposition de loi tendant à modifier la loi
de 1881 sur la liberté de la presse.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Deville (Gabriel) , né le 8 mars 1854 à Tarbes (Hautes-Pyrénées), mort le 28 février 1940 à Viroflay (Seine-et-Oise)
Député de la Seine de 1896 à 1898 et de 1903 à 1906
Licencié en droit, il est le petit
fils d'un Représentant du peuple (1848-1851) et neveu d'un proscrit du 2
décembre. Il sera fidèle à la tradition républicaine de sa famille.
Il sera élu en remplacement de M. Barodet et siégera en tant
que socialiste parlementaire aux côté de Briand et Millerand. Il sera
secrétaire de la commission de séparation des églises et de l'État dont Buisson
est président et Briand rapporteur. Il interviendra dans plusieurs débats
économiques et sociaux. Il quitta la politique pour la diplomatie.
Doumer (Joseph, Athanase, Paul), né le 22 mars 1857 à Aurillac (Cantal)),
mort le 7 mai 1932 à Paris
Député de l'Aisne de
1888 à 1889
Député de l'Yonne de 1891 à 1896
Député de l'Aisne de 1902 à 1910
Sénateur de la Corse de 1912 à 1931
Ministre des finances du 1er novembre 1895 au 29 avril 1896
Ministre d'État du 12 septembre au 16 novembre 1917
Ministre des finances du 16 janvier 1921 au 15 janvier 1922
et du 16 décembre 1925 au 9 mars 1926
Président de la République du 19 juin 1931 au 7 mai 1932
Fils d'un poseur de rails, il sera placé à onze ans comme graveur dans une
fabrique de médailles et c'est par les cours du soir qu'il obtient son
baccalauréat. Étant répétiteur, il réussit une licence de mathématiques et
devient, à vingt ans, professeur de mathématiques à Mendes. Il quittera cette
profession pour raison de santé et se lancera dans le journalisme avant
d'embrasser la politique. A la Chambre, il siège avec la gauche radicale
et se spécialise dans les finances.
Il se voit offrir le poste de gouverneur en Indochine où il montra une grande
énergie pour réaliser l'unification du pays
Président de la République, il sera assassiné par un Russe blanc qui l'accusera
de se montrer trop favorables aux bolcheviks
Doumergue (Gaston), né à Aigues-Vives (Gard) le 1er août 1863, mort à Aigues-Vives le 18 juin 1937.
Député du Gard de 1893
à 1910
Sénateur du Gard de 1910 à 1924
Ministre des Colonies du 7 juin 1902 au 24 janvier 1905
Ministre du Commerce, de l'Industrie et du Travail du 15 mars au 25 octobre
1906
Ministre du Commerce et de l'Industrie du 25 octobre 1906 au 24 juillet 1909
Ministre de l'Instruction publique du 4 janvier au 3 novembre 1910
Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères
du 9 décembre 1913 au 9 juin 1914
Ministre des Affaires étrangères du 3 août au 26 août 1914
Ministre de Colonies du 26 août 1914 au 20 mars 1917
Président de la République de 1924 à 1931.
Président du Conseil du 8 février au 8 novembre 1934
Élève brillant, élevé dans le
protestantisme et les idées républicaines, fit son droit et entra dans la
magistrature. Il fut, à sa demande, nommé juge en Indochine puis en Algérie
comme juge de Paix à compétence étendue.
Élu député, il s'inscrivit au groupe radical-socialiste. Il intervint
brillamment contre le projet d'expédition militaire à Madagascar et vota contre
le projet. Ses autre principales interventions, peu nombreuses mais
substantielles, seront toujours bien charpentées et d'un style clair. Tous les
votes qu'il émit traduisirent les convictions laïques et républicaines du
député de Nîmes. Il fut, en s'en doute, dreyfusard
. Ces convictions savaient se nuancer :tandis que le 18 décembre 1900, il
s'abstenait dans le scrutin d'amnistie , le 28 novembre
1901 il votait pour une motion d'hommage au corps expéditionnaire français en Chine et pour un additif exprimant "La
réprobation de la Chambre pour l'évêque et les missionnaires voleurs et
pillards".
Ministre des colonies, ce patriote de tradition républicaine acquiert le sens
des responsabilités "impériales" de la France.
En 1908, il fut nommé Ministère de l'Instruction publique et de Beaux-arts dans
une période de lutte pour ou contre la laïcité. Il déposa et soutint un projet
de loi réprimant les entraves apportées par les parents à l'enseignement dans
les écoles publiques. Il dénonça, en 1910, en termes vifs, lors de
l'interpellation sur la "neutralité" de l'instruction, les procédés
des adversaires de l'école laïque; il fit aussi adopter une loi sur la
fréquentation scolaire.
Élu au Sénat, il s'inscrivit au groupe de la gauche démocratique et radicale
socialiste et travailla au sein des commissions de l'armée, des finances et de
l'enseignement supérieur. En séance publique, intervint peu. On l'entendit
principalement plaider en faveur de l'enseignement de l'Arabe en Algérie.
Réélu, il intervint plus souvent; crédit pour les opérations militaires au
Maroc, politique scolaire et défense de la laïcité.
Au ministère des Affaires étrangères, il s'acquitta avec habileté, finesse et
patriotisme de la conciliation de l'intérêt permanent du pays
d'avec les revendications de son parti.
Au ministère de Colonies, pendant la Première Guerre mondiale, il assura la
sécurité de nos possessions, organisant le recrutement des troupes indigènes et
réalisant la conquête des colonies allemandes du Togo et du Cameroun.
La paix revenu, il intervint dans une longue et vive discussion acharnée
provoquée par le dépôt d'une proposition de loi modifiant le régime électoral.
des députés. Il votera avec la majorité pour la représentation proportionnelle
à un tour.
Réélu sénateur en 1921, il prit principalement la parole pour réduire le crédit
destiné à l'Administration française en Syrie, pour défendre les viticulteurs
au regard du régime fiscal des boissons , pour
s'opposer à la reprise des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Il vota
contre une proposition de loi sur le vote des femmes.
Élu en 1924 à la Présidence de la République, il commença un septennat fertile
en événements qui devaient révéler ses qualités d'homme d'Etat. Cabinet de
"Cartel des gauches" d'Édouard Herriot, Gouvernement
d'"union nationale" de Poincaré ... Le
souriant "Gastounet" avait "la manière" affable et
souriante de faire une politique conservatrice en étant de gauche. Huguenot, et
"laïc" il fut aussi un artisan de la paix religieuse.
A l'extérieur, il y eut les opérations militaires au Maroc et en Syrie, la
mésentente des alliés au sujet de l'Allemagne, difficultés du désarmement,
réveil du nationalisme germanique ...
Il fut rappelé au gouvernement au lendemain des manifestations sanglantes de 6
février 1934. Il inaugura une série d'allocutions familières radiodiffusées du
type "causerie au coin du feu".
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Drake (Jacques) dit Drake del Castillo , né le 1er février 1855 à Paris, mort le 30 juin 1918 à Paris.
Député d'Indre-et-Loire de 1889 à 1906
Licencié en droit, il commença par
exploiter les importants vignobles de son château de Candé.
Élu maire puis conseiller général , il fut élu député en tant que
"républicain progressiste libéral,
ennemi du socialisme subversif et des théories sectaires du radicalisme".
Il s'inscrivit au groupe des républicains progressistes. Il participa à la
Commission sur l'assurance et la prévoyance sociales. Il participa aussi à la
discussion du projet de loi sur les sociétés coopératives de production, de
crédit et de consommation et sur le contrat de participation aux bénéfices et à
celles de divers projets concernant les Caisses de retraite, de secours et de
prévoyance.
Réélu, il se fit entendre dans la discussion du projet et des propositions de
loi concernant le contrat et le droit d'association, mais il réserva la majeure
partie de ses interventions à la discussion de projets et propositions à
caractère social.
N'a pas pris
part au vote de la loi sur le droit d'association.( en congé)
Duchatel (Charles, Jacques, Marie, Tanneguy, Comte) né le 19 octobre 1838 à Paris, mort à Paris le 25 mai 1907
Représentant de la
Charente-Inférieure à l'Assemblée Nationale de 1871
Député
de la Charente-Inférieure de 1885 à 1889
Dufaure (Jules, Armand, Stanislas) (1798 - 1881) Avocat. Ministre de l'Intérieur (1848 et 1849) Ministre de la Justice (1871 -1873, 1875 - 1876 et 1877 - 1879). A ce titre, il participa à la répression de la Commune . Président du Conseil des Ministres (1876, 1877 - 1879)
Etienne (Eugène, Napoléon) né le 15 décembre 1844 à Oran (Algérie), mort 13 mai 1921 à Paris
Député d'Oran de 1881 à
1919
Sénateur
d'Oran de 1920 à 1921
Sous-Secrétaire État
aux colonies du 7 juin au 12 décembre 1887
et du 14 mars 1889 au 27 février 1892
Ministre
de l'Intérieur du 24 janvier au 12 novembre 1905
Ministre
de la Guerre du 12 novembre 1905 au 25 octobre 1906 et
du 21 janvier au 9 décembre 1913
Il était employé aux Messageries
maritime lorsqu'il soutint la candidature de Gambetta à Marseille en 1869. Ce
service lui valu, en 1878, une place d'inspecteur des chemins de fer de État
Élu, il prit place dans la majorité opportuniste dont il devint l'un des
membres les plus actifs pour soutenir de ses votes la politique de MM. Gambetta
et Ferry.
Républicain de gauche, il dira :"Il faut peupler l'Algérie de
Français" sous peine de voir un jour "la population française ...
annihilé par la population étrangère et submergée par la population
indigène"
Il fut actif dans de nombreuse commissions
Fallières (Clément, Armand), né le 6 novembre 1841 à Mézin (Lot-et-Garonne), mort le 22 juin 1931 à Mézin
Député du Lot-et-Garonne
de 1876 à 1890
Sénateur
du Lot-et-Garonne de 1890 à 1906
Sous-secrétaire
d'Etat à l'Intérieur et aux Cultes du 17 mai 1880 au 14 novembre 1881
Ministre
de l'Intérieur et des Cultes du 13 septembre 1882 au 29 janvier 1883
Président
du Conseil et Ministre des Affaires étrangères par intérim du 29 janvier au 21
février 1883
Ministre
de l'Instruction publique et des Beaux-Arts du 20 novembre 1883 au 6 avril 1885
Ministre
de la Justice par intérim du 30 novembre au 12 décembre 1887
Ministre
de la Justice du 12 décembre 1887 au 3 avril 1888
Ministre
de l'Instruction publique et des Beaux-Arts du 22 février 1889 au 17 mars 1890
Ministre
de la Justice et des Cultes du 17 mars 1890 au 27 février 1892
Président
de la République de 1906 à 1913
Au Sénat, il s'inscrivit d'abord à
trois groupes : gauche républicaine, union libérale, gauche
démocratique. Quand cette pluralité ne fut plus admise, il choisit le groupe de
la gauche démocratique, le plus "avancé des trois". Il n'avait pas
l'âme belliqueuse, et , en tant que ministre des Cultes, il s'efforça toujours
de calmer les esprits. De 1892 à 1899, le simple sénateur fit preuve d'une si
grande discrétion dans son assemblée qu'il ne prit pas une seule fois la parole
en séance publique. Le 1er mars 1899 il vota contre la "loi de
dessaisissement" dans l'affaire Dreyfus .
Le surlendemain, il était élu président du Sénat; poste où il sera constamment
réélu.
Il avait succédé à ce poste à Émile Loubet ; il lui
succédera également en tant que président de la République. Clemenceau et la plus grande partie des radicaux avaient
préféré cet homme modéré au radical Doumer auquel ils reprochaient d'avoir
abandonné Combes et le Bloc en 1904, et aussi d'avoir
renoncé au projet d'impôts sur le revenu qu'il avait proposé en 1895.
Son septennat n'a pas été une époque paisible : luttes religieuses, grèves à
l'intérieur, rivalité franco-allemande au Maroc, troubles dans les Balkans à
l'extérieur. La "belle époque" venait de se terminer. On a pu dire
que c'est juste avant son élection, avec le "coup de Tanger" en 1905,
que l'avant guerre à commencé.
Faure ( Maurice, Louis, dit Maurice-Faure ), né le 7 juin 1850 à Saillans (Drôme), mort le 8 décembre 1919 à Saillans.
Député de la Drôme de
1885 à 1902
Sénateur
de la Drôme de 1902 à 1919
Ministre
de l'Instruction publique et des Beaux-Arts
du 30
novembre 1910 au 27 février 1911.
Ses initiatives ont pour objet : le
contrôle de l'Etat sur les compagnies de chemin de fer, la défense des
invalides du travail, la réglementation du travail dans les filatures de soie.
Il se prononce en faveur de l'élection du Sénat au suffrage universel, contre l'immixtion
des parlementaires dans les sociétés financières.
Il se fera une spécialité de l'Instruction publique et des Beaux-arts dont il
rapporte le budget plusieurs années tant à la chambre qu'au Sénat; ce qui lui
vaudra d'obtenir ce département ministériel dans le deuxième cabinet Briand .
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Favre (Jules) (Lyon, 1809 ;
Versailles, 1880),
Avocat et homme politique français. Chef de l’opposition républicaine sous le
Second Empire, à la chute duquel il contribua, il devint ministre des Affaires
étrangères du gouvernement de la Défense nationale; à ce titre, il signa avec
Bismarck le traité de Francfort (10 mai 1871). © Hachette Livre, 1997
Ferrand (Marie, Stanislas , Charles), né le 10 mai 1844 à Jussey (Haute-Saône), mort le 29 décembre 1913 à Bois-Colombes (Seine)
Député de la Seine de 1898 à 1902
Architecte-ingénieur, il fut un
bâtisseur important : immeubles, écoles, .... Présenté à la députation par le
comité radical-socialiste anticollectiviste, il offrit un programme préconisant
la révision constitutionnelle avec référendum en matière économique, l'élection
du Sénat au suffrage universel, la séparation des Églises et de l'Etat, un
système d'impôts progressif sur le revenu, la retraite pour les vieillards et
invalides du travail, le métro pour desservir la banlieue, etc ...
Son œuvre de législateur et de rapporteur est assez modeste, mais il est
toujours intervenu à la tribune en tant qu'ancien architecte.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Ferrette (Marie, Paul, Henry ), né le 13 juillet 1869 à Chardogne (Meuse), mort le 23 juin 1933 à Bar-le-Duc (Meuse)
Député de la Meuse de 1898 à 1910, de 1919 à 1924 et de 1932 à 1933
Avocat et journaliste, il fut élu sur
un programme nationaliste tendance Déroulède où il se montrait anti-dreyfusard,
farouchement protectionniste, pour un impôt progressif sur le revenu et en
faveur des lois sociales. Réactionnaire en 1919, sa position comporta quelque
assouplissement en 1932.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Ferry (Charles, Émile, Joseph, Léon, ), né à Saint-Dié (Vosges) le 23 mai 1834, mort à Paris le 21 juillet 1909
Député des Vosges de
1881 à 1885
Sénateur
des Vosges de 1888 à 1891
Député
des Vosges de 1893 à 1902
Frère de Jules Ferry . Élu député en
1893, il s'inscrit au groupe des progressistes. Le 2 avril 1895, il prononce un
discours très caractéristiques de ses convictions.
L'abbé Lemire ayant déposé une proposition de loi pour
faciliter les formalités du mariage, Charles Ferry demande, par un contre
projet, la suppression complète des "sommations respectueuses" et
l'appuie de considération patriotique sur la dépopulation. Ces convictions sont
assez fortes pour le faire apparaître sur ce comme un
"révolutionnaire" dit-il, ce qui ne manque pas de surprendre ses
collègues. Il rappelle aussi, à cette occasion, qu'il a le "culte de la
Révolution française". Son projet n'est pas adopté.
Il interviendra en séance publique à la
plupart des discussions concernant les questions relatives au travail :
paiement du salaire des ouvriers, travail des
enfants, des filles mineures et des femmes dans l'industrie, conseil des
prud'hommes, durée des heures de travail dans les mines, repos
hebdomadaire, etc...
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Ferry (Jules) (Saint-Dié, 1832 ; Paris,
1893),
Député républicain sous Napoléon III, il fit partie du gouvernement de la
Défense nationale (1871). Plusieurs fois ministre de l’Instruction publique (de
1879 à 1883) et président du Conseil (notamment de février 1883 à mars 1885),
il fit voter les lois (1881 et 1882) instituant la gratuité, la laïcité et l’obligation
de l’enseignement primaire, ainsi que des lois sur la liberté de réunion et la
liberté de la presse.
Engageant la France dans des entreprises coloniales, il établit le protectorat
sur la Tunisie, fit occuper Madagascar et fit voter des crédits pour la
conquête du Tonkin. Cette dernière entreprise suscita, après l’incident de Lang
Son, une vive opposition à la Chambre, qui entraîna la chute du ministère
Ferry. © Hachette Livre, 1997
Floquet (Charles, Thomas), né le 2 octobre 1828 à Saint-Jean-Pied-de-Port (Basses-Pyrénées), mort le 18 janvier 1896 à Paris
Député de la Seine de
1876 à 1882
Député
des Pyrénées-Orientales de 1882 à 1889
Député
de la Seine de 1889 à 1893
Sénateur
de la Seine de 1894 à 1896
Président
du Conseil et Ministre de l'Intérieur du 3 avril 1888 au 22 février 1889
Président
de la Chambre du 8 avril 1885 au 3 avril 1888
et du 16
novembre 1889 au 10 janvier 1893
En 1848, il participa , en habit de collégien,
à la guerre des rues. Il se mêla encore, le 2 décembre 1851, aux tentatives de
résistances contre le coup d'Etat.
Docteur en droit, il ne tarda pas à se faire une certaine réputation d'orateur
dans le monde libéral et démocratique.
Pendant la Commune, il fut arrêté deux fois par les fédérés. Après, il le fut
par les agents de Thiers et fit de la prison.
Il présida l'Union républicaine à la Chambre ; il fut aussi membre de la gauche
radicale.
Il fut un farouche adversaire du général Boulanger
(qu’il blessa en duel en 1888).
Flourens (Léopold Émile) nait Paris le 28 avril 1841 il y meurt le 6 janvier 1920
Ministre des Affaires
étrangères du 11 décembre 1886 au 3 avril 1888
Députe des Hautes-Alpes de 1888 a 1898
Députe de la Seine de 1902 a 1906
Conseiller d'État, il siège dans le groupe des progressistes. Bien que ce fut un expert en politique étrangère, ses initiatives et ses interventions furent peu nombreuses au Parlement.
Fouquet (Louis, Camille ), né le 13 janvier 1841 à Rugles (Eure), mort à Paris le 3 décembre 1912 à Paris
Député de l'Eure de 1885 à 1912
Inscrit à la Chambre au groupe des
indépendants, il se spécialisa dans les questions financières, agricoles et
militaires. Il a toujours proposé le même programme à ses électeurs : il ne se
départit jamais de son anticolonialisme, considérant les expéditions de XIXè
siècle comme des "aventures coupables", se montra toujours un fervent
partisan du protectionnisme en matière agricole et industrielle. Il n'accepta
pas la loi du service militaire à deux ans (1905)
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Fournier (François) né le 1er août 1866 à Manduel (Gard)
Député du Gard de 1901 à 1919
Issu d'une famille modeste, il
s'engage à 17 ans comme apprenti maréchal-ferrant à Nîmes. Après avoir
travaillé à Lyon puis à Paris, il se fixa après son service militaire en Arles
où il fut ouvrier mécanicien dans des établissements de constructions
maritimes. Se livrant à la propagande socialiste, il fut licencié : il fit
condamner son employeur pour renvoi abusif. Il entra alors aux ateliers des
chemins de fer de la Camargue.
Farouchement anticlérical, il proposa en 1903 d'opérer des retenues sur le
traitement des cardinaux, archevêques, évêques et curés pour venir en aide aux
pêcheurs bretons victimes du chômage et intervint pour la suppression de
l'enseignement congréganiste. Lors des discussions budgétaires auxquelles il
participait activement, il se préoccupa essentiellement du sort de ses anciens
camarades maréchaux-ferrant.
Conscient des menaces qui pesaient alors sur la sécurité du monde, il demanda
en 1913 l'institution d'un parlement international destiné à sanctionner les
conflits entre nations.
Fournière (Eugène, Joseph), né le 31 mai 1857 à Paris, mort le 6 janvier 1914
Député de l'Aisne de 1898 à 1902
Maître de conférences à l'École
Polytechnique, il se lança dans la vie politique en collaborant aux journaux
socialistes. Il prit place parmi les théoriciens les plus écoutés du jeune
parti.
A la chambre il déploya une grande activité en faveur d'une politique pacifiste
mondiale, contre les écoles congréganistes, les ouvroirs-orphelinats religieux
appelés "Bons pasteurs".
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Freppel ( Charles-Emile), né le 1er juin à Obernai (Bas-Rhin), mort
le 23 décembre 1891 à Angers (Maine-et-Loire)
Député du Finistère de 1880 à 1891
Il fit ses études au petit et au
grand séminaire de Strasbourg où il devint professeur de lettres. Il gravit les
échelons d'enseignants pour devenir professeur d'éloquence sacrée à la Sorbonne
(faculté de théologie)
Après la défaite de 1870, il opte pour la France.
Evêque, il avait un tempérament polémiste. En décembre 1873, il attaqua dans un
mandement " le roi du Piémont", anathémisa la Ligue de
l'Enseignement, et recevant le maréchal Mac Mahon à Angers, l'invita à prêter
son appui aux tentatives de restauration monarchiques d'alors.
A la chambre, il siégea à droite, combattit la gratuité de l'instruction
primaire, le rétablissement du divorce, la séparation des Eglises et de l'Etat,
mais se sépara d'elle lors du vote des crédits militaires pour l'expédition du
Tonkin et de Madagascar
Freycinet ( Louis, Charles de Saulces de ), né le 14 novembre 1828 à Foix (Ariège), mort le 14 mai 1923 à Paris
Sénateur de la Seine de
1876 à 1920
Ministre des travaux publics du 13 décembre 1877 au 28 décembre 1879
Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères
du 28 décembre 1879 au 23 septembre 1880
Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères du 30 janvier
au 7 août 1882
Ministre des Affaires étrangères du 6 avril 1885 au 7 janvier 1886
Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères du 7 janvier
au 11 décembre 1886
Ministre de la Guerre du 3 avril 1888 au 17 mars 1890
Président du Conseil et Ministre de la Guerre du 17 décembre 1890 au 27
février 1892
Ministre de la Guerre du 1er novembre 1898 au 6 mai 1899
Ministre d'Etat du 29 octobre 1915 au 12 décembre 1916.
Ingénieur issu de l'École Polytechnique,
il se révéla un remarquable technicien des moyens de communication et de ce que
l'on appelle aujourd'hui l'aménagement du territoire (un type de péniche
fluviale porte son nom ). Mais c'est son œuvre au Ministère de la Guerre qu'il
révéla ses grandes qualités d'organisateur. L'œuvre qu'il y accomplit fut
capitale; Moltke lui en a rendu témoignage, déclarant qu'il avait largement
contribué à la résurrection de l'armée française. Il y parvint par sa
modernisation ( elle était vouée alors à la vie de caserne) et sa
démocratisation ; il a supprimé les dispenses qui provoquaient tant
d'inégalités dans l'exécution du service.
Sur le plan social, il du faire face aux première manifestations du 1er mai.
Celles de 1891 à Fourmies, dégénérèrent en fusillade qui fit plusieurs
victimes. Un début de législation sociale marque cette période : loi du 8
juillet 1890 sur les délégués mineurs, loi du 2 juillet 1890 sur la suppression
des livrets ouvriers; préparation de la loi du 31 octobre 1892 sur le travail des
femmes et des enfants.
S'il ne fut pas un grand ministre des Affaires étrangères, c'est
sous sa direction et en plein accord avec lui que Ribot
réussit le coup de maître de l'alliance franco-russe. désormais, la France cessait
d'être isolée.
Il fut indirectement compromis dans l'affaire de Panama
sans que son nom soit jamais officiellement prononcé. Il fut discrètement
éliminé au cours d'un remaniement ministériel.
N'a pas pris
part au vote de la loi sur le droit d'association.( en congé)
Gailhard-Bancel( Marie, Roch, Henri, Hyacinthe de ), né le 1er novembre 1861 à Allex (Drôme), mort le 22 mars 1936 à Allex
Député de l'Ardèche de 1889 à 1910 et de 1912 à 1924
Avocat, il consacre l'essentiel de
son activité, à partir de 1884, à la création de syndicats agricoles. Disciple
de La Tour du Pin, l'un des maître à penser du christianisme social, professant
des sentiments très religieux, il collabore activement à l'œuvre des cercles
catholiques ouvriers.
Élu à la chambre "prêt à soutenir une république vraiment
libérale et nationale" - il siège à droite au groupe de l'action libérale.
Il y déploie une intense activité au service de la cause paysanne, mais aussi
des familles nombreuses et de la condition ouvrière.
Réélu en 1902, sa profession de foi
porte la marque des luttes électorales très vives auxquelles donnait lieu
l'affaire Dreyfus et la question religieuse. Il
combat avec passion la politique d'Émile Combes , la
suppression de l'enseignement congréganiste, la séparation des Églises et de
l'Etat. Le recrutement de l'armée, l'assistance aux vieillards, aux infirmes et
incurables, les caisses d'assurance et les coopératives agricoles sont l'objet
de sa part d'interventions répétées.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Gallot (Albert), né le 3 janvier 1845 à Sens (Yonne ), mort le 24 février 1915 à Auxerre (Yonne)
Député de l'Yonne de 1898 à 1902 et de 1909 à 1914
Imprimeur et directeur d'un journal
régional, il se tourna dès sa jeunesse vers l'action politique :
il devint vite un des chefs du parti républicain radical dans son département
et conseiller général actif, il se signalait par une lutte constante contre les
abus du fonctionnarisme. Attaché à la famille, il fut préoccupé par la
condition faite aux militaires; il fut le premier à intervenir en faveur de la
gratuité des billet de chemin de fer pour les soldats.
Élu député, il appartint à la commission des armée et à la commission de
l'enseignement et des beaux-arts. Mais il s'occupa aussi des sinistrés
agricoles, des militaires (soldats et réservistes) dont il s'efforça
d'améliorer leur "ordinaire", de réduire leurs servitudes professionnelles
et de garantir des pensions de retraite décentes.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Galot (Jules), né le 15 février 1839 au havre (Seine-Inférieure), mort le 10 septembre 1908 à Sainte-Marie (Loire-inférieure)
Député de la Loire-Inférieure de 1898 à 1906
Vérificateur de première classe dans
le service des douanes, il démissionna en 1869 pour entrer dans les affaires
maritimes et coloniales.
Conservateur libéral et indépendant, partisan de la liberté religieuse, il
s'inscrivit au groupe de l'action libérale. Il s'est prononcé pour la
suppression des sinécures et emplois inutiles,
pour la réduction du service militaire, la diminution des frais de justice, le
maintien du privilège de bouilleur de cru, la protection de l'agriculture et
l'industrie nationales.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Galpin (Gaston, Georges), né le 9 janvier 1841 à Alençon (Orne), mort le 21 mai 1923 à Alençon.
Député de la Sarthe de 1885 à 1923.
Avant les élections de 1889, il était
inscrit au groupe de l'appel du peuple. Depuis, "voulant conserver son
indépendance complète, il ne s'est fait inscrire à aucun groupe". Dans sa
profession de foi, il s'était déclaré partisan de la révision de la Constitution.
Il fut membre de l'importante commission des douanes, où il s'efforça d'obtenir
le relèvement des droits nécessaires à la protection de l'élevage des chevaux
et des porcs dont la mévente causait un grave préjudice à l'agriculture.
Il combattit les ministères Ribot et Bourgeois
et soutint de ses votes le ministère Méline .
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Gambetta (Léon) (Cahors, 1838 ; Ville-d’Avray,
1882), avocat et homme politique français; un des fondateurs de la IIIe
République. Député en 1869, il contribua à la chute de l’Empire (sept. 1870) et
fut ministre de l’Intérieur et de la Guerre dans le gouvernement. de la Défense
nationale, organisant la lutte en province. Partisan de la guerre à outrance,
il démissionna (fév.
1871) après l’armistice et l’abandon de l’Alsace (dont il était devenu député).
Élu à l’Assemblée nationale, chef du parti républicain, il pratiqua une polit.
dite "opportuniste". Celle-ci permit l’adoption des lois
constitutionnelles de 1875 qui instaurèrent la république. Gambetta fut
président du Conseil de nov. 1881 à janv. 1882. © Hachette Livre, 1997
Gauthier de Clagny (Albert, Georges Gauthier dit) né le 14 septembre 1853 à Versailles (Seine-et-Oise), mort le 16 décembre 1927 à Paris.
Député de la Seine-et-Oise de 1889 à 1910
Entré dans l'industrie après son service
militaire, il passa plusieurs années au milieu des ouvriers dans le Nord, dans
les Pyrénées et en Italie. Attiré par le droit il en réussit le doctorat et
devint en 1883 avocat au Conseil d'Etat et à la cour de Cassation.
Boulangiste , membre du comité directeur des
comités républicains plébiscitaires en 1883, il fut élu conseiller général en
1886. Il se présenta aux élections générales législatives de 1889 avec le
patronage du "parti national" et comme candidat de la fédération
révisionniste. Il n'appartint à aucun groupe du Palais Bourbon. Sa compétence
en de nombreux domaines lui valut sa nomination au sein de multiples
commission, dont la fameuse commission des "trente-trois" où il se
signala par sa demande d'interpellation sur les poursuites exercées contre la
compagnie de Panama . Il prononça de nombreux
discours, notamment contre l'impôt sur la rente, et présenta un texte relatif à
la défense des ouvriers contre la concurrence étrangère.
Il s'attacha particulièrement à mettre en évidence les défauts et les lacunes du
régime parlementaire.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Gayraud (Hippolyte), né le 13 août 1856 à Lavit (Tarn-et-Garonne), mort le 16 décembre 1911 à Bourg-la-Reine (Seine)
Député du Finistère de 1897 à 1911
Après être devenu docteur en
théologie, il entra chez les Dominicains en 1877. Il en sortit en 1893 après
avoir été professeur de théologie et de philosophie scolastique à l'Université
catholique de Toulouse. Parallèlement, il se consacra à une activité de
missionnaire apostolique.
Il fut élu député en tant que
républicain catholique et démocrate chrétien. Il prit la parole sur le budget,
la politique générale du gouvernement, l'instruction publique et déposa une
proposition interdisant l'enseignement par les francs-maçons. Il fut aussi
inscrit à la commission des enfants indigents.
Réélu en 1902, il s'inscrivit au groupe de l'action libérale et appartint à la
commission de l'enseignement et des beaux-arts. Son activité parlementaire fut
très vive. Il prit la parole en de nombreuses occasions, notamment sur la
politique religieuse. C'est ainsi qu'il prit part aux discussions du projet de
loi relatif à la demande d'autorisation formées par les congrégations
enseignantes, interpella le ministre de la Guerre sur les mesures prises par les
cercles catholiques militaires, le ministre de l'instruction publique à propos
de l'interdiction faite à des ecclésiastiques de se présenter aux concours
d'agrégation et prit part à la discussion des projets et propositions de loi
sur la séparation des églises et de l'Etat.
Son mandat sera renouvelé en 1906. Malade, son activité sera moins plus
réduite, mais il intervint dans ses thèmes de prédilection qui furent la
politique religieuse et celle de l'enseignement.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Gervais (Auguste, Louis, Joseph), né le 6 décembre 1857 à Paris, mort à Paris le 30 août 1917
Député de la Seine de
1898 à 1909
Sénateur
de la Seine de 1909 à 1917
Il avait commencé une carrière de
militaire quand il s'aperçut que son talent était le journalisme. Ce
spécialiste des questions militaires était apprécié par plusieurs journaux
auxquels il collaborait. Ce fut au début un député discret, mais son
autorité n'allait pas tarder à s'affirmer ; spécialiste de l'armée et des colonies.
Au sénat, il s'inscrivit au groupe de la gauche démocratique et la commission
de l'armée en fit en quelque sorte son prisonnier en le chargeant de présenter
de très nombreux textes. Il intervint également au nom de la commission des
finances sur les retraites ouvrières et paysannes.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Goblet (René Marie), né le 26 novembre 1828 à Aire (Pas-de-calais), mort le 13 décembre 1905 à Paris
Représentant de la Somme
à l'Assemblée Nationale en 1871
Député
de la Somme de 1877 à 1889
Sénateur
de la Seine de 1891 à 1893
Député
de la Seine de 1893 à 1898
Ministre
de l'Intérieur du 30 janvier au 6 août 1882
Ministre
de l'Instruction publique et des Beaux-Arts et des Cultes
du 6
août 1885 au 3 décembre 1886
Président
du Conseil du 11 décembre 1886 au 19 mai 1887
Ministre
des Affaires étrangères du 3 août 1888 au 14 février 1889
Il était un de chefs politique et un
orateur de la gauche radicale. Il prit, le 9 décembre 1891, une vive part à une
discussion de l'interpellation de M. Dide sur les rapports de l'Église et de
l'Etat; il soutint la thèse de la suppression du concordat et proposa un ordre
du jour demandant que des lois sur la liberté d'association préparassent au
plus tôt cette solution radicale.
Il ne resta étranger à aucun grand débat : travail
des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements
industriels , atteintes portées à l'exercice des droits reconnus aux
syndicats professionnels, conciliation et arbitrage facultatifs en matière de
différents collectifs entre patrons et ouvriers, tarif général des douanes,
modification de la loi de 1881 relative à la presse.
Peu satisfait du rôle effacé qu'il tenait au Sénat, il se représenta aux
élections législatives de 1893. Il prit part aux débats sur la révision de la
Constitution, l'instruction publique, les questions municipales, les questions
ouvrières, la liberté de la presse, la liberté de réunion et d'association.
.
Goujon (Joseph, Jules, Julien ) , né le 22 mai à Épinal (Vosges), mort le 18 mars 1912 à Paris.
Député de la
Seine-inférieure de 1891 à 1906
Sénateur
de la Seine-inférieure de 1909 à 1912
Avocat à la cour d'appel de Rouen, il
fut élu député républicain la première fois lors d'une élection partielle.
Il se préoccupa surtout, comme homme politique, des questions judiciaires et de
législation industrielle et ouvrière. Il prit la parole dans la discussion du
tarif général des douanes, du budget de la presse, des lois ouvrières (
sécurité des travailleurs, réduction des heures de travail, travail des enfants
et des femmes dans les manufactures).
Brillant avocat, il a plaidé dans la plupart des grands procès politiques et
criminels de la région normande.
Il se délassait des affaires et des préoccupations politiques en écrivant pour
le théâtre.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Goulaine ( Comte Geoffroy, Marie Donatien de), né le 16 août 1844 à Nantes (Loire- Inférieure), mort le 28 avril 1903 à Paris.
Sénateur du Morbihan de 1901 à 1913
Militaire de carrière, fait
prisonnier avec l'armée du Rhin, il démissionne peu après son retour de
captivité (1972) et se fixe dans le Morbihan où il se consacre à la défense de
ses convictions politiques et religieuses et à la pratique de l'économie
rurale.
Royaliste déclaré et de conviction catholique très prononcées, il fit partie de
la droite de la Haute Assemblée. Il s'y déclare partisan de la protection des
intérêts agricole. Il intervient à la tribune sur ces questions ainsi que sur
celles relevant du domaine militaire. Il prend part au grand débat sur la
séparation des Églises et de l'Etat.
Ses convictions le conduisaient à une entière contradiction avec la politique
républicaine, mais comme il s'y plaçait sans équivoque et avec cette allure de
franchise et de conviction qui était sa caractéristique, il avait gagné et
conservé jusqu'à sa mort l'estime et la sympathie de l'assemblée tout entière.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Gourd (Alphonse, Ramsay), né le 2 septembre 1850 à New-York (USA) mort le 23 septembre 1925 à Lyon (Rhône)
Député du Rhône de 1898 à 1924)
Inscrit au barreau de Lyon, il entra
au Conseil général du Rhône avant de se faire élire à la Chambre des député où
il siégea dans les rangs de l'union républicaine et des progressistes.
En vingt-six années, il prit part aux travaux des commissions d'assurance et de
prévoyance sociales, de législation criminelle, de la marine, de l'armée, du
commerce et de l'industrie, des comptes définitifs, des affaires étrangères.
Les chemins de fer, la réforme
judiciaire, la législation électorale et principalement la représentation
proportionnelle furent constamment l'objet de son intérêt. Il ne vota pas la
loi de séparation des Églises et de l'Etat, non plus celles qui en découlèrent,
s'opposa à l'institution de l'impôt sur le revenu, mais vota les lois sociales
et, alarmé par les événements des Balkans, la loi du service de 3 ans en 1913.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Grandmaison (Georges, Charles, Alfred, Marie, baron Millin de ) né le 14 mai 1865 à Paris
Député de Maine-et-Loire
de 1893 à 1933
Sénateur
de Maine-et-Loire de 1933 à 1943
Ancien élève de Saint-Cyr. Son activité
parlementaire fut grande. Il s'intéressa aux questions d'ordre juridique, de
politique extérieure et aux questions agricoles.
Sénateur, il fit partie de la commission du commerce. Il était inscrit au
groupe de l'union républicaine.
Chez un homme d'esprit tel que lui, la fantaisie ne perdit jamais ses droits.
Ainsi prit-il l'initiative de créer "la confrérie des Sacavins" en
lui donnant une forme pittoresque et un grand rayonnement de propagande
spirituelle en faveur du vignoble angevin et saumurois.
Il se prononça, le 10 juillet 1940 en
faveur du projet de loi constitutionnelle.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Gras (Charles), né le 4 octobre 1850 à Montpellier (Hérault), mort le 20 mars 1927 à Montpellier.
Député de la Seine de 1898 à 1902
Il participa comme engagé volontaire
à la guerre de 1870. Artiste lithographe à Paris, il aborda réellement la
carrière politique en 1896 au Bureau de bienfaisance puis comme adjoint du
maire du Vè arrondissement. Inscrit au groupe socialiste de la ville de Paris,
il se consacre essentiellement aux questions d'assistance et de travaux
publics.
Élu député il est inscrit au groupe socialiste et appartient aux Commissions du
suffrage
universel et de l'impôt sur le revenu. Dans l'ordre des préoccupations
politiques, Charles Gras intervint, à plusieurs reprises, sur le droit
d'association. En 1898 il déposa une proposition de loi et demanda la
constitution d'une commission spéciale chargée d'examiner les travaux
analogues; les travaux de cette commission devaient, selon lui, " préparer
une réforme non moins importante, celle de la dénonciation du Concordat , de la séparation du budget des cultes
et de la séparations des Églises et de l'Etat". En 1901, il prit à nouveau
la parole dans la discussion du projet de loi et des propositions de loi
concernant le contrat et le droit d'association. Un autre problème touchant aux
libertés publiques retint son attention, celui de l'abrogation du conseil de
révision militaire, haute juridiction pour les conseils de guerre. Il déposa
une proposition de loi tendant à admettre en temps de paix les justiciables des
tribunaux militaires à se pourvoir devant la Cour de cassation.
Il intervint aussi en faveur des petits salariés et en faveur des usagers des
services publics.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Graux (Georges, Édouard), né le 15 février 1843 à Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais), mort le 3 octobre 1900 à Saint-Pol-sur-Ternoise.
Député du Pas-de-Calais de 1881 à 1885 et de 1889à 1900
Il s'inscrivit au groupe de la gauche
démocratique puis de la radicale . Il fut l'un des commissaires les plus
assidus de la commission des douanes. Il joua un rôle prépondérant dans
l'adoption du "Tarif Méline ". Il déposa
également de nombreuses propositions de lois sur les sociétés, la
procédure de divorce, la chasse et les problèmes agricoles. Président de
la commission du Code rural, il en fit aboutir plusieurs chapitres
Grévy (François, Jules , Paul),
né le 15 août 1807 à Mont-sous-Vaudrey (Jura),
mort le 9 septembre 1891 à Mont-sous-Vaudray
Représentant du Jura à
l'Assemblée Nationale en 1848
Représentant
du Jura à l'Assemblée législative de 1849 à 1851
Député du
Jura au Corps législatif de 1868 à 1870
Représentant
du Jura à L'assemblé Nationale de 1871 à 1876
Député
du Jura de 1876 à 1879
Président
de la République de 1879 à 1887
Le sang-froid de Grévy, avocat, théoricien du droit, n’avait d’égal que sa maîtrise du langage: "Ses mots sont frappés en médaille" disait-on. La finesse d’esprit était réelle dans ce corps de grenadier. La fermeté de ses convictions républicaines ne se démentit jamais. Il avait débuté en 1848 en proposant un amendement fameux contre l’élection du président de la République au suffrage universel. Tenté par le gouvernement d’assemblée, il allait s’attacher à dépersonnaliser la fonction politique. Élu député du Jura en 1863 et 1869 au Corps législatif, il est à la tête de l’opposition républicaine. Il s’oppose, avec Thiers et Gambetta , à la déclaration de guerre en 1870. Élu président de l’Assemblée nationale (1871-1873), puis de la Chambre des députés à partir de 1876, il joua un rôle important dans la crise du 16 mai 1876. Le 30 janvier 1879, le maréchal président Mac Mahon démissionna et le Congrès, réuni à Versailles, élut Jules Grévy président de la République. L’influence de celui-ci a été capitale pour l’avenir de la fonction et de l’exécutif face au législatif. Les prérogatives constitutionnelles du président de la République, compromises par Mac Mahon (révocation des ministres, ajournement des Chambres et surtout dissolution) allaient être mises en sommeil. Pourtant il allait apporter un soin tout particulier au choix des ministres et particulièrement au choix de celui chargé de constituer le ministère, qui deviendra le président du Conseil, sur lequel la Constitution de 1875 était muette. C’est ainsi qu’il s’efforça, non sans complicité parmi les républicains, d’écarter Gambetta de la présidence du Conseil, puis, avec l’aide de Clemenceau , de miner le "grand ministère" que Gambetta ne dirigea que soixante-treize jours à partir de novembre 1881. Le choix du président du Conseil, effectué par Grévy, chef de l’État, a entraîné un affaiblissement de l’institution du président de la République et de celle même de président du Conseil, en dissociant les notions de chef de l’exécutif et de leader parlementaire; car, s’il était peu imaginable, après l’expérience Mac-Mahon, de retrouver un pouvoir présidentiel fort, le Conseil des ministres aurait pu devenir un organe moteur et responsable: ce pouvoir ministériel fort et stable fera défaut à la IIIe République dans son ensemble, sauf à de rares exceptions. C’est à ce titre qu’on a pu parler de "Constitution Grévy" pour qualifier l’influence du nouveau président de la République. En politique extérieure, il était très attaché à la paix, ce qui lui valut l’hostilité des partisans de la revanche au moment de la crise boulangiste. Il fut réélu à la présidence en 1885 à la fin de son septennat. En 1887, son gendre le député Daniel Wilson ayant été convaincu de trafic d’influence, les Chambres obligèrent Grévy à donner sa démission. La République opportuniste dévoilait un début d’affairisme parlementaire dont s’emparait l’agitation nationaliste.
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Grosjean (Georges) nait le 23 juillet 1865 à Pontarliers (Doubs)
Député du Doubs de 1902 à 1906
Magistrat, il est antidreyfusard et
le fait savoir, ce qui lui vaut des sanctions disciplinaires qui le font
démissionner.
Face à la création de la Ligue ses droits de l'homme, il y répond en fondant la
Ligue de la patrie française.
Ne prend pas part à la discussion de la séparation des Églises et de l'État à
laquelle il est hostile.
Collabore à l'Action française avant de s'en éloigner.
Groussau ( Henri, Constant) né le 17 juin 1851 à La Jarrie (Charente-Inférieure), mort le 12 octobre 1936 à Versailles (Seine-et-Oise)
Député du Nord de 1902 à 1936
Fils d'un boulanger, il obtint un
doctorat en droit et exerça comme avocat et comme professeur de droit
administratif.
Élu sous l'étiquette de républicain libéral, il fait rapidement preuve d'une
grand activité employée à défendre la liberté de l'enseignement et les
congrégations
En 1919, il s'inscrit au groupe des indépendants ; en 1924 à celui de l'entente
républicaine ; en 1928 il s'inscrivit au groupe de l'union républicaine
démocratique.
Groussier (Arthur, Jules, Hippolyte), né le 16 août 1863 à Orléans (Loiret)
Député de la Seine de 1893 à 1902 et de 1906 à 1924
Son père, facteur au chemin de fer,
l'envoie à l'école primaire puis à l'école des Arts-et-Métiers d'Angers d'où il
ressort avec un diplôme d'ingénieur mécanicien.
S'intéressant immédiatement aux problèmes sociaux et à l'amélioration de la
condition ouvrière, il adhère à "l'Union des mécaniciens de la
Seine". Il collabore ensuite à la formation de la "Fédération nationale
des métallurgistes". Cette activité sur le plan professionnel se conjugue
évidemment avec une action politique. Il fonde avec Dejeante
, Berthaut et Faillet les comités de Xè et XXè arrondissement de
"l'Alliance communiste" qu'il associe très vite au "Parti
ouvrier socialiste et révolutionnaire" dit parti allemaniste, au sein
duquel il militera désormais. Celui-ci le désigne en 1893 pour les élections
législatives. Il adhère au premier groupe parlementaire socialiste aux côtés de
Jules Guesde, Edouard Vaillant, Marcel Sembat et Viviani. Il démissionne avec
trois autres élus de son parti à la suite d'un désaccord avec son comité
électoral qui prétendait prélever une part trop importante de son indemnité de
parlementaire. Il est réélu à l'élection partielle qu'il a provoquée.
Pendant cette législature, il dépose de nombreuses propositions de loi qui sont
le reflet fidèle de ses préoccupations : législation du travail, organisation
syndicale, contrat de travail et protection des travailleurs; deux propositions
concernant la recherche de paternité et la légitimation des enfants naturels.
Réélu, ses interventions à la tribune et son travail en Commission concerneront
essentiellement la législation du travail et l'organisation des conseils des
prud'hommes.
Battu aux élections de 1902, il reprend l'exercice de sa profession. Il
participe en tant qu'ingénieur-mécanicien à la construction du Bélier sous la
Seine (métro), à travers lequel s'engage le métro Nord-Sud.
Réélu en 1906, il est nommé rapporteur de plusieurs projet de loi concernant
les Conseils des prud'hommes et de la protection du travail des femmes et des
enfants.
Après les élections de 1910, il est élu vice-président de la Commission du
travail. En 1912, il prend une part très active à la campagne, menée par Jean Jaurès , en vue de faire adopter la loi électorale
instituant la représentation proportionnelle.
En 1914, il siégera aux côtés du général Galliéni
à la vice-présidence du Comité de défense du camp retranché de Paris, au moment
de la bataille de la Marne. Il semble bien que pour rester à ce poste, il ait
décliné les offres successives de Ribot , Painlevé et Clemenceau pour le
portefeuille de Ministre du Travail.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Guesde (Jules, Mathieu Basile dit), né le 11 novembre 1845 à Paris, mort le 28 juillet 1922 à Paris
Député du
Nord de 1893 à 1898 et de 1906 à 1922
Il devient journaliste pour défendre
les idées républicaines. Il prendra le nom de jeune fille de sa mère pour ne
pas faire du tort à ses parents qui sont une orientation diamétralement
opposée. L'Empire le mettra en prison, mais sa chute l'en sortira. Il
soutiendra la Commune et sera obligé de s'exiler
en Suisse. Genève est un centre d'agitation intellectuelle.
Autorisé à revenir en France au début de 1876, il assiste au premier congrès
ouvrier dont il trouvera les résolutions adoptées bien timides. Mais le seul
fait qu'il ait pu se tenir cinq ans après la Commune est en lui-même
encourageant. Reste à organiser l'action sur des bases théoriques solides. La
doctrine existe : le marxisme ; il en sera le
vulgarisateur. L'interdiction par le gouvernement du Congrès international
ouvrier de 1878 et le procès retentissant qui s'en suit lui valent six mois de
prison et une soudaine célébrité.
Pendant dix ans il tiendra plus de 1200 réunions publiques. ses attaques
verbales et écrites lui valent à nouveau d'être condamné pour "incitation
au meurtre, pillage, et à la guerre.
En 1891, le congrès annuel du P.O.F. décidera l'exclusion des anarchistes dont
les actions empêchent le parti d'avoir des élus au parlement. Jules Guesde y
entre en 1893 et c'est un tournant non seulement dans sa vie personnelle et
dans l'histoire du parti, mais dans l'histoire du parlement lui-même, où des
marxistes vont pouvoir faire entendre leur voix. Il n'aura de cesse de
s'opposer à Jaurès sur la question essentielle des
méthodes du socialisme.
Quand la guerre éclate, il estime que la grève générale est un crime et il
participe à un cabinet d'union nationale.
La révolution ayant éclatée dans une Russie arriérée avec des bolcheviks
incapables de transformer réellement un pays où les conditions de passage au
socialisme ne sont pas réunies. Il ne comprend pas qu'on veuille les donner en
exemple, pis, ils veulent dicter leur lois aux militants des pays les plus
avancés. Lors du congrès de Tour, il refuse de suivre les communistes et reste
fidèle au parti qu'il a fondé.
Guyho (Léonard-Marie-Corentin) né à Jonzac (Charente-Inférieure) le 7 juin 1844
Député du Finistère de 1876 à 1877 et de 1878 à 1885
Docteur endroit, avocat au conseil
d'État et à la cour de Cassation.
Siégeant au centre gauche, il monta à la tribune pour se prononcer contre
l'attribution aux conseils de guerre des jugements pour faits insurrectionnels.
Il vota contre la séparation des Églises et de l'État
Guyot (Yves, Prosper)
nait le 6 octobre 1843 à Dinan (Côtes-du-Nord ) et meurt le 22 février
1928 à Paris
Député de la Seine de
1885 à 1893
Ministre des Travaux Publics 22 février 1889 au 18 février 1892
Ardent dreyfusard
Membre de l'extrême gauche radicale, il devint plus modéré avec le temps
Hubbard (Gustave-Adolphe, Achile, Nicolas) nait le 22 mai 1858
à Madrid, et meurt le 14 mai 1927 à Paris
Députe de Seine-et-Oise
de 1885 1898
et des
Basses- Alpes 1901 1906
C'est un avocat. Il siège a l'extrême
gauche. Très attache a la laïcité, il se fit l'ardent défenseur de l'amendement
repris d'année en année par son groupe tendant a la suppression de
l'ambassade de France auprès du Saint-Siège. Il a interpellé le
gouvernement au sujet des manifestations ultramontaines des évêques. Il
s'est élevé contre l'action politique du clergé, surtout
les rédactions et la diffusion des "Catéchismes électoraux''
Hugues (Clovis, Hubert), né le 3 novembre 1851 à Menerbes (Vaucluse), mort le 11 juin 1907 à Paris.
Député des
Bouches-du-Rhône de 1881 à 1889
Député de la Seine de 1893 à 1906
Il siégea au groupe des socialistes
parlementaires, à l'extrême gauche de la chambre, où il prit
souvent la parole avec une fougue et une verve provençale remarquée, soit pour
interpeller, soit pour défendre les idées socialistes ou des grévistes et ouvriers
condamnés pour délits politiques et combattre la politique modérée. Il prononça
en 1894 un retentissant discours en faveur de la liberté individuelle. Il
déposa un projet de loi permettant aux communes de donner le pain gratuit aux
indigents, un projet de contrôle de l'Assistance publique au moyen de délégués
d'associations et de syndicats, etc...
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Huon de Penanster (Charles-Marie-Pierre) né le 11 octobre 1832 à Lanion ( Côtes-du-Nord), mort le 31 mai 1901 à Ploubezre (Côtes-du-Nord)
Représentant des
Côtes-du-Nord à l'Assemblé Nationale de 1871 à 1876
Sénateur
des Côtes-du-Nord de 1886 à 1901
Issu d'une familles de vielle noblesse bretonne, il siégeait à la droite monarchiste et vota avec elle, mais n'a jamais publié de profession de foi dans aucune de ses nombreuses élections.
Jacquey (Général Armand, Victor) né le 15 novembre 1834 à Montlouis (Pyrénées-Orientales), mort le 1er décembre 1921 à Mont-de-Marsan (Landes)
Député des Landes de 1898 à 1910
Candidat républicain il fut membre de
la commission administrative et s'occupa essentiellement des problèmes de
recrutement dans l'armée. Son action a toujours été éprise d'un grand
libéralisme.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Jaurès (Jean), né le 3 septembre 1859 à Castres (Tarn), mort le 31 juillet 1914 à Paris
Député du Tarn de 1885 à 1889, de 1893 à 1898 et de 1902 à 1914
C'est son talent oratoire ajouté à
son don pour les études qui lui vaudra une bourse pour poursuivre ses études
jusqu'à l'École Normale Supérieure. C'est là qu'il s'initie aux grands
problèmes politiques du moment. Il conçoit dans ces années de défaite de la
droite antirépublicaine, 1878-1880, une grand admiration pour Gambetta et se veut lui-même "républicain
libéral", c'est à dire opposé aussi bien à la gauche violente et
irraisonnée de Clemenceau qu'à la droite froide et
rancunière des monarchistes. L'expérience de Gambetta l'ayant déçu, il
penche maintenant vers Jules Ferry et parle de
"coopération", voire de "collectivisme". Mais sa culture
politique est encore faible et ses propos, fortement teinté d'un humanisme
philosophique et universitaire ne sont pas de nature à effrayer quiconque. On
admire l'orateur, le journaliste; on ne redoute pas encore le théoricien.
Aussi, le comité local de l'union républicaine, parti des
"opportunistes", décide-t-il de le proposer comme candidat aux
élections de 1885. Il rédige, pour l'essentiel, la proclamation électoral des
candidats de l'Union; il y souligne la nécessité de défendre la république, ses
institutions, ses réalisations, et aussi les virtualités qu'elle contient,
contre les conservateurs "révisionnistes" qui rêvent d'un troisième
empire.
Élu plus jeune député, il a 25 ans, il avouera ne pas connaître grand chose à
la politique. Sa première réaction sera "d'attendre et voir" dans ce
milieu totalement nouveau pour lui, que les discussions théoriques ne l'ont pas
préparé à affronter. Sa circonspection est d'autant plus justifiée qu'il ne se
sent solidaire d'aucun groupe. La question sociale le préoccupe et il commence
à s'éloigner de Jules Ferry qu'il trouve trop favorable au capitalisme. Mais il
ne rejoint pas pour autant les radicaux, que le seul mot de
"collectivisme" hérisse, ni le minuscule groupe socialiste, né en
1886, dont l'extrémisme verbal le rebute.
Sa première intervention à la tribune pour défendre un amendement à la loi sur
l'enseignement primaire - une école décentralisée directement gérée et financée
par la commune afin de rapprocher le contenu de l'enseignement de la vie
quotidienne de citoyens - ne sera guère appréciée de ses collègues
"opportunistes". Plus tard, lors d'une discussion de loi sur la
protection douanière, il s’élèvera avec vigueur contre la politique du
"pain cher" qui risque de léser gravement l'ouvrier sans rien rapporter
au paysan. Très applaudi par l'extrême gauche, il provoque de vives
protestations au centre et à droite.
Il s'isole de ses anciens amis sans avoir fixé son choix sur de nouveaux. Aux
couloirs du Palais Bourbon il préférer pendant trois ans aller dans les
réunions des syndicales ouvriers et discuter avec des instituteurs de campagne.
Quand il intervient à la Chambre, c'est pour défendre les retraites ouvrières,
la situation des mineurs. L'audace et l'intransigeance de ses idées ne
l'empêchent pas d'être écouté dans une enceinte où l'éloquence a gardé tout son
prestige. Mais à droite comme à gauche, on ne le comprend mal
A partir de 1890, son orientation politique est désormais claire; aux élection
municipales il a défendu l'attitude des "radicaux" et réclamé la
création d'un "grand parti d'action socialiste capable de mener à bien
toutes les réformes" Pour lui, le socialisme ne s'oppose pas au
républicanisme : il en est le prolongement naturel. C'est ce qui l'oppose à
Jules Guesde qui lui répond par une apologie de la lutte
des classes.
Il est élu aux élections de 1892 où le nombre des députés socialistes est passé
de 13 à 41; ils forment un groupe unique dont Jaurès sera le principal
porte-parole.
Il soutiendra les ouvriers de Carmaux et
rassemblera l'argent nécessaire à la construction de la "Verrerie
Ouvrière" d'Albi. Une véritable entreprise modèle du socialisme va pouvoir
naître et se développer. Sa popularité grandira encore auprès des populations
laborieuses.
Le "J'accuse" de Zola est, selon Guesde , le
plus grand acte révolutionnaire de ce siècle". Jaurès est du même avis.
Les plus modérés refusent de "mettre le parti socialiste à la remorque
d'un écrivain bourgeois". Le 22 janvier 1898, Jaurès dénonce l'attitude du
gouvernement. Il ne pourra terminer son discours : dreyfusards
et antidreyfusards en viennent aux mains. Il continuera son action même quand
Guesde et Vaillant n'y verront plus "qu'une
affaire de famille qui ne regarde plus les socialistes.
Il se laissera convaincre par Millerand que la
participation de ce dernier à un gouvernement bourgeois permet de faire barrage
à la réaction. Guesdes et Vaillant se retirèrent du parti le laissant seul avec
les "modérés". Malgré des tentatives de conciliation, le mouvement
aboutit à la constitution de deux partis en 1901.
Après les élections de 1902, la nouvelle majorité est très républicaine et
dominée par les radicaux socialistes. A la tête d'un important groupe
socialiste, Jaurès se propose de pratiquer une politique active de dans la
"délégation des gauches". Sa première intervention est consacrée au
désarmement et à la paix. Par la suite, il défendra la politique
"laïque" de Combes . Sa position sur ce point
est claire : il ne cache pas son profond respect de tout sentiment religieux;
mais il entend lutter contre la formidable puissance réactionnaire de l'Église.
En 1905, s'ouvre l'ultime période de la vie de Jaurès qui sera marquée
essentiellement par ses efforts pour empêcher la guerre. Ses efforts et ceux de
ses amis n'empêchent pas la tension internationale de monter. Il sera assassiné
le 31 juillet 1914 alors qu'il se proposait d'écrire un article retentissant
pour dénoncer les causes et les responsables de la crise. Trois jours plus tard
la guerre éclatait.
Jourde (Antoine), né le 23 septembre 1848 à Saint-Merd (Corrèze) mort le 30 janvier 1923 à Caudéran (Gironde).
Député de la Gironde de 1889 à 1902 et de 1906 à 1910
Il a eu un comportement glorieux
pendant la guerre de 1870. En 1889, il est candidat de l'alliance de tous les
groupes révisionnistes de Bordeaux. Il se présente comme républicain socialiste
et boulangiste, adversaire du régime parlementaire, et partisan de la révision
de la Constitution par une assemblée constituante.
Il se présentera également comme républicain collectiviste, se prononçant en
faveur du référendum, d'une chambre unique, de l'impôt progressif sur les
revenus dépassant 3000 francs et du retour au trésor public de l'héritage en
ligne collatérale à partir du quatrième degré, de la création d'une caisse de retraite pour les travailleurs , de
l'abrogation de loi contre l'internationale
, de l'annulation de tous les contrats ayant aliéné la propriété publique :
banque de France, chemin de fer, mines, pour faire retour à la nation, etc...
Pour que les électeurs puissent suivre les travaux de leur mandataires, il a
réclamé la mise en vente, au prix de 5 centimes le numéro, du compte rendu
publié par le Journal officiel. Il réussit d'ailleurs, au cour de la
législature, à faire adopter cette mesure.
A la chambre, il participa très activement aux débats parlementaires, faisant
partie de nombreux bureaux et de nombreuse Commissions, notamment celle de
l'armée et celle de l'assurance et de la prévoyance sociale.
Dès sa première législature, il a proposé et fait voter l'impôt sur les
opérations de bourse, s'est occupé de l'unification des pensions de retraite et
pris part à toutes les discussions concernant les lois ouvrières
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association.
Jumel (François Henri) né à Mont de Marsant (Landes ) le 5 septembre 1847 il meurt le 11 août 1918 à Saint Jean de Luz (Basses-Pyrénées)
Député des de Landes de 1886 à 1906
Se place à gauche et se proclame, comme républicain, ennemi irréductible de la réaction et du cléricalisme en même temps qu'opposé à toutes les théories révolutionnaires et collectivistes. En 1901, il se prononça pour la loi sur les associations et en 1905 pour la séparation des Églises et de l'État.
Klotz (Louis-Lucien)
né le 1er janvier 1868 à Paris, il y meurt le 15 juin 1930
Député de la Somme de
1898 à 1925
Sénateur
de la Somme de 1925 à 1928
Ministre
des finances du 3 novembre 1910 au 2 mars 1911,
du 27 juin 1911 au 22 mars 1913 et du 12 septembre 1917 au 20 janvier 1920
Ministre
de l'Intérieur du 22 mars au 9 décembre 1913
Avocat à la cour d'appel de Paris, il
fut attiré très tôt par le journalisme politique
Il fut un des députés les plus actifs : président de la commission des douanes,
rapporteur général au budget, etc.
Laffon (Marie, Étienne, Charles, René ) , né le 16 août 1847 à Sedan (Ardennes), mort le 2 septembre 1891 à Sèvres (Seine-et-Oise)
Député de l'Yonne de 1887 à 1891
Il vota toutes les mesures destinées à
protéger l'agriculture et l'industrie et à leur permettre de résister à la
concurrence étrangère. Il se prononça également pour la réforme judiciaire et
la réorganisation de l'Assistance publique dans les campagnes.
Lamarzelle (Gustave, Edouard, Louis de), né le 4 août 1852 à Vannes, mort le 16 mars 1929 à Paris
Député du Morbihan de
1883 à 1893
Sénateur du Morbihan de 1894 à 1924
C'était un avocat, un excellent
orateur, d'opinion ultraconservatrice, président de la conférence
Molé-Tocqueville. Il était professeur de droit international à la faculté de
droit de l'Institut catholique de Paris. C'était un boulangiste à tout crin et
c'est sous l'étiquette '"révisionniste" qu'il sera élu, la première
fois contre un républicain.
Plus jeune sénateur du moment, lors de son élection, il n'est pas long à
s'imposer comme l'un des tout premiers orateurs de la droite. Plusieurs année
durant, il l'adversaire le plus acharné - et sans doute le plus brillant
- des projets de séparation des Eglises et de l'Etat. Esprit très
curieux, il s'est également occupé de nombreux autre sujets : retraites ouvrières , réglementation des jeux, conseil de prud'hommes , régime des boisson,
pêche maritime, etc...
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Laroche-Joubert (Jean, Edgard ), né le 12 septembre 1843 à Angoulême (Charente), mort le 14 novembre 1913 à Paris
Député de la Charente de 1884 à 1906
C'est un bonapartiste qui se rallia
après 1892 à la République. Conservateur, son expérience des affaires et ses
préoccupations sociales orientèrent son activité. Il se fit parfois applaudir
par l'extrême gauche : Il gérait la papeterie familiale- son affaire
personnelle- sous une forme coopérative et avait institué la
participation des ouvriers aux bénéfices.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Lasies (Marie, Louis Joseph) , né le 21 février 1862 à Houga (Gers), mort le 23 février 1927 à Bordeaux
Député du Gers de 1898 à
1910
Député
de la Seine de 1914 à 1919
Militaire de carrière, il
démissionne. Elu maire de Mormès, il est révoqué par le gouvernement.
Il est élu en 1898 après une campagne en faveur du plébiscite et de multiples
déclarations antisémites.
Au Palais Bourbon, il dépose des propositions de loi relatives à la
viticulture, à la protection de l'épargne contre la spéculation. Violemment
antidreyfusard, les développements de l'affaire Dreyfus lui donneront
l'occasion de multiples interventions. Spécialiste des interruptions, il se
soucie peu du règlement dont il éprouve parfois les rigueurs.
Partisan de la liberté d'association et de la liberté d'enseignement, il
participe à la discussion du projet qui réprime l'ouverture d'établissement
congréganistes sans autorisation. La discussion de la loi de séparation des
Eglises et de l'Etat provoque de multiples interventions de sa part.
Il reprend du service à la déclaration de guerre. Il participera à la
discussion du projet qui institut les pupilles de la Nation. Il dépose deux
propositions de loi tendant, l'une, à perpétuer la mémoire de Guynemer, l'autre
à transformer en cinquième arme les services de l'Aéronautique.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Lavergne (Bernard, Barthélémy, Martial) lé le 10 juin 1815 à
Montredon-Labessonnié (Tarn), il y meurt le 10 novembre 1903.
Représentant du peuple
à l'Assemblée législative en 1849
Député
du tarn de 1876 à 1889
Sénateur
du Tarn de 1889 à 1900
Docteur en médecine, il était un des
chefs du parti démocratique dans le Tarn et s'opposait au gouvernement
Louis Philippe
En 1849, il prit place à la Montagne et opina constamment avec la minorité
républicaine :contre la loi Falloux, contre l'expédition de Rome, contre la
restriction du suffrage universel,... Il reprit l'exercice de la médecine
après le coup d'état du 2 décembre. Réélu, il alla siéger avec la gauche
modérée. Il attaqua avec ardeur le gouvernement du 16 mai dans son département
où il répandit une série de petites brochures politiques , rédigées par lui en
patois sous forme de lettres aux paysans : elle lui valurent des poursuites de
la part du ministère et deux condamnations à l'amende.
Lefas (Alexandre, Aubert), né le 2à septembre 1871 à Vannes (Morbihan)
Député
d'Ille-et-Vilaine de 1902 à 1919 et de 1924 à 1932
Sénateur
d'Ille-et-Vilaine de 1933 à 1941
Issu d'une famille bretonne, docteur
en droit. A la chambre des députés il est inscrit au groupe de l'union
républicaine démocratique. Il siège dans de nombreuses commissions, dépose de
nombreuses propositions de loi et établit de nombreux rapport;
Au Congrès de Vichy, le 10 juillet 1940, il vota pour les pouvoirs
constitutionnels.
Le Myre de Viliers (Charles, Marie ), né le 17 février 1833 à Vendôme (Loir-et-Cher), mort le 9 mars 1918 à Paris.
Député de Cochinchine de 1889 à 1902
Fils d'officier de cavalerie, il se
destine à la marine qu'il quitte en tant qu'enseigne de vaisseau, en 1855, pour
l'administration préfectorale. Il reprendra du service comme lieutenant de
vaisseau pendant la guerre de 1870 avant de reprendre ses fonctions civiles.
En 1879, il devient le premier gouverneur civil de la Cochinchine et ministre
plénipotentiaire à la cour d'Annam. :
il s'efforce alors de séparer nettement pouvoir civil et militaire, d'élaborer
un code pénal, de créer un conseil colonial mi-parti, des conseils
d'arrondissement et le conseil municipal de Saïgon, de même que la construction
d'un réseau routier et ferroviaire. Son hostilité à l'expédition du Tonkin fut à l'origine de sa révocation en mai 1882.
Mis à la retraite, il est rappelé par Freycinet en 1883 qui le charge, en tant que ministre
plénipotentiaire de 1ère classe, des fonctions de Résident général à
Madagascar. Il arrive à y résoudre une situation très difficile face à un
premier ministre malgache, Rainilaiarivony ,
d'une grande habileté.
Elu en 1889, il est membre des commissions relatives aux
questions maritimes et coloniales. Il met au services de celles-ci l'expérience
acquise tant en Cochinchine qu'à Madagascar. Ses interventions à la tribune
seront toutes marquées par son expérience personnelle. Il soutient en 1890 la
création d'un ministère des Colonies indépendant.
En 1893, il ne peut éviter la guerre
d'annexion de Madagascar et intervient à la Chambre pour
l'abolition de l'esclavage dans la Grande Ile.
A voté contre
la loi sur le droit d'association.
Le Pelletier ( Edmond, Adolphe de Bouhelier dit) né le 26 juin 1846 à Paris, mort le 22 juillet 1913 à Vittel (Vosges)
Député de la Seine de 1902 à 1906
Reçu avocat, il ne plaida jamais, mais
devint publiciste avec talent. Il se battit dix-sept fois en duel, fut blessé
et ne conserva ses membres que grâce à l'habileté du chirurgien.
Emprisonné pour avoir attaqué le baron Haussmann, il fit connaissance à la
prison Sainte-Pélagie de Delescluze ( tué sur les barricades pendant la
commune), de l'écrivain Jules Vallès, de Raoul Rigault et d'autres partisans de
la Commune, dont il sera délégué au Conseil État
Il devint de plus en plus modéré et adhéra au nationalisme en 1898 et fut
antidreyfusard
Le Provost de Launay ( Auguste, Louis , Marie ) né le 8 juin 1850 à Libourne (Gironde), mort le 17 août 1912 à Aix-les-bains (Savoie)
Député des Côtes-du-Nord
de 1876 à 1893
Sénateur
des Côtes-du-Nord de 1896 à 1912
Conservateur en membre du groupe de
l'appel du peuple, il manifesta son opposition au régime républicain en
interpellant, souvent vigoureusement, le gouvernement. Il combat les
expéditions coloniales.
Il s'élève également contre les fatigues
imposées aux soldats pendant les grandes manœuvres et les cas mortels qui en
résultent.
Il intervient sur l'affaire Dreyfus et sur l'armée qui retient son attention :
Les victimes des "Marches de l'armée" et comment débarrasser les
régiments des condamnés de droit commun.
Mais son objectif primordial est la
défense de l'enseignement libre et la loi de 1905 sur la séparation des églises
et de l'Etat suscite ses interventions passionnées. Il intervient pour la
création d'école de perfectionnement pour enfants arriérés.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Lemire (Abbé Jules, Auguste), né le 23 avril 1853 à Vieux-Berquin (Nord), mort le 7 mars 1928 à Hazebrouck (Nord)
Député du Nord de 1893 à
1928
Issu dune famille de cultivateurs. Il
sera nommé professeur de rhétorique au collège où il a fait ses études
classiques. La construction d'un nouveau collège, dont il dirige les travaux,
le met en relation avec la classe ouvrière. L'amélioration du sort des
travailleurs et des humbles inspirera désormais toute son action de prêtre et
d'homme politique.
Elu comme "socialiste chrétien", il sera assez gravement blessé lors
de l'attentat de l'anarchiste Vaillant. Il déploie une activité prodigieuse. Il
dépose plusieurs proposition de lois concernant notamment : la liberté
d'association, l'organisation d'un bien de famille insaisissable, le duel, le
repos hebdomadaire. Il obtient la modification des formalités du mariage en vue
de faciliter les unions légales. Au cours de ses très nombreuses interventions
en séance publique, il aborde les sujets les plus divers : fermeture de la
bourse du travail, maintient de l'ambassade de France auprès du Vatican,
réforme de l'impôt sur les boissons, surmenage des enfants dans les écoles,
réparation des édifices diocésains, introduction d'épreuves agricoles au
Certificat d'études, sociétés de secours mutuel, travail des femmes, des
enfants et des filles mineures dans les manufactures, permission agricole en
faveur des militaires, aide aux familles nombreuses etc ...
En 1897, il crée la ligue française du coin de terre et du foyer et se fait
l'apôtre des jardins ouvriers . La même année, il est nommé secrétaire général
de la Démocratie chrétienne.
Réélu en 1898, il devient membre des commissions de l'agriculture, de
l'enseignement et des association. Parmi les nouvelles propositions de loi
qu'il présente, il convient de signaler celle sur l'assurance obligatoire
contre l'invalidité et la vieillesse. La chambre se range à son avis en se
prononçant pour la création d'un ministère du travail et de l'institution
d'"allocations de famille" au bénéfice des travailleurs ayant plus de
trois enfants.
En 1901, il
vote contre la loi d'association.
Ses discours les plus chaleureux sont prononcés au cours des débats sur la
suppression de l'enseignement congréganiste, la séparation des Eglises et de
l'Etat, les caisses de retraites ouvrières.
Devenu membre des commissions du travail et du suffrage universel, il demande
l'interdiction du cumul des mandats nationaux et locaux et le vote familial. Il
rapporte plusieurs projet ou propositions à caractère social sur le travail de
nuit des enfants dans les usines à feu continu; l'emploi dans l'industrie de
ceux qui ont moins de treize ans; le repos des femmes en couche, etc...
Il sera très souvent en conflit avec son évêque, mais il aura le soutient du
pape. Une majorité de gauche l'élira vice-président, fonction dont il se démet
peu après. En 1919, il s'inscrit au groupe des républicains de gauche et en
1924, il adhère au groupe de la gauche radicale.
Lerolle (Paul, Siméon), né le 3 avril 1846 à Pris, mort le 26 octobre 1912 à Paris.
Député de la Seine de 1898 à 1912
Avocat à la cour d'appel, il se
signale particulièrement dans le procès intenté à la ville de Paris par Denys-Cochin à propos de la laïcisation de l'hôpital auquel
un des grands-oncles, fondateur, avait donné son nom.
Conseiller municipal, il sera élu député en 1898 pour s'inscrire au groupe de
l'action libérale. Si les textes dus à son initiative sont peu nombreux - il
convient de retenir seulement son projet de résolution sur l'affichage des
discours prononcés à la Chambre - il prend en revanche souvent la parole. La
loyauté de son caractère et la sincérité de ses convictions lui attirent
l'estime de tous ses collègues. Il intervient instamment dans les discussions
relatives aux salaire des ouvriers et à l'enseignement.
Après 1902, il se signale à nouveaux par multiples interventions : ouverture et
tenue d'un établissement congréganiste sans autorisation, monopole des
inhumations, suppression de l'enseignement congréganiste. Il dépose trois
amendement sur la séparation des Eglises et de l'Etat.
Connu comme philanthrope, il s'occupe, en dehors de ses attributions
législatives, d'œuvres de patronage et de bienfaisance sociale.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Levraud (Léonce, Adam) né le 27 avril 1843 à Paris, il y meurt le 21 décembre 1938
Député de la Seine de 1898 à 1910
Docteur en médecine issu d'une famille de tradition républicaine, il prit une part très active contre l'Empire et fut condamné en 1867 à un an de prison pour le délit de participation à une société secrète et lors de la révolution du 4 septembre 1870, il fut l'un des premiers manifestants qui envahirent la Chambre des députés et proclamèrent la République. Tant pendant
le siège de Paris que pendant la
Commune, il fut chirurgien dans une ambulance.
Il eut une grande activité parlementaire en faveur de la santé publique
et en défaveur des congrégations religieuses
Leydet (Victor) , né le 3 juillet 1845 à Aix-enProvence (Bouches-du-Rhône), mort le 22 octobre 1908 à Paris.
Député des
Bouches-du-Rhône de 1881 à 1897
Sénateur des Bouches-du-Rhône de 1897 à 1908
Son programme était républicain radical
et progressiste. Il fut membre, entre autre, de la commission générale des
douanes, de la commission des patentes, de la commission chargée de l'examen
des projets et propositions de loi concernant la marine ...
A la législature suivante, il fit partie de la commission du travail, de celle
de la marine et de celle des chemins de fer.
Il s'intéressa aux questions les plus divers : monopole des allumettes,
élection des tribunaux de commerce, suppression du monopole de l'ordre des
avocats, délégués à la sécurité des ouvriers mineurs, conseils de prud'hommes , etc...
Au Sénat il s'inscrivit au groupe de la gauche démocratique et s'appliqua à
l'étude de nombreux problèmes : organisation du jury criminel, réglementation
des eaux de la Durance, recrutement de l'armée, insuffisance des moyens de
transport des compagnies de chemin de fer, etc...
Leygues (Jean, Claude, Georges ), né le 26 octobre 1857 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), mort le 2 septembre 1933 à Saint-Clou (Seine-et-Oise)
Député du
Lot-et-Garonne de 1885 à 1933
Ministre de l'Instruction publique et de Beaux-arts du 30 mai 1894 au 17
janvier 1895
Ministre de l'Intérieur du 17 janvier au 1er novembre 1895
Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts du 1er novembre 1898 au
7 juin 1902
Ministre des colonies du 14 mars au 25 octobre 1906
Ministre de la Marine et membre du Comité de Guerre
du 16 novembre 1917 au 20 janvier 1920
Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères
du 24 septembre 1920 au 16 janvier 1921
Ministre de la Marine du 28 juillet 1925 au 19 juillet 1926
et du 23 juillet 1926 au 21 février 1930
Ministre de l'Intérieur du 13 décembre 1930 au 27 janvier 1931
Ministre de la Marine du 3 juin 1932 au 2 septembre 1933
Inscrit au barreau de
Villeneuve-sur-Lot, il avait eu un grand-père violoneux de village et son père
était poète. Lui-même écrivait et rencontrait chez son éditeur les grands
poètes de son époque; mais il avait d'autres ambitions. Il était membre actif
de la Ligue des patriotes et avait fondé un journal républicain. Adjoint au
maire, il lui succéda à 25 ans, avant de rester pendant près d'un demi siècle
représentant de sa circonscription.
Inscrit à la gauche démocratique, il s'imposa à la chambre par son talent
d'orateur.
Au ministère de l'Instruction publique, il fut surtout l'auteur de la grande
réforme de 1902 qui, tout en fortifiant les humanités classiques, adapta
l'enseignement secondaires aux nécessités de la vie moderne et attribua aux sciences,
de même qu'aux langues étrangères, la place légitime qui leur avait été refusée
jusqu'alors. Il y eu désormais un baccalauréat sans latin. L'enseignement
devait comporter des fins morales et sociales mais rester étrangères aux luttes
des partis. Il voulait que "l'école s'ouvre sur la vie", il refusait
"de la voir s'ouvrir sur la rue".
Ministre de l'Intérieur en 1895 - au lendemain de l'assassinat de Sadi Carno t-
il fit preuve, au milieu des menées anarchistes, d'une fermeté remarquable et
maintint l'ordre sans violence.
Ministre de Colonies en 1906, il substitua à la rude politique qui avait suivi
la conquête, une politique d'association et de collaboration avec les
indigènes, tout en repoussant une irréalisable assimilation.
Ministre de la Marine pendant la Grande Guerre, il rappela, en 1920, aux
députés le rôle important qu'elle avait tenu et fit tout ce qu'il pu pour
qu'elle devienne puissante.
Il fit un bref passage aux Affaires étrangères avant de constituer un Cabinet.
Lorsqu'il resta quelque temps à l'écart du gouvernement, il s'inscrivit aux
groupe des républicains de gauche de René Coty.
Il redevient Ministre de la Marine dans le cabinet Briand
; il le restera jusqu'à sa mort.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Lockroy (Édouard, Étienne, Antoine Simon dit), né le 18 juillet 1838 à Paris, mort le 22 novembre 1913 à Paris.
Représentant de la Seine
à l'Assemblée Nationale en 1871
Représentant
des Bouches-du-Rhône à l'Assemblée nationale de 1873 à 1876
Député
des Bouches-du-Rhône de 1876 à 1881
Député
de la Seine de 1881 à 1910
Ministre
du Commerce et de l'Industrie du 7 janvier 1886 au 30 mai 1887
Ministre
de l'Instruction publique et des Beaux-arts du 3 avril 1888 au 22 février 1889
Ministre
de la Marine du 1er novembre 1895 au 29 avril 1896
et du 28
avril 1898 au 22 juin 1899
Ministre
de la Guerre par intérim du 25 octobre au 1er novembre 1898
Ses préoccupation de député et de
ministre se tournèrent presque toujours vers la mer. Il s'est efforcé de
reconstituer les bases d'opération et les arsenaux et crée l'École de guerre de
la marine.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Loubet (Émile), né le 31 décembre 1838 à Marsanne (Drôme), mort le 20 décembre 1929 à Montélimar (Drôme)
Député de la Drôme de
1876 à 1885
Sénateur
de la Drôme de 1885 à 1889
Ministre
des Travaux publics du 12 décembre 1887 au 3 avril 1888
Président
du Conseil et Ministre de l'Intérieur du 27 février au 6 décembre 1892
Ministre
de l'Intérieur du 6 décembre 1892 au 11 janvier 1893
Président
de la République du 18 février 1899 au 18 février 1906
Il rentre au Sénat après avoir été
député pendant dix ans. Il avait fait ses premières armes ministérielles en
compagnie de ses amis rangés à l'époque sous l'étiquette
"opportuniste". Il y fut une personnalité de premier plan en cumulant
les fonctions de président de la commission des finances et de président de la
commission des douanes.
Pendant les quelques mois où il forma un cabinet, il eu à affronter: des
élections municipales fort passionnées, les attentats de Ravachol , le centenaire de la proclamation de la
République en 1792 qui mécontentait profondément les monarchistes, l'épidémie
cholérique du Havre, la fameuse grève de Carmaux
, les troubles dans les mines de Lens et Liévin et le scandale de Panama qui provoqua la chute de son gouvernement.
Élu à la présidence de la République, sa fonction n'en fut pas plus calme :
L'affaire Dreyfus battait son plein et son
prédécesseur, tout en restant impartial comme chef d'Etat, avait néanmoins
laissé percer sa sympathie pour le camps anti-dreyfusard; Loubet paraissait
pour plus à gauche, mais bien que fervent républicain, il était en réalité un
modéré, un traditionaliste, un adversaire de tout sectarisme. Il voulait que la
lumière fut faite sur l'"Affaire", mais il comprenait qu'elle divisait
dangereusement le pays. Il voulait rester "neutre", ce qui est
dangereux car l'on mécontente ainsi chaque camp. Le soir même de son élection,
la Ligue des patriotes, Déroulède et Drumont en tête organisa une manifestation
contre lui. Il fut injurié et frappé au pesage d'Auteuil, les socialistes
organisèrent contre lui une manifestation lors du Grand Prix.
Il y au aussi la rupture avec le Saint Siège, les rencontres qui commencèrent à
édifier la fameuse "Entente cordiale"
Marcère ( Louis, Emile, Gustave, Deshayes de ), né le 16 mars 1828 à Domfront (Orne), mort le 26 avril 1918 à Messei (Orne)
Député du Nord de 1876 à
1884
Sénateur
inamovible du Nord de 1884 à 1918
Il s'est intéressé, au début de sa
carrière, aux divers régimes politiques qui se sont succédé et il a participé
de façon active à la vie nationale.
En 1900, il s'occupe de la réorganisation de l'inspection générale et conseil
supérieur des prisons et prend la parole la parole dans la discussion générale
de la proposition de loi relative à l'amnistie. En 1905, il rapporte le projet
de loi concernant la séparation des Eglises et de l'Etat, après s'être élevé
véhémentement contre le gouvernement qui avait déposé ce texte, il vote contre.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Marchal (Charles, François) né le 13 novembre 1849 à Coléah (Algérie) date et lieu de décès non connu.
Député d'Alger de 1898 à 1902
Licencié en droit à Aix, il regagne
l'Algérie pour s'engager dans l'artillerie. Après avoir fait la campagne de Kabylie en 1871, il commence une carrière de
publiciste en fondant un journal La Jeune République. En 1878, il lance
le premier quotidien d'Algérie Le petit Colon, dont il restera directeur
pendant 20 ans. Il fait ce qu'il faut en politique locale pour être populaire
et se faire élire comme candidat antijuif.
A la chambre des députés, politiquement rattaché aux indépendants, membre de la
commission des chemins de fer et inscrit au groupe de la défense nationale, il
défend avec véhémence les colons d'Algérie contre le seul péril qui menace à la
fois la "France des Français" et "la Colonie des colons", à
savoir les israélites. A l'origine de tous les maux, le décret Crémieux qui
naturalise collectivement ,en 1870, les 35.000 juifs algériens.
N'a pas pris
part au vote de la loi sur le droit d'association. (en congé)
Marmonier (Henri), né le 16 septembre 1855 à Saint-Maurice-de-Satonay (Saône-et-Loire), mort le 4 février 1900 à Belleville-sur-Saône (Rhône)
Député du Rhône de 1885 à 1889
Il siège à l'extrème-gauche de la
Chambre. Membre de la commission des chemins de fer, il rapporta à ce titre un
certain nombre de projets relatifs à la construction et à l'exploitation de
lignes. Il se prononça pour l'expulsion des princes et pour les poursuites à
engager contre le général Boulanger .
Martin-Feuillée (Félix), né le 25 novembre 1830 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort en 1896
Député d'Ille-et-Vilaine
de 1876 à 1889
Sous-secrétaire
d'Etat à l'Intérieur et aux Cultes du 4 mars au 28 décembre 1879
Sous-secrétaire
d'Etat à la justice du 29 décembre 1879 au 30 janvier 1882
Ministre
de la justice du 27 février 1883 au 6 avril 1885
Il a fait voter le projet de loi de
réforme du personnel judiciaire.
Massabuau (Joseph, Pierre André), né le 27 juillet 1862 à Saint-Geniez-d'Olt (Aveyron ), mort le 14 octobre 1939 à Saint-Geniez-d'Olt (Aveyron )
Député de l'Aveyron de
1898 à 1914
Sénateur
de l'Aveyron de 1921 à 1930
Avocat élevé dans la tradition
républicaine, il fut élu en 1898 comme républicain indépendant, partisan de la
liberté par une large décentralisation.
A la chambre il s'inscrivit au groupe d'action libéral et fut membre de la
commission des finances. il intervint fréquemment à la tribune, notamment en
matière budgétaire.
Au Sénat, inscrit au groupe de l'union républicaine, il fit partie de la
commission de la législation civile et criminelle. Il s'intéressa d'une manière
particulière à la politique extérieure depuis le traité de Versailles.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Massé (Louis, Alfred , François, Pierre), né le 2 juin 1870 à Pougues-les-Eaux (Nièvre)
Député de la Nièvre de
1898 à 1914
Sénateur
de la Nièvre de 1920 à 1924
Ministre
du Commerce et de l'Industrie du 2 mars au 27 juin 1911
et du 22
mars au 9 décembre 1913
Avocat, publiciste, collaborateur de
plusieurs publications, conférencier de l'union de la jeunesse républicaine il
prend une part active aux démonstrations démocratiques du quartier Latin.
Élu pour la première fois sur le banc des radicaux socialistes, son programme
portait sur les principaux points suivants : révision de la constitution, impôt
progressif sur le revenu, caisses de retraites ouvrières, service militaire de
deux ans, mandat impératif, séparation des Eglises et de l'Etat, qu'il votera
en 1905.
Au Sénat il appartint aux commissions des douanes, de l'enseignement et
de l'agriculture.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Méline (Félix, Jules ), né le 20 mai 1838 à Remiremont (Vosges), mort le 21 décembre 1925 à Paris
Député des Vosges de 1876
à 1903
Sénateur
des Vosges de 1903 à 1925
Sous-Secrétaire
d'Etat à la Justice et aux Cultes du 21 décembre 1876 au 16 mai 1877
Ministre
de l'Agriculture du 21 février 1883 au 6 avril 1885
Président
du Conseil et Ministre de l'Agriculture du 29 avril 1896 au 28 juin 1898
Ministre
de l'Agriculture du 21 octobre 1915 au 12 décembre 1916
Pendant toute la période d'agitation
des boulangistes , il compta comme l'un des
plus redoutables adversaires de ce mouvement et, à ce titre, il fut violemment
combattu.
Durant la législature de 1898, il fut président de la commission des douanes et
il fit voter l'ensemble des lois économiques ayant pour but la protection des
intérêts agricoles nationaux, connues sous le nom de "Tarif Méline".
Son action a profondément modifié le régime économique de la France avec des
résultats diversement appréciés; elle a enrichit certaines industries et nuis à
d'autres.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Méjean (Louis) né le 05 juin 1874 à Codognan (Gard), mort à Lezan (Gard) le 13 janvier 1955
Sénateur du Gard de 1924 à 1934
Protestant cévenol, fils et frère de pasteurs il fut directeur honoraire aux ministère des cultes et des finances, préfet, conseiller général. Repéré pour ses qualité par Monis quand ce dernier était au cabinet de M. Waldeck-Rousseau , il devint le conseiller d'Aristide Briand dont il rédigea, pendant plus d'un, an tous les textes que ce dernier présenta. C'est donc à lui que l'on doit le rapport de la commission sur le séparation des Églises et de l'État dont il réussit à en infléchir l'orientation dans un sens plus libéral. Il fut soutenu pa Briand lui-même, par le Conseil d'État et par certain parlementaires protestants. Il aurait voulu faire de cette loi "le Concordat de la séparation". L'hostilité du Saint-Siège, le sectarisme en matière d'homme comme Clemenceau, Caillaux et Malvy ne facilitèrent pas sa tâche. Il ne cessa d'oeuvrer en ce sens préparant l'apaisement qui se produisit en 1923 et 1924, ce qui ne l'empêcha pas de maintenir très fortement parfois contre Briand lui-même le principe de la laïcité de l'État : il fallait donner à toutes les églises une pleine liberté, d'empêcher l'Église romaine d'être une puissance politique dans l'État, de restaurer l'autorité de ce dernier, ce qui impliquait l'application à l'Église du droit commun.
Michelin ( Joseph- Henri) né à Paris le 3 mai 1847
Député de la Seine de1885 à 1889
Docteur en droit, il se consacra à
l'enseignement libre du droit.
Il fut élu à la mairie du 7° de Paris avec un programme radical-socialiste. Il
s'occupa beaucoup d'hygiène publique. Elu député, il prit place à l'extrême
gauche. Partisan d'une révision de la constitution, il fut favorable au
boulangisme.
Millerand (Étienne, Alexandre ), né le 10 février 1859 à Paris, mort à Versailles en 1943
Député de la Seine de
1885 à 1920
Sénateur
de la Seine de 1925 à 1927
Sénateur
de l'orne de 1927 à 1944
Ministre
du Commerce du 23 juin 1899 au 4 juin 1902
Ministre
des Travaux publics du 24 juillet 1909 au 3 novembre 1910
Ministre
de la Guerre du 14 janvier 1912 au 13 janvier 1913
et du 26 août
1914 au 29 octobre 1915
Président
du Conseil et Ministre des Affaires étrangères du 20 janvier au 23 septembre
1920
Président
de la République du 24 septembre 1920 au 11 juin 1924.
Avocat, député républicain
socialiste, son attirance vers les doctrines collectivistes commencent à se
préciser après les incidents dramatiques de Fourmies (1er mai 1891). Il
combattit sans relâche la politique opportuniste : entraves au droit syndical;
résistance du patronat à l'arbitrage gouvernemental demandé par les ouvriers
dans le conflits des mines de Carmaux ou de la
propagation du privilège de la Banque de France. Il s'opposa à la politique
d'accommodement avec la droite menée par les ministères Ribot
et Méline ; il soutint ,au contraire, le cabinet radical
présidé par Léon Bourgeois .
Dans l'affaire Dreyfus , il ne vit, tout
d'abord, comme les autres socialistes, qu'une querelle entre factions
bourgeoises. Il ne prit part qu'après les aveux et le suicide du colonel Henry.
Le 30 mai 1896, les socialistes fêtent, par un banquet, leur succès aux
élections municipales; Millerand en profite pour exposer un programme qu'il
ramenait à trois points : substitution nécessaire et progressive de la
propriété sociale à la propriété capitaliste ; conquête des pouvoirs publics;
entente internationale des Travailleurs. Face aux révolutionnaires, il
déclarait que le parti ne devait attendre la réalisation de son idéal que du
suffrage universel. Cette politique fut approuvée par le parti et suivie
jusqu'à la naissance du "cas Millerand", en 1899, quand Waldeck-Rousseau le fit entrer dans son cabinet au
côté du général Gallifet. Beaucoup de socialiste
s'abstinrent de voter la confiance.
Les "décrets Millerand" laissent sa marque dans le domaine social :
clauses de repos hebdomadaire et de salaire minimum dans les marchés passés par
l'Etat, les département et les communes; création d'un conseil supérieur du
travail; loi du 30 mars 1900 fixant une durée maximum de travail pour tous les
travailleurs industriels. Certains projets de loi ne furent adoptés que
longtemps après le départ de Millerand du ministère. A cause de cette
participation, la fédération de la Seine votait son exclusion du parti en
janvier 1904. Il combattit Combes auquel il reprochait de
sacrifier les réformes sociales au profit de la lutte contre les congrégations.
Comme ministre des Travaux publics, il réforma les directions postales, créa la
direction des mines et l'office du tourisme.
Ministre de la Guerre, il enleva au préfet la faculté de fournir au ministère
de la Guerre des renseignements sur les opinions politique des officiers.
Après la Grande Guerre, Clemenceau lui confia la
tâche d'administrer les provinces retrouvées. Le passage d'une souveraineté à
une autre posait, dans tous les domaines, des problèmes difficiles qu'il
s'appliqua à résoudre dans le respect des traditions et des habitudes - qui ne cadraient pas toutes avec celles des autres départements
français.
Président du Conseil, il fait face énergiquement à de nombreuse grèves. Il
soutient financièrement et militairement les polonais en guerre contre les
russes.
Président de la République, il insista auprès du Gouvernement pour que la Ruhr
fut occupée pour garantir le remboursement des dommages de Guerre imposés à
l'Allemagne. Celle-ci dévaluait sa monnaie à une vitesse vertigineuse pour
contrer cette obligation du traité de Versailles.
Aux élection de 1924, il prit parti contre le "Cartel des gauches",
mais c'est ce dernier qui triompha, Millerand démissionna.
Au Sénat, il s'inscrivit au groupe de la gauche républicaine. Ses interventions
furent rares, portant essentiellement sur la politique étrangère et surtout
pour dénoncer l'Allemagne revancharde qui n'avait pas accepté le traité de
Versailles.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Milliard (Victor, Édouard) né le 19 décembre 1844 aux Andelys (Eure), mort le 9 mai 1921 à Paris
Député de l'Eure de 1887
à 1889
Sénateur
de l'Eure de 1890 à 1921
Ministre de
la Justice du 2 décembre 1897 au 28 juin 1898
Inscrit aux groupes de la gauche
républicaine et de l'union républicaine au Sénat, il est membre de divers
commissions : projet contre les menées anarchistes, celle sur les syndicats
professionnels.
En tant que garde des sceaux, il témoigna, dans l'exercice de ses délicates
fonctions, de la plus haute impartialité et d'un véritable esprit de justice.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Monis (Ernest, Antoine Emmanuel) , né le 23 mai 1846 à Châteauneuf (Charente), mort le 25 mai 1929 à Châteauneuf
Député de la Gironde de
1885 à 1889
Sénateur
de la Gironde de 1891 à 1920
Ministre
de la Justice du 22 juin 1899 au 7 juin 1902
Président
du Conseil, Ministre de l'Intérieur et des Cultes du 2 mars au 27 juin 1911
Ministre
de la Marine du 9 décembre 1913 au 20 mars 1914
Au Sénat il s'inscrivit au groupe de
la gauche démocratique. Ce fils d'huissier qui avait consacré jusqu'alors toute
sa carrière aux questions juridiques aux questions juridiques, eut une grande
activité parlementaire qui s'étendit dans tous les domaines car tout le
préoccupait : les questions militaires comme les problèmes régionaux, les
intérêts des professions viticoles comme les
questions algériennes. Il connu de très nombreuses attaques personnelles durant
sa carrière politique.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Morel (Jean-Baptiste), Louis, Joseph dit Jean-Morel) né le 10 octobre 1854 à Nandax (Loire), mort le 7 février 1927 à Paris
Député de la Loire de
1898 à 1912
Sénateur
de la Loire de 1912 à 1927
Ministre
des Colonies du 3 novembre 1910 au 2 mars 1911
et du 21
janvier au 9 décembre 1913
Brillant pharmacien, il présida la
commission des octrois au parlement
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Mun (Adrien, Albert , Marie,
comte de), né le 28 février 1841 à Lumigny (Seine-et-Marne),
mort le 6 octobre 1914 à Bordeaux (Gironde)
Député du Morbihan de 1876
à 1878 et de 1881 à 1893
Député du
Finistère de 1894 à 1914
Ancien officier de cavalerie, ayant
démissionné en 1875 pour se consacre à l'action politique, c'est à l'Oeuvre des
cercles catholiques ouvriers - dont il a été l'un des membres fondateurs en
1871 - qu'il formule les grandes lignes de sa doctrine sociale
Toute sa vie publique est dominée à la
fois par son patriotisme et par son désir de justice sociale. L'image qu'il se
fait de la France est celle d'une personne vivante, marquée par le sceau du
christianisme. Il affirmera :"Je suis royaliste dans la sincérité de ma
conscience de catholique et de Français". La mort du comte de Chambord en
1884 ruine ses espoirs de restauration et il lui faut envisager la création
d'un parti catholique, attaché à la défense des libertés religieuses, de la
famille, et à l'établissement d'une législation protectrice des travailleurs.
Cette "union catholique", conçue à l'image du centre catholique
allemand, ne vit jamais le jour, Léon XIII lui ayant demandé de renoncer à ce
projet.
Un moment tenté par le, boulangisme , il
soutient l'Union de la France chrétienne, qui reprend les objectifs du parti
catholique. Cependant, après l'encyclique du 16 février 1892 adressée aux Français,
leur demandant d'accepter la République, Albert de Mun accepte le sacrifice de
ses
convictions politiques et la séparation d'avec la plupart de ses amis. Il
participe, avec Jacques Piou et Etienne Lamy, à la fondation
de la droite constitutionnelle.
Il ne cessa de combattre pour ses idées sociales, demandant l'organisation
corporative du travail avec des syndicats mixtes de patrons et d'ouvriers.
Réconcilier le capital et le travail, éviter que les conflits ne deviennent
trop lourds à résoudre par un arbitrage à l'amiable. Cette organisation était,
pour lui, le seul moyen d'échapper au libéralisme sans tomber dans le
socialisme.
Il ne manqua jamais de se faire le défenseur de la liberté syndicale. Il
intervint, en 1890,pour que la journée de repos soit fixée le dimanche; dès
1892, il demande la semaine anglaise.
Cette même année, il réclame pour les femmes enceintes un arrêt de travail
obligatoire et une indemnité. La chambre rejette sa proposition pour la reprendre
sept ans plus tard. En 1890, il soutient avec succès un amendement qu'il avait
déposé pour demander qu'en aucun cas les enfants ne soit mis au travail avant
l'âge de treize ans.
En précurseur, il souhaita la création
des caisses d'assurances spéciales alimentées conjointement par les patrons et
les ouvriers et proposa de substituer à la théorie de la responsabilité
délictuelle, le principe du risque professionnel. Il préconisait aussi
l'organisation de caisses de secours et de retraite pour améliorer le sort des
ouvriers âgés.
Il combattit la politique antireligieuse
de Waldeck-Rousseau et de Combes
et s'oppose de toute ses forces à la loi de séparation, qui est cependant votée
le 9 décembre 1905.
Atteint par une maladie de cœur, il
renonce à la parole pour la plume et se consacre
surtout aux problèmes des Affaires étrangères.
Convaincu que la guerre est inévitable,
contre Jaurès , il soutiendra Poincaré
pour faire échec à l'antimilitarisme du bloc des gauches. Ce dernier lui
demandera de l'accompagner à Bordeaux où le gouvernement s'était replié.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Muteau (Alfred, Jean, Baptiste), né le 1er mars 1850 à Dijon (Côte-d'Or), mort le 8 avril 1916 à Paris.
Député de la Côte d'or de 1898 à 1914.
C'est une sorte d'explorateur
ethnographe qui parcourra le monde. Secrétaire général de l'Alliance française
et de la Société internationale pour l'étude des questions d'assistance, membre
du Conseil supérieur de l'assistance publique, du Conseil supérieur de la
statistique, du comité consultatif des chemins de fer, il appartient en outre à
la société de géographie et à la société des études historiques. La liste de
ses œuvres est impressionnante.
Élu au parlement, il fait partie de la commission de l'assistance et de la
prévoyance, de la commission de la marine, de la commission de l'heure
décimale, et de la commission des colonies. Réélu, il sera désigné par ses
paires membre du conseil supérieur des sociétés de secours mutuels, poste qu'il
gardera à la législature suivante.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Nadeau (Martin) né le 17 novembre 1815 à Soubrebost (Creuse)
Représentant en 1849 à
l'Assemblée législative
Député
de la Creuse de 1876 à 1889
Fils de cultivateur, il se rendit à
l'âge de 16 ans à Paris pour y être maçon. Il était chef d'atelier à 19 ans et
s'efforça de compléter son instruction insuffisante. Il fréquenta les réunions
socialistes et devint un adepte fervent du communisme.
Élu en 1849, il siégea à la Montagne, dans le groupe des républicains
socialistes, mais ne lâcha pas pour autant la truelle.
Au coup d'Etat du 2 décembre 1851, il fut arrêté avec beaucoup d'autres, et,
par décret du 9 juin suivant, expulsé du territoire français après deux mois de
détention. Il repris son métier de maçon en Angleterre, mais se fit instituteur
pour raison de santé.
Revenu en France, il fut élu conseiller municipal de Paris où il s'occupa des
questions ouvrières.
A la Chambre il siégea à l'extrême gauche avant de se rapprocher de l'Union
républicaine. Il ne fit point d'opposition au système "opportuniste"
préconisé par Gambetta.
Naquet (Alfred, Joseph), né le 6 octobre 1834 à Carpentras (Vaucluse), mort le 10 novembre1916 à Paris
Député du Vaucluse de
1876 à 1883
Sénateur
du Vaucluse de 1883 à 1890
Député de
la Seine de 1890 à 1893
Député du
Vaucluse de 1893 à 1898
Il a été boulangiste
car, selon lui, c'était le seul moyen d'obtenir de profondes réformes
constitutionnelles et s'il désire des réformes dans tous les domaines, il n'en
repousse pas moins de toute se forces "le collectivisme qui de son vrai
nom s'appelle le communisme".
.Il interviendra dans deux interpellation relatives, l'une à la révocation d'un
Trésorier-payeur général et à la prédominance des juifs dans l'administration
française, l'autre aux dangers de l'infiltration incessante de la race juive. (Je pense que c'est
pour souligner le racisme de ces interpellations)
Les
antisémites bien-pensants s'en prendront à lui comme auteur de la loi sur le
divorce.
Il quittera la France au moment de l'affaire de Panama
pour y revenir recevoir son acquittement
Noulens (Jean-Baptiste, Joseph, Eliacin) né le 29 mars 1864 à Bordeaux (Gironde)
Député de Gers de 1902
à 1919
Sénateur
du de 1920 à 1924
Sous
secrétaire État à la Guerre du 3 novembre 1910 au 27 février 1911
Ministre
de la Guerre du 9 décembre 1913 au 2 juin 1914
Ministre
des finances du 13 juin au 26 août 1914
Ministre
de l'Agriculture et du Ravitaillement du 29 juillet 1919 au 18 janvier 1920
Juriste, diplômé de science
politique, avocat, maître des requêtes au Conseil État, il commença sa carrière
politique comme chef de cabinet de plusieurs ministres dans différents
ministères.
Ses débuts à la tribune furent timides et intervint dans un sens modérateur
lors de la séparation des Églises et de l'État. Il fut très actif par la suite
Ollivier (Louis, Félix, Marie) né le 3 avril 1853 à Guigamp
(Côtes-du-Nord), mort à Saint-Connan) (Côtes-du-Nord) le 1er octobre 1931
Député des Côtes-du-Nord de 1902 à 1910
Il appartient à une ancienne famille
de notables locaux. Docteur en droit, il entre dans la magistrature pour en
sortir le 29 mars 1880 lors de l'exécution des décrets d'expulsion des
religieux.; il s'inscrivit au barreau de Saint-Brieuc
Républicain libéral catholique,, il s'inscrivit, à la Chambre, au groupe de
l'action libérale et de la patrie française.
Très occupé par la séparation des Églises et de État, il intervint à plusieurs
reprises.
Ornano (Gustave, Léon, Eugène, baron Cunéo d' ), né le 15 novembre 1845 à Rome (Italie), mort à Paris le 17 mai 1906.
Député de la Charente en 1876 (invalidé) et de 1876 à 1906
Ardent bonapartiste, il se défendit,
avec le temps de vouloir renverser la République, " qu'il désirait
conserver à condition qu'elle devienne démocratique et plébiscitaire, c'est à dire
soumise au référendum national". C'est avec ce programme qu'il se présenta
aux élections de 1889 sous l'étiquette "bonapartiste et
révisionniste". A la chambre, il reprit sa place sur le banc des partisans
à l'Appel au peuple. Il s'occupa particulièrement de la réforme des boissons;
Député de Cognac, c'est un problème pour lequel il interviendra toujours.
Après les élections de 1898, il fut membre de la commission de la réforme
judiciaire et de la commission du droit d'association. Il déposa, en outre, une
proposition de loi sur l'engagement volontaire dans l'armée, une autre sur les
incompatibilités parlementaires et ministérielles.
Après les élections de 1902, il s'occupa beaucoup des problèmes de l'armée et
intervint encore dans la discussion d'un projet et de proposition de loi sur la
séparation des églises et de l'Etat.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Ournac (Camille), né le 31 août 1845 à Toulouse (Haute-Garonne), mort le 24 février 1925 à Toulouse.
Sénateur de la Haute-Garonne de 1897 à 1920
Minotier, il fut maire de Toulouse. Elu sur la liste radicale, il appartenait au Sénat au groupe de la gauche démocratique. Ses votes reflètent fidèlement la doctrine et les prises de position politique de son groupe. C'est ainsi qu'il vota pour le contrat d'association (1901), la séparation des Eglises et de l'Etat (1905), le libre exercice du culte (1906), les retraites ouvrières (1909), la confiance à Briand dans l'interpellation sur les liquidateurs des congrégations (1910), et contre : les 28 jours (1905), le délégué électoral ( 1906), l'amnistie (inventaires, 1909)
Painlevé (Paul) (Paris, 1863 ; id., 1933),
mathématicien et homme politique français. Ses travaux scientifiques ont
surtout porté sur l’analyse mathématique et sur l’aérodynamisme. Plusieurs fois
ministre (1917-1933), il fut président du Conseil et ministre de la Guerre de
septembre à novembre 1917. Républicain, socialiste, un des fondateurs du Cartel
des gauches (1924), il fut, de nouveau, chef du gouvernement en 1925. ©
Hachette Livre, 1997
Paulin-Méry (César, Auguste, Paulin Méry dit ), né le 14 juin 1860 à Villiers-sur-Tholon (Yonne), mort le 25 janvier 1913 à Paris.
Député de la Seine en 1889 et de 1890 à 1902
Docteur en médecine, il prend une
part très active à la fameuse campagne boulangiste
de 1887-1889, en particulier contre l'élection de Jules Ferry
à la Présidence de la République. Il est fondateur de la fédération républicaine
révisionniste et préconise une politique d'action, comme le montre sa
circulaire de 1889 : "Sus au Sénat ! révision, Constituante, référendum,
mandat impératif : voilà le but, voilà le salut !"
Lors de son dernier mandat, il appartenait au groupe nationaliste.
A voté contre
loi sur le droit d'association
Pelletant ( Charles, Camille ), né le 23 juin 1846 à Paris, mort le 4 juin 1915 à Paris.
Député des
Bouches-du-Rhône de 1881 à 1912
Sénateur
des Bouches-du-Rhône de 1912 à 1915
Ministre
de la Marine du 7 juin 1902 au 24 janvier 1905
Fils d'un grand républicain, ce qui
lui a facilité ses débuts en politique, il s'est fait un prénom et sa
réputation ne doit rien à son père; porté aux nus par les uns, détesté par les
autres. C'était la nature jamais contente, pas plus d'elle-même que du reste du
monde. Aussi vivement il avait attaqué l'empire, aussi vivement il se retourna
contre ses grandes admirations, Gambetta et Jules
Ferry. Waldek-Rousseau n'eut guère à se louer
de lui. Il n'y eut que deux cabinets contre lesquels Pelletant parut retenir
ses coups : celui de Floquet , qui était tout à fait son
ami et, vingt ans plus tard , celui de Combes , sans
doute pour la seule raison qu'il en faisait partie.
Il avait un goût pour la critique et un penchant pour la polémique.
Ses principaux centre d'intérêt étaient les impôts, les douanes, les colonies,
les chemins de fer, les canaux, les caisses d'épargne, les rapport de l'Eglise
et de l'Etat, tous problèmes sur lesquels il finit par se poser sur un pied de
spécialiste, même aux yeux de ses adversaires.
Au sénat il était inscrit au groupe de la gauche démocratique.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Perreau (Camille, Antoine, François), né le 13 mars 1866 à Rouvray (Côte-d'Or)
Député des Bouches-du-Rhône de 1898 à 1902
Inscrit au barreau d'Aix, il était
professeur d'économie politique.
Inscrit au groupe républicain radical indépendant, il apporta à la chambre la
même courtoisie, le même équilibre d'esprit et le même sérieux qui marquèrent
l'homme dans sa chaire d'enseignement comme dans son comportement habituel.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Peytral (Paul, Louis), né le 20 janvier 1842 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort à Marseille le 30 novembre 1919.
Député des
Bouches-du-Rhône de 1881 à 1894
Sénateur
des Bouches-du-Rhône de 1894 à 1919
Sous-Secrétaire
d'Etat aux finances du 7 janvier au 11 décembre 1886
Ministre
des finances du 3 avril 1888 au 22 février 1889, du 4 avril au 3 décembre 1893
et du 28
juin 1898 au 22 juin 1899
Il fut élu sous l'étiquette
"républicain radical." Economiste et financier, il participa activement
aux discussions budgétaires pendant plus de trente-cinq ans. ses interventions
à ce titre comme rapporteur, comme ministre ou comme président de commission
des finances sont innombrables.
Piou (Jacques, Gustave), né le 6 août 1838 à Angers (Maine-et-Loire), mort le 12 mai 1932 à Paris
Député de la
Haute-Garonne de 1885à 1893 et de 1898 à 1902
Député
de la Lozère de 1906 à 1919.
Très hostile à son encontre, il
commencera à définir, à partir de 1889, une nouvelle politique
d'adhésion à la République qui deviendra le "ralliement". Il
constitue un nouveau groupe parlementaire, la "droite indépendante"
ou "républicaine", appelé aussi ,souvent, "droite
constitutionnelle". Cette attitude provoqua de nombreuses et vives
polémiques. Il se confirma comme l'un des grands leaders de la droite, l'un de
ses principaux orateurs. Il prononce des discours, célèbres à l'époque, sur
l'affaire Dreyfus , les affaires de Chine , le contrat d'association, ou encore, la
déchéance de Paul Déroulède .
Au lendemain de l'Armistice, il joue un grand rôle dans la formation du bloc
national en
suggérant la laïcité qui, seule, pouvait permettre de faire l'union.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Planteau (François- Edouard) né à Limoge (Haute-Vienne) le 8 janvier 1836
Député de Haute-Vienne de 1885 à 1889
Fils d'un proscrit du 2 décembre.
Sans fortune, il apprend le métier de peintre sur porcelaine après avoir réussi
son bac.
Il "monte" à Paris où il exerces divers métiers avant de commencer à
43 ans des études de droit. Reçu licencié, il ne plaida pas mais continua une
activité de traducteur. En même temps, il s'occupait de politique, dans le sens
républicain radical. A la chambre, il siégea dans le petit groupe ouvrier
socialiste dont il fut le fondateur. Il évolua vers le boulangisme.
Plichon (Jean, Ignace, Alexis, Winoc) né le 14 juin 1863 à Bailleul
(Nord), mort le 22 septembre 1936 à Oxelaere (Nord)
Député du Nord de 1889
à 1920
Sénateur
du Nord de 1920 à 1924
Député
du Nord de 1924 à 1936
Ingénieur des mines, il succède à son père comme député et sert la IIIè République comme son père avait servit sous la monarchie et l'Empire. D'abord siégeant sur les bancs de la droite, il rallie ceux de la République. Il intervint dans le domaine de ses compétences techniques et économiques
Poincaré (Raymond)
(Bar-le-Duc, 1860 ­ Paris,
1934), Avocat . Député de la Meuse dès 1887 au sein de l’Union des gauches, de
tendance modérée, excellent orateur; il obtint divers ministères (1893, 1895,
1906) et fut président du Conseil en 1912-1913. Président de la République
(1913-1920), il soutint avec énergie l’effort de guerre. Président du Conseil
(1922-1924 et 1926-1929), il fit occuper la Ruhr (1923) et combattit une grave
crise financière en réussissant à stabiliser le franc (franc Poincaré, 1926).
Académicien français (1909). © Hachette Livre, 1997
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Porteu ( Armand, Albert, Hyacinthe) né le 9 décembre 1839 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort le 8 mars 1906 à Rennes.
Député d'Ille-et-Vilaine de 1889 à 1902
Il entra dans l'administration pour
devenir préfet de la Creuse pendant la période du 16 mai 1877. On lui demanda
de révoquer de modestes fonctionnaires , faussement accusés; il préféra
démissionner plutôt que d'y consentir et commença une carrière politique.
Il siégea à la droite de la chambre et s'intéressa particulièrement aux problèmes
militaires, aux activités économiques des collectivités locales et au
discussions budgétaires. Après 1898, il fut membre de la commission des chemin
de fer et chargé de nombreux rapports relatifs à l'établissement de chemin de
fer d'intérêt local.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Prache (Laurent, Denis), né le 26 février 1856 à Combles (Somme), mort le 27 octobre 1919 à Paris
Député de la Seine de 1898 à 1910
Avocat attiré par la vie politique,
il fait une carrière à l'Hôtel de Ville de Paris avant de devenir député. Sa
profession de foi le présente comme républicain libéral partisan de
l'apaisement religieux, d'une politique de prévoyance sociale adaptée aux
possibilités de l'économie et d'une "sage décentralisation administrative".
Sa pratique des problèmes de propriété industrielle l'incite à déposer un
projet de loi sur les brevets d'invention. Il interviendra toujours sur ce
problème. Il demande à interpeller le gouvernement sur les agissements
politiques des fédérations maçonniques, préoccupation qui fera l'objet de sa
"pétition contre la franc-maçonnerie
" publiée en 1905.
Toujours fidèle aux intentions de paix religieuse exprimées au travers de ses
engagements électoraux, il prend la parole en ce sens au cours de tous les
débats consacrés au problème de la séparation des Eglise et de l'Etat et à ses
conséquences
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Pressensé (Francis, Charles de Hault de ), né à Paris le 30 septembre 1853, il y meurt le 19 janvier 1914
Député du Rhône de 1902-1910
Fils du pasteur, écrivain, homme
politique, Edmond de Pressensé. Engagé volontaire en 1870, il est licencié es
lettres et en droit.
Brillant journaliste, il collabore à l'Humanité, l'Aurore, le Temps. ll lutte
contre les nationalistes, les antisémites et les
réactionnaires.
Il fait campagne pour la révision du procès Dreyfus
Républicain convaincu, mais modéré à l'origine, il s'est peu à peu orienté vers
le socialisme.
En plus de ses campagnes en faveur de la séparation des Églises et de
l'État, il prit la parole à plusieurs reprises pour critiquer l'attitude du
Gouvernement vis à vis des républicains espagnols et pour demander la protection
des Arméniens et des
Macédoniens opprimés par la Turquie.
Décoré de la légion d'honneur, il en démissionna quand Zola en fut radié en
1899.
La ligue des droits de l'homme le porta à sa présidence en 1904.
Puech ( Jean, Louis ), né le 1er mai 1851 à Bozouls (Aveyron)
Député de la Seine de
1898 à 1932
Ministre
des Travaux publics du 3 novembre 1910 au 27 février 1911
Avocat, il se fait remarquer en plaidant
divers affaires politiques, notamment celles des grévistes de Decazeville, des
anarchistes Monod et Lucas, des socialistes russes à Paris, etc ...
Il commence à être un élu municipal puis départemental avant d'être élu à la
chambre; il intervient alors dans la plupart des discussions budgétaires.
Partisan de la politique d'union républicaine, il soutint les ministères Dupuy,
Brisson et Waldeck-Rousseau
. Toutefois, il se sépara de celui-ci à propos de la révision du procès de Dreyfus ; puis à propos de la loi sur les
associations - qu'il combattit - en demandant seulement la suppression des
biens de mainmorte et la dissolution des congrégations qui ne se soumettaient
pas aux lois existantes. Cette attitude indépendante lui valut d'être combattu
comme "radical dissident" par les soutiens de la politique de défense
républicaine. Il n'en fut pas moins attaqué de la façon la plus ardente par la
coalition nationaliste au renouvellement législatif de 1902.
Au cours de ses trente quatre années de mandat, il fut inscrit au groupe des
républicains de gauche et aborda les sujets les plus divers. Il s'intéressa
particulièrement aux questions sociales,
telles que l'assistance obligatoire aux vieillards et aux infirmes, les
retraites ouvrières, la durée du temps de travail, les pensions d'invalidité,
l'assistance aux orphelins et aux pupilles de la nation, la réparation des
dommages de guerre.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Raiberti ( Baron Flaminius) né le 13 avril 1862 à Nice (Alpes-Maritimes) il y est mort le 16 décembre 1929
Député des
Alpes-Maritimes de 1890 à 1922
Sénateur
des Alpes-Maritimes de 1922 à 1929
Ministre
de la Guerre de du 16 décembre 1920 au 16 janvier 1921
Ministre
de la Marine du 15 janvier 1922 au 29 mars 1924
Avocat issu d'une noble famille du comté de Nice, il est vite attiré par la politique. Il intervint dans différents débats, mais ses domaines furent ceux où il sera ministre. Il est considéré comme étant l'un des auteurs de la rénovation de la marine nationale. Il interviendra également beaucoup pour sa région
Rambaud ( Alfred, Nicolas), né le 2 juillet 1842 à Besançon (Doubs), mort le 10 novembre 1905 à Paris
Sénateur du Doubs de
1896 à 1903
Ministre
de l'Instruction publique, des Beaux-Arts
( et des
Cultes jusqu'au 26 septembre 1896)
du 29
avril 1896 au 28 juin 1898.
Avant de s'engager dans la politique,
il eut une brillante carrière d'universitaire et d'historien.
Au Sénat, il adhéra au groupe de l'union républicaine, puis à celui de la
gauche républicaine. Il prit part à la discussion de la loi sur les
associations.
En tant que ministre, il ne prit aucune décision vraiment importante.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Ramel (Augustin, Fernand, comte de), né le 27 mars 1847 à Alès (Gard), mort le 25 décembre 1915 à Paris
Député du Gard de 1889 à 1914
Il avait commencé une belle carrière
administrative mais démissionna pour garder son indépendance. Il s'inscrivit au
Barreau de Paris.
Elu à la chambre, monarchiste libéral, il préside le groupe des droites et est
l'un des fondateurs de la droite constitutionnelle. Il y déploya toujours une
intense activité et ses interventions touchèrent les sujets les plus divers.
Représentant un district minier, il demanda au premier chef des réformes en
faveur des populations minières et des mesures protectionnistes en période de
crise. Il a déposé d'importantes propositions de loi : l'une sur les caisses de
retraite des ouvriers de l'industrie et de l'agriculture, d'autres sur les
conseils d'arbitrage et de conciliation, sur les indemnités en cas d'erreur
judiciaire et d'arrestation arbitraire, sur les garanties individuelles, sur
l'assurance obligatoire contre les accidents du travail.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Raspail (François, Vincent, Benjamin), né le 24 septembre 1899 à Cachan (Seine), mort le16 août 1923 à Paris
Député de la Seine de 1876 à 1889
Il ne s'agit pas du chimiste, homme politique.
Régnier ( Marcel, Claude) né le 16 février 1867 à Billy (Allier)
Député de l’Allier de
1903 à 1910
Sénateur
de l’Allier de 1920 à 1939
Ministre
de l'Intérieur du 9 novembre 1934 au 30 mai 1935
Ministre
des Finances du 7 juin 1935 au 4 juin 1936
Jeune avocat républicain attiré par
la politique, il est élu lors d'une élection partielle il s'inscrit au groupe
de la gauche radicale socialiste, il fut membre des commissions du budget et
des travaux publics, se spécialisant dans les chemins de fer. Il intervint lors
de la discussion de la loi sur la séparation des Églises et de l‘État où,
soutenant avec enthousiasme la politique anticléricale du gouvernement, il eut
de vives controverses avec les leaders catholiques.
Ses positions de gauche avancée ne le plaçaient pas tellement loin des
socialistes. Cela lui valu des frictions avec son propre parti. avant d'en
avoir avec le parti socialiste qu'il combattit de 1936 à 1938. Battu au
élection sénatoriale, il quitta la politique pour devenir administrateur de la
Compagnie Générale Transatlantique
Reille (Charles, Marie, Amédée , baron de ), né le 25 mars 1873 à Saint-Amans-Soult (Tarn)
Député du Tarn de 1899 à 1914
Officier de marine, il démissionne
pour postuler le siège de député laissé vacant par la mort de son père.
A la chambre, il fait partie du groupe d'opposition des républicains
indépendants et progressistes, se montrant, dans toutes ses interventions,
comme résolu à "combattre une République sectaire et jacobine " et à
"soutenir une République libérale et progressiste". Il s'oppose à la
séparation des Eglises et de l'Etat. Il manifestera un intérêt particulier pour
toutes les questions de marine.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Renault-Morlière (Amédée, Joseph, Romaire), né le 11 octobre 1839 à Ernée (Mayenne), mort le 28 août 1907 à Ernée
Député de la Mayenne de 1876 à 1885 et de 1893 à 1906
A la législature de 1893, il se
confirme à la chambre comme républicain de gouvernement et protectionniste,
mais n'y a pas une grande activité. A celle de 1898, il fait partie de commission
des douanes et de la commission du droit d'association. Après 1902, il déposa
de nombreuses proposition de loi d'intérêt local. Les lois sur les
congrégations retiennent son attention. Il participe à la discussion du projet
de loi concernant les demandes en autorisation formulées par des congrégations
enseignantes. Le 26 juin 1903, dans un discours vif de ton, il s'écrie:"
Il y a trois mois vous avez inauguré contre 54 congrégations d'hommes le
système de l'exécution en masse. Nous laissons au gouvernement et à la majorité
qui le soutient l'entière responsabilité d'une politique que nous considérons
comme funeste".
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Réveillaud (Eugène Michel) naît à Saint-Coutant-le-Grand (Charente-inférieure) le 28 janvier 1851 et meurt le 28 novembre 1935 à Versailles
Député de la
Charente-inférieure de 1902 à 1912
Sénateur de Charente-inféreure de 1912 à 1921
Avocat, publiciste très anticlérical,
autant parce qu'il est libre penseur, que descendant des huguenots persécutés.
Il est à l'initiative de la création de la commission chargée d'examiner les
propositions et projets de lois concernant la séparation des Églises et de
l'État.
Le 4 avril 1905, il prononça un si long discours que la Chambre suspendit la
séance pour que l'orateur pu reprendre son
souffle.
Il siégea avec la gauche radicale où il s'attela à de nombreux projets.
Réville (Marc) né le 19 juin 1863 à Rotterdam (Hollande), mort à
Paris le 19 octobre 1920
Député du Doubs de 1903 à 1919
Ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes du 9 au 13 juin 1914
Fils de pasteur protestant, avocat,
publiciste, il est au parlement avec les groupements républicains radicaux et
démocrates. Il participe activement à l'amélioration de la législation du
travail.
Il sera partisan de la décentralisation administrative et de la création
d'assemblées régionales.
Reybert (Jean, Louis ), né le 11 novembre 1844 à Lyon (Rhône), mort le 18 janvier 1897 à Paris
Député du Jura de 1885 à 1893
Médecin, il axa sa campagne
électorale sur la défense des institutions républicaine menacées par les
entreprise boulangistes et sur la réforme constitutionnelle limitant les
prérogatives du Sénat, c'est à dire sur les grandes lignes du programme
radical.
Au Palais Bourbon, il s'intéressa essentiellement aux questions de
travail et de santé publique; aussi est-il nommé, en 1891, rapporteur d'une
proposition de loi tendant à modifier la législation pénale en matière
d'avortement; il est favorable à la prise en considération du texte mais
n'aura pas le temps de le rapporter avant la fin de la législature. L'année
suivante, il participe aux travaux d'une commission chargée d'examiner un
projet de loi concernant le droit d'association.
Ribot (Alexandre, Félix, Joseph), né le 7 février 1842 à Saint-Omer (Pas-de-Calais), mort le 13 janvier 1923 à Paris.
Député du Pas-de-Calais
de 1878 à 1909
Sénateur du Pas-de-Calais de 1909 à 1923
Ministre des Affaires étrangères du 17 mars 1890 au 27 février 1892
Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères
du 6 décembre 1892 au 11 Janvier 1893
et Président du Conseil et ministre de l'Intérieur du 11 janvier au 4 avril
1893
Président du Conseil et ministre des Finances du 26 janvier au 1er novembre
1895
Président du Conseil et ministre de la Justice du 9 au 13 juin 1914
Ministre des Finances du 26 août 1914 au 20 mars 1917
Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères du 20 mars au 12
septembre 1917
Ministre des Affaires étrangères du 12 septembre au 16 novembre 1917.
Il est l'auteur de l'alliance
franco-russe qui bénéficia d'une immense popularité.
L'expédition de Madagascar eut lieu sous son ministère
A la chambre, il présida la commission de réforme de l'enseignement secondaire.
défavorable à l'article de loi qui défendait d'enseigner aux membres des
congrégations non autorisées, il interpella à ce sujet le gouvernement, mais
sans succès.
En 1905, il livra à la Chambre le combat décisif qui devait amener la chute du
ministère Combes. Il prit une part considérable à la discussion de la loi de
séparation des Eglises et de l'Etat, estimant que le moment était
inopportun pour dénoncer le Concordat .
Il réussit, par ses fréquentes interventions à apporter au projet une série de
modifications.
La guerre allait lui donner à remplir de lourdes tâches: il se livra à de
nombreuses négociations pour assurer à notre pays l'aide financière de
l'Angleterre; c'est à lui qu'appartient l'initiative de la création des bons de
la défense nationale.
En 1903, il fut élu à l'Académie des sciences morales et politiques, et à
l'Académie française en 1906.
Caillaux écrivit dans ses Mémoires :
"Ribot, savez-vous ce que j'ai rêvé de vous cette nuit ? Un rêve bien pénible.
Je vous voyais au purgatoire car vous n'irez pas en enfer. Vous êtes un brave
homme. Vous n'irez pas non plus directement au ciel, vous n'êtes pas parfait.
Vous étiez donc au purgatoire où vous enduriez de cruels tourments : vous aviez
à côté de vous un ange qui vous disait tout le temps du bien de vos amis. Vous
souffriez horriblement."
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Riou (Charles, Henri, Marie), né le 10 janvier 1840 à Paimboeuf (Loire-Inférieure), mort le 28 septembre 1927 à Vannes (Morbihan)
Sénateur du Morbihan de 1900 à 1920
Elu au cours d'une élection
partielle, il s'inscrit au groupe de la droite, ses opinions conservatrices
étant très proches de prédécesseur de tendance royaliste. C'est d'ailleurs en
se référant explicitement à lui qu'il prend position
contre leprojet
d'amnistie présentée par
le gouvernement Waldeck-Rousseau , projet
tendant à faire cesser toutes les poursuites à raison de faits pouvant se
rattacher à l'affaire Dreyfus.
En 1901, lors de la discussion du projet de loi sur le contrat d'association,
il sera le défenseur le plus acharné des congrégations religieuses et de la
liberté de l'enseignement. Tous les amendements qu'il proposa furent rejetés au
scrutin. La discussion au Sénat d'un nouveau projet de loi, le 2 décembre 1902,
interdisant l'ouverture d'établissements congréganistes sans autorisation est ,
pour lui, l'occasion de rappeler le mot de Tacite : "Corruptissima
republica plurimae leges ", qu'il commente en ces termes: " ...
lorsque le régime est infidèle à ses principes ..., il accumule les lois... et
va d'autant plus loin qu'il ne sait pas où il va." En juin 1903, il combat
avec vigueur le projet de loi relatif à la construction d'office des maisons
d'école et, avec d'autres sénateur, lors de la discussion de propositions de
loi sur l'enseignement secondaire, il dénonce l'exigence du certificat
d'aptitude que le ministre entend imposer aux futurs directeurs d'école. Il
sera battu, mais le vote final ne constitue en fait qu'un demi succès pour le
ministère Combes qui n'a pu obtenir l'abrogation pure et
simple de la loi Falloux. En juin 1904 il demandera en vain l'ajournement de la
discussion du projet de loi interdisant l'enseignement congréganiste. Quand
Rouvier, le successeur de Combes, mettra en application la loi de séparation
des Eglises et de l'Etat, Charles Riou est parmi les opposants.
Qui relirait dans le détail ses interventions pendant cette période qui
s'affermir les bases de la laïcité de l'Etat, celui-là s'apercevrait que, la
passion politique mise à part, c'était la plupart du temps des arguments
d'ordre financier qui étaient en avant.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Roche (Jules, Antoine), né le 22 mai 1841 à Saint-Etienne (Loire), mort le 8 avril 1923 à Paris
Député du Var de 1881 à
1885
Député de la Savoie de 1885 à 1898
Député de l'Ardèche de 1898 à 1919
Ministre du Commerce, de l'Industrie et des Colonies du 17 mars 1890 au 8
mars 1892
et ministre du Commerce et de l'Industrie du 8 mars au 6 décembre 1892
Anticlérical militant, il se sépara
de l'extrême gauche dès 1884 pour devenir chef de l'union républicaine avant
d'adhérer au parti progressiste.
En tant que Ministre du Commerce, il s'illustra dans ses fonctions en soutenant
l'importante discussion du tarif des douanes où il sut s'opposer avec talent
aux protectionnistes. Il défendit également le projet de loi sur le travail des
femmes et des enfants dans les établissements industriels.
Sous le cabinet Loubet , il soutint la discussion du
projet relatif au Conseil de prud'homme (1892) et divers textes de conciliation
et d'arbitrage, destinés à prévenir les grèves. Il est en outre considéré comme
le créateur de l'office du travail.
Dans l'affaire Dreyfus , lors du second procès
qui eut lieu à Rennes en 1899, malgré ses renseignements sur Esterhazy, il se
borna à faire une déclaration sans véritable importance.
Il vota, en 1909, contre le projet de loi
d'impôt sur le revenu . Cet impôt lui paraissait comme une immixtion
insupportable dans les affaires privées de citoyens, et comme la destruction
des principes essentiels de 1789.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Roche ( Jean, Ernest ) né à Bordeaux le 27 octobre 1850, il meurt le 27 décembre 1917 à Paris
Député de la Seine de 1889 à 1906 et de 1910 à1917
Fils d'ouvrier, ouvrier lui-même,
publiciste, il fut condamné à quinze mois de prison pour sa participation à
l'organisation des grèves des mineurs d'Anzin et de Decazeville, il fut gracié
au bout de six mois.
Socialiste révolutionnaire blanquiste il lutte contre les tribunaux
d'exception. Il est un farouche partisan de la séparation des Églises et de
l'État.
Il fut le fondateur de la première "soupe populaire" crée dans le
XVIIIè arrondissement et subventionnée par le Conseil municipal de Paris
Rosanbo ( Marie, Raymond, Louis, Henri Alain Le Pelletier, marquis
de) né le 21 octobre 1864 à Paris
Député des Cötes-du-Nord de 1903 à 1910
Officier de cavalerie, il quitta l'armée pour s'occuper de ses terres. Élu à la Chambre, il incarna la défense de la religion, de la patrie et des libertés. Adversaire résolu de la séparation des Églises et de État, il critiqua vigoureusement le projet gouvernemental, comme il s'était opposé l'année précédente à la loi relative à la suppression de l'enseignement congréganiste. Il était remarqué par la rectitude de sa pensé.
Rouanet (Armand, Gustave), né le 14 août 1885 à Oupia (Hérault), mort le 11 février 1927 à Paris
Député de la Seine de 1893 à 1914
Fils d'un proscrit du 2 décembre, il s'engage dès la fin de ses études
secondaires. Ayant tenu des propos révolutionnaires, il est envoyé aux
bataillons d'Afrique sous le gouvernement du 16 mai 1877. A son retour, il fait
du journalisme. Lors des grèves du bassin houiller, en 1881, il milite dans le
Gard et écrit de violents articles dans la presse socialiste de Paris. Il est
condamné à la prison par le tribunal d'Alès et purge sa peine à Paris.
Au parlement, il se distingue par la vivacité de ses réparties et ses mots à
l'emporte-pièce. Ses propositions de loi sont variées : les unes tendent à
perfectionner le mécanisme des sociétés de secours mutuels et des assurances
sociales, à supprimer les décorations ; d'autres concernent les chemins de fer
et les incompatibilités attachées aux fonctions de préfet de police.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Roy de Loulay (Louis), né le 8 août 1848 à Paris, mort le 27 juillet 1911 à Loulay (Charente-inférieure)
Député de la Charente-inférieure de 1876 à 1889 et de 1898 à 1902
Il se présenta aux élections de 1889
comme bonapartiste révisionniste (boulangiste
) ce qui lui valu d'être battu. Quand il fut réélu, ce fut pour s'inscrire au
groupe de l'action libérale.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Saisy (Hervé de) né le 5 avril 1833 à Glomel (Côtes-du-Nord), mort le 2 septembre 1904 à Glomel
Représentant des
Côte-du-Nord de 1871 à 1875
Sénateur inamovible de 1875 à 1904
Aucun sujet ne laisse indifférent cet
esprit curieux de tout. Il intervient sur les baux ruraux, l'impôt foncier, les
droits de douane comme sur la lutte contre l'invasion des sauterelles en
Algérie.
Il vote contre le projet de loi sur l'exercice de la médecine et pour
l'assistance médicale gratuite.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Salis (Jacques, Michel), né le 21 mars 1848 à Cette (Hérault), mort le 16 novembre 1919 à Montpellier (Hérault)
Député de l'Hérault de 1881 à 1910
Anti-boulangiste
, orateur passionné et très écouté, il intervint fréquemment sur les sujets les
plus divers, plaçant souvent dans l'embarras les gouvernements modérés; il est
même à l'origine de la chute du cabinet Casimir Perrier le 22 mai 1894. Mais la
grand affaire qui l'occupe tout au long des législatures est la réforme de la
législation sur les boissons .
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Sarrien (Jean, Marie, Ferdinand ), né le 15 octobre 1840 à Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire), mort le 28 novembre 1915 à Paris.
Député de la
Saône-et-Loire de 1876 à 1908
Sénateur de la Saône-et-Loire de 1908 à 1915
Ministres des Postes et Télégraphes du 6 avril au 29 décembre 1885
Ministre de l'Intérieur du 7 janvier au 3 décembre 1886
Ministre de la Justice de 11 décembre 1886 au 18 mai 1887
Ministre de l'Intérieur du 12 décembre 1887 au 3 avril 1888 et du 30 mars au
13 avril 1896
Ministre de la Justice et des Cultes du 28 juin au 26 octobre 1898
Président du Conseil et ministre de la Justice du 14 mars au 19 octobre 1906
Dans un pays, traumatisé par
l'affaire Dreyfus , il est sans doute sollicité
pour son intégrité au poste de Ministre de la Justice, et il lui faut un
indéniable courage pour l'accepter dans ces circonstances.
Pendant les sept mois de son ministère, il appliqua strictement, mais sans idée
de représailles, la séparation des Eglises et de l'Etat. Il pratiqua la
laïcisation complète de l'enseignement, attribua aux syndicats la capacité
commerciale et annula le jugement du Conseil de Guerre condamnant le capitaine
Dreyfus; huit jours après, le 20 juillet, il nommait au grade de commandant ce
nouveau chevalier de la Légion d'honneur. Il revenait au président Sarrien de
clôturer une affaire qu'il avait su, alors qu'il était garde des Sceaux en
1898, maintenir, contre toutes les cabales, sur le terrain strictement
judiciaire.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Sénac (Thomas Urbain Marie) né le 25 mai 1839 à Saint-Elix-Theux (Haute-Garonne), il meurt le 26 mars 1914 à Montauban (Tarn-et-Garonne)
Député du Tarn-et-Garonne de 1902 à 1910
Avocat de formation
Républicain progressiste il s'intéresse surtout au problème des transports
Sibille (Marie, Maurice ), né le 21 juillet 1847 à Nantes (Loire-Inférieure), mort le 26 juillet 1932 à Paris
Député de Loire-inférieure de 1889 à 1932
Avocat, il siégera parmi les
républicains de gauche. Il est membres de diverses commissions et rapportera,
en 1892 la loi sur le travail des enfants et des femmes dans les établissements
industriels. Il interviendra de nombreuse fois, entre autre sur l'assistance
aux vieillards et sur le repos hebdomadaire.
En désaccord avec la politique du Bloc, il refuse la confiance au ministère Combes (4/11/1904), mais soutiendra le ministère Clemenceau (06/04 et 12/06/1908).
En 1910, membre de la commission des travaux publics, il n'est inscrit à aucun
groupe et s'élève avec force contre une proposition de résolution tendant à
faire nommer les membres des commissions par les bureaux des partis. Dans le
même esprit, il se prononce en faveur de la représentation des minorités
(01/07/1912) dans la longue bataille qui divise le monde parlementaire entre
partisan et adversaires de la représentation proportionnelle.
Après 1924, ce sont les relations extérieures qui l'absorberont le plus.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Simon ( François, Jules Suisse , dit Jules), né le 27 décembre 1814 à Lorient (Morbihan), mort le 8 juin 1896 à Paris.
Représentant des
Côtes-du-Nord en 1848
Député
de la Seine au Corps législatif de 1863 à 1869
Député de
la Gironde au Corps législatif de 1869 à 1870
Membre
du gouvernement de la défense nationale du 4 septembre 1870,
délégué
à l'Instruction publique, aux Cultes et aux Beaux-Arts (5 septembre 1870)
Ministre
de l'Instruction publique du 19 février 1871 au 17 avril 1873
Représentant
de la Marne de 1871 à 1875
Sénateur
inamovible de 1875 à 1896
Président
du Conseil et Ministre de l'Intérieur du 12 décembre 1876 au 17 mai 1877
Professeur de philosophie à la
Sorbonne, il fut suspendu en 1851 . Député de l'opposition républicaine sous
l'Empire, plusieurs fois ministre de l'Instruction publique, il devint
Président de Conseil en 1876, mais Mac-Mahon le contraignit à démissionner en
mai 1877.
Il fut élu à l'Académie française en 1875
Les dernières années de sa vie parlementaires furent entièrement consacrées aux
problèmes de l'éducation et aux questions sociales.
Il a représenté la France à la conférence internationale du travail à Berlin et
il avait joué un rôle actif dans la discussion du projet de loi réglementant le
travail des femmes et des enfants. Il demanda qu'il fût interdit de faire
travailler une femme venant d'accoucher pendant
un délais de quatre semaines. Il souligna la dureté du travail manuel et il
affirma que le rôle de femme dans
la famille était essentiel. Il insista pour que, dans l'éducation des filles,
on donnât de l'importance et de la dignité à la préparation des travaux
domestiques. Il défendit, dans l'éducation, le principe des examens de passage
qui auraient pour effet de réduire le nombre des déclassés.
Thierry (Marie, Philippe, Joseph ), né le 20 mars 1857 à Haguenau (Bas-Rhin), mort le 22 septembre 1918 à San Sebastian.
Député des
Bouches-du-Rhône de 1898 à 1918
Ministres
de travaux publics du 22 mars au 2 décembre 1913
Sous
secrétaire d'Etat à la Guerre (Ravitaillement et intendance militaire)
du 1er
juillet 1915 au 12 décembre 1916
Ministre
des finances du 20 mars au 7 septembre 1917
Avocat spécialisé dans les différents
commerciaux et financiers, ses talents d'orateurs, son expérience des affaires
et sa compétence le font distinguer dès son entrée au Palais Bourbon. Il l'est
des rares parlementaires de l'époque à dénoncer les effets d'un protectionnisme
exagéré.
Il ne s'est pas cantonné aux questions économiques; membre puis président du
groupe progressiste, il s'est opposé aux dispositions législatives adoptées
contre les associations religieuses et contre le Concordat
. L'opposition l'invite donc à présenter en son nom la déclaration dirigée
contre le projet de loi instituant la séparation des Eglises et de l'Etat.
Habile négociateur, il instaurera une politique d'entente avec l'Espagne. Cette
dernière manifestera peu à peu une neutralité bienveillante vis à vis de la
France, malgré les menées agressives de l'Allemagne.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Tolain (Henri, Louis), né le 18 juin 1828 à Paris, mort le 3 mai 1897 à Paris
Représentant de la Seine
de 1871 à 1876
Sénateur
de la Seine de 1876 à 1897
Ouvrier, il fut l'un des dirigeants
de la section parisienne de l'Internationale
, délégué à la Conférence de Londres et à de nombreux congrès de l'Internationale.
Il en fut exclu parce que, sous la Commune , il
"passa" aux Versaillais.
Au Sénat comme à l'assemblée nationale, il prit souvent la parole sur les
questions ayant trait à l'amélioration du sort des classes laborieuses. Il fut
rapporteur du projet de loi relatif au travail des enfants, des filles mineures
et des femmes dans les établissements industriels et prit une part active au
débat. Il contribua également au vote de la nouvelle législation réglant
l'organisation des syndicats professionnels de patrons et d'ouvriers et
intervint régulièrement dans les discussions relatives aux projets de loi sur
le règlement des heures de travail, sur les
accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail, sur le régime
des syndicats, sur la conciliation et l'arbitrage facultatif entre patrons et
ouvriers et employés.
Trarieux (Jacques, Ludovic ), né le 30 novembre 1840 à Aubeterre (Charente) mort le 13 mars 1904 à Paris
Député de la Gironde de
1879 à 1881
Sénateur
de la Gironde de 1888 à 1904
Ministre
de la justice de 26 janvier au 1er novembre 1895
Au sénat il participe à maintes
discussions d'ordre juridique ou social : modification de la loi sur les
syndicats professionnels que, sur son rapport, le Sénat rejeta; arbitrage entre
patrons et ouvriers, travail des femmes et des enfants mineurs; indigénat et
organisation coloniale. Mais les traits les plus marquants de son activité
furent sa participation comme rapporteur au vote de trois des quatre lois
visant la répression des attentats anarchistes puis, sa prise de position en
faveur de la révision du procès Dreyfus . Ces
deux attitudes n'étaient point contradictoires: défenseur de la liberté, il ne
la confondait pas avec la licence, il fut durablement l'adversaire de tout
manquement à la légalité républicaine.
Lors de la crise anarchiste, il requis "contre une école du crime où la
provocation aux pires attentats est devenu le métier habituel de certains
hommes" mais fit rejeter un amendement qui déférait les civils usant
d'explosifs aux conseils de guerre, car il n'acceptait point de dessaisir les
tribunaux de droit commun. Ainsi exprimait-il le sentiment de la grande
majorité des sénateurs,
conservateurs du libéralisme politique.
Il était membre du "Centre gauche", le groupe le plus modéré de la
Haute Assemblée. Il rapporta et fit voter, malgré l'opposition de l'extrême
droite, le projet de loi déclarant "Madagascar et les îles qui en
dépendent Colonies Française". Il aida, le 28 mai 1897, au vote de la loi
qui mit fin à l'instruction secrète - c'est à dire à l'interrogatoire de
l'accusé par le juge d'instruction hors de la présence de l'avocat - et réclama
même l'institution d'une expertise contradictoire en matière criminelle et
correctionnelle.
Lors de l'affaire Deyfus , ses collègues ne
furent pas surpris lorsque le 7 décembre 1897, ému par les révélations de
Scheurer-Kestner, il intervint pour rappeler que la suspicion de l'erreur n'a
jamais été, dans la pensé du législateur, offensante pour le caractère des
magistrat dont le jugement aurait pu être trompé ... "car la toute science
et l'infaillibilité ne sont pas de ce monde". En février 1898, avec
Scheurer-Kestner et avec Thevenet - qui avait été ministre de la justice - il
dépose une interpellation sur l'illégalité commise le 22 décembre 1894
consistant à remettre au conseil de guerre des pièces dites secrètes et
communiquées à l'accusé et à ses conseils. Sur ce thème essentiellement
juridique, il poursuivit, sur le plan parlementaire, la campagne en faveur de
la révision, puis constitua la même année le comité de la Ligue des droits de
l'homme et du citoyen.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Trouillot ( Georges, Marie, Denis, Gabriel), né le 7 mai 1951 à Champagnol (Jura), mort le 20 novembre 1916 à Paris
Député du Jura de 1889 à
1906
Sénateur
du Jura de 1906 à 1916
Ministre
des Colonies du 28 juin au 26 octobre 1898
et du 24
juillet 1909 au 2 novembre 1910
Ministre
de l'Industrie, du Commerce et des Postes du 7 juin 1902 au 18 janvier 1905
et du 12
novembre 1905 au 9 mars 1906.
Avocat, il entre en politique par les
élections locales. A la chambre, s'inscrivit au groupe de l'union progressiste
et de la gauche radicale. Il s'occupera activement de la réforme judiciaire, de
celle du baccalauréat, du dégrèvement de l'impôt foncier. A la chambre il prit
part à plusieurs débats : la réforme des tarifs en matière de succession, les
grands projets de réforme fiscale, la réforme électorale du Sénat, l'exposition
universelle de 1900.
Comme ministre, son administration fut toujours douce et conciliante.
Il n'a cessé de dénoncer comme funeste toute séparation entre les diverses
fractions du parti, toute alliance avec des hommes hostiles aux principes
essentiels du régime démocratique. Quels que fussent les hommes au pouvoir, il
s'est tenu à sa profession de foi. Il combattit le ministère Méline à qui il
reprochait de pratiquer une politique de division. Ce fut d'ailleurs à la suite
de ce débat, le 14/06/1898, que le ministère Méline donna
sa démission.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Vaillant (Marie, Edouard ) , né le 29 janvier 1840 à Vierzon (Cher), mort le 18 décembre 1915 à Paris.
Député de la Seine de 1893 à 1915
Ingénieur des Mines, il poursuit des
études à la Sorbonne, au Collège de France, à l'Ecole de médecine et au Muséum
d'histoire naturelle. Sans être encore très engagé en politique, il fréquente
les milieux d'opposition à l'Empire: Félix Pyat, Jules Vallès, Charles Longuet.
En 1866, il part en Allemagne étudier les sciences, la médecine et la
philosophie. Il y obtient le diplôme de docteur en médecine.
Rentré à Paris au début de la guerre de 1870, il prend part à l'insurrection du
4 septembre. C'est l'époque où il noue des relations avec Blanqui dont il deviendra un fidèle admirateur.
L'assemblée de la Commune le désigne comme l'un
des sept membres de sa Commission exécutive. Il est partisan de moyens radicaux
tels que l'exécution d'otages en réponse aux
exécutions faites par les Versaillais. Il veut que la commune agisse au lieu de
palabrer et essaye de concilier les factions rivales. Il agira jusqu'au bout et
parviendra à s'échapper pour Londres.
Il sera condamné à mort par contumace par le Conseil de guerre, en 1872.
A Londres, il passe ses examens de docteur en médecine, ce qui lui permet
d'exercer et de soigner ses camarades en exil. Il y rencontre Marx dont les idées vont supplanter son proudhonisme jusque-là prédominant dans ses idées
sociales. Il sera membre du conseil général de l' Internationale .
Rentré à Paris après la loi d'amnistie de 1880, il poursuit le combat politique
aux côté de Blanqui . Il briguera, en 1881, la
députation à Bourges sous l'étiquette " ancien membre de la commune et
candidat socialiste"; il ne sera pas élu. En 1884, il sera conseiller
municipal à Paris; révolutionnaire intransigeant, il entend réaliser une œuvre
positive en faveur de la classe ouvrière.
Pendant la crise boulangiste, il préconise la lutte contre toutes les factions
bourgeoises, réactionnaires ou opportunistes sans aucune compromission avec
l'une d'elle.
Sa première intervention , à la tribune de la chambre, sera pour défendre, au
milieu des interruptions, la Commune de Paris dont il revendique l'honneur
d'avoir été membre et pour proclamer sa foi socialiste et révolutionnaire. Ses
autres interventions de la législature concerneront, notamment, son opposition
aux lois "scélérates" contre les menées anarchistes, le chômage, la
législation sociale à propos de laquelle il se livre à des comparaisons
approfondies avec l'Angleterre et l'Allemagne.
A propos de l'affaire Dreyfus , il prend partie
avec Jaurès et Jules Guesde pour l'engagement du mouvement socialiste en faveur
de la révision du procès. Il souhaite toutefois que cela se fasse en toute
autonomie au regard des hommes politiques de la bourgeoisie, ce qui le sépare
quelque peu de Jaurès.
Le 12 juin 1899, son interpellation sur les " violences
de la police contre les républicains " entraîne la chute du cabinet
Charles Dupuy et son remplacement par Waldeck-Rousseau.Vaillant s'élève violemment contre la présence de Millerand au gouvernement aux côtés du général de
Galliffet qualifié de " massacreur de Paris, assassin de la Commune, homme
qui, en1871 dirigeait le massacre versaillais des parisiens, etc ... " Le
groupe socialiste éclate. Il constitue avec ses amis le groupe des socialistes
révolutionnaires qui s'abstiendra au moment du vote; ce qui permet le maintient
du cabinet de défense républicaine.
A la chambre des députés, il déploie son activité parlementaire dans divers
domaines : celui de la défense nationale où il reprend ses propositions sur la
suppression de l'armée permanente, du code militaire et des conseils de guerre,
celui du droit social où il demande l'institution de la journée de 8 heures, la
création d'un ministère du travail et de l'assurance sociale, celui de
l'agriculture où il réclame la reconstitution et l'extension du domaine
communal, celui de l'organisation politique où il préconise l'application de la
loi communale de Paris et la révision de la Constitution par l'institution du
droit d'initiative populaire et du référendum, celui de la politique
internationale où il se prononce pour la création de règles de droit internationale,
celui de l'enseignement dont il demande la laïcisation et que l'on y développe
la partie scientifique.
En 1902, à propos des congrégations et en 1905, dans le débat sur la loi de
séparation, il réclame une vigoureuse politique de laïcisation de l'Etat
explicitement destinée à ruiner la puissance de l'Eglise en la dépossédant de
ses moyens d'action matériels.
En 1905, à propos du Maroc et de la politique en Extrême-Orient, il prédit le
recours " à la grève général et à l'insurrection plutôt que de laisser le
gouvernement engager le pays dans une guerre odieuse."
En 1906, lors d'une séance d'interpellation, il attaque durement la politique
de répression anti-ouvrière de Clemenceau, ministre de l'Intérieur. Il
renouvelle, en mai 1907, ses critiques, accusant Clemenceau et les radicaux
d'être à la dévotion de la classe dirigeante. La même année, il demande que la
France renonce à intervenir au Maroc.
Au sein du parti socialiste, Vaillant est l'un des partisans les plus ardents
de la résistance à la guerre par la grève général et l'insurrection.
Mais les événements se précipitent. Jaurès est assassiné
le 31 juillet 1914. La mobilisation générale est décrétée le 2 août. Il
déclarera:" Les socialistes rempliront à la fois leur devoir patriotique
et leur devoir socialiste. En présence de l'agression, ils accompliront tout
leur devoir pour la Patrie, pour la République, pour la révolution." Le 4
août, jour des obsèques de Jaurès, il reprend les mêmes formules. L'après-midi,
à la chambre, marquant symboliquement son adhésion totale à l'union sacrée, il
serra pour la première fois la main d'Albert de Mun , ancien
officier de l'armée versaillaise.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Vallée (Ernest), né le 19 septembre 1845 à Avive (Marne), mort le 24 janvier 1920 à Paris
Député de la Marne de
1889 à 1898
Sénateur
de la Marne de 1898 à 1920
Sous-secrétaire
d'Etat à l'Intérieur du 28 juin au 26 octobre 1898
Ministre
de la Justice du 7 juin 1902 au 18 janvier 1905
Inscrit au barreau de Paris, il prit part au mouvement de la jeunesse
républicaine contre l'Empire. Il fit partie du comité anti-plébiscitaire et fut
chargé de distribuer dans les casernes des bulletins de vote portant "non".
Aux élection de 1889, il fut élu comme candidat progressiste et intervint dans
un certain nombre de débats intéressant plus particulièrement la procédure; il
fut nommé, en 1892, rapporteur général de la commission d'enquête sur les
affaires de Panama.
En 1901, il avait été nommé président du parti radical. Au Sénat, membre de la
commission de la Haute cour dès 1902, et ce jusqu'en 1914, il ne
s'inscrivit, dès l'abord, à aucun groupe.
De 1905 à 1912, il intervint très souvent à la tribune, en particulier lors des
discussions des budgets et des débats visant la séparation des Eglises et de
l'Etat.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Vidal de Saint-Urbain (Gabriel, Henri, Marcel, Marie), né à Rodez (Aveyron) le 9 mars 1854, mort le 16 novembre 1925 à Saint-Laurent-d'Olt (Aveyron)
Député de l'Aveyron de
1896 à 1902
Sénateur
de l'Aveyron de 1903 à 1921
Docteur en droit, il entre dans la
magistrature. Républicain progressiste, il prononce à la chambre des discours
remarqués sur le projet de loi relatifs associations, la réforme judiciaire,
les questions agricoles, l'impôt sur le revenu et les camps d'instruction
militaire. On lui doit, en grande partie, la création du camp de Larzac, dans
l'Aveyron.
Inscrit au groupe de la gauche républicaine, il fait de partie de nombreuses
commissions, notamment celles d'examen des projets sur les retraites ouvrières , sur la nomination des maires
et adjoints et des commissions d'enquête sur les congrégations et sur la
codification des lois ouvrières.
Ancien procureur de la République, il ne pouvait pas ne pas intervenir lors de
la discussion de la proposition de loi tendant à l'abrogation de la peine de
mort et son remplacement par la peine d'internement perpétuel. La déportation
en Nouvelle-Calédonie ne lui paraissait pas comme une peine suffisamment
répressive pour impressionner les malfaiteurs. Il concluait au maintient de la
peine de mort, mais demandait qu'il en soit fait très rarement usage.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Vigouroux (Louis) né le 25 août 1866 au Puy (Haute-Loire)
Député de la Haute-Loire de 1900 à 1910
Licencié en droit, professeur
d'économie politique et industrielle
Républicain modéré, il siégeait sur les bancs de la gauche démocratique
Villiers (Emile, François, Marie), né le 31 juillet 1851 à Brest
Député du Finistère de
1893 à 1912
Sénateur du Finistère de 1912 à 1921
Entré dans l'administration, il
démissionne lors de la retraite du maréchal Mac-Mahon.
Au palais de Bourbon, il siège parmi les conservateurs : il se prononce contre
l'augmentation des impôts, pour la protection de l'agriculture et de
l'industrie nationale contre la concurrence étrangère, et naturellement contre
le projet de loi de séparation des églises et de l'Etat.
Au palais du Luxembourg, il s'inscrit au groupe des indépendants et intervient
rarement en séance publique, mais toujours de façon pertinente, marquant une
nette préférence pour les discussions mettant en cause la marine ou les pêches.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Viviani (Jean, Raphaël, Adrien, René) né le 8 novembre 1862 à Sidi-Bel-Abbès (Algérie) mort le 6 septembre 1925 au Plessis-Robinson (Seine)
Député de
Seine de 1893 à 1902 et de 1906 à 1910
Député de la Creuse de 1910 à 1922
Sénateur de la Creuse de 1922 à 1925
Ministre du travail et de la Prévoyance sociale du 25 octobre 1906 au 3
novembre 1910
Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts du 9 décembre 1913 au 9
juin 1914
Président du Conseil du 13 juin au 26 août 1914
et Ministre des Affaires étrangères du 13 juin au 3 août 1914
Président du Conseil du 26 août 1914 au 29 octobre 1915
et Ministre des Affaires étrangères du 13 au 29 octobre 1915
Ministre de la Justice du 29 octobre 1915 au 12 décembre 1916
Ministre de la Justice et de l'Instruction publique du 12 décembre 1916 au
17 mars 1917
Ministre de la justice du 20 mars au 7 septembre 1917
Avocat, il se signale par ses
plaidoiries pour les grévistes devant les tribunaux de province. Il proteste
contre les agissements de la police à Paris lors des troubles du Quartier latin
et ce d'une façon si vive, que le ministre de la Justice demande contre lui des
mesures disciplinaires au Conseil de l'ordre (1893). Durant cette période, il
est l'avocat conseil du syndicat général des ouvriers et employés de chemin de
fer et l'un des arbitres dans la grande grève de Carmaux
.
Elu à la Chambre, il soutient à plusieurs reprises, à la tribune, les
revendications socialistes, comme il le fait au dehors ; il va haranguer les
grévistes ou plaider divers procès politiques.
Au cours de ses deux premiers mandats, il dépose sur le bureau de la Chambre
divers textes, notamment une proposition de loi tendant à abaisser de dix à
cinq ans la durée de l'engagement contracté par certains jeunes gens, une
proposition de loi d'amnistie, un rapport sur les responsabilités qui incombent
à la magistrature dans la recherches et la poursuite des délits et
crimes commis par les administrateurs du "
Panama "
Premier titulaire du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, en
octobre 1906, dans le cabinet Clemenceau , il fait
voter les lois sur le repos hebdomadaire, les assurances du travail, le bien de
famille insaisissable, le salaire de la femme mariée. C'est volontairement
qu'il abandonne ce poste en novembre 1910.
Comme la plupart des hommes d'Etat, il ne se doutait guère, mi 1914, de ce que
méditait l'Allemagne. Favorable à une organisation pacifique du monde, confiant
dans l'esprit international et dans la vertu des arbitrages, il a sans doute
été de ceux que la brusque apparition de la force ont surpris. Faisant tout
pour conjurer le péril ( après l'ultimatum à la Serbie), il multiplie les
tentatives de médiation, réitère les assurances de notre désir de paix. et
donne le fameux ordre de recul de nos troupes à dix kilomètres de la frontière.
Le 1er août, il décide de la mobilisation générale; le 3 l'ambassadeur
d'Allemagne lui remet une lettre il lui faisait connaître que "l'empire
allemand se considère en état de guerre avec la France du fait de cette dernière
puissance"; le 4, il annonce à la chambre que la guerre s'engage et
demande son ajournement dans le discours le plus pathétique de sa vie.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Waldeck-Rousseau (Pierre, Marie, René , Ernest), né le 2 décembre 1946 à Nantes (Loire-Inférieure), mort le 10 août 1904 à Corbeil (Seine-et-Oise)
Député
d'Ille-et-Vilaine de 1879 à 1889
Sénateur
de la Loire de 1894 à 1904
Ministre
de l'Intérieur du 14 novembre 1881 au 30 janvier 1882
Ministre
de l'Intérieur (et des Cultes du 21 au 27 février 1883)
du 21
février 1883 au 6 avril 1885
Président
du Conseil, ministre de l'Intérieur et des Cultes du 22 juin 1899 au 7 juin
1902.
Avocat de renom, froid, distant, peu
aimé de ses confrères, il est expert en droit civil.
Il intervient peu au Sénat mais n'en est pas moins actif. C'est dans un
discours prononcé hors Parlement qu'il définit sa ligne politique et un
programme de gouvernement.
Président du Conseil, il forme un cabinet à sa
convenance: les ministère qu'il s'attribue, le ministère de la guerre au
général Gallifet et le commerce à Millerand ; ce qui
provoque une séance d'investiture plus que houleuse. C'est la première fois,
sous la IIIè République, qu'un socialiste, et non des moindres, fait partie du
gouvernement. Ce sera malgré tout une majorité durable qui saura, en pleine
affaire Dreyfus , par sa détermination, rassurer
et apaiser les esprits. L'armée est touchée, mais ne bouge pas devant les
mesures énergiques prises par Gallifet.
L'amnistie difficilement voté en 1900 pour toutes les actions judiciaires se
rattachant à cette affaire met un terme, dans les faits sinon dans les esprits
à un des plus sombres épisodes de notre Histoire.
Quand il arrive à la tête du Gouvernement, la situation
sociale en France n'est guère plus brillante que la situation politique. Les
grèves se succèdent et de l'été 1899 à l'été 1901, vont en s'amplifiant. Tour à
tour, ouvriers du textile, métallurgistes, dockers et marins cessent le
travail. Les bénéfices des grosses entreprises ont augmenté assez rapidement au
cours des dix dernières années, mais les salaires n'ont pas suivi cette
progression. Mieux organisés, plus conscients de leurs problèmes, et de leur force,
les ouvriers multiplient les manifestations publiques. Fait nouveau ; les
ouvriers du Creusot lui demandent d'arbitrer le conflit qui les oppose à
Schneider. Sensible à cette marque de confiance, il rendra un arbitrage, mais
se montrera écœuré de la façon dont il est appliqué. Cette action lui vaut la
sympathie des ouvriers mais l'hostilité de tout le patronat qu'il estime
responsable de la prolongation de ces mouvements. Avec Millerand
, il dépose un projet de loi définissant un système d'arbitrage obligatoire ;
le Parlement ne s'en saisira même pas.
Les querelles religieuses vont fournir aux français un autre motif de
s'entre-déchirer avec le vote de la loi sur les
associations . Dans son esprit, il s'agit de ramener les congrégations dans
le droit commun. Le texte déposé est strict et précis ; il sera profondément
remanié, c'est l'anticléricalisme qui se déchaînera. Ce n'était pas son
intention. Ce qu'il voulait, c'était la suprématie de l'état. Lui qui boudait
la tribune en tant que parlementaire devra, en tant que président du conseil,
répondre à quelque 350 questions et interpellations.
Les élections de 1902 sont un gros succès pour le gouvernement, mais choisit de
démissionner.
Devant le président Loubet , il "laisse tomber le
nom de Combes " qui lui succédera effectivement.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Wallon (Henri, Alexandre) né le 23 décembre 1812 à Valenciennes (Nord), mort le 13 novembre 1904 à Paris
Représentant du Nord à
l'Assemblée législative de 1849 à 1850
Membre
de l'Assemblée nationale, représentant le département du Nord de 1871 à 1875.
Sénateur
inamovible de 1875 à 1904
Tous les livres d'histoire
l'appellent souvent "le père de la Constitution" en raison du célèbre amendement qui porte
son nom.
Son activité fut toujours débordante et multiple. Au sénat il siégeait au
centre gauche. Il prit part à toutes les grandes discussions, notamment celles
relatives à la défense des intérêts religieux, aux questions économiques et
sociales, à la législation sur l'enseignement public. Il se prononça en toute
occasion contre la révision de la Constitution. Parmi ses interventions ses
plus célèbres, il convient de citer celles qu'il fit en 1901 et 1902 à propos
de la réforme de l'enseignement secondaire et de la loi sur les associations.
Sa dernière intervention date du 1er juillet 1904 ; elle portait sur le projet
relatif à la suppression de l'enseignement congréganiste.
A voté contre
la loi sur le droit d'association
Walter (Albert-Joseph), né le 20 juin 1852 à Saint-Denis, mort le 13 mars 1919 à Paris
Député de la Seine de 1893 à 1919.
Dessinateur-mécanicien, il adhère
d'abord au parti socialiste révolutionnaire avant de devenir l'un des
fondateurs du parti socialiste dionysien.
Maire de Saint-Denis, il a de nombreuses démêlés avec le gouvernement, interdit
toutes les manifestations extérieures du culte, et impose "la
neutralisation du lieu de sépulture en supprimant la croix surmontant le caveau
provisoire où peuvent être enterrées des personnes pratiquant un autre culte
que le catholique". Mais ce sectarisme cache un dévouement inlassable à la
classe ouvrière, une grande sollicitude pour les petits employés, plus
vulnérables selon lui, que les ouvriers.
Elu au Palais de Bourbon, il s'inscrit au groupe socialiste et fera partie des
commissions du travail, d'assistance et de prévoyance, des P.T.T., des
pétitions. Anticlérical, il demande la suppression du budget des cultes, il
s'oppose à la création d'une deuxième paroisse à Saint-Denis ; antimilitariste,
il se fera rappeler à l'ordre pour avoir injurié l'armée lors d'un
incident relatif à l'affaire Dreyfus . Surtout
épris de justice sociale, il se consacre aux humbles, aux travailleurs.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
Zévaès (Alexandre Bourson dit) né le 20 mai 1873
Député de l'Isère de 1898 1902 et de 1904 à 1910
Il manifesta très tôt son goût pour
la politique en collaborant alors qu'il était lycéen, à un journal
révolutionnaire de Commentry. Il avait choisi le pseudonyme de Zévaès en
pensant à la fois à l'écrivain Michel Zévaco et à Jules Vallès. Il conserva ce
pseudonyme sous lequel il se fit élire; c'était alors le seul admis à la
chambre.
Il fait partie avec Jaurès , Jules Guesde
et Viviani , du comité de vigilance désigné par le parti
socialiste pour se dresser contre l'agitation nationaliste anti-dreyfusarde.
Il dépose de nombreuses propositions de loi qui, toutes, témoignent de son sens
social : sur "l'organisation générale et immédiate des retraites et des
soins de maladie pour les travailleurs", sur "les règlements
d'atelier", sur les accidents du travail, sur le repos hebdomadaire à
accorder aux employés de commerce et de magasin. Il propose "la
suppression des sous-préfets", la suppression du budget des cultes, il
demande d'interdire l'intervention de l'armée dans les grèves. Il dépose un
projet de résolution "tendant à faire élire par les ouvriers les
inspecteurs du travail".
L'anticléricalisme de Zévaès se manifeste le 10 juin 1904, alors qu'Emile Combes est pris à partie à propos de l'affaire du
"million des chartreux" et accusé d'avoir reçu des offres
considérables pour autoriser cette congrégation. Le 14 mars 1906, il demande au
gouvernement Sarrien qui se présente de "dompter la rébellion cléricale et
aussi de "mettre un terme à l'arrogance militaire". Plus humainement,
il demande une enquête sur la catastrophe de Courrières et rapporte une loi
tendant à établir le repos hebdomadaire en faveur des ouvriers et employés.
Zévaès, qui s'était inscrit au barreau parisien en novembre 1905, défendit
Raoul Villain, l'assassin de Jaurès qui, après plus de quatre années de prison
préventive, bénéficia d'un arrêt d'acquittement.
A voté en
faveur de la loi sur le droit d'association
· Le droit d'association au travers des dates
· Proposition de loi sur le droit d'association présentée par M. Cunéuo d'Ornano lors de la séance du 13 juin 1898
· Proposition de loi sur le droit d'association présentée par M. Charles-Gras lors de la séance du 24 novembre 1898
· Proposition de loi sur la liberté d'association présentée par M. Lemire lors de la séance du 25 novembre 1898
· Projet de loi relatif au contrat d'association présentée par M. Waldeck-Rousseau de la séance du 14 novembre 1899
· Rapport fait au nom de la commission relative au droit d'association, par M. Georges Trouillot , lors de la séance du 8 juin 1900
· L'évolution des textes
· Les associations d ' étrangers
· La loi de 1908
· Les débats en morceaux choisis
· La grande menace de 1971
· Les congrégations
· Dictionnaire de quelques parlementaires
· Dictionnaire des évènements et des personnages cités
Maurice Gelbard
9, chemin du clos d'Artois
91490 Oncy sur Ecole
ISBN 2 - 9505795 -2 - 3
Dépôt légal 2ème trimestre 1999